Assainissement et santé publique au Niger : plus de  16 millions n’ont pas accès aux toilettes. (Rapport)

Avec un indice de développement humain parmi les plus faibles au monde 0,4, le Niger fait face à un important défi en matière d’hygiène et assainissement plus particulièrement l’accès aux toilettes. Selon le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, plus de 78,1 % de la population n’a pas accès à des latrines. Conséquence, 16 629 692 de Nigériens font leurs besoins en plein air, une situation qui génère de conséquences sanitaires énormes. Malgré cet enjeu sanitaire considérable, la défécation en plein air est en progression depuis 2017.

De 68,7 % en 2017, le taux défécation en plein air est passé à 70.8 % en 2018 pour atteindre 78,1 % en 2019 selon l’enquête pour le suivi de la situation de l’accès des populations à l’eau et a l’assainissement publié en 2020 par l’INS. Les conséquences de cette situation sur l’environnement et la santé publique sont insoupçonnables. Selon l’OMS, «un(1) gramme de fèces peut contenir 10 millions de virus, un (1) million de bactéries et mille (1 000) kystes parasites et la défécation à l’air libre contribue à plus de 800.000 décès chaque année, plus que les décès liés au paludisme ».

Au Niger, « elle provoque des maladies comme la fièvre typhoïde, le choléra, la diarrhée, les maladies liées aux vers, l’hépatite A, la poliomyélite, le trachome » indique le ministère de la Santé publique de la population et des affaires sociales. En milieu rural où le manque de latrines est très rependu, ces maladies font partie des premières causes de mortalité. Pour cause, «dans ces zones faute d’infrastructures d’assainissement, les populations font leurs besoins dans les champs, les forêts, les buissons, les lacs et les rivières. Une des conséquences de cette situation, en est que le Niger est confronté à une épidémie de choléra chaque deux (2) ans» nous explique M .Yaou Zoumbay chef service hygiène et assainissement à la Direction de l’hydraulique à Maradi. La dernière épidémie de choléra en date a fait 151 morts entre mars et septembre 2021 avec plus 4 800 cas enregistrés. Cette épidémie a touché principalement 6 régions (sur les 8 que compte le Niger) à savoir Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabery et Zinder. Les régions Tahoua et de Maradi en sont les régions les plus touchées avec respectivement 63 et 47 morts.

Yaou Zoumbay CS hygiène/assainissement (Maradi)

Le manque d’infrastructures d’assainissement en milieu rural constitue également la principale cause de prolifération des Maladie Tropicales Négligées (MTN) telles que le ver de guinée et le trachome. « Lorsque le sol est contaminé par la défécation, il infecte l’environnement, les eaux de surface et de boisson qui deviennent ainsi vecteurs de maladies comme le ver de guinée de la filarziose du trachome, la leishmaniose, le filarsiose qui sont toutes provoquées par la mauvaise hygiène environnementale » nous explique Ousmane Yacouba chef de brigade de la police sanitaire de la région de Mardi.

C’est pourquoi le lavage des mains doit être, dit-il de mise dans ces milieux où les populations n’ont pas accès aux latrines afin d’atténuer les conséquences de ce manque d’infrastructures d’hygiène et assainissement.

Un enjeu de dignité pour les femmes et les jeunes filles…

Au-delà de la problématique de santé publique, l’accès aux toilettes revêt bien d’autres enjeux. Selon l’OMS, « La défécation en plein air est un affront à la dignité, et au bien-être, en particulier des filles et des femmes. Par exemple, des centaines de millions de filles et de femmes dans le monde manquent d’intimité lorsqu’elles ont leurs règles. La défécation en plein air les expose également à un risque accru d’exploitation sexuelle et d’insécurité personnelle » indique l’OMS dans son rapport sur l’Impact transformationnel de l’élimination de la défécation à l’air libre.

Au Niger le selon les données les plus récentes, issues du rapport de l’enquête pour le suivi de la situation de l’accès des populations à l’eau et a l’assainissement, 2 310 057 femmes et de jeunes fille défèquent en plein air. Une situation qui interpelle tous à une synergie d’action pour mettre fin à cette atteinte à la dignité.

Image d’illustration

Le manque de toilette, touche également les écoles, selon le Programme Solidarité Eau (Ps-Eau) Niger « seulement 2 écoles primaires sur 10 sont équipées en bloc latrines. En outre, ces équipements ne sont pas toujours fonctionnels, faute d’entretien et ne correspondent pas toujours au nombre d’élèves fréquentant l’école », ce qui n’est pas sans conséquence sur la scolarité de la jeune fille.

Mettre fin à la défécation en plein air…

Mettre fin à la défécation en plein air constitue une urgence de la plus haute importance. Le vice-secrétaire général des Nations-Unies Jan Eliasson a déclaré en mai 2014 « un(1) enfant meurt toutes les deux(2) minutes et demie d’une maladie liée à la défécation en plein air, des morts silencieuses, qui ne sont pas évoquées dans les médias, et ne font pas l’objet d’un débat public » a-t-il indiqué.
Au Niger le défi est immense, selon la feuille de route pour mettre Fin de à la Défécation à l’Air libre (FDAL) d’ici 2030, « il faudra réaliser un taux de performance annuel de 7,8%, soit plus de 6300 villages à certifier (zéro défécation en plein air) correspondant à plus d’un million et demi de personnes ».
En juin dernier, dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, le Ministre de l’Hydraulique de l’Assainissement Adamou Mahaman a été interpelé par le député Kala Moutari sur la question de l’hygiène publique et l’accès à l’eau.
Si le Ministre Adamou Mahaman a pu présenter quelques réalisations concrètes sur l’accès à l’eau notamment en milieu rural, en ce qui concerne les infrastructures d’assainissement, rien de concret n’est ressorti de ses interventions.
« L’accès aux infrastructures d’assainissement constitue une des priorités pour le Niger. C’est conscient de ces enjeux que le gouvernement s’est engagé depuis 2016 pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durables (ODD6) pour accélérer les progrès pour un accès universel à l’eau potable, l’hygiène et à l’assainissement à l’horizon 2030 » a-t-il simplement professé. Le membre de l’Exécutif a mis en avant l’adoption en mai 2017, le Programme Sectorielle Eau, Hygiène et Assainissement (PROSEHA) 2016 – 2030. Or force est de constater que ce programme n’a su enraillé la défécation en plein air qui est en progression comme en témoignent les statistiques officielles sur la période 2017, 2018,02019.

Youssouf Sériba


Ce contenu a été produit avec l’appui de l’ONG Speak-Up Africa.

Niger : la lutte contre les maladies tropicales négligées, tributaire d’un faible accès à l’eau en zone rurale

Au Niger, les Maladies Tropicales Négligées (MTN) font partie des problèmes de santé publique préoccupante au vu de ses conséquences sur les personnes affectées à savoir défiguration et handicap. Selon le Programme National de Lutte Contre, les Maladies Tropicales Négligées, environ 15 millions de Nigériens (sur les 25 que compte le pays) nécessitent un traitement préventif contre ses maladies. Ayant pour cause principale le manque d’hygiène, des gestes simples permettent de se prémunir contre elles : le lavage des mains à l’eau et au savon. Cependant, quand certaines populations méconnaissent l’importance du lavage des mains, dans certaines zones, c’est l’absence d’infrastructures hydrauliques qui empêche son accomplissement. Reportage

Les maladies tropicales négligées (MTN) sont un groupe de dix-sept (17) pathologies qui sévissent principalement dans les zones tropicales à l’image du Niger. Il s’agit de la lèpre, le Trachome (maladie cessitante), les Tréponématoses, la Trypanosomiase (maladie du sommeil), la Dracunculose (ver de Guinée), les trématodoses, la Filariose lymphatique, l’Onchocercose, la Bilharziose (Schistosomiase) et les Géohelminthiases (vers intestinaux), la Dengue, la Mycétome, les Géohelminthiases, la Rage, l’Ulcère de Buruli, le Pian, la Leishmaniose. Selon l’OMS, elles touchent plus d’un milliard de personnes au monde parmi les populations les plus pauvres.

Au Niger, selon le Programme National de Lutte Contre les Maladies tropicales Négligées (PNLCMTN), quatre (4) MTN touchent le plus de personnes à savoir le trachome, la Trypanosomiase, la Lèpre et la Filariose lymphatique. Le Gouvernement s’est fixé l’objectif de les éradiquer à l’horizon 2025, un objectif ambitieux qui passe par le renforcement de l’hygiène publique et l’assainissement. Cependant, le défi est immense tant l’accès à l’eau qui constitue le socle de toute politique d’hygiène fait défaut en zones rurales où vit 83 % de la population selon le dernier RJPH de 2012.

Dans ces zones, seulement 45 % de la population a accès à l’eau (rapport de suivi Proseha 2016-30). Ainsi, ce faible accès à l’eau qui touche toutes les huit régions du pays constitue un terreau fertile pour les MTN.

Lépreux, « je me lavais rarement les mains avant les repas»… 

Située à 614 km de Niamey, la région de Maradi fait partie des régions les plus touchées par les MTN.

Au quartier Limantchi un bidonville de chef-lieu de la région, Mahamadou Ousmane âgé de 65 ans nous relate comment il a été affecté par la lèpre. « Cette maladie, je peux le dire aujourd’hui, je l’ai contracté par mégarde aux principes d’hygiène notamment le lavage des mains qui n’était pas une habitude chez moi. Depuis que j’étais enfant, pendant les heures de repas, je me lavais rarement les mains avant de manger, pour moi, cela n’avait pas d’importance. ‘’Tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort’’  c’était ce que disait nos parents eux-mêmes comme pour nous encourager dans ce sens, cela nous confortait dans cette façon d’être » nous a-t-il confié.

Or, sans en avoir conscience, Mahamadou Ousmane analphabète comme ses deux parents, mettait sa santé en péril. « J’ai contracté la lèpre quand j’avais 25 ans, c’était juste avant mon mariage peu après la cérémonie du henné, j’ai commencé à sentir des douleurs dans ma pomme sans trop m’inquiéter en me disant que ça va passer ce n’était pas le cas. Devant la persistance de la douleur qui devenait plus pressante, je me suis rendu à l’hôpital pour consultation, c’est là qu’on a diagnostiqué la lèpre » déclare Mahamadou.

Depuis lors, il a pris connaissance auprès des médecins et les services de prise en charge des MTN l’importance de l’hygiène pour la santé, particulièrement le lavage des mains, malheureusement pour lui, c’était trop tard, il était déjà affecté. Depuis ce temps, il milite au sein de l’Association des personnes lépreuses (APL) de Maradi dont il est devenu le président depuis mars 2021.

Œuvrer dans ce cadre de bénévolat est une façon pour lui de se rendre utile à la société et sensibiliser les populations sur les MTN, dit-il. « Je ne voulais pas tomber dans la mendicité comme la plupart des lépreux que nous voyons à Maradi. Et avec certaines ONG j’ai participé à des campagnes de sensibilisation sur le lavage des mains et sur l’hygiène de façon générale, c’est une fierté pour moi » a-t-il déclaré avant d’inviter les populations de Maradi à faire du lavage des mains, un reflex de tout instant.

L’eau potable, ‘’un vaccin maison’’ contre les MTN…

Les mauvaises conditions d’hygiène environnementale, sont parmi les principales causes de prolifération des MTN en milieu rural. Dans ces zones, « la défécation à l’air libre et le manque d’infrastructure d’assainissement rend les sols contaminés par des multitudes de bactéries y compris celle porteuses de MTN » nous explique Ousmane Yacouba chef de brigade régionale de la police sanitaire à la DRSP de Maradi. De ce fait, « il faut se laver les mains avant de manger, après avoir déféqué, avant de préparer les aliments. C’est une méthode de lutte très efficace contre les MTN, c’est pourquoi nous disons dans le jargon de l’hygiène publique que l’eau est un vaccin maison contre les MTN, mais encore faut-il qu’elle soit potable » fait savoir le chef de brigade de la police sanitaire de Maradi.

Du reste, le lavage des mains, est conseillé pour les adultes, les enfants, il est recommandé au service, à domicile, au marché, à la boutique avant toute œuvre humaine de nature propre c’est-à-dire en relation avec l’alimentation, ou en relation avec le contact corporel, conclut Mahamadou Ousmane. Cependant ces recommandations sanitaires ne sauront être pratiquées par une grande majorité de la population rurale nigérienne du fait du manque d’accès à l’eau.

L’accès à l’eau un défi au Niger…

Au Niger, moins d’une personne sur deux en zone rurale a accès à l’eau potable, d’où le manque de lavage de mains dans certaines zones. C’est que nous explique Hamani Dji, âgé de 45 ans un lépreux natif du village de Kokmani (région de Tillabéry dans l’Ouest du Niger). « Au village, le lavage des mains n’était pas quelque chose d’important. Pour notre alimentation, et nos besoins quotidiens, nous utilisons l’eau du fleuve » déclare Hamani. Depuis qu’il a contracté la lèpre, il est venu s’installer à Niamey enfin d’avoir une meilleure prise en charge et profiter de la qualité de vie qu’offre la capitale nous dit-il. 

Nombreux sont les villages où le manque de point d’eau potable oblige les populations à se résoudre à la consommation des eaux de mare et de fleuve avec les risques que cela comporte, c’est le cas du village de Tsosamia.

Situé à environ 80 Km de Maradi, dans le département de Guidan Roumdji, ce village est illustratif de ce problème d’accès à l’eau qui freine la lutte contre les MTN en zone rurale. D’une population de plus de 3 000 habitants, les ménages de ce village s’alimentent avec l’eau du Goulbi (mare). « Depuis deux ans aujourd’hui notre plus grande préoccupation, c’est avoir de l’eau potable, le puits que nous avons ne procure plus de l’eau potable. L’alimentation en eau potable est devenue un problème même pour le CSI du village » nous explique Nassirou Ibrahim chef du village Tsosamia.
Rabiou Abdou un jeune du village a trouvé une opportunité dans cette situation, il va puiser de l’eau à Tsamia Iyaka, un village voisin situé à environ 7 km pour la revendre dans son village. Il vend la barrique à 200 FCFA, un magot que très peu de ménages sont prêts à débourser pour se procurer de l’eau potable préférant s’approvisionner avec l’eau de la mare.

Rabiou Abdou vendeur d’eau


A la Direction Régionale de l’Hydraulique de Maradi nous avons tenté d’en savoir plus sur ce manque de point d’eau, mais c’était sans succès. Le chef du service Hygiène et Assainissement Yaou Zoumbay quant à lui appelle les populations à ne pas négliger le lavage des mains, « il y a des moments critiques où il faut forcément se laver les mains, tels que : quand on sort des toilette, quand la maman veut allaiter son enfant, avant le repas surtout pour les enfants » indique le responsable de l’Hygiène et l’Assainissement de la Région de Maradi.

Youssouf Sériba

Ce reportage a été réalisé avec l’appui de l’ONG Speak-Up Africa.

Santé : Le Niger atteint un taux de vaccination contre la Covid-19 de 21%

(Échos du Niger 3 Nov)Au Niger, le taux de vaccination contre la Covid-19 est de 21%. C’est ce qui ressort d’un entretien qui s’est tenu ce mercredi 2 novembre entre le Premier Ministre, Ouhoumoudou et une délégation de l’organisation mondiale de la santé (OMS) conduite Ted Chaiban, le coordinateur mondial pour l’administration du vaccin contre la COVID-19. Si le taux de vaccination globale est de 21% dans le pays, celui des adultes est de 50%, ce qui est très encourageant selon les mots du représentant de l’institution mondiale en charge de la santé. Celui-ci a assuré au premier ministre que différents partenaires de l’OMS dans le domaine de la santé vont continuer à soutenir l’effort de vaccination au Niger. Il a recommandé que le pays accorde plus d’importance à la vaccination des personnes âgées et des personnes travaillant dans le domaine de la santé. Comme tous les pays africains, le Niger a reçu des millions de doses de vaccin contre la Covid-19 de la part des pays occidentaux et de la Chine. Le gouvernement continue de sensibiliser la population à se faire vacciner.

Mawulolo Ahlijah

Santé : le ministre de la santé revient sur les raisons de la fermeture de 13 établissements de formation des agents de santé

Les autorités nigériennes ont pris la décision de fermeture de certains établissements de formation de santé.

Au total, treize écoles de formation professionnelle privées en santé ont été fermées. Des fermetures intervenues à la suite de contrôles effectués dans ces écoles par l’inspection générale des services de santé.

Selon le ministre de la Santé publique du Niger, Dr Idi Illiassou Mainassara, des manquements ont été relevés par l’inspection générale de service de santé. « Ces fermetures font suite à des inspections qui ont concerné pratiquement toutes les écoles de santé publiques et privées. Il a été constaté des irrégularités dont certaines majeures et les autres qui ont eu des mises en demeure sont mineures au niveau des régions ». Les irrégularités majeures sont liées au « manque d’encadrement mais, également de toutes les conditions requises pour un enseignement de qualité en matière de soin de santé n’étaient pas réunies ».

Ce qui a conduit les ministères de tutelle à procéder à des fermetures.  C’est d’ailleurs dans une dizaine de lettres que le ministre des enseignements techniques et de formations professionnelles, Kassoum Mamane Moctar a informé les fondateurs de ces établissements de leur fermeture.

Presque toutes les écoles de formation en santé se trouvant dans les départements ont été fermées. « Au niveau de ces départements, les conditions ne sont pas réunies pour avoir une formation de qualité, une pratique régulière avec tout ce qu’il faut comme unité de soin » a déclaré Dr Idi Illiassou Mainassara interrogé par Fahdel Alou notre correspondant depuis Gaya où sont situés certaines de ces établissements.

Des écoles de formation de santé de la capitale Niamey et dans les chefs-lieux des régions ont été touchées par ces mesures.

Des échanges ont eu lieu entre les autorités et l’association des fondateurs des écoles privés. « Des échanges très fructueux » selon le ministre nigérien de la santé. Avant d’ajouter qu’ils ont compris la décision du gouvernement, « non seulement, c’est pour la qualité de la formation, mais c’est pour préserver la santé de la population ».

Un minimum est à observer pour assurer ces formations. Comparativement, aux différents plateaux techniques disponibles dans les chefs-lieux de régions, les départements sont dépourvus de toutes ces possibilités.

Selon le ministre nigérien de la santé publique, dans les départements, il est impossible en tout cas de croire à ce qu’il ait une formation de qualité, des stages pratiques. C’est impossible !

Dr Idi Illiassou Mainassara n’a pas manqué de rappeler qui 18 centres de santés ont été sanctionnés parmi lesquels 16 ont été mis en demeure pour des manquements ou des délais pour se conformer. « Il s’agit des centres de soin dont l’ensemble se trouve sur la ville de Niamey, 2 sont totalement fermés en attendant qu’ils se régularisent ». En somme, « si ces centres ne prennent pas des dispositions pour mettre en œuvre ses recommandations, ils seront fermés ».

Pour finir, Dr Idi Illiassou Mainassara, ministre de la Santé publique du Niger, souligne qu’après la demande d’autorisation, il est nécessaire que les fondateurs fassent une demande d’exploitation. Toutes les conditions doivent être réunies avant d’ouvrir son établissement.

Fahdel Alou

Mariages précoces au Niger : tabous sociaux, vies brisées

Au Niger, le mariage des enfants est une pratique très rependue dont les principales victimes sont les filles. Selon le ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant, plus de 76 % des filles au Niger sont mariées avant l’âge de 18 ans. De ce pourcentage, près de la moitié le sont avant l’âge de 15 ans, et très souvent malgré elles.

Maradi, capitale économique du Niger, a environ 618 km de Niamey (au centre sud-est du Niger), figure parmi les régions du pays où le phénomène du mariage précoce persiste encore avec beaucoup d’acuité. Au quartier Yan Banana de Maradi vit le patriarche Mahamadou Ousmane, un homme âgé de 67 ans. Pour lui, il faut faire autant d’enfants que possible et les marier très tôt. «J’ai 39 enfants et 38 petits fils présentement. J’ai marié 12 filles et 3 garçons. Mes filles, je les ai mariées de manière stricte à l’âge de 13 ans, exceptée une (Rosa) qui l’a été à 14 ans», déclare le patriarche surnommé ‘’Délicat’’ à Maradi.

Pour lui et certains de sa génération, ceci n’a rien de particulier, il s’agit de reconduire des pratiques ancestrales. Sans plus. Malheureusement, pour les jeunes filles, ces pratiques comportent d’énormes conséquences sanitaires et sociales. Entre mortalité maternelle, fistule obstétricale et abandon scolaire, elles sont des milliers de jeunes filles victimes de ce fléau social qui préoccupe jusqu’au sommet de l’État.

Une pratique à hauts risques…

A Tibiri, département de Maradi, en ce mois pluvieux de septembre, les travaux agricoles occupent tout le monde. Amina Salifou est l’une des rares femmes restée au village ce matin. La plupart sont parties au champ, certaines pour aider leurs époux, d’autres pour s’occuper de leurs petits lopins de terre semés de haricot et d’arachide. Mariée de force en 2018 à l’âge de 13 ans, Amina a connu les pires affres du mariage précoce. «J’étais en classe de 5e et je passais en 4e lorsque pendant les vacances, mon père décida de me donner en mariage au fils d’un de ses amis», raconte-t-elle. Malgré la forte opposition de sa mère qui supplia son époux de laisser sa fille poursuivre l’école, rien n’y fit ! « Mon père rétorqua qu’il a promis à son ami de me donner en mariage à son fils depuis que j’étais encore enfant », poursuit Amina. C’est ainsi que le mariage fut scellé sans son consentement et sans l’aval de ma mère.

A l’époque, elle avait 13 ans tandis que l’homme en question en avait 37 et avec déjà une femme et cinq enfants. Deux ans plus tard, Amina, encore mineure, contracte sa première grossesse. Les conditions de vie dans son foyer étaient insoutenables. «Le foyer conjugal était comme une prison. Je n’avais pas le droit de sortir de la maison sans l’autorisation expresse de mon mari», se rappelle-t-elle. La jeune fille, qui a cessé de fréquenter les bancs contre son gré pour se retrouver avec un statut de femme au foyer ne pouvait donc même pas se rendre aux consultations prénatales, pourtant obligatoire pour un suivi régulier de sa grossesse. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur sa santé et le bébé qu’elle attendait. Ainsi, dit-elle, « lorsque la grossesse est arrivée à terme et qu’on m’a transportée à la maternité pour l’accouchement, il y a eu des complications. J’ai passé 48 heures de travail sans parvenir à mettre au monde le bébé. C’est seulement au 3e jour que les sages-femmes ont pu me délivrer, mais l’enfant est arrivé sans vie».

Devant cette situation, Amina a été placée en observation pour une semaine. Au bout du 2e jour d’observation, elle a constaté qu’elle ne pouvait plus retenir les urines, qui coulaient dès que sa vessie se remplissait. C’était un tournant douloureux de sa vie caractérisée par le chagrin et la stigmatisation par son entourage.

L’ampleur d’un phénomène dangereux…

Comme Amina, elles sont des milliers de mineures au Niger, victimes de mariage précoce, un phénomène encore très vivace dans les régions de Maradi et de Zinder dans les sud du pays et dans une moindre proportion celle de Tahoua dans le nord du pays. Dans nombre des cas, dès la première ou la deuxième grossesse, c’est des problèmes. Ou c’est la mort au moment du travail ou c’est la perte du bébé suivie de l’apparition d’une fistule. Rares sont celles qui ont la chance de s’en sortir indemne de l’épreuve. Ces victimes, Fatima Bako sage-femme et point focal fistule au Centre Mère et Enfant (CME) de Maradi les côtoient tous les jours. Pour elle, le mariage précoce est une pratique à proscrire pour une meilleure santé maternelle. «Le plus souvent, les filles mineures mariées tombent facilement enceinte alors qu’elles ont le bassin immature, et donc ne peuvent pas supporter une grossesse», explique Bako. Mais le problème surtout, selon elle, c’est que ces cas de grossesse ne sont pas suivis du tout ou sont mal suivis dans certain cas.

«Nous enregistrons fréquemment des cas avec des complications où le travail, qui ne doit pas dépasser 24h se prolonge pendant 48h voire 72h. Et au finish, c’est un bébé mort née dans certains cas avec à la clé une fistule » deplore la sage-femme. Selon le ministère nigérien de la Santé en 2021, 625 cas de fistule ont été enregistrés au Niger, lesquels cas viennent grossir les 15.000 déjà recensés dans les centres de prise en charge à travers le pays. Rien que par rapport à ce risque auquel sont potentiellement exposées les filles mineures mariées, les parents se doivent d’abandonner le mariage précoce.

Mariage précoce, un fait culturel…

Si dans l’imaginaire collectif, l’on pense que le mariage précoce est une prescription religieuse, les experts, eux, parlent de phénomène culturel. Pour Mounkaïla Idé, sociologue, «le mariage précoce est une pratique courante dans notre pays, surtout en milieu rural où le taux d’alphabétisation est encore très faible ». Il s‘agit d’un phénomène purement culturel auquel l’on tend à donner une connotation religieuse. Outre cet aspect, le sociologue énumère aussi parmi les causes de sa forte prévalence dans le pays, cette considération selon laquelle de nombreux parents surtout non instruits pensent qu’il faut marier les filles tôt pour qu’elles aient rapidement des enfants qui grandiront pour les assister dans leur vieillesse. « Cette considération explique aussi, en partie, la forte prévalence de la polygamie et le taux de natalité élevé dans ces régions. Dans ces zones, pour nombre de couples, avoir beaucoup d’enfants est perçu comme la plus grande richesse que Dieu puisse octroyer», souligne-t-il. Elle concourt hélas aussi au maintien du fort taux de mortalité infantile qu’affiche le Niger. Selon la Fiche des Données sur la Population Mondiale 2022 publiée par le Population Reference Bureau (PRB, basé à Washington), le taux de mortalité chez les enfants de moins d’un an est de 40 décès pour 1000 au Niger. A la Direction régionale du ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’Enfant de Maradi, ce taux de mortalité infantile élevé constitue une véritable source de préoccupation. « D’après des études menées par les services publics et des organisations humanitaires sur le phénomène, Maradi vient en tête ou en 2e position, très souvent, devant Zinder et Tahoua », souligne Maliki Malam Abdou, chef de Division protection de l’Enfance à la Direction régionale du ministère à Maradi.

« Entre janvier et mai 2022, nous avons recensé 32 cas de décès d’enfants dont les mères ont été mariées entre 13 et 14 ans », décompte-t-il, précisant que des centaines d’autres échappent à ce recensement.

Prétendu bouclier contre la débauche…

Outre les raisons pécuniaires qui justifient aussi cette propension de certains parents à marier précocement leurs filles surtout en zone rurale, il y a, du point de vue des parents conservateurs, ce souci de les protéger leurs filles contre « la débauche », notamment la prostitution. Celle-ci constitue un phénomène inquiétant aussi bien pour les parents que pour les autorités.

En mai 2019, à travers un arrêté N°024/VM/PDS, les autorités de la ville de Maradi avaient tenté une lutte contre la prostitution sans succès, plus deux ans après elle a pris des proportions plus inquiètantes dans cette région. Or, pour réduire les mariages précoces et lutter contre la prostitution des mineures, la solution passe par l’école et par l’autonomisation économique des femmes, selon les spécialistes. D’après les données les plus récentes du ministère nigérien de l’Éducation sur la question, les filles demeurent encore sous-scolarisées par rapport aux garçons, malgré leur supériorité numérique sur le plan démographique. En 2015, à peine 64 % des filles sont inscrites à l’école alors que leur taux d’alphabétisation était de 18,2 % contre 40,2 % pour les garçons sur la même période. Mahaman Awal, Imam à Maradi par ailleurs directeur de l’école franco-arabe de l’Agence des musulmans d’Afrique, est convaincu que la solution passe par l’école : « la première ordonnance de Dieu à son messager en descendant son Saint Coran sur terre à travers lui, c’est ‘Ikra!’ qui signifie ‘lit!’. Cela veut dire que la quête du savoir est une chose très importante dans la vie, aux yeux du Tout Puissant », indique Awal.

«Permettre aux jeunes filles d’avoir la même chance que les garçons de faire des études poussées constitue un bienfait important pour toute communauté humaine», estime-t-il. « Cette instruction qu’il faut donner aux enfants ne se résume pas uniquement à celle dispensée par l’école des Blancs ; elle doit aussi se donner dans le domaine religieux, afin que les enfants maîtrisent dès le bas âge les préceptes de l’Islam ». Question : combien sont-ils au Niger, pays où le conservatisme religieux gagne du terrain, à penser comme l’imam Awal, dont les enseignements pourraient sortir des milliers de jeunes filles de ces pratiques ancestrales et les libérer de la « prison » des mariages précoces ?

Youssouf Sériba

Journée mondiale du Pharmacien/2022 : le SYNPHANI prône « des actes pharmaceutiques responsables et des médicaments sûrs »

(Échos du Niger 28 sept)Le Syndicat des pharmaciens du Niger (SYNPHANI) a célébré du 24 au 25 septembre 2022 , la journée mondiale du pharmacien couplée avec le lancement de la campagne nationale de sensibilisation « Stop aux faux médicaments ». Cette célébration a débuté le samedi 24 septembre avec une journée d’intégration de la dernière promotion de pharmaciens du Niger dans le jardin du Grand Hôtel de Niamey et le 25 avec la 2e édition du Gala du pharmacien à l’hôtel Radisson Blu.

C’était l’occasion d’insister sur la lutte contre les faux médicaments et de promouvoir des produits pharmaceutiques efficaces. Plusieurs acteurs sectoriels ont pris part à cette célébration notamment le Ministre de la Santé publique de la population et des affaires sociales Dr Idi Illiassou Mainassara, le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation M.Hamadou Souley, le Conseil National de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), la Représentante Résidente de l’OMS Dr Anya Blanche et plusieurs autres invités du corps médical et des chercheurs. « Des actes pharmaceutiques responsables et des médicaments sûrs et efficaces », c’est à ce thème que les acteurs ont décidé de réfléchir cette édition.

Le Ministre de la santé, Dr Idi Illiassou Mainassara, a rappelé les mobiles de l’institution de cette célébration : « le but de cette journée est de mieux sensibiliser le grand public sur le rôle et les missions du pharmacien (…) Car, la pharmacie constitue un pilier essentiel du système national de santé ». Selon le ministre, « le thème de cette édition cadre parfaitement avec les idéaux du programme de la renaissance acte 3 du président de la république, Mohamed Bazoum ». En effet, le mot d’ordre à cette célébration a été clair, à savoir : « Stop aux faux médicaments ». Un objectif qui implique cependant une large sensibilisation. « Après les nombreuses réflexions thématiques lors de nos différentes rencontres les 5 dernières années notamment en ce qui concerne le marché parallèle, nous avons décidé au niveau du Synphani de passer à l’action afin de sensibiliser les populations nigériennes sur les méfaits des médicaments qualité inférieure et falsifiés communément appelés médicaments de la rue » a confié Dr Soumana Sounna Soufiane, Président du syndicat national des pharmaciens du Niger. Ce passage à l’action a été matérialisé par la réalisation d’un téléfilm documentaire sur le fléau, conduit par le journaliste producteur nigérien, Youssouf Sériba et qui a été diffusé à la deuxième édition de la soirée de Gala organisée à l’occasion de cette célébration. A propos, « Ce film de 18 min réalisé par notre très dynamique conseil média et communication le journaliste Youssouf Sériba ici présent expose de manière assez exhaustive le danger que représente les médicaments de la rue pour les populations et pour le système de santé publique » a commenté le président du Synphani dans sa présentation. Une initiative qui a été saluée par le représentant de l’OMS au Niger, Dr Anyla Blanche. Par ce fait a-t-elle déclaré, les pharmaciens du Niger de jouer pleinement leur rôle en vue de sensibiliser les populations Nigériennes quand aux dangers liés à la consommation des Faux Médicaments.

Cette célébration croit savoir le représentant de l’OMS, est capital et exceptionnelle. Pour cause, « Elle marque d’un cachet particulier, l’évolution de vos organisations qui œuvrent sans relâche dans la lutte permanente dans l’amélioration de l’offre pharmaceutique aux populations nigériennes » a-t-elle témoigne avant de marteler la disponibilité de l’OMS Niger à demeurer fortement engagé à leurs côtés dans les services qu’ils rendent quotidiennement aux populations Nigériennes. Prenant part à la célébration, Dr Amadou Almoustapha Secrétaire Général du CNOP est intervenu pour souligner l’importance de la campagne stop au faux médicament en rappelant les dégâts liés au fléau et la nécessité d’intensifier la lutte.

A noter qu’au cours de cette célébration des personnalités ont été distingué pour service rendu à la corporation.

Oslo C. WANOU

Le groupe « Debout jeunesse de Dendi » procèdent à un don de Sang a l’hôpital de Gaya.

(Échos du Niger 18 sept)Très tôt le samedi 17 Septembre, les jeunes du groupe « Debout jeunesse du Dendi se sont rassemblé devant le laboratoire de l’hôpital du district de Gaya. Des jeunes, venus sauver des vies, en donnant leur sang pour soutenir l’hôpital de Gaya qui en a grand besoin. Un geste simple d’une grande importance en cette période de pic du paludisme.. Et au-delà, ce don de sang est un grand apport pour sauver la vie des femmes enceintes et les enfants soufrant d’anémie. Crée il y a moins de 3 mois, le groupe debout jeunesse du Dendi vise à réunir tous les jeunes du Dendi en général et de Gaya en particulier pour une prise de conscience collective et engager des actions de bénévolat afin d’accompagner le bien être, l’émancipation de la population et aussi l’émergence du Dendi.

Fahdel Alou

Santé : Le SUSAS annonce une grève de 48H les 13 et 14 septembre

(Echos du Niger 8 septembre)Les hôpitaux et services sociaux seront paralysés les 13 et 14 septembre 2022 au Niger. C’est une décision du Syndicat Unique de la Santé et de l’Action Sociale (SUSAS) qui par courrier N°145/BEN-SUSAS/2022 en date du mardi 06 septembre 2022 a saisi le ministre de la santé publique, de la population et des affaires sociales et son homologue de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant. Ce sera une cessation d’activités avec service minimum a notifié le syndicat. Pour cause, le SUSAS évoque le non-paiement des frais de scolarité des années académiques 2017 à 2022 des étudiants à l’Université de Niamey, dans les écoles et instituts privés du Niger et à l’étranger qui les expose à des perturbations, le non-paiement des bourses des étudiants à l’Université de Niamey, Ecoles et instituts privées du Niger et à l’étranger depuis 2017, le non-paiement des appuis des étudiants de l’ENSP de Niamey, Zinder et de l’ISP depuis l’année académique 2018-2019 à ce jour, l’iniquité dans l’application de la grille salariale du 29 janvier 2012 portant grille spéciale de traitement du personnel des cadres de la Santé Publiques et de l’Action Sociale, léthargie le recrutement progressif de tous les contractuels sans concours à la fonction publique dans un contexte de départ massif à la retraite, injustice dans l’attribution de primes de garde et astreinte aux agents bénéficiaires conformément au décret N°2007-515/PRN/MSP du 22 novembre 2007 portant régime des primes et indemnités accordés aux agents de la santé publique et de l’action sociale. Ainsi, le SUSAS lance ce mouvement de grève pour exiger la régularisation de ces déférentes situations fustigées. Entre autres, le syndicat réclame l’apurement totale des frais de scolarité et bourse dus aux étudiants, l’harmonisation des grilles salariales incriminés, le recrutement progressif sans concours de tous les contractuels à la fonction publique, le recrutement direct et régulier des agents diplômés du secteur puis la revalorisation des primes de garde et astreinte à 60.000 FCFA au profit des bénéficiaires contre 10.000 actuellement. C’est là les conditions posées par le SUSAS qui dit rester « ouvert et disponible au dialogue franc et sincère ».

Youssouf Sériba

17è assise du FESPAO au Niger : L’accès aux produits de santé de qualité face à l’insécurité en débat

(Les Échos du Niger 9 août)La 17e édition des assises de la Fédération des Étudiants en Sciences Pharmaceutiques de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO) qui regroupe huit pays membres et cinq observateurs, s’est ouverte ce lundi 08 août 2022 au Centre International de Conférence Mahatma Gandhi de Niamey. Elle a réuni un parterre de personnalités à divers niveaux notamment des sciences pharmaceutiques et de la médecine Ainsi que des membres du gouvernement.

C’est le ministre de la santé publique, de la population et des affaires sociales, Dr Illiassou Idi Mainassara qui a procédé à l’ouverture des travaux en présence du Doyen de la Faculté des Sciences de la Santé à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, du Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey et du gouverneur de Niamey.

« Secteur pharmaceutique dans l’Espace UEMOA : défis de la gouvernance et de l’Accessibilité des produits de santé de qualité face au contexte d’insécurité », c’est  le thème de cette assise qui se préoccupe du contexte sécuritaire précaire et surtout de comment permettre aux populations de bénéficier de produits pharmaceutiques de qualité. Dans leurs mots de bienvenu, le gouverneur de la région de Niamey, Oudou Ambouka et le doyen de la faculté des Sciences de la Santé à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, Professeur Sani Rachid ont salué cette idée des étudiants, préoccupés par les défis de leur temps et cadre géographique. Selon le président du comité d’organisation desdites assises « ces assises sont des rencontres  qui se font dans un cadre d’échanges  d’informations scientifiques et d’intégration culturelle entre les futurs professionnels  du secteur pharmaceutique » en Afrique de l’Ouest.  A l’en croire, le titre de pharmacien est fréquemment usurpé par beaucoup qui n’en ont pas la qualité. Cela exige des acteurs un assainissement du cadre afin de redorer le blason de la profession. A cet effet, des campagnes de sensibilisation sont prévues au profit du grand public et même des professionnels de santé qui n’ont pas tous idée de la tâche du pharmacien. Quant au thème, il est justifié par le contexte sécuritaire dans lequel, la préservation de la santé des populations importe tout de même. Ce qui suppose un accès à des produits pharmaceutiques de qualité à temps.

Pour ce qui est de la gouvernance, la question du monopole pharmaceutique avec des médicaments contrefaits et douteux qu’on retrouve sur le marché parallèle  dans les pays seront abordées dans le double défis de la gouvernance. Il en est de même de l’accessibilité notamment dans la zone des trois frontières (Tillabéry) où la population manque parfois de médicaments essentiels pour ses soins mais ne peut être ravitaillée en raison de l’insécurité. Dr Illiassou Idi Mainassara,  Ministre de la santé publique de la population et des affaires sociales, représentant son collège, de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation, a salué le choix du thème qui reste d’une grande actualité non seulement au Niger mais dans la quasi-totalité des pays ouest africains. « Le choix de ce thème pertinent traduit déjà votre attachement au bienêtre des populations que vous êtes appelés à servir, particulièrement celles qui sont en situation défavorable» a-t-il témoigné avant de dire sa foi en la qualité des fruits de cette assise : « Je ne doute point, que de ces assises sortiront des recommandations dans le sens  d’améliorer la gouvernance de ce secteur crucial pour le système national de santé publique et favoriser par la même occasion l’accès aux produits de qualité certifiée aux populations dans les zones de conflits dans nos pays » a déclaré le ministre. Plusieurs panels et communications sont prévus pour cette édition avec des professionnels de haut niveau.

A noter qu’au cours de la première journée de ces assises qui dureront une semaine, 2 panels de haut niveau ont été animés par des hauts cadres du système pharmaceutique au Niger. Le premier porte sur thème « Vaccination covid-19 : rôle du pharmacien dans la sensibilisation » et  le second sur le thème « Les métiers d’avenir de la profession pharmaceutique : enjeux et perspectives »

Oslo C. WANOU

Échos santé : La dépigmentation, une pratique aux multiples conséquences sur les femmes au Niger

Le développement des pratiques de dépigmentation  volontaire pose un réel problème de santé publique au Niger, au vue des conséquences multiples qu’elles engendrent sur celles et ceux qui y font recours pour s’éclaircir la peau afin de se conformer à un supposé critère de beauté. La dépigmentation se pratique  à travers des produits utilisés sous forme de crèmes, gel, lait corporel, ou savons appliqués sur tout le corps seuls ou en association, une ou plusieurs fois par jours. Selon une étude faite sur le phénomène dans le cadre d’une thèse soutenu au mois de juillet la dépigmentation touche 76 % de l’échantillon sur laquelle à portée l’étude. Pour en savoir davantage sur cette pratique néfaste à la peau, les Échos du Niger s’est entretenu avec  Dr Harouna Moussa, Spécialiste en Dermatologie/IST/VIH SIDA au Centre Hospitalier Régional de Dosso.

Les Échos du Niger : Qu’est-ce que la dépigmentation ?

Dr Harouna Moussa: Par définition, c’est l’usage de produits par voies locale (application locale) ou générale (voie orale ou injectable) dans le but de s’éclaircir la peau.

Quelles sont les causes de la dépigmentation volontaire ?

Les causes du phénomène restent complexes et sont fonction de chaque milieu.

On pourrait penser à un phénomène de mode, un complexe de la peau noire vis-à-vis de la peau blanche, un désir de séduction (on  fait croire aux femmes que les hommes préfèrent les femmes claires), l’ignorance.

Comment reconnaitre un produit éclaircissant ?              

Pour reconnaitre un produit éclaircissant, il suffit de lire sur l’emballage ou la notice le principe actif c’est-à-dire la substance présente dans le produit qui lui confère ses propriétés thérapeutiques ou préventives. Dans le cas des produits éclaircissants le principe actif c’est surtout l’hydroquinone ou les corticoïdes ou le mercure.

Il y a des produits éclaircissants qui ne mentionnent pas  forcement la présence d’hydroquinone, de corticoïdes ou de dérivés mercuriels dans ce cas comment les reconnaitre ?

D’abord ça peut être une stratégie de marketing pour tromper le client afin d’écouler le produit. Ensuite il peut y avoir des extraits des comme le citron ou des légumes (carotte) .D’autre part, il y a aussi la présence de l’éthanol et Kojak.

Quels sont les risques liés à la dépigmentation

Les conséquences sont multiples et sont fonction du produit utilisé.

Sur le plan local, on a d’abord les brûlures de la peau qui laissent de grosses cicatrices sur les parties touchées. Il y a ensuite des allergies qui se manifestent par l’apparition de boutons sur tout le corps, Ochronose (noirceurs des parties de la peau exposées au soleil), Acné fréquente et compliquée,      Hypertrichose (pilosité anormale sur une partie du corps ou sur sa totalité), Vergetures sur tout le corps qui sont dues à la destruction des fibres élastiques de la peau qui se relâche, la peau devient mince et très fragile, ce qui empêche une intervention chirurgicale au cas où la personne a un problème. Par exemple les femmes enceintes qui doivent subir une césarienne. Après l’intervention, les sutures ne tiennent pas et cela peut entraîner la mort. 

Les utilisateurs de ces produits deviennent progressivement multicolores (Dyschromie) et dégagent une odeur nauséabonde avec des rides et des plis sur tout le corps lié à un vieillissement prématuré de la peau. Le risque infectieux avec toutes sortes d’infections de la peau, des furoncles, des mycoses, la gale.

Sur le plan général, c’est surtout les effets secondaires des corticoïdes injectables. Ces produits qui sont directement injectés dans le sang entraînent l’hypertension artérielle, le diabète, les cancers de la peau, les insuffisances rénales, la perturbation du cycle menstruel, la cécité.

Il y’a des femmes enceintes qui utilisent des produits éclaircissants, qu’elles conséquences sur la santé du bébé ?

Ces produits qui sont directement envoyés dans le sang peuvent avoir des conséquences sur la santé du bébé dont entre autre le risque de mettre au monde un enfant avec un faible poids de naissance dont la croissance sera très lente, les problèmes osseux parce que les corticoïdes empêchent la consolidation des articulations.

La plupart des personnes qui se dépigmentent sont grosses, est-ce les effets secondaires des produits éclaircissants ?

Bien sûre ! Car certains produits éclaircissants contiennent des corticoïdes qui donnent comme un des effets secondaires la prise de poids.

Existe-t-il des statistiques sur la dépigmentation au Niger ?

A ma connaissance un mémoire sur la dépigmentation a été soutenu en juillet 2022 par une étudiante de l’IFTIC dans lequel il a été rapporté sur un échantillon de 100 filles interviewées dans 3 établissements, 76 utilisent les produits éclaircissants donc 76%.

Les risques liés à cette pratique se développent à long terme ou à court terme?

A long terme, car les conséquences ne se voient pas dès les premiers moments de l’utilisation. C’est un long processus qui s’installe progressivement et détruit la personne lentement.

Quels conseils à l’endroit des utilisateurs des produits éclaircissants pour éviter les risques liés à la pratique ?

D’abord   arrêter la dépigmentation le plutôt serait le meilleur, ensuite consulter un dermatologue et enfin savoir que certaines conséquences sont irréversibles.

Quel est votre mot de la fin?

La peau naturelle est belle et elle doit être entretenue et non être dégradée par ces produits éclaircissants car elle reflète notre identité.

Entretien réalisé par Hannatou Daouda Oumarou

ECHOS SANTE: pourquoi faut-il consommer la viande rouge avec modération?

Le Niger est un pays d’élevage par excellence où la viande est un aliment de base. Toutefois l’on constate une consommation abusive de la viande notamment la viande rouge. En effet, cette consommation abusive de la viande s’illustre par les quantités des mammifères égorgés, grillés et consommés chaque jour dans le pays. Selon une étude qui a été faite sur la consommation de la viande, l’OMS recommande de consommer entre 100 et 150 grammes de viande par jour or selon les statistiques, au Niger cette consommation dépasse largement le nombre de grammes par jour recommandés par l’OMS et prend de plus en plus de l’ampleur. Pour en savoir d’avantage sur la quantité de viande à ne pas dépasser par jour ainsi que les risques liés à la consommation abusive de la viande rouge, les Echos du Niger s’est entretenu avec Dr MADOUGOU DJAMILA, médecin nutritionniste

Les Echos du Niger : qu’est ce qu’on entend par viande rouge ?

Dr Djamila Madougou : La viande rouge fait référence à tous les types de viande issus des tissus musculaires de mammifères comme le boeuf,veau,porc,agneau,mouton,chèvre.Toutefois cette catégorisation dépend des pays, dans certains, la viande rouge regroupe aussi des poissons et de la volaille de chaire rouge. De façon générale,les viandes rouges partagent des points communs ;leur couleur rouge ;leur teneur élevée en fer ;leurs caractéristiques nutritionnelles et leur faible teneur en glucides.

Les Nigériens sont des grands consommateurs de viande rouge, est-ce bon de manger tous les jours ?

Les Nigériens sont bien connus pour être de grands consommateurs de viande rouge.Ce qui est en évidemment nuisible pour la santé.La consommation de la viande rouge chaque jour même à de petites quantités augmenterait le risque de mortalité selon certaines études.

Quand manger la viande rouge?

Le repas le plus propice pour la consommation de la viande rouge est le déjeuner (midi) car le corps exige des protéines en milieu de journée afin d’achever sa reconstruction quotidienne amorcée au petit déjeuner.Aussi, c’est le moment où l’estomac produit le plus d’acide gastrique,ce qui permet d’assimiler la viande de manière optimale.

Quelle quantité à ne pas dépasser par jour ou par semaine?

Il est conseillé de ne pas depasser au maximum 500g de viande rouge par semaine et moins de 150g de charcuterie car celle-ci contient beaucoup de gras et de sel.

Quelles sont les consequences ou les risques liés à la consommation en accès de la viande rouge sur la santé?

La consommation excessive de viande rouge a de graves conséquences sur la santé. D’abord, l’nflammation des diverticules de l’intestin,cancer colorectal et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont les principaux risques générés par une alimentation comportant une grande quantité de viande rouge. La quantité de proteines présentes dans ce type de viande augmente le risque de maladies cardiovasculaires (pathologies qui touchent le cœur et l’ensemble des vaisseaux sanguins telles que l’athérosclérose, l’hypertension artérielle, l’infarctus du myocarde,les accidents vasculaires cérébraux…)Il ya également une probabilité significative de développement de maladies rénales liée à la consommation excessive de viande rouge,la goutte et bien d’autres problèmes de santé sont liés à ce type d’alimentation.

Est ce qu’il existe des statistiques au Niger sur la consommation abusive de la viande rouge?

Au Niger,la consommation de la viande rouge dans la sauce ou grillée par les bouchers au petit déjeuner,au déjeuner et même au dîner est devenu au fil des décennies un phénomène culturel véritablement ancré dans les habitudes des uns et des autres.Selon les chiffres officiels, l’abattoir frigorifique de Niamey (Afrin) abat environ 140 000 tonnes d’animaux par an selon la demande.Au moins de 400 petits ruminants, 200 bovins et 16 caméléons sont abattus quotidiennement.Une idée de la quantité excessive de viande rouge que nous consommons chaque jour et qui contribue énormément à l’apparition de graves problèmes de santé chez la population.

Avec quel genre d’aliment alterner la viande rouge pour rester en bonne santé?

La consommation de la viande rouge doit être associée à une alimentation équilibrée et variée.Si vous devez choisir entre la viande rouge et la viande blanche,il est préférable d’opter pour la volaille oubien le poisson qui sont plus saines.On peut remplacer la portion de viande rouge de certains jours de la semaine par d’autres aliments notamment:les oeufs,autant que le poisson sont une excellente source de protéines de bonne qualité (fer hemmenique,vitamine B12)les céréales(riz, blé,mil..) et les légumineuses (haricots, lentilles,sodja…) sont deux groupes d’aliments d’origine végétale contenant des protéines de qualité intéressante.Le seul problème est que les protéines des céréales manquent de lysine et que celles des légumineuses d’acides aminés mais leur association est une bonne alternative.Donc la portion de viande d’une journée peut être remplacée par l’association de céréales et de légumineuses (exemple :riz et haricot,pain et beignets de haricots ou de sodja,riz et lentilles…) et enfin les produits laitiers.

Quel conseil à l’endroit de la population pour eviter les risques liés à la consommations de la viande rouge?

Pour préserver notre santé et réduire les risques d’apparition de certaines maladies,la consommation hebdomadaire de viande rouge ne doit pas dépasser 500g; choisir une viande non grasse;eviter les charcuteries le plus possible (viande rouge transformée);essayer de remplacer des portions de viande rouge par d’autres aliments (oeufs, association céréales et légumineuses…);en fin varier son alimentation par l’introduction des fruits et surtout des légumes qui sont considérés comme des facteurs protecteurs des effets néfastes que la viande rouge peut causer.

Quel est votre mot de la fin?

Pour terminer je dirais qu’une bonne santé est conditionnée par une bonne alimentation.Celle-ci doit être variée et équilibrée,surtout sans excès et toujours accompagnée d’une activité physique régulière.

Entretien realisé par Daouda Oumarou HANNATOU

ASR Africa offre 3 millions de dollars pour soutenir le développement du Niger

(Les Echos du Niger 25 juillet)L’initiative africaine d’Abdul Samad Rabiu (ASR Africa) a décidé de soutenir les initiatives de développement au Niger avec un montant de 3 millions de dollars US. Ce don a été annoncé lors d’une audience accordée par le Président Mohamed Bazoum au Président de BUA Group et ASR Africa, Abdul Samad Rabiu hier dimanche 24 juillet. Dans l’allocution qu’il a faite lors du dîner donné en son honneur, Abdul Samad Rabiu a annoncé que ce montant allait être prioritairement alloué aux secteurs de la santé, de l’éducation ou encore du développement social. Le président Bazoum de son côté a profité de l’occasion pour remercier l’entrepreneur pour son geste. Il a également souligné l’importance de la coopération panafricaine pour un réel développement inclusif. L’initiative Abdul Samad Rabiu Africa est le produit de la volonté d’Abdul Samad Rabiu. C’est en 2021 que cet industriel, philanthrope et président du groupe BUA a lancé cette initiative pour apporter des solutions locales durables et efficaces aux problèmes de développement dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement social en Afrique. BUA group intervient dans les domaines agroalimentaires et des infrastructures entre autres. En 2022, la fortune personnelle d’Abdul Samad Rabiu est estimée à 6,3 milliards de dollars US.

Mawulolo Ahlijah

Échos Santé : l’acné un problème de santé touchant toutes les tranches d’ âge

L’acné est un problème cutané bien connu chez les adolescents. Pourtant elle peut également toucher toutes les tranches d’âges de la population, sans distinction de sexe. Apparaissant souvent à l’adolescence, elle peut se poursuivre durant des années même lorsqu’on atteint l’âge adulte. Pour en savoir d’avantage sur ce problème de peau, Les Echos du Niger s’est entretenu avec Dr HAROUNA MOUSSA, Spécialiste en Dermatologie/IST/VIH SIDA au Centre Hospitalier Régional de DOSSO.

Echos du Niger : comment définissez-vous l’acné ?

Dr HAROUNA MOUSSA : L’acné est une dermatose inflammatoire des follicules pilo-sébacés. Elle est le plus souvent primitive et commence généralement à la puberté.

Quels sont les différentes formes d’acné ?

Il existe trois formes d’acnés : Les formes communes (Acné rétentionnelle ou comédonienne) associant une séborrhée à de nombreux comédons et microkystes et (acné inflammatoire ou papulo-pustuleuse) qui sont les formes les plus fréquentes. Les formes graves : acné nodulaire (la forme nodulaire) ; acné conglobata (des papules, des pustules, des abcès) laissant des cicatrices déprimées ; acné fulminante (acné nodulaire aiguë, fébrile et ulcéreuse) Les formes ethnologiques particulières de l’acné : les acnés( néonatales et infantiles )chez le nouveau-né, due aux androgènes d’origine maternelle ; les acnés médicamenteuses ( les contraceptifs œstro-progestatifs, les corticoïdes, les antiépileptiques et plus rarement les tuberculostatiques, la vitamine B12, les médicaments immunosuppresseurs (azathioprine, ciclosporine) ;les acnés exogènes dues aux huiles minérales et cosmétiques (huiles végétales) ; les acné révélant une endocrinopathie accompagnée de signes d’hyperandrogénie ( hirsutisme, alopécie, troubles des règles chez la femme . La cause la plus fréquente est une maladie des ovaires polykystiques et enfin l’acné excoriée,cette forme est presque exclusivement féminine et la plupart des lésions sont provoquées par des manipulations agressives de lésions d’acné minimes. Cette forme témoigne de difficultés psychologiques de la patiente.

Les acnés apparaissent seulement au niveau du visage ou sur tout le corps ?

Non, elles peuvent aussi toucher le dos , la poitrine et le thorax.

Pouvez-vous nous dire pourquoi certains en ont plus que d’autres ?

L’acné est une dermatose hormono-dépendante mais il y’a des facteurs qui la favorise comme le stress, les habitudes cosmétiques (éclaircissants) surtout qui varient d’une personne à une autre ce qui peut expliquer cette différence chez certaines personnes.

Fille ou garçon ça change quelque chose ?

Bien sûre par ce que l’acné chez la fille peut durer plus longtemps car favorisée et entretenue par les habitudes cosmétiques.

En cas d’apparition de premiers boutons est ce nécessaire de consulter un dermatologue ?

L’acné étant une dermatose faciale, et, ce n’est pas tout bouton du visage qui constitue une acné. Alors, il est très nécessaire de consulter un dermatologue dès l’apparition des premiers boutons.

Existe-t-il un ou des traitements particulier(s) ?

Il existe bien sûre des traitements qui dépendent surtout de la forme clinique de l’acné et la durée du traitement est longue en moyenne 3 à 6 mois voire 1an.Localement (Traitement local) nous avons le groupe des rétinoïdes topiques comme l’effederm crème, le groupe des péroxyde de Benzoyle comme le cutacnyl gel 5%, 10% et les antibiotiques locaux comme l’éryfluid lotion (Erythromycine).Sur le plan général on peut utiliser les antibiotiques comme la Doxycycline, la clindamycine…, ou le gluconate de zinc mais aussi l’isotrétinoine.

Quels effets secondaires pendant et après traitement ?

Les effets secondaires sont : Sécheresse cutanéo-muqueuse (chéilite, xérose cutanée, rhinite sèche) ; exacerbation de l’acné pendant les 4 premières semaines de traitement ; risque d’hypertension intracrânienne en association avec les cyclines (contre-indication) ; élévation des transaminases et hyperlipidémien et enfin, risque tératogène (malformation du fœtus) surtout pour l’isotrétinoine dont l’utilisation est conditionnée par une contraception avant, pendant et après le traitement.

Quel appel à l’endroit des personnes qui souffrent de ce genre de problème de peau ?

D’ abord, éviter l’automédication ensuite consulter un dermatologue ; être observant et patient pendant le traitement. Aussi,ne pas casser les boutons car le fait que le patient casse les boutons cela crée des petites plaies qui serviront de portes d’entrée aux germes qui vont donner des infections graves ( exemples : érysipèle, staphylococcie maligne)

Quel est votre mot de la fin ?

L’acné est une dermatose affichante, il est nécessaire de consulté un dermatologue car lui seul est habilité à poser le diagnostic et classer l’acné selon la forme clinique afin d’introduire et suivre un traitement adapté.

Entretien réalisé par HANNATOU DAOUDA OUMAROU

Santé : une campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) et de dépistage de la malnutrition 2022

(Les Échos du Niger 20 juillet)Le ministre de la Santé Publique de la Population et des Affaires Sociales, Dr Idi Illiassou Maïnassara en présence d’élus parlementaires et locaux, des PTFs, de sages et autres catégories sociales a procédé hier mardi 19 2022 à Kollo au lancement de la Campagne de la chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) couplée au dépistage de la malnutrition 2022. Ladite campagne remonte à 2012 sur instruction de l’organisation mondiale de la santé (OMS), instruction qu’a commencée par suivre l’année suivante, 2013, le Niger à travers le Programme National de lutte contre le paludisme. « En 2012 l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé la CPS, comme un outil efficace de lutte contre le paludisme, à la suite d’études cliniques menées à grande échelle ayant prouvé que la CPS est une stratégie de protection qui contribue à réduire la morbidité et la mortalité chez les enfants âgés de 3 à 59 mois. Surtout pour les 24 millions d’enfants qui vivent dans les zones africaines soumises à une forte incidence saisonnière du paludisme », a rappelé le ministre de la santé. Pour l’édition 2022, 5 millions d’enfants dont près d’un million âgés de 3 à 11 mois, près de 4 millions âgés de 12 à 59 mois et près de 60.000 enfants de 5 à 9 ans seront pris en compte dans 67 districts sanitaires. Cette édition, l’Etat entend impacter en moyenne 95% des enfants âgés de 3 à 59 mois remplissant les critères pour bénéficier de cette campagne et du dépistage de la malnutrition. Ce sera via des procèdes de postes fixes ou de porte à porte. Au Niger, le paludisme est la cause première cause de mortalité et de morbidité chez les enfants de moins de cinq ans. Dans les centres de santé, il représente 30% des taux de consultations en période de transmission. En saison aigüe, entre juin et septembre, période de haute pluviométrie, ce taux monte jusqu’à 80% avec une aggravation de la malnutrition selon le ministre de la santé. Salamatou Souley, Maire de Kolo et Diori Dourhamane, Gouverneur de Tillabéry ont ajouté que le paludisme est encore endémique au Niger où il s’avère un problème majeur de santé de publique. C’est à raison qu’en 2018, l’OMS a insisté sur un meilleur accès aux mesures préventives, plus optimisées. En plus de l’usage de moustiquaire imprégnée, la campagne CPS couplée au dépistage de la malnutrition constituent ainsi est un palliatif et permet de sauver les enfants de 0 à 05 ans, la cibles la plus exposée avec un fort taux de morbidité. C’est pourquoi, pour cette campagne, le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour atteindre un plus grand nombre d’enfants. Cependant, pas sans l’implication des autorités locales, leaders religieux, coutumières et autres que le ministre a invitées à s’impliquer pour la facilitation et le succès de la campagne.

Oslo Chester WANOU

Échos Santé: Les maladies buccodentaires, un problème de santé publique non négligeable

(Les Échos du Niger 19 juillet)Les maladies buccodentaires sont négligées par la population et peuvent perturber le bon fonctionnement de la bouche. Elles constituer une cause d’absentéisme scolaire et professionnelle .Ces maladies peuvent aussi conduire à l’isolement et à la perte de revenus. Selon une étude, en 2010 les infections buccodentaires toucheraient dans le monde 3,9 milliards de personnes et leur charge de morbidité serait en augmentation considérable pouvant survenir tout au long de la vie et peuvent des douleurs intenses et une défiguration, voir s’avérer fatale dans certains cas.
Pour en savoir davantage sur cette maladie Les Échos du Niger s’est entretenu avec Dr DOUMA RAMATOU, Chirurgien-dentiste au Programme de lutte contre les maladies buccodentaires et le Noma.

Échos du Niger : qu’est ce qu’on entend par le Noma ?

Dr DOUMA RAMATOU : Le Noma ( cancrom oris ) est une forme de stomatite gangreneuse qui débute généralement par une lésion bénigne au niveau de la gencive ou de la joue avant de détruire rapidement les tissus mous et durs de la bouche et du visage.

Quelles sont les causes et les facteurs de risques ?

Il n’est pas encore établi un agent spécifique causal; cependant il y a des facteurs si ils sont réunis peuvent amener à la survenue de cette pathologie. Il s’agit pincipalement la mauvaise hygiène, sur un état général altéré par la malnutrition, une maladie infectieuse ou parasitaire.

Le Noma est-il héréditaire ?

Connu depuis l’antiquité et éradiqué en Europe vers la fin du siècle dernier, il reste encore présent dans les pays où sévissent la pauvreté l’ignorance et la misère. Le Noma n’est pas héréditaire.

Quel est le groupe d’âge le plus touché par cette maladie ?

Toute personne peut développer le Noma, cependant le groupe cible est constitué surtout des enfants de 2 à 6ans.

Comment le Noma se manifeste ?

On distingue cinq stades d’évolution de la maladie : S’agissant du premier stade on peut remarquer une gingivite ou une plaie au niveau de la joue avec une mauvaise haleine et une hyper salivation. En cas d’apparition de ces symptômes il est conseiller la mère de faire un bain de bouche avec de l’eau tiède et u peu du sel (un ver d’eau tiède + une pince de sel au moins 6 fois par jour) et amener l’enfant rapidement dans un centre de santé pour une prise en charge.

Le Deuxième stade est quand à lui marqué par l’installation d’un œdème au niveau de la joue. Au Troisième stade on remarque la formation d’une ligne de démarcation nette de tissus nécrosés Au quatrième stade on remarque une chute de l’escarre faisant apparaître les os et les dents (tissus sous-jacent) dans les 7 jours qui suivent. Au cinquième stade est caractérisé par la phase de cicatrisation et la gestion des séquelles Ce qui est recommandé en cas d’apparition de ces symptômes c’est d’amener l’enfant rapidement dans un centre de santé pour une prise en charge.

Est ce qu’il existe des statistiques au Niger ?

C’est une maladie dont l’évolution est fulgurante entre 7 à 10 jours. Elle est mortelle (70 à 90 %) et ceux qui arrivent à suivre sont défigurés à jamais et souvent stigmatisés par la société. Comment

Traiter ou prévenir la maladie ?

La prévention consiste à l’élimination des facteurs de risques cités ci haut, une bonne hygiène bucco-dentaire (brossage bi quotidien), éviter la malnutrition, faire les visites prénatales et infantiles, respecter le calendrier vaccinal et éviter les conditions d’apparition du paludisme, assainir l’environnement, allaitement pendant 24 mois (exclusif les 6 premiers mois).

Est ce qu’il existe une prise en charge du Noma au Niger ?

Les malades du Noma Sont pris en charge par les structures de l’état et des ONG (Hilfsaktion Noma, Sentinelles, Campaner) sur toute l’étendue du territoire National. Elles assurent la prise en charge totale et gratuite jusqu’à la réinsertion sociale et le suivi du malade.

Quel conseil à l’endroit de la population pour prévenir ou éviter la maladie ?

A l’endroit de l’ensemble de la population c’est la pratique d’une bonne hygiène bucco-dentaire, une alimentation équilibrée et surtout dès que vous constatez le premier signe , il faut urgemment faire un bain de bouche à l’eau tiède salée et se rendre le plus rapidement possible vers le centre de santé le plus proche pour une prise en charge rapide .

Votre mot de la fin?

C’est d’informer et de sensibiliser la population pour que plus jamais un enfant du Niger ne meure ou ne soit défiguré par cette terrible maladie qu’est le Noma. A noter que le Noma n’est pas une maladie contagieuse et n’est pas due à la sorcellerie.

Entretien réalisé par HANNATOU DAOUDA OUMAROU

Santé : Prise en Charge de 260 enfants atteints par la drépanocytose à l’hôpital de district de Madarounfa

La drépanocytose touche plus de 50 millions de personnes dans le monde, et au Niger le ministère de la Santé évaluait en 2018 son taux de prévalence à 23,2 % dans le pays. Pour enrayer ce fléau Médecins Sans frontières en partenariat avec le ministère de la Santé du Niger prend en charge plus de 260 enfants atteints par la drépanocytose à l’hôpital de district de Madarounfa, dans la région de Maradi.

Selon le ministre de la Santé publique «  le Niger fait partie des pays où la drépanocytose constitue un problème majeur de santé publique. Et afin de faciliter l’accès aux soins des patients souffrants de cette maladie, les autorités sanitaires ont créé une structure dédiée, le Centre National de Référence de la Drépanocytose ».

La maladie se caractérise principalement par une anomalie de l’hémoglobine, une protéine contenue dans les globules rouges du sang qui permet de transporter de l’oxygène vers les organes du corps. Elle se développe dès le plus jeune âge, avec de graves conséquences sur la santé et la survie des enfants touchés qui ont généralement une anémie se traduisant par une fatigabilité, des vertiges, des essoufflements, une sensibilité accrue aux infections, et des crises douloureuses causées par une mauvaise circulation sanguine et par le manque d’oxygénation des tissus (surtout les os). Dans les formes les plus sévères ces crises sont très fréquentes, intenses et atteignent des organes vitaux – on les appelle des crises vaso-occlusives.

Dans la région de Maradi, à Madarounfa, Médecins Sans Frontières, en partenariat avec les autorités sanitaires, est mobilisé contre la drépanocytose à travers la mise en place d’un service pédiatrique dédié au suivi de cette pathologie, avec un personnel formé et qualifié, à l’hôpital de district. MSF a disponibilisé des moyens de diagnostic et de traitement pour soulager les enfants et essayer de limiter les conséquences de cette maladie, comme les crises vaso-occlusives.

Consultation d’enfants souffrant du drépanocytose au district de MADAROUNFA -Les Échos du Niger

La prise en charge gratuite de la drépanocytose dans cette localité concerne les enfants de zéro à cinq ans, toutefois, souligne Souleymane Ousmane, Médecin Responsable du service pédiatrique et pathologique à l’hôpital du district, « une fois que l´enfant a été inclus dans le programme, il continuera de bénéficier du suivi jusqu’à l´âge de 15 ans ».  En ce qui concerne le traitement curatif, poursuit Souleymane Ousmane, « les patients qui présentent des complications très sévères, sont traités à base de l’hydroxyurée, un traitement spécifique qu’on a commencé récemment. Il permet de prévenir la survenue de CVO, des crises sévères et d’autres complications de la drépanocytose » Il confirme que ce traitement a déjà fait ses preuves dans de nombreux pays depuis une vingtaine d’années mais reste difficilement accessible dans les pays à ressources limitées comme le Niger.

Les patients souffrants de la drépanocytose doivent suivre des mesures spécifiques de prévention des crises et un traitement médical chronique et adapté. Ceux présentant des épisodes fréquents d’anémie profonde peuvent avoir besoin de transfusions sanguines itératives. Sans traitement, on estime que la moitié des enfants atteints de drépanocytose meurt avant d’atteindre leurs cinq ans. A Madarounfa, un traitement par l’hydroxyurée est depuis récemment fourni aux enfants drépanocytaires les plus à risque de complications liées aux crises vaso-occlusives. C’est un médicament qui a déjà fait ses preuves depuis des années pour la prévention et l’atténuation des crises vaso-occlusives dans de nombreux pays.

Ismael Bagoudou

Santé : L’Algérie octroie plus de 28 tonnes de produits médico-pharmaceutiques au Niger

L’Etat du Niger vient de recevoir de l’Algérie plus de 28 tonnes des médicaments et de matériels bio médicaux en vue du renforcement des capacités du système sanitaire national. C’est le ministre Algérien de la Santé, Abderrahmane Benbouzid en visite de travail au Niger la semaine écoulée, qui transmis les dons ministre de la Santé publique, de la Population et des Affaires sociales, Dr Illiassou Idi Mainassara le vendredi 10 juin 2022.

(Les Échos du Niger 14 juin) La coopération nigéro-algérienne dure depuis plusieurs années et résistent à l’usure du temps. Pour renforcer les liens, c’est encore plus de 28 tommes de produits pharmaceutiques et médicaux que ce pays a offert au Niger, la marque tangible d’une coopération toujours active. A l’occasion, «Nous nous engageons à coopérer et à travailler avec le Niger. Ce geste fait suite à des échanges que nous avons eus avec le ministre nigérien en charge de la Santé et cette visite est aussi l’occasion pour nous d’échanger davantage sur le partage d’expérience et la formation. L’Algérie est disposée à accompagner le Niger sur plusieurs domaines», a fait savoir Abderrahmane Benbouzid ministre Algérien en charge de la Santé avant d’ajouter que la coopération entre les deux Etats ne se limitera pas à ce seul secteur. Déjà, «cette rencontre est l’occasion aussi pour parapher certains textes, faire avancer certains dossiers comme celui de la construction d’un centre d’hémodialyse à l’hôpital régional d’Agadez, un centre de santé à Tchirozérine, d’évaluer le niveau de réalisation des engagements et recommandations de la 7ème Réunion du Comité bilatérale frontalier notamment la formation des personnels de santé en matière de dépistage VIH/Sida, de la surveillance épidémiologique et pathologies sahélo sahariennes et la lutte anti-vectorielle, partager les expériences et les bonnes pratiques en matière d’élimination du paludisme y compris les outils de surveillance et de prévention en terme de procédures opératoires standardisées ainsi que le glossaire pour le personnel de santé en version arabe, tamasheq et français, etc» a déclaré Dr Illiassou Idi Mainassara ministre de la Santé publique, de la Population et des Affaires sociales du Niger. Porteur de l’amitié du chef de l’Etat algérien à son homologue du Niger à qui il a témoigné l’affection de son frère d’Algérie, Abderrahmane Benbouzid a dit toute sa joie d’être témoin de cet instant qui marque une forte amitié et une solidarité envers un pays frère et ami, le Niger. Il a Souligné la sénilité des relations entre les deux Etats, mettant en exergue les gestes de fraternité qui la consolident et la soutiennent, telle la visite récemment en Algérie du Président du Niger Mohamed Bazoum a son homologue algérien. A l’en croire, les deux Etats doivent se donner la main et continuer à travailler pour un avenir commun. « Nous devons aussi saisir cette occasion pour qu’elle soit une réussite à travers le maintien des contacts et ouvrir aussi des discussions sur d’autres projets», mentionné. C’est justement ce que fait si bien déjà l’Algérie à travers de nombreux soutiens dans divers domaines qu’a rappelés le ministre de la santé publique, de la Population et des Affaires sociales qui a chargé son homologue algérien de transmettre les remerciement du peuple Niger au peuple frère d’Algérie et son premier citoyen. Au fait, «Votre présence à Niamey traduit votre attachement à tout ce qui touche à la santé de notre population. C’est aussi la volonté du gouvernement algérien d’aller un peu plus loin en matière de coopération sanitaire avec le Niger» a reconnu et témoigné Illiassou Idi Mainassara.

Oslo Chester WANOU

Plus de 50 Millions FCFA investis par SONIBANK pour rénover l e service néonatalogie de la MIG.

Le service de néonatologie de la maternité Issaka Gazobi (MIG) a fait peau neuve. C’est grâce à l’accompagnement de la Société nigérienne de banque (SONIBANK). La réception a été faite le mercredi 1er juin 2022 par le ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales, Dr Idi Illiassou Maïnassara, en présence de députés, de responsables administratifs, des agents de la maternité et de plusieurs invités.

(Les Échos du Niger 3 juin) La Société Nigérienne de Banque (SONIBANK), ce n’est pas que le profit. Elle a appuyé la réfection du service de néonatologie de la maternité Issaka Gazobi à hauteur de plus de 50 millions de FCFA. C’est un généreux acte de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) qu’a salué, Dr Idi Illiassou Maïnassara, ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales qui a évoqué l’intérêt de la banque pour le bonheur des populations en général et des femmes enceinte et nourrissons en particulier. Le geste est satisfaisant car, les résultats étaient largement au-dessus des attentes a fait savoir le ministre sachant que le service a largement dépassé sa capacité d’accueil. Au fait, « Ces travaux de réhabilitation, qui ont coûté plus de 50 millions FCFA, ont permis de porter les capacités d’accueil de ce service de 20 à 100 nouveau-nés. En plus, plusieurs autres infrastructures liées au service de néonatologie ont aussi été rénovées, à la grande satisfaction des agents de la MIG, des bénéficiaires et des autres utilisateurs dudit service », a affirmé plein de gratitudes Madi Nayama, Directeur Général de la MIG. Aminé par les mêmes sentiments de reconnaissance, le ministre la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales a lui aussi déclaré : « Les plus hautes autorités du Niger apprécient fortement ce soutien de la SONIBANK et celui du réseau des femmes parlementaires du Niger, qui a permis cette collaboration, ayant conduit à cette rénovation, pour améliorer les conditions de prise en charge des nouveau-nés. Le ministre en charge de la Santé publique a demandé au personnel de la MIG, en particulier celui du service de la néonatologie, de bien entretenir leur service rénové, de s’atteler au travail quotidien de qualité, en vue d’améliorer le pronostic maternel et périnatal au Niger ». Pour la généreuse donatrice c’est toujours avec plaisir et promptitude que la banque répond à ces sollicitations. Directeur Commercial et Marketing de la SONIBANK, représentant le DG, « notre banque est toujours prompt à tout appel ou besoins qu’exprimeront les services de santé. Nous continuerons à appuyer ces services de santé dans le cadre de notre responsabilité sociétale et environnementale» a confié Yacouba Abdoul Karim. Au nom des bénéficiaires et du personnel soignant de la MIG, le Directeur général a salué la générosité de la SONIBANK et ses partenaires sans oublier le réseau des femmes parlementaires qui appuient la MIG. Pour finir, le ministre de la santé a appelé faire bel usage du joyau : « Je lance aussi un appel aux utilisateurs pour une utilisation optimale de cette importante structure, toute chose qui contribuera à la réduction de la mortalité maternelle et néo-natale », a-t-il exhorté avant la coupure du ruban et la visite des locaux entièrement rénovés.

Oslo C. Wanou

Journée sans tabac, 6,2% des nigériens fument avec un taux de 11,5 % chez les hommes et 0,2% chez les femmes(enquête STEPS)

Ce mardi 31 mai 2022, le monde entier commémore la Journée mondiale Sans Tabac. Le Niger n’est pas resté en marge de la célébration à l’occasion de la quelle, Dr Illiassou Idi Maïnassara ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales a adressé hier lundi 30 mai, un message au peuple nigérien notamment, les acteurs à divers niveaux, de la production jusqu’à la consommation.

(Les Échos du Niger 31) « Le tabac : une menace pour notre environnement ». C’est le thème central de la journée mondiale sans tabac édition 2022. Dans son adresse publique au peuple du Niger pour la célébration de cette journée, le ministre de la santé, Publique, de la Population et des Affaires Sociales, Dr Illiassou Idi Maïnassara a peint le tableau sombre lié au tabagisme dans un contexte global puis restreint. Object de grande nuisance, plus de la moitié des friands de cette addiction en meurent selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur 8 millions de morts chaque année dans le monde, le ministre souligne que « plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée. Parmi les 1,3 milliard de fumeurs que compte le monde, plus de 80 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire comme le Niger ». L’usage du tabac est source de plusieurs maladies débilitantes et mortelles notamment les maladies respiratoires, cardiovasculaires et les cancers appuie la médecine. Le Niger sans doute n’est pas épargné des affaires du tabagisme. A propos, «Notre pays, loin d’être épargné par les multiples conséquences du tabac continue malheureusement d’en payer les frais comme en témoigne les chiffres révélés par la dernière enquête STEPS réalisée en 2021 par le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles. Aux termes de cette enquête, 6,2% des nigériens fument avec un taux de 11,5 % chez les hommes et 0,2% chez les femmes. Ainsi, le tabac se classe parmi les premiers facteurs de risque des maladies non transmissibles au Niger » a détaillé le ministre qui a poursuivi : « Les émissions de gaz à effet de serre équivalant à 84 mégatonnes de dioxyde de carbone par an, l’industrie du tabac contribue au changement climatique et amoindrit la résilience face à ces changements, gaspille des ressources et endommage les écosystèmes ». C’est pourquoi, Il y a lieu de renforcer le contrôle du trafic du tabac via la forte taxation des produits du tabac, l’application stricte des avertissements sanitaires graphiques, la mise en place de mécanisme d’aide au sevrage tabagique, de la promotion et du parrainage des produits du tabac, la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac, une réglementation renforcée, quant à la prévention de l’ingérence de l’industrie de tabac et la surveillance de mesures de l’interdiction de la publicité a-t-il préconisé. Cette journée est l’occasion d’une prise de conscience mondiale des divers risques liés au fléau et surtout d’inviter les divers acteurs à pendre garde. A cet effet, le thème concorde avec les préoccupations actuelles du monde qui se trouve de plus en trouve confronté aux dégâts du tabagisme. C’est un moment précieux cette célébration, pour sensibiliser le grand public par rapport à l’impact du tabac, que ce soit la culture, la production, que la distribution sur l’écosystème.

Oslo C. WANOU

Entrepreneuriat/ A la découverte de Nafissa Omar Farouk, promotrice de la marque de cosmétique Safina

Face au diktat de la dépigmentation, les produits cosmétiques bios et hand-made se présentent comme une alternative pour les consommatrices et les consommateurs. Safina Cosmétique, entreprise locale de produits cosmétiques naturels implantée à Niamey incarne cette alternative. La start-up met à  la disposition des utilisatrices des produits de soins adaptés et sans effets nocifs. Un business qui s’apparente à un combat pour un idéal mené depuis plus 7 ans par la jeune promotrice de cette marque Nafissa Omar Farouk pour qui « il faut lutter contre les produits nocifs qui sont importés sur le marché africain ». Des produits plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables.

Partie intégrante de l’organisme, la peau mérite une grande attention et des soins particuliers. Mais beaucoup n’y prennent pas garde et viole la naturalité de leur peau sous prétexte qu’ils veulent se rendre plus belle ou beaux selon. « On peut bel et bien prendre soins de sa peau et de son corps en restant naturel en consommant africain et mieux, nigérien » c’est le combat de la jeune entrepreneure Nafissa Omar. La patronne de la marque Safina veut aider les femmes nigériennes à surmonter le complexe lié à la couleur de la peau, éviter la dépigmentation et surtout prendre soins de leur peau sans l’affecter, tout en mettant en valeur les atouts au moyen de produits locaux, nourricières et sans effets néfaste aussi bien sur la santé sur l’environnement.  

Safina cosmétique dispose d’une quarantaine de produits réunis en trois gammes à savoir, capillaires, corporels et ménagers, toutes au goût du consommateur. Le projet entrepreneurial de Nafissa Omar Farouk est parti d’un constat qu’elle nous explique en ces termes « J’avais remarqué que beaucoup de femmes autour de moi, ici ou ailleurs avaient tendance à se dépigmenter la peau soit pour venir à bout de certaines imperfections, soit pour être plus claires. J’avais envie de prouver à ces femmes-là que pour prendre soin de sa peau et même pour être belle, on n’avait pas besoin de se la blanchir, et qu’il fallait être bien dans sa peau car, la peau noire, elle est belle et parfaite comme elle est » clame la jeune entrepreneure. Grâce aux différentes formations de perfectionnement,  Nafissa s’est rendu compte de certains effets des produits cosmétiques importés et l’urgence d’y substituer des ou produits locaux. Au fait « étant dans le bain et ayant suivi plusieurs formations, je me suis rendu compte que, en plus de ne pas être adaptés à notre environnement et à notre climat, les produits qui sont importés sur le marché africain sont plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables ».

 « Aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur »

En effet, non seulement, ces produits sont néfastes pour la santé humaine, mais également pour l’environnement en raison de la matière, du packaging et donc, il faille convaincre les Africains des conséquences de ces produits selon la promotrice de Safina cosmétique. Le faire, c’est résoudre un problème environnemental et ensuite de santé publique.


Restaurer la confiance en soi, se perfectionner pour mieux servir…


Selon Nafissa Omar Farouk, la femme, mérite la valeur qu’elle reflète. Ainsi, « il revient à chacune de battre pour mériter sa place en toute dignité ». Il faudra à cet effet être sûr de soi, car c’est seulement ainsi que la femme convainc son entourage et force le respect. « C’est perdre l’estime de soi que de vouloir arborer une apparence artificielle pour le plaisir des autres » croit-elle savoir. Il importe donc de surmonter les critiques et de vaincre le regard du public en choisissant de soigner son naturel plutôt que de le troquer contre de l’artificiel. Au fait, « aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur » a exhorté et conseillé Nafissa Omar Farouk. Revenir à la cosmétique naturelle est important et c’est à cela que s’attèle Safina Cosmétique. La promotrice de la marque n’a pas hésité à aller renforcer ses capacités à travers diverses formations. Ce qui n’est  malheureusement pas le cas de nombreux acteurs qui entreprennent dans ce domaine très sensible a-t-elle déploré. « Il y en a qui vont beaucoup plus moins sans grande formation. Or, Il faut vraiment se former pour savoir ce qu’on fait et ce qu’on donne aux gens à utiliser » a préconisé Nafissa Omar Farouk qui souhaite voir la tendance se renverser et que les produits l’usage de produits cosmétiques naturels prenne le pas afin de préserver non seulement la santé mais également l’environnement. 

La tendance de dépigmentation en vogue doit être inversée et laisser place à celle à maintenir son teint naturel. C’est ainsi seulement que les producteurs éviteront de mettre sur le marché des produits peu favorables parce que contraints par les besoins du marché. Aussi a-t-elle appelé les fabricants à privilégier le côté humain au côté profit, car au-delà de tout, la dépigmentation selon elle constitue un problème de santé publique. Et l’Afrique offre d’importants atouts pour y parvenir, lesquels atouts qu’exploite Safina Cosmétique, véritable ambassadeur de la production locale en Afrique.


Youssouf Sériba, Oslo C. Wanou