Niger : À Paris, le président Bazoum dévoile son plan pour réduire la pauvreté au Niger

(Échos du niger, 6 décembre) Lors de la présentation du plan de développement 2022-2026 à Paris ce lundi 5 décembre 2022, le président Bazoum a dévoilé son plan pour réduire le taux de pauvreté qui se situe actuellement à 43 % à 35 % en 2026. Le montant total de ce plan de développement est d’environ 30 milliards d’euros. 13,35 milliards d’euros devront être apportés sur ressources propres par l’État. Le Niger attend 10,28 milliards d’euros des partenaires techniques et financiers et 5,99 milliards du secteur privé. Le président Bazoum a expliqué que ce nouveau plan de développement tournait autour de trois axes : le développement du capital humain, l’inclusion et la solidarité ; la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la solidarité ; la transformation structurelle de l’économie. « En mobilisant suffisamment de ressources, nous créerons les conditions de la diversification et de la modernisation de l’économie du Niger, du développement du capital humain, de la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la sécurité », a assuré le chef de l’Etat. A l’issue de cette table ronde 22,3 milliards euros d’engagement ont été pris par les différents PTFs présents à ce rendez-vous. La plus grosse enveloppe vient de la Banque mondiale qui s’est engagé à accompagner le PDSES 2022-2026 à hauteur de 4,2 milliards de dollars. Le PNUD promet 2,7 milliards de dollars ; 2,7 milliards de dollars du système Nations-Unies ; 2,4 milliards d’euros de la BAD ; 2,3 milliards pour l’UE ; 2,5 milliards ; 100 millions d’euros pour mes Pays-Bas, La France promet 750 millions d’euros, la BOAD s’engage pour 680 millions d’euros, Altius RCI 140 millions d’euros, BID 500 millions de dollars, BADEA 500 millions d’euros Selon la Banque mondiale, le Niger devrait connaître un taux de croissance annuel d’environ 8,5 % sur les 5 prochaines années grâce notamment à une augmentation de la production du pétrole.

Youssouf Sériba

Indice de l’Etat de Droit: Le Niger se place au 109e rang au niveau mondial

(Echos du Niger 27 octobre) Selon le dernier classement de l’indice sur l’État de Droit publié ce 26 octobre, le Niger figure à la 109e place sur un total de 140 pays. Si ce rang ne semble avoir rien de glorieux, il traduit une progression de 2 points par rapport à l’année dernière. Sur les 34 pays d’Afrique Subsaharienne pris en compte par le classement, le pays de Mohamed Bazoum se place à la 18e place.

Dans la zone UEMOA, le pays se place à la 6e place, juste derrière la Côte d’Ivoire, la première place du Podium occupée par le Bénin. Pour ce qui est de l’espace CEDEAO, c’est le Sénégal qui a enregistré fait le plus de progrès. Le pays de Macky Sall se place à la 56e place au niveau mondial et au premier rang en Afrique. Globalement, l’indice révèle que pour la cinquième année consécutive, le score d’une vingtaine de pays africains a baissé traduisant une certaine détérioration de l’État de droit.

Au niveau mondial, la situation n’est pas plus reluisante. Les données fournies par l’indice révèlent que les tendances vers l’autoritarisme observé pendant la crise sanitaire n’ont pas changé. Des régimes forts exercent de plus en plus de contrôle sur l’espace public limitant ainsi les droits des citoyens. Sur le plan africain, les pays les plus performants sont le Rwanda (42e sur 140), la Maurice (45e sur 140) et la Namibie (46e sur 140). La République Démocratique du Congo figure parmi les 5 derniers, il occupe le 137e rang.

Youssouf Seriba

Medias au Niger : une transition numérique difficile

(Les Échos du Niger 17 sept)La transition numérique de la presse constitue une dynamique irréversible. Le Niger n’est pas resté en marge de cette révolution digitale des médias avec la création de plusieurs sites d’informations, des web télévisions et des web radios mais également la diffusion des contenus des radios et télévisions traditionnelles sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle dynamique que beaucoup d’experts en matière de médias voient comme une nouvelle ère pour la presse au Niger à l’instar des autres pays du monde se trouve quelques peu annihilé par des contingences économiques structurelles. En effet, si les médias en ligne ont réussi leur installation avec des audiences importantes, ils n’en sont pas moins confrontés aux des difficultés notamment sur le plan financier qui plombent la presse classique. Ce qui pose un sérieux problème d’existence à plusieurs médias en ligne car ne pouvant monétiser leurs contenus dans l’immédiat dans une société où le taux de pénétration internet ne dépasse guère 20%. Outre le problème financier, les médias en ligne font également face à un problème de crédibilité avec une pléthore de Fake news publiés à travers les réseaux sociaux mais aussi dû au fait qu’il n’existe à ce jours de loi qui régi la presse en ligne au Niger. Tout le monde et n’importe qui peut créer des sites d’informations et des pages d’actualités sur les réseaux, ce qui n’inspire que peu de confiance au public désireux d’informations fiables et de bonne qualité. Ainsi, il convient aux promoteurs, à l’état et aux partenaires au développement de mener des réflexions sur la question afin de mettre en place des mécanismes de contrôle et de soutien aux médias en ligne afin d’impulser positivement leur essor.

Abdoul Kader IDY OUNAN

Niger : une nouvelle société uranifère à mine souterraine SOMIDA SA

(Les Échos du Niger 12 août)C’est à travers une convention signée entre le ministère des Mines et le Group Global Atomic Fuels Corporation, basé à Niamey, que la Société des Mines de DASA (SOMIDA S. A) vient d’être officiellement créée. Cette nouvelle société est une filiale du groupe Global et aura pour principale mission d’assurer l’exploitation de la mine d’uranium de Dasa.

Cette signature intervient peu après une rencontre d’échange qui a eu lieu entre le PDG de Global Atomic Stephen Roman et le Président Mohamed Bazoum pour discuter de la situation de cette mine dont les premiers fûts sont attendus au tout début de l’année 2025. Somida S.A se retrouve doté d’un capital de 2 milliards de FCFA. L’actionnariat est détenu à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien. Selon le ministre des Mines, la création de cette société constitue un « nouvel élan porteur d’espoir dans l’exploitation de l’uranium au Niger ». Elle a également confié à la presse que 28 milliards de FCFA avaient déjà été consacrés aux recherches concernant cette mine tandis que 121 milliards de FCFA devront être consacrés aux travaux de construction de la mine à proprement parler.

Elle a également précisé que le taux de rentabilité interne se situait à 22 %. La création de la SOMIDA S.A intervient dans un contexte particulier marqué par la hausse des prix de l’uranium sur le marché international. Le début des activités de cette mine pourrait permettre selon la ministre Hadiza Yacoubou de créer 217 emplois permanents. Aussi l’État nigérien pourrait accueillir dans ces caisses plus de 154 milliards de FCFA chaque année au titre des impôts et autres redevances. À une échelle plus locale, la SOMIDA S.A devra s’occuper de l’entretien de la route Tahoua-Arlit et financer la construction de plusieurs infrastructures collectives.

Mawulolo Ahlijah

62 ans l’Indépendance au Niger : Les grandes priorités et enjeux déclinés par le chef de l’Etat

Le Niger a commémoré le hier mercredi 03 août 2022, le 62è anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Dans ce cadre et en prélude, le Chef de l’Etat, Mohamed Bazoum a adressé un message au peuple nigérien hier 02 août 2022. Du renforcement de l’Etat de droit à la bonne gouvernance, la lutte contre l’insécurité et le terrorisme, l’amélioration des performances du système éducatif doublée de la formation professionnelles de la jeunesse, le développement économique, numérique et technologique, la protection de l’environnement sans oublier la diplomatie régionale et la coopération extérieure, le chef de l’Etat a abordé une série de préoccupations susceptibles de porter le développement rapide du Niger.

(Les Échos du Niger 4 août)Selon le président de la République, « en accédant à l’indépendance, le Niger a fait de la consolidation de son unité la pierre angulaire de son projet de bâtir une Nation prospère et épanouie ». Cela passe par un certain nombre de principes cardinaux qui servent en retour de base à la démocratie, gage des libertés et du développement. A cet effet, dans sa quête d’un régime politique en harmonie avec les valeurs sociétales fondamentales, le Niger œuvre à promouvoir des valeurs universelles de démocratie et de l’Etat de droit en s’appuyant sur « l’unité, la culture de la paix, la tolérance, la solidarité et la concorde nationales ». Dans un contexte d’insécurité nationale et sous-régionale, c’est l’une des voies salutaires selon le Chef de l’Etat qui clamait déjà à son investiture en avril 2021 : « notre unité et notre solidarité seront notre immunité vis-à-vis de nos deux grands ennemis que sont le terrorisme et la pauvreté ». En s’accordant sur les diversités politiques, essence de la vie démocratique et de la vitalité, « nous avons la responsabilité collective de créer les conditions d’un consensus fort aujourd’hui plus qu’hier en vue de lutter contre la grande menace que représente le terrorisme pour notre pays » a reconnu Mohamed Bazoum qui a rappelé quelques dispositions prises pour renforcer la liberté d’expression notamment, la dépénalisation des délits par voie électronique et autres. Seule une cohésion sociale permettra au Niger de triompher de ses nombreux maux a-t-il martelé. Il a salué la « complicité » du Parlement qui s’attèle à jouer son rôle pour le renforcement de la sécurité. En témoigne le vote en Avril dernier du texte modifiant et complétant l’axe 1 de la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement, relatif à la Sécurité et la Quiétude Sociale. Cela permis au Niger d’adapter sa politique sécuritaire aux mutations récentes induites par la dégradation de la situation sous- régionale et accroît l’aptitude et la capacité à mieux sécuriser le pays.

Il n’a non plus oublié la discipline et le patriotisme des Forces de défense et de sécurité qui défendent avec acharnement sur tous les fronts le Niger et ses fils au péril de leur propre vie. L’Etat a-t-il promis, continuera pour sa part à leur apporter le soutien technique, moral et autres, nécessaires à la mission. La collaboration diplomatique qui soutient cette lutte devenu un défis commun a été également reconnue et son dynamisme saluée par le président du Niger.

Amélioration de la Gouvernance prime à l’orthodoxie

« Nous devons profondément corriger notre manière de gérer la chose publique pour que nos politiques publiques soient vertueuses et garantes des effets positifs de long terme » croit savoir le chef de l’Etat, Bazoum qui a promis s’appuyer sur le rapport Général Public 2021 de la Cour des Comptes pour colmater ces brèches encore préjudiciables au succès démocratique et économique du Niger. « Conformément à mon discours d’investiture, je reste très ferme dans le combat pour le respect des biens publics a-t-il insisté avant de préciser : « notre véritable Indépendance, en tant que Nation, est tributaire de notre effort dans le développement de notre pays ». Il a rappelé l’engagement du gouvernement à satisfaire aux exigences et recommandations de la Cour des Comptes.

Renforcement de la résilience économique post-covid

Dans ce contexte mondial de relance économique, le Niger entend maintenir le cap et produire des résultats le Chef de l’Etat. « Dans la mise en œuvre du volet économique du programme de renaissance III, le gouvernement s’attèle à juguler l’impact de la pandémie de Covid-19 tout en faisant face aux effets des crises climatique et sécuritaire qui fragilisent les fondements de notre économie et même de notre société » a-t-il confié. Dans ce cadre, le gouvernement travaille à l’exploitation optimale des potentialités économiques du pays en lien avec les axes stratégiques du Plan de Développement Economique et Social (PDES 2022-2026).

Comme prévu dans ledit plan, le développement du capital humain, l’inclusion et la solidarité, la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la solidarité et la transformation structurelle de l’économie sont les grands chantiers. A en croire le chef de l’Etat, c’est le prix à payer pour la résilience économique, un développement durable et une croissance inclusive. L’espoir est tout autant permis en raison de bonne prévisions, selon lesquelles, le Niger devrait se hisser sur le toit de la croissance en Afrique avec plus de 7%. En retour, cette croissance devrait impacter le développement de l’économie via les secteurs: agriculture, infrastructures, énergie, industries, nouvelles technologies, etc. Cette ambition de l’Etat a précisé le président Bazoum sera soutenue par la volonté de l’Etat de moderniser le secteur rural à travers la mise en place d’un programme de pôles agro-industriels basés notamment sur un partenariat public-privé. « Cela va se traduire par la création d’unités dans chacune de nos régions, en fonction des avantages comparatifs de celles-ci, intégrant des centres ruraux de collecte et de transformation des produits agricoles » a-t-il notifié. Dans le même sens, le partenariat public privé sera renforcé, avec une meilleure promotion des investissements, l’accompagnement des PME/PMI afin d’accroitre la productivité et donner les atouts au Niger de saisir les opportunités liées à l’avènement de la Zone de libre échanges continentale africaine (ZLECAF). Mais avant, une meilleure formation de la jeunesse s’impose selon Bazoum.

La formation de la jeunesse et le défi des NTIC…

« Il n’y a de richesse que d’homme ». Dans son ambition, le Niger a besoin donc de compter sur des cadres compétents, bien formés qui répondent aux exigences du marché. Avec plus du 2/3 de population jeune, ce défi s’avère plus grand au Niger. Mais à ce jour, nombre de maux accablent le système éducatif qui se révèle de plus en plus contre-performant. « Les examens de fin d’année de nos 2 cycles d’enseignement secondaire viennent de confirmer une fois encore que notre système éducatif est profondément malade. Avec des taux de réussite inférieurs à 30% au Brevet d’études du second cycle ainsi qu’au Baccalauréat » a confié le président qui a poursuivi : « nous sommes sommés d’agir vite avec détermination et intelligence ». A cet effet, il est revenu sur l’urgence de former des enseignants de qualité qui bénéficie d’un statut revalorisé. Il a également promis que l’Etat mettra les vacances à profit afin de finaliser les réformes à entreprendre en ce qui concerne la formation des professeurs des collèges et lycées. Quant au développement technologique, « Etant un pays dont les 2/3 de la population a moins de 25 ans, le Numérique doit être un des leviers de notre développement » a affirmé le chef de l’Etat. Il a évoqué dans ce sens une série de projets de l’Etat pour permettre au Niger de tirer profit de cette révolution. « Conscient de l’importance de la révolution numérique, mon gouvernement s’est engagé à améliorer significativement les taux de couverture et de pénétration de l’internet haut débit » a fait savoir Bazoum.

Il est prévu dans ce cadre, un programme de réduction de la fracture numérique à travers la connectivité de plus de 2175 villages. Plus de 3,5 millions de personnes, en zones non desservies ou sous-desservies, auront accès au cours des trois prochaines années, à la téléphonie, à l’internet haut débit et aux services financiers numériques ; ce qui profitera aux secteurs sociaux et économiques des régions couvertes. En projet également, 150 centres numériques multi-services d’ici décembre 2023 pour favoriser l’inclusion financière et numérique des populations.

Cadre et vie et protection de l’environnement…

Pays du Sahel, le Niger demeure confronté à de nombreux problèmes environnementaux et au changement climatique avec ses conséquences sur la sécurité alimentaire. En profitant de cette occasion qui coïncide avec la journée de l’arbre, le chef de l’Etat rappelé les efforts qui s’imposent au Niger qui fait face à diverses menaces. A en croire le chef de l’Etat, « les possibilités de mise en valeur de ces écosystèmes diminuent considérablement en raison de l’ensablement auquel ils sont soumis sous les effets conjugués de la pression démographique, des sécheresses, de l’érosion, des inondations et du déboisement ».

Face à l’insécurité alimentaire et le terrorisme, « il est impératif de prêter une attention particulière à la protection et au maintien des cours et plans d’eau, afin de promouvoir leur potentiel de production pour garantir des moyens d’existence sûrs aux communautés locales» a-t-il déclaré. Le gouvernement dans la lutte s’emploie pour sa part à « promouvoir des des modes d’exploitation responsables des ressources naturelles aussi bien sur les plateaux et les bassins versants que dans les vallées et bas-fonds ». Au titre du projet de la grande muraille verte, un groupe de travail est également à l’œuvre pour faciliter le financement des projets. Sachant que le Niger à lui seul ne saurait affronter efficacement le fléau, le chef de l’Etat a sollicité l’accompagnement des institutions à l’internationale.

Oslo C. WANOU

Niger : Le litre de gasoil passe à 668 FCFA à compter de ce lundi

(Les Échos du Niger 1 août)À compter de ce lundi 1er août 2022, le litre de gasoil sera vendu dans toutes les stations-service sur toute l’étendue du territoire national au prix de 668 francs CFA. L’annonce a été faite ce 31 juillet par le ministre du Commerce Alkache Alhada. Ce nouveau tarif traduit une hausse de 130 francs. Le gasoil était jusqu’à lors vendu au prix de 538 francs au Niger.
La principale raison évoquée pour justifier cette hausse est la poursuite de la guerre en Ukraine qui s’accompagne d’une flambée du prix des énergies. Cette raison risque toutefois de ne pas convaincre l’opinion publique nigérienne qui a du mal à comprendre les prix « élevés » des carburants dans un pays producteur du pétrole.

Néanmoins, une rapide comparaison avec les prix du gasoil dans les pays limitrophes pousse à nuancer de tels commentaires. Au Togo, une récente hausse à porter le prix de ce carburant à 850 francs. Au Ghana, pays également producteur de pétrole, le gasoil serait vendu à environ 1000 francs CFA et au Bénin, le prix est de 663 francs CFA. De plus, dans tous ces pays le super sans-plomb est vendu entre 600 et 800 francs CFA alors que son prix est resté inchangé et est de 570 francs.

La poursuite de la guerre en Ukraine pourrait entraîner de nouvelles hausses dans un futur proche.
Youssouf Sérib

Migration : le Niger va signer un nouvel accord de coopération sur le contrôle des flux migratoires

(Les Échos du Niger 13 juillet) Le Centre International pour le Développement des Politiques Migratoires (ICMPD) signera demain jeudi 14 juillet 2022, un accord de coopération avec le Niger sur la migration. Selon Mickael Spindelegger, Directeur Général de l’ICMPD, « Cet accord a pour but de définir le cadre de relation entre l’ICMPD et le gouvernement du Niger, afin de travailler à résoudre les difficultés qui sont posées par le phénomène migratoire, au niveau du territoire nigérien ». Chef de Projet au Bureau ICMPD pour l’Afrique de l’Ouest, Vincent Marchadier croit savoir que le Niger sert de transit tant au Sahel que dans la CEDEAO aux flux migratoires. Les autorités en sont conscientes et manifestent une volonté d’en finir avec. C’est d’ailleurs ce qui a justifié le choix du Niger pour combattre le fléau, source de nombreux délits sociaux. L’ICMPD se rend donc disponible à appuyer le Niger dans la lutte en allant au-delà des résultats obtenus à ce jour. Cet accord de siège révèlera la qualité d’organisation internationale de la structure qui évolue dans le domaine migratoire et sa capacité à développer des activités d’aide et de coopération d’envergure nationale a confié Mickael Spindelegger. « Cet accord nous permettra de développer des projets importants et porteurs pour la lutte contre la migration irrégulière mais aussi pour le développement de ce vaste pays, qui a une réelle volonté de bien s’impliquer dans le combat contre ce type de migration, en dépit de nombreux défis auxquels il fait face», a fait savoir le Directeur Général de l’ICMPD qui a promis ensemble avec le gouvernement, définir les axes d’intervention. « Nous allons d’abord nous renseigner sur l’état de la situation sur toutes les questions migratoires concernant le Niger et ensuite en coopération avec les autorités nationales, définir les axes d’interventions, les projets pertinents et adaptés qu’il faut mettre en œuvre en fonction de la situation » a-t-il annoncé. Créé par l’Autriche et la Suisse en 1993, l’ICMPD intervient dans 90 pays du monde.

Mawulolo Ahlijah

NIGER: la refonte de la loi minière approuvée par le parlement

Le projet de loi portant loi minière au Niger a été l’une des préoccupations au cœur de la séance plénière, la première session ordinaire de l’an 2022 en cours à l’Assemblée nationale. Les travaux présidés par premier vice-président de l’institution, Kalla Ankouraou a permis d’examiner et adopter ledit projet de loi afin de pallier les lacunes et insuffisances et par ailleurs de mettre le Niger aux normes et standards internationaux.

(Les Échos du Niger 1er juin)Corriger les insuffisances notée dans la mise en œuvre de l’ancien code minier, l’adapter aux standards et dispositions communautaires, prendre en compte les attentes du gouvernement et des populations afin d’impulser une nouvelle dynamique au secteur et lui permettre de capter plus d’opportunités, c’est l’objectif visé par le projet de loi portant révision du code minier au Niger. Il a reçu l’aval du Parlement qui l’a adopté à l’unanimité. Il a été question dans cette nouvelle loi, d’une refonte de l’ordonnance n° 93-16 du 02 mars 1993, portant loi minière afin de centraliser les modifications intervenues dans ce texte de loi tout en y intégrant les innovations et avancées intervenues dans le secteur des mines. Il s’agit notamment de l’ordonnance n° 93-16 du 02 mars 1993 portant loi minière et ses textes modificatifs subséquents notamment, l’ordonnance n° 99-48 du 05 novembre 1999, de la loi n° 2006-26 du 09 août 2006, de la loi n° 2008-30 du 03 juillet 2008, de l’ordonnance n° 2017-03 do 30 juin 2017 et de la loi n° 2018-48 du 12 juillet 2018. En effet, « compte tenu des lacunes et insuffisances constatées dans la mise en application de la loi minière en vigueur, le Ministère en charge des Mines a engagé cette révision depuis 2017. Il convient de noter que les dispositions des articles 204, 205, 206 et 207 ont été réécrites de concert avec le Ministère en charge des finances et ce, conformément aux dispositions du projet de Code Communautaire de l’UEMOA. C’est pourquoi, cette loi votée par les parlementaires a proposé une refonte de certaines dispositions de la loi actuelle et intègre dans le cadre du renforcement de la législation du secteur, les observations du Ministère des Finances et ce, conformément aux dispositions du projet de Code Communautaire de l’UEMOA» a justifié Ousseini Hadizatou Yacouba, ministre des Mines. Cette relecture et actualisation de la loi devrait permettre de résoudre entre autres soucis, la carence de mesures coercitives, les définitions des concepts et le contexte de règlement des conflits qui rendent l’exploitation difficile. La responsabilité sociale et sociétale des sociétés exerçant dans le domaine, gage de l’amélioration des préoccupations sociales, économiques, juridiques et environnementales du Niger est également prises en compte désormais.

Conformément au besoin d’intégration sous régionale et régionale, et au communautaire, il s’agira également de faciliter l’intégration du Niger. C’est pourquoi, « La révision du Code minier du Niger s’est appuyée sur les textes communautaires liés à la Vision Minière Africaine de l’Union Africaine, la loi modèle de la CEDEAO sur l’exploitation minière et le développement des ressources minérales, le Code de la CEDEAO du 29 juin 2019. Il y a également, le projet de règlement portant code minier de l’UEMOA qui a déjà été approuvé au niveau ministériel et il est en parfaite cohérence avec la loi modèle de la CEDEAO ; on note aussi, le PDES 2017-2021 première déclinaison quinquennale de la Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive (SDDCI) Niger 2035 ». Selon la ministre des mines, cette loi sous sa nouvelle forme, permet de stimuler l’orthodoxie et les bonnes pratiques de gouvernance dans les industries minières au Niger. La prospection, la recherche, l’exploitation, la détention, la circulation, le traitement, le transport, la possession, la transformation et la commercialisation de minerais et des haldes, terrils et des résidus d’exploitation de mines et de carrières ainsi que le processus de fermeture et de réhabilitation des mines et carrières ont été retracé et feront l’objet d’un suivi rigoureux désormais. C’est donc une solution importante que vient proposer cette loi quand on sait ce que vivent les anciens employés de certaines sociétés minières notamment après la fermeture comme c’est précisément le cas des agents de Niger Labour en sous-traitance à la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK) fermée et qui contraints à la disette, parce que n’ayant perçu aucun droit à ce jour, ne cesse d’appeler l’Etat au secours.

Youssouf Sériba

Le Niger invite à repenser la façon de consommer les ressources de la terre à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement

La monde célèbre ce dimanche 5 juin la 48 ème édition de la journée mondiale de l’environnement. Pays du Sahara, le Niger n’est pas resté en marge des manifestations. À l’occasion la ministre de l’environnement du Niger a lancé une série d’exhortations pour la protection de l’environnement, gage de solutions durables à plusieurs situations dans le monde.

(Les Échos du Niger 7 juin)<<Une seule terre>>, c’est le thème central de la 48è édition de la journée mondiale de l’environnement célébrée le 05 juin de chaque année. Un thème évocateur qui traduit le défi commun auquel les nations sont conviées de par le monde. Selon Garama Saratou Rabiou, ministre de l’environnement et de la lutte contre la désertification, << par le choix de ce thème, la communauté internationale voudrait mettre l’accent sur la nécessité de vivre durablement en harmonie avec la nature, en y apportant des changements transformateurs, économiquement rationnels, par le biais des politiques publiques et des comportements appropriés>>.
Ces défis sont entièrement perçus depuis quelques années par le Niger avec des orientations claires, ambitieuses et innovantes du programme de renaissance Acte III qui se trouve traduit dans la Déclaration de Politique Générale du gouvernement dans le domaine de la préservation de l’environnement et des effets du changement climatique. Cadre de vie pour tout être, l’environnement peut constituer une solution durable aux multiples problèmes du monde. C’est du moins l’avis de la ministre qui a déclaré :<< La nature peut résoudre de nombreux défis auxquels nous sommes confrontés. Qu’il s’agisse des défis sécuritaires, économiques, alimentaires, climatiques et sanitaires>>. C’est pourquoi Garama Saratou Rabiou a invité chaque humain à réexaminer son approche de consommation des ressources de la nature et ses relations avec elles. << Cela est bel et bien possible si nous adoptons des comportements eco-citoyens qui puissent refléter de manière évidente, notre engagement à la préservation de l’environnement, solidairement avec la communauté internationale>> croit savoir la ministre de l’environnement. Dans sa déclaration, <>, a-t-elle souligné avant d’insister sur la nécessité de développer et de faire place à un réflexe écologique et de préservation. Cela devrait être inculqué aux plus jeunes déjà également très tôt à l’école car toute vie y reste intimement liée.
Il faut noter que la journée mondiale de l’environnement a été instituée en 1972 et lancée deux ans plus tard est une occasion de sensibilisation des populations du monde entier sur les défis liés à l’environnement notamment, celui de la préservation.

Oslo Chester WANOU

Visite du Directeur Général de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS) au Niger

Après un séjour de trois jours à Ouagadougou, une délégation composée par le Directeur Général de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS), Maestripieri Luca, par le Chef de la Section Afrique du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) de l’Italie, Rusconi Marco, et par d’autres membres de l’AICS a poursuivi sa mission au Niger, dans le cadre d’une initiative conjointe visant à prendre connaissance du contexte d’intervention et de l’action des programmes soutenues par la Coopération italienne au Sahel. Il s’agit de la première mission du Directeur AICS dans le Pays et une des premières missions à l’étranger après la crise COVID.

Arrivé à Niamey le dimanche 15 mai 2022, la délégation a été accueillie par la mission diplomatique italienne au Niger, représentée par la personne de l’Ambassadrice Emilia Gatto, partenaire dynamique et soutien solide pour les actions de coopération de l’AICS au Niger. Avec l’accompagnement de S.E. l’Ambassadrice, la délégation a démarré la visite au Niger par une série de rencontres de caractère institutionnel et politique, qui se sont révélées une occasion précieuse pour discuter le futur du partenariat italo-nigérien et analyser, à travers une lecture technique-politique, l’architecture des aides au développement du sistema Italia dans le but d’améliorer les impacts sur la vie des bénéficiaires. En vue de l’importance de la mission, le Directeur de l’Agence Italienne de Coopération AICS, Luca Maestripieri a été reçu par le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Bazoum Mohamed au Palais de la Présidence. Il a ensuite été reçu par le Premier Ministre chef du gouvernement, SEM Ouhoumoudou Mahamadou. Au cours des rencontres ministérielles, la délégation italienne a réitéré son ferme engagement à travailler coté-à-coté avec les autorités nigériennes pour poursuivre l’objectif commun de soutenir la population du pays dans leur quête pour un développement durable et offrir assistance humanitaire aux populations affectées par les crises régionales. Dans ce cadre, le Directeur Maestripieri a saisi l’occasion de la visite avec SE le Président du Niger pour annoncer l’ouverture dans un bref délai d’un siège autonome de l’Agence situé à Niamey, visant à renforcer l’engagement italien dans la région.

Actuellement, les activités de coopération au Niger sont gérées par le Siège de Ouagadougou. De leur côté, les autorités de Niamey ont exprimé leur pleine satisfaction pour une présence accrue de la Coopération italienne dans le pays. La délégation a engagé les contreparties nigériennes dans une série de rencontres portant sur les secteurs spécifiques d’intervention de la Coopération italienne, le but étant de présenter les perspectives futures de l’aide au développement. Notamment, la délégation a échangé avec le avec le Ministre de l’Agriculture Dr Alambedji Abba Issa, le Ministre de l’Éducation Nationale Pr Ibrahim Natatou, le Ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales Dr Illiassou Idi Mainassara, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement Mahaman Adamou, et la Sécretaire Générale du Ministère de l’Action Humanitaire, Mme Djibrilou Bintou Mary. À travers un échange riche et productif, qui a permis de délinéer les secteurs prioritaires d’intervention de la coopération italienne dans le développement rural, l’adaptation au changement climatique, la lutte contre la malnutrition et la création d’emploi, les interlocuteurs ont contribué à la définition des perspectives communes et articulées concernant le rôle des aides italiennes dans le cadre du Plan du Développement Économique et Social (PDES) du Niger. Le mardi 17 mai, la délégation s’est rendue en visite à Agadez, accompagnée par les représentants de principaux partenaires internationaux actifs dans la région, notamment la Délégation de l’Union Européenne (DUE) au Niger, l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) et la Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Forte d’un agenda très riche de rencontres, la visite à Agadez a constitué l’une des activités phares de la mission sur les deux pays, en permettant à la délégation d’obtenir une vue concrète d’ensemble des enjeux humanitaires et de développement dans la région ainsi que d’interagir avec les acteurs du développement sur les terraines et avec les bénéficiaires des initiatives en question. La visite, qui a débuté par une rencontre de courtoisie avec le Gouverneur de la Région, le Maire d’Agadez et le Sultan de l’Aïr, a touché ensuite les sites d’intervention des projets mis en œuvre par les organisations de la société civile (OSC) italiennes dans le cadre du programme « Durabilité́ de l’Environnement et Stabilisation Économique sur la Route de Transit (D.E.S.E.R.T.) », notamment le chantier de construction des 500 maisons sociales qui seront réalisées par l’OSC CISP et la ferme-école de l’OSC COOPI, où la délégation a assisté à la formation d’une partie de 3000 bénéficiaires aux techniques pratiques de l’agriculture en zone aride et aux énergies renouvelables. Soutenu par un budget de 13.790.000 € de financement européen, le programme D.E.S.E.R.T. représente l’un des défis réussis de l’action de l’AICS au Niger, à travers son soutien actif et multisectoriel aux activités agro-sylvo-pastorales, à l’entrepreneuriat, à la création d’emploi et à la planification urbaine. La visite s’est poursuivie au bureau d’Agad’art, plateforme de e-commerce récemment lancée dans le cadre du projet « IDEE Bridge », financé par l’AICS et mis en œuvre par l’OIM. La visite a également touché le centre de transit aménagé et équipé par l’OIM et le centre d’accueil des réfugiés d’HCR, l’objectif étant de fournir des éléments de réflexion concernant le phénomène de la migration irrégulière, dont Agadez est devenue l’un des principaux carrefours au Sahara, et de ses conséquences sur le plan humain, social, et économique.

Ce passage a également permis de mieux comprendre les défis existants dans la gestion de la crise migratoire et de faire un constat des besoins humanitaires auxquels sont confrontés les populations affectées par les crises régionales pour mieux situer l’apport de la Coopération italienne dans le secteur. Depuis l’aggravation des crises régionales et des besoins humanitaires liée au flux en augmentation constante des population déplacées, la Coopération italienne a destiné une portion croissante de ses ressources à l’assistance des personnes vulnérables. En 2021, l’AICS a contribué 17.550.000 € au secteur de l’aide humanitaire , un montant qui correspond à environs 30% du portefeuille total de l’Agence au Niger. L’aide humanitaire, l’assistance au déplacés, les interventions de première urgence, mais aussi les initiatives ancrées dans l’approche du Triple Nexus visant à assister les plus vulnérables tout en renforçant la cohésion sociale et leur autonomie vis-à-vis les défis qui affectent leur contexte, c’est dans l’ensemble de ces actions qui l’intervention de la Coopération italienne inscrit son soutien aux programmes des partenaires des instances internationales et de la société civile. L’enjeu humanitaire était tout à fait l’objet des dernières rencontres avec la Coordonnatrice Humanitaire des Nations Unies, Louise Aubin, et les représentants du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Au terme de la mission à Niamey, le Directeur Général de l’AICS s’est dit satisfait par la visite, en réitérant « l’engagement plein de la Coopération italienne à travailler à côté des autorités nigériennes, des acteurs de la coopération internationale et de la société civile pour mettre en place une action concertée et compréhensive qui puisse représenter une réponse efficace au poids croissant des défis auxquels la population nigérienne doit faire face, en contribuant en même temps à poser les bases pour le développement durable de la région ».

Conférence de l’UA /Le Président Bazoum présente la situation terroriste au Sahel et « l’échec des militaires putschistes »

L’Union Africaine a organisé le samedi 28 mai 2022 à Malabo en Guinée Equatoriale, une conférence sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique. Présent aux échanges, le chef de l’Etat du Niger, le président Mohamed Bazoum a fait le diagnostic dans le Sahel, où, les menaces terroristes sont devenus le principal mobile des coups de force et changement constitutionnel conduits par les militaires dans certains Etats mais peinent aussi à être efficaces.

(Les Échos du Niger 30 mai) La pauvreté de masse, résultante du changement climatique au sahel a servi de terreau à l’émergence de groupes rebelles qui s’alimentent des populations vulnérables. C’est du moins l’analyse du chef de l’État du Niger, Mohamed Bazoum. Selon le président nigérien à la conférence de l’UA sur le phénomène, le terrorisme elle-même est devenu un prétexte au coup de force constitutionnel, ce qui témoigne de l’intérêt de la conférence de l’UA consacrée aux deux sujets. Au fait, « la région du Sahel à laquelle appartient mon pays, le Niger, est particulièrement affectée par ces deux phénomènes et les coups d’État militaires survenus au Mali et au Burkina Faso ont été présentés par leurs auteurs comme les moyens auxquels ils ont été contraints de recourir pour mettre notamment fin à la détresse des populations victimes des affres du terrorisme» a-t-il déclaré en soulignant que les différents pays partagent un même niveau de fragilité dû à la prévalence d’une grande pauvreté entretenue, entre autres facteurs, par des chocs climatiques récurrents et une démographie débridée. En effet, le sujet en débat revêt une importance capitale car, sachant que dans certaines régions du continent, le terrorisme est un phénomène en expansion et les institutions sur lesquels reposent les États s’avèrent fragiles dans bien de pays.  Ceci se justifie par les tenants et aboutissants du terrorisme au sahel. Sur le terrorisme sahélien deux choses méritent d’être sues selon Mohammed Bazoum. « Premièrement. Il n’est pas porteur d’un projet politique et comme tel n’a pas vocation à mettre en œuvre un projet de société basé sur des règles d’une forme quelconque d’administration de territoire. Et deuxièmement, sa rhétorique islamiste ne saurait cacher l’absence de réelle motivation religieuse des jeunes qui s’enrôlent dans ses rangs, leur engagement ayant plus à voir avec les effets du dérèglement climatique et la remise en cause de leur cadre de vie traditionnel » déclaré le président nigérien. En clair, le terrorisme au Sahel trouve un terrain favorable dans la pauvreté ambiante des populations qu’elle vient exacerber avec des différents dégâts qu’il fait et leurs corolaires. Il sert tout autant d’alibi depuis peu aux militaires qui, arguant l’impuissance de l’Etat, perturbent d’ordre constitutionnel, ce qui, loin de faciliter la lutte, fragilise davantage les Etats. La preuve en est que leur installation au pouvoir dans certains pays, loin de constituer la panacée contre le fléau l’a exacerbé. Leur avènement perturbe Non seulement la démocratie et l’Etat d’autant plus qu’ils conditionnent leur départ à l’éradication totale des menaces terroristes, ce que nul ne saurait prédire, mais rend davantage critique la gouvernance et accroît la souffrance et la misère des populations. C’est pourquoi, « Ils ne sont donc nullement une solution ni pour lutter contre le terrorisme encore moins pour promouvoir la bonne gouvernance. Ils constituent assurément un facteur de régression pour l’Etat de droit et la démocratie et exposent les pays à des périls inédits » a conclu le président Bazoum. Malheureusement, Cela profite par contre aux groupes terroristes qui étendent leurs tentacules dans la sous-région.

 Oslo C. WANOU

Message du Président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse A l’occasion du 3 Mai 2022(Journée Internationale de la Liberté de Presse)

Le président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse M. Ibrahim Harouna a rendu publique une déclaration ce mardi 3 mai à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse. Les acquis de la liberté de la presse au Niger ; la récente modification de la loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger; le rang du Niger (59e sur 180 pays) dans le classement Rsf sur la liberté de la presse dans le monde ; la convention collective des médias, le fonds d’aide à la presse constituent les principales articulations de la déclaration du patron de la faîtière des médias nigériens.

  • Mesdames et Messieurs, les membres des organisations socioprofessionnelles des médias ;
  • Chères consœurs ;
  • Chers confrères ;
  • Mesdames et messieurs
    Ce jour lundi 3 Mai 2022, le Niger, à l’instar de la communauté internationale, célèbre la Journée mondiale de la Liberté de Presse, proclamée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
    Placée sous le thème : « Le journalisme sous l’emprise du numérique », l’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse aborde cette année la question de l’impact de l’ère numérique sur la liberté d’expression, la sécurité des journalistes, l’accès à l’information et la vie privée.
  • Mesdames et messieurs
    Permettez-moi de rappeler que la Journée mondiale de la Liberté de Presse sert d’abord à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la Liberté de Presse. Elle est également une Journée de réflexion pour les professionnels des médias afin de débattre des questions relatives à la Liberté de Presse ainsi que de l’Ethique professionnelle.
    Tout aussi importante, la Journée mondiale de la Liberté de Presse se veut une journée de soutien aux médias et de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d’une histoire.
  • Mesdames et messieurs
    Tous les ans, la Journée mondiale de la Liberté de Presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la Liberté de Presse, d’évaluer l’état de la Liberté de Presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de la profession. Ce fut également une réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, proclamaient la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.
    Notre Journée permet aussi d’informer les citoyens sur les atteintes multiples et multiformes portées à la Liberté de la Presse. En effet, ils sont nombreux, les pays dans lesquels des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement interdites du droit de paraître. Au même moment, des nombreux journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués sur leurs lieux de travail, en ville ou dans propres maisons, d’autres détenus et les moins chanceux sont tués.
    Au regard de toutes ces atteintes dont font l’objet les professionnels des médias à travers le monde, la Journée mondiale de la Liberté de Presse nous donne ainsi l’occasion de les encourager davantage dans l’exercice de la profession et de les inciter à développer des initiatives en faveur de la Liberté de Presse.
  • Mesdames et messieurs
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse intervient dans un contexte sécuritaire très difficile pour notre sous-région et pour notre pays en particulier. Cette situation a servi de prétexte dans certains pays pour une remise en cause de l’ordre constitutionnel normal.
    C’est le lieu de féliciter et encourager les médias nigériens, qu’ils soient de l’audiovisuel, de la presse écrite ou électronique, pour leur pleine implication dans la couverture des évènements liés aux questions sécuritaires avec responsabilité et professionnalisme.
    Grace à votre engagement et au professionnalisme dont vous avez fait montre, le Niger est en train d’enregistrer d’importants progrès dans la lutte contre le terrorisme.
  • Chères consœurs
  • Chers confrères
    A travers le thème de la présente édition, la Journée mondiale de la Liberté de Presse témoigne ici de l’impérieuse nécessité de défendre l’information comme étant un bien public. Au-delà, il s’agit d’explorer aussi ce qui peut être fait dans la production, la distribution et la réception de contenus médiatiques pour renforcer le journalisme et faire progresser la transparence et l’autonomisation en ne laissant personne de côté.
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse mettra également en évidence trois (3) impératifs pour cet écosystème. Il s’agit :
    • Des mesures pour assurer la viabilité économique des médias d’information ;
    • Des mécanismes pour assurer la transparence des sociétés Internet ;
    • Le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information ; ce qui permettra au public de reconnaître et de valoriser le journalisme en tant qu’élément essentiel de l’information, elle-même considérée comme un bien public.
  • Mesdames et messieurs
    Dans le classement 2021 de Reporters Sans Frontière (RSF), le Niger a perdu 2 points, passant de la 57ème place dans le classement 2020 à la 59ème place en 2021, sur un total de 180 pays étudiés. Un recul qui nous interpelle tous (pouvoirs publics, organisations socioprofessionnelles de médias et les journalistes eux-mêmes) à plus d’engagement dans la défense et la promotion de la liberté de presse et d’expression au Niger.
    En dépit de ce rang, Reporters Sans Frontière se félicite tout de même qu’« aucun journaliste, aucun journaliste citoyen et aucun collaborateur n’ait été tué au Niger », contrairement à ce qui se passe sous d’autres cieux.
    Pour RSF, cela constitue une avancée importante pour le Niger en matière de protection de journaliste dans l’exercice de sa profession. C’est le lieu pour la Maison de la presse de se féliciter encore de l’adoption par le Gouvernement en Conseil des ministres du 27 avril 2022, du projet de Loi modifiant et complétant la Loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger pour mettre en harmonie les dispositions de cette Loi avec celles de l’ordonnance 2010-035 du 4 Juin 2010 portant régime de la liberté de presse par la suppression de la peine d’emprisonnement encourue en cas de délits commis par un moyen de communication électronique, notamment l’injure ou la diffamation.
    En attendant l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de Loi sus indiqué, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la presse tient à féliciter vivement le Président de la République et le Gouvernement pour cette décision juste, démontrant leur engagement en faveur de la liberté de la presse et d’expression.
  • Mesdames et messieurs
    En lien toujours avec ce rang qu’occupe le Niger, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse s’inquiète des oscillations de notre pays dans les différents classements RSF, ce qui dénote d’une certaine fragilité en matière de liberté de presse.
    Les multiples actions menées par la Maison de la presse dans le cadre des formations destinées aux journalistes et des actions de sensibilisation en continue doivent être soutenues par les plus hautes autorités du pays avec un engagement clair en faveur de la liberté de presse et d’expression.
    L’occasion pour nous de réitérer une fois de plus, nos remerciements aux partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de notre plan d’actions, axé principalement sur la promotion de la liberté de presse et la sauvegarde des acquis en la matière.
    Mesdames et Messieurs,
    La situation économique très difficile que vivent les médias nigériens par manque d’avancée sur la question d’accès à la publicité de l’Etat et de ses démembrements doit faire l’objet d’une préoccupation accrue de la part des autorités nigériennes, surtout avec la signature intervenue le 29 novembre 2022, de la Convention collective.
    C’est le lieu de féliciter toutes les parties prenantes à cette convention et d’appeler une fois de plus, ceux qui ne l’ont pas signé, à rejoindre le processus pour permettre la mise en place de véritables entreprises de presse au Niger.
    A ce niveau, le Bureau Conseil d’Administration de la Maison de la Presse réitère son appel pressant au gouvernement :
  • De rehausser significativement l’enveloppe destinée au fonds d’aide à la presse.
  • D’adopter des tarifs préférentiels sur l’électricité, le téléphone, l’internet, le carburant au profit des médias
    Au Conseil supérieur de la communication (CSC) :
  • De revenir sur la formule d’octroi direct du fonds d’aide à la presse par la révision de la loi n°2018-31 du 16 mai 2018 portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Communication, notamment en son article 10,
  • D’accélérer le processus de mise en œuvre du décret portant accès au marché publicitaire de l’Etat et de ses démembrements
  • De prospecter d’autres sources de financement du fonds d’aide à la presse
    Enfin, le Bureau du Conseil d’administration de la Maison de la presse tient à remercier l’ensemble des acteurs qui ont rendu un grand service à la liberté de la presse dans notre pays. Parmi eux, certains nous ont déjà quittés. Que leurs âmes reposent en paix. Amine
    Vive le Niger
    Vive la liberté de la presse
    Vive les médias nigériens

Corvées domestiques en période de Ramadan, ce qu’en pense Mme Goge Maimouna Gazibo

Jeune fille, toi qui me lis apprends à cuisiner ….
Ce matin comme beaucoup d’autres matin quand je suis au Niger, je me suis réveillée à 04h du matin pour réchauffer la pâte de mais et la sauce Gombo que j’ai spécialement cuisiné la veille pour les enfants et leur papa en prélude à cette journée consacrée au jeun et à la dévotion. Dans cet exercice, je n’ai ressenti ni sentiments d’infériorité, ni acte de soumission ou encore d’esclavage. Bien au contraire, j’ai remercié Dieu d’être dans un foyer ( beaucoup d’autres femmes n’ont pas Cette chance et espèrent que le ramadan prochain les trouvent dans des foyers) d’avoir des enfants ( nombre de femmes en cherchent par tous les moyens y compris les crimes et delits) et d’avoir de quoi servir ( des nombreuses familles de l’intérieur du terroir entament le jeun avec à peine du son de shorgo ou de la boule de mil frelatée de la veille)….

A force de recevoir de femmes et jeunes filles dans les locaux de Chroniques Juridiques, pour avoir beaucoup voyagé de par le monde j’ai compris qu’ aucune position professionnelle ne peut personnellement me combler plus que mon statut de mère et d’épouse :C’est mon choix personnel qui me correspond et me satisfait pleinement
Je comprends bien évidemment que d’autres femmes rêvent plus grand et à meilleure vie: je n’ai jamais été une femme ambitieuse: ma plus grande ambition c’est vivre assez longtemps pour assister au mariage de mes enfants et regarder les cheveux blancs de mon époux: c’étaient aussi les rêves de ma grand mère et de ma mère j’en conviens mais est ce un crime ?
Femmes émancipées d’Afrique de grâce arrêtez de faire croire à nos petites sœurs et nièces que cuisiner pour sa famille est un fardeau ou un acte de domination: c’est une passion pour nombre de femmes qui ont regardé leur mère servir leur père dans le respect et la tradition Africaine.
J’ ai un master de l’ENA de France outre mon diplôme de magistrature, j’ai plusieurs autres qualifications et distinctions mais je cuisine, je fais la vaisselle et je n’ai pas de domestiques pour servir mon époux et mes enfants à ma place…. c’est mon choix , je ne suis pas pingre , je suis pas radine, et j’ai encore moins honte de vouloir m’occuper moi même de mon trésor : MA FAMILLE !
Les Femmes émancipées d’Afrique, tout en vous félicitant pour le travail quotidiennement abattu ( je suis témoin de la nécessité et de l’impact de votre travail sur certaines mentalités rétrogrades ) pour libérer la femme Africaine des préjugés et pesenteurs socioculturelles( Beaucoup de filles sont victimes et ont besoin de votre combat qui est salutaire à bien des égards) mais arrêtez tout de même de faire croire que toutes les femmes ménagères sont malheureuses ou sont à plaindre. Nous sommes nombreuses à trouver notre bonheur et notre équilibre dans la cuisine et les travaux ménagers pour le bien-être de nos maris et de nos enfants!
Nous respectons votre compréhension des notions d’égalité et d’emancipation, à votre tour arrêtez d’influencer et rebeller des filles naïves et innocentes contre notre identité culturelle pour en faire des adeptes d’autres cultures !

Goge Maimouna Gazibo May Gazibo

Youth Connect/ Sa’a Matassa, une enveloppe de 19,6 milliards FCFA de l’USAID pour renforcer la résilience des jeunes à travers le Niger

L’Hotel Bravia de Niamey a servi de cadre au lancement officiel du projet Youth Connect/ Sa’a Matassa mis en œuvre par Mercy Corps avec le financement de l’USAID le lundi 28 mars. La cérémonie a été présidée par le ministre l’Aménagement du territoire et du développement communautaire M. Maman Abdou Mahaman. Ce dernier a à cette occasion remerciée l’USAID pour cette initiative qui vient soutenir la lutte contre le chômage et faciliter l’insertion des jeunes dans le tissu économique, un des défis auxquels le gouvernement fait face a laissé entendre M. Maman Abdou Mahaman. « L’USAID n’a cessé d’accompagner l’État du Niger dans la recherche des solutions durables aux problèmes de développement. Cet accompagnement multiforme se traduit par des actions à travers plusieurs projets et programmes de développement » a-t-il souligné. La représentante de l’USAID Mme Grace Lang a pour sa part indiqué « le projet Youth Connect est le produit d’une initiative plus large qui vise explicitement et intentionnellement à concevoir des programmes à la croisée de la lutte contre l’extrémisme violent et de la résilience ». Ce projet, dont la mise en œuvre a déjà débuté au courant de l’année 2020 avec un financement de l’USAID à hauteur de 19,6 milliards de francs CFA, touchera à terme environ 65 000 jeunes dans les régions de Tillaberi, Maradi et Diffa. Durant 5 années (2020-2025) Youth Connect/ Sa’a Matassa, va renforcer les compétences et les capacités des jeunes sur les opportunités du marché ; les aider à établir de meilleurs liens entre les opportunités et les réseaux économiques ; à créer un cadre de participation effective des jeunes à la gouvernance, entre autres. La cérémonie a été marquée par une présentation détaillée du projet par zone d’intervention faite par le Dr. Nivo Ranaivoarivelo, Chef de projet Youth Connect/Sa’a Matasa. Cette séance a été suivie par des témoignages de quelques bénéficiaires du projet à l’exemple de celle d’Aboubacar Issoufou un jeune du département de Tessaoua (région de Maradi). « Je fais partie des jeunes qui ont bénéficié des formations dans le cadre de la mise en œuvre de Youth Connect/Sa’a Matasa. Bien avant ce projet, je reparais les téléphones dans le hasard. Mais depuis que j’ai bénéficié de ce projet, je suis devenu un réparateur professionnel et je tire le maximum de profit. Aujourd’hui grâce cette formation j’ai déjà formé d’autres jeunes qui trouvent leur compte aussi dans ce métier » a fait savoir le jeune réparateur de téléphone.

Youssouf Sériba

Enquête/ Détournement de cotisations, recrutement parallèle et corruptions : l’école nigérienne malade de ses COGES

Par Youssouf Sériba

C’est incontestablement l’une des meilleures initiatives du secteur éducatif des 2 dernières décennies. Partie d’une bonne intention qu’est celle de faire participer la communauté dans la gestion des établissements scolaires publics, 20 ans après leur mise en place les Comités de Gestion des Établissements Scolaires (Coges) s’écartent de plus de leur objectif premier du fait d’individus qui ont fait des cotisations du Coges leurs fonds de commerce. Détournement de fonds Coges, entrave aux activités académiques, recrutement parallèle, majoration délibérée des montant de cotisation, affairisme bras de fer entre les acteurs membres, tels sont entre autres des maux qui minent le fonctionnement des Coges. Toutes ces pratiques ont pour seule cause l’envie de faire main basses sur la cagnotte mise place « afin de pallier aux besoins primaires et prioritaires » pour lesquels on ne peut attendre l’État…

Les origines de l’initiative Coges…

C’est dans le cadre du programme Éducation pour Tous (EPT) lancé en 2002, que l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) a fait la recommandation politique à l’État d’expérimenter l’implication de la communauté dans la gestion des établissements scolaires sous le modèle des Coges. L’initiative avait été lancée au cours de l’année scolaire, 2002-2003 avec 240 Comités pilotes mis en place à travers les 8 régions du Niger, rapidement, ils sont passés à 1000 l’année suivante, et à ce jour il y a autant de Coges qu’il existe d’établissements scolaires au Niger.

CGDES en activité ©Gps

Les acteurs siégeant dans ces structures (parents d’élèves, directeurs d’écoles, les enseignants, les mères éducatrices et le gouvernement scolaire) ont été dans cette période formés sur l’élaboration de plan d’action axé sur la qualité dans le cadre de la mise en œuvre du programme annuel du comité.L’initiative est concluante « L’Expérience du Niger permet d’affirmer que les communautés peuvent être premiers acteurs du développement de l’éducation de leurs pays pourvu qu’elles soient organisées en structures fonctionnelles » indique la JICA dans un rapport rendu public en février 2011. Cependant, c’est précisément à cette période que certaines dérives commencent par avoir cours au sein des Coges au détriment du bon fonctionnement des établissements. Les acteurs commencent alors par abandonner les bonnes pratiques capitalisées sur une décennie.

Selon plusieurs observateurs, c’est sensiblement à cette période qu’il est constaté une augmentation du montant des cotisations qui passent moyennement de 1000 FCFA à 3 000 FCFA. Une situation curieuse dans la mesure où c’est à cette période que le secteur éducatif avait bénéficié d’investissements importants de l’État qui devaient permettre de revoir à la baisse le montant des cotisations. « Entre mai 2011 et octobre 2015, ce sont 905 236 146 755 CFA qui ont été investis dans le secteur éducatif » selon le ministère des Finances ce qui représente 15,45 % des ressources investis par l’État sur la même période tous les secteurs confondus. Si l’on considère que cet investissement dans un laps de temps, est sans précèdent dans le secteur éducatif l’augmentation des cotisations Coges au même moment est inexplicable.

Selon M. Wisslimane Ransanratane, président National de l’Association Nationale des Parents d’Élèves (ANPE), les chefs d’établissement ne jouent pas leur rôle. « Dans la majorité des cas, à 80 %, il n y a pas de transparence dans la gestion des Coges. Ces directeurs d’établissements profitent de l’ignorance des parents d’élèves pour s’accaparer de la gestion des fonds du comité » a-t-il confié. M Wisslimane d’ajouter, « l’arrêté N°000040/MEN/A/PLN/SG qui régit le fonctionnement du Coges interdit que les postes de président et de trésorier soit occupé par le directeur d’école ou un enseignant. Ils sont attribués à la communauté (parents d’élèves et mères éducatrice) pourtant dans la réalité les responsables des écoles violent cette disposition ». Par ailleurs, le président de la faîtière des parents d’élèves fustige « l’augmentation observée ces dernières années du montant de la cotisation qui est fixé de plus en plus de manière arbitraire par les chefs d’établissement alors même que ceci doit être fait suivant un processus qui intègre l’ensemble des partenaires ». Le montant définit doit toujours être le résultat de la somme des besoins primaires et prioritaires de l’école divisée par le nombre de d’élèves. Il ne devait pas excéder 1 500 FCFA pour les écoles primaires et 2 000 FCFA pour le secondaire » apprend-on. À ce jour la moyenne des cotisations est de 2 000 pour le primaire et 3 000 FCFA au secondaire.

Au cours de l’année scolaire 2020-2021 « environ 3 milliards FCFA sont mobilisés au plan national en terme de cotisation du CGDES » nous apprend la Direction Administrative de Gestion des Établissements (ADAGE).

Pour restaurer la discipline et mieux organiser ces comités, le ministère de l’Éducation nationale de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales a pris en févier 2012 l’arrêté N°000040/MEN/A/PLN/SG portant création, attributions, composition, et fonctionnement des Fédérations Communales des Comités de Gestion Décentralisée des Établissements Scolaires (FC/CGDES). Ainsi, ces fédérations communales devraient assurer le bon fonctionnement et la gestion transparente des Coges (désormais appelés CGDES) dans chacune des 5 arrondissements communaux de Niamey et de même dans les 8 régions du pays. Cependant la gestion opaque des comités et les pratiques corruptives ne semblent pas régresser.

Gestion opaque, corruption et détournement…

Aux termes de l’article 9 de l’arrêté N°000040/MEN/A/PLN/SG, les 9 postes du CGDES sont pourvus par élection démocratique par les différents acteurs à l’exception du poste de président et de trésorier qui sont réservés aux membres ne faisant pas partie du personnel enseignant. En dépit de cette disposition dans la pratique, la caisse du Coges (CGDES) est détenue par le directeur d’école ou un enseignant en violation de la loi. Dans certains cas, ces derniers n’hésitent pas à se tailler des ‘’ristournes’’ sur les cotisations, c’est le cas au CES Hima Yankori de Niamey (CEG 3). Dans ce collège d’enseignement qui fait partie des plus anciens du Niger, un nommé GB a durant plusieurs années perçues 200 FCFA sur chaque cotisation sur plusieurs années jusqu’au courant scolaire 2017-2018 où son « business » a pris fin avec la mutation du proviseur de l’époque. Cet enseignant de mathématiques « a fait de la collecte de la cotisation son activité principale à l’école, au-dessus même des heures de cours » nous confie la proviseure du CES Hima Yankori Mme Moumouni Aichatou Mainassara qui avait mis fin à son activité. GB s’est dispensé de la charge horaire normale d’un enseignant de sa catégorie dont la moyenne se situe entre 15 et 21 heures par semaine. Le collecteur de deniers scolaires du CES Hima Yankori « se retrouve avec 5 heures de cours par semaine (soit une classe de TD) le juste minimum lui permettant d’être retenu en fin d’année pour la correction des examens du bac » apprend-on auprès d’une source de l’établissement.

Mme Moumouni proviseure CES Hima yankori ©Les Échos du Niger

Selon M. Mounkeila Halidou Secrétaire Général du Syndicat National des Agents Contractuels et Fonctionnaires de l’Éducation de Base (SYNACEB), « dans le principe, les enseignants, n’ont rien à voir avec le Coges, ce sont les parents d’élèves et les directeurs des écoles qui s’en occupe ». Pour le SG du Synaceb, les dérives constatées, surviennent « parce que le Coges utilise souvent les enseignants pour faire pression sur les élèves quand ils ont besoins d’argent, et l’enseignant fait juste la collecte de l’argent pour remettre au comité » croit savoir Mounkeila Halidou. Le fond Coges est détourné de plusieurs manières selon les écoles. Des surfacturations sur les commandes, des emprunts rarement remboursés, des collations et des frais de taxi après les réunions ainsi que plusieurs autres avantages pour les membres du bureau, des prétendues aides sociales, la liste est longue. Toutes ces mauvaises pratiques se font dans l’opacité absolue, la preuve « il y a très peu des Coges qui font des bilan en fin d’année et pourtant c’est prévu par les textes » indique MA enseignant à l’école primaire Diori I. Selon lui, «c’est peut etre bien de gratifier, des membres de bureau seulement chaque francs de la caisse Coges correspond à une activité donnée en l’affectant à d’autres utilisation on empiète délibérément au bon fonctionnement des activités scolaires ». Malheureusement, «au moins 50 % du fond Coges est utilisé dans des activités extrascolaires ou détourné » indique notre source. S’agissant du problème de transparence des comités caractérisés par l’absence d’Assemblée Générale, le cas le plus illustratif que nous avons découvert concerne le Coges du CES Hima Yankori. Le comité de cet établissement totalise 11 ans d’existence sans bilan, une violation flagrante de l’arrêté N°000040/MEN/A/PLN/SG qui dispose en son article 7 « les membres du bureau sont élu pour un mandat de 4 ans renouvelable une (1) seule fois ». « Cette volonté de certains invendus à s’accrocher dans les comités est du fait uniquement des avantage qu’ils tirent de la caisse du Coges » selon Wisslimane Ransanratane, président de l’ANPE. « Aujourd’hui quand un chef d’établissement est affecté ou demis, la première des choses qu’il regrette c’est la gestion de la caisse Coges » nous confie M. Wisslimane.

Élection d’un bureau coges ©Gps

A Maradi, les chefs d’établissements ont fait du Coges une affaire personnelle beaucoup de directeurs d’écoles font la collecte et dépense les cotisations à leurs guise « ils organisent des simulacres d’élections et se font élire alors que tous monde savent qu’ils détournent le Coges » nous apprend M. Abdoul Razak Abdoul Kader enseignant en service enseignant en service à l’inspection 3 de Maradi et Secrétaire Général du Synaceb de la même région. La convoitise que suscite le Coges pousse souvent à des bras de fer et de poursuites judiciaires.

Un Coges devant les tribunaux pour entrave aux activités scolaires et détournement de 800 000 FCFA…

Si dans nombre de cas ce sont les responsables d’écoles qui sont pointés du doigt pour détournements des ressources du Coges, il n’en demeure pas moins que certains parmi eux fonds des efforts pour préserver ces ressources et imposer l’orthodoxie en matière de gestion du Coges. Dès sa prise de fonction en qualité de proviseure du CEG III en septembre 2018, Mme Moumouni Aichatou Mainassara a affiché son intention d’assainir cette école publique de référence. Elle s’est attaquée en premier au Coges de l’Établissement dirigé « depuis plus de 11 ans » par un homme qui n’a curieusement aucun enfant inscrit dans l’école et qui avait usé de la position qu’il détient dans le Coges pour faire obstacle aux initiatives de la proviseure. Selon elle, «ça avait commencé avec les cahiers de charges de l’école. Quand j’ai pris fonction, il n’y en avait pas j’avais donc tout naturellement demandé au Coges de nous en acheter. Ils ont catégoriquement refusé, j’étais obligé de payer, 21 cahiers de charges à 94 000 FCFA avec mon salaire » nous rapporte la Mme Moumouni Aichatou. Les faits se sont déroulés au premier trimestre de l’année. Cette fin de non-recevoir à la demande légitime de la proviseure se voulait une réaction à l’intention de la responsable de l’établissement qui avait interdit la distribution des frais de taxi après les réunions. « Quand je suis arrivé à Niamey après la première réunion que j’ai eu avec ce Coges, ils ont distribué 2000 FCFA par personne comme frais de taxi » nous confie la proviseure. Mme Moumouni Aichatou d’ajouter « J’ai été scandalisé, l’argent du Coges doit servir la bonne marche pas de l’école pas pour distribuer des frais de taxi. Être membre du Coges est bénévole j’avais donc refusé de prendre les 2000 francs et j’avais demandé à ce que la trésorière remettre l’argent à sa place ».

© Gps

Après cet épisode, le Coges avait été convoqué au commissariat central de Niamey afin d’être écouter sur les raisons pour lesquelles il avait refusé le payement de cahiers de charges pour les activités scolaires. Le bureau avait été alors sommé de rembourser les frais des 21 cahiers de charges apprend-on. Nous avons tenté d’entrer en contact avec ce Coges à travers son SG malheureusement sans succès. L’année suivante (2018-2019) « le Coges est allé jusqu’à faire obstacle à l’organisation de la 2e composition annuelle de cet établissement en juin 2019 en nous refusant les feuilles de copie et les impressions des épreuves » selon la proviseure du CES Hima Yankori qui nous apprend que « 800 000 CFA ont été détourné par ce Coges ». Le tribunal de Niamey est saisi de la question, pendant que l’affaire était en instruction le Gouverneur de Niamey à l’époque M. Hassan Karanta a initié une conciliation qui avait fini par calmer la tension entre les 2 parties. Au rang des maux qui gangrènent les comités de gestion des établissements figurent également le recrutement parallèle dans les établissements publics. Selon plusieurs sources qui se sont confié à nous dans le cadre de ce reportage, les Coges sont pour beaucoup responsables de cette corruption en milieux scolaires.

Coges et recrutement parallèle dans les établissements scolaires….

Selon la Direction Régionale de l’Éducation Nationale (DREN), « 5 189 cas de faux transferts ont été détectés dans les établissements publics à Niamey » au cours de la rentrée scolaire de cette année (2021-2022) entre septembre et décembre 2021. Une école comme le CEG lll a enregistré 519 cas de faux transferts communément appelé recrutement parallèle en 2017 selon l’administration. Si les directeurs d’établissements et les enseignants sont pointés du doigt dans le cadre de cette pratique corruptive, il n’en demeure pas moins que les Coges sont des canaux par lesquels passent ces fraudes.

© Les Échos du Niger

Selon la proviseure du CEG lll , « les membres des Coges sont les rabatteurs du recrutement parallèle ». Mme avait pris connaissance de cet état de fait au cours de sa première année à la tête du CEG lll. « Quand, je suis arrivé ici, j’avais trouvé un établissement semi-privé. Il y avait 120 à 130 élèves par classe » nous explique Mme la proviseure. Après toilettage de la liste des différentes classes sur la base du document Passage Redoublement et Exclusion (PRE) l’école s’est retrouvé avec une moyenne 35 élèves par classe, 519 élèves arrivés par fraude ont été démasqués et exclus de l’établissement. La proviseure de l’école a reçu une distinction de la Haute Autorité de la Lutte Contre la Corruption et les Infractions Assimilées (Halcia) la même année. Voici la réalité qui caractérise depuis quelques années les CGDES qui dans la majorité des cas servent des individus en lieu et place de l’intérêt de l’école nigérienne qu’ils sont censés servir.

Cette enquête a été réalisée par Youssouf Sériba avec l’appui de la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA)

Lancement à Niamey de la 1re édition du Forum Semaine Citoyenne de la République

Le Ministre de la Jeunesse et du Sport M. Sékou Doro Adamou a procédé le vendredi 18 mars au lancement de la 1re édition du Forum Semaine Citoyenne de la République au Palais des Congrès. C’était en présence de la coordinatrice du système des Nations-Unies au Niger Mme Louise Aubin et de M. Salifou Hassan Conseiller Technique du Premier ministre SEM Ouhoumoudou Mahamadou parrain de cette première édition dudit forum.

(Les Échos du Niger 21 mars) Initiative de l’Association des Jeunes Leaders pour la Transformation Positive des Conflits au Niger (AJLTPC), le forum Semaine Citoyenne de la République vise à créer un cadre de réflexion et d’échange afin de contribuer à l’identification des responsabilités de chaque citoyen dans la lutte contre l’insécurité tout en renforçant les capacités de ces derniers pour une meilleure implication dans la lutte contre l’insécurité a indiqué le président de l’association Moussa Abdou Attaher . Cette première édition est placée sous le thème « Face à l’insécurité et l’extrémisme violent quels apports citoyens des jeunes leaders pour la préservation de la paix et la cohésion sociale au Niger et au Sahel ? ». Elle a mobilisé 8 pays à savoir le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Guinée Conakry, le Sénégal, le Benin, le Togo, et le Ghana chacun représenté par une forte délégation.

Prenant la parole à l’occasion au lancement du forum, la coordinatrice du système des Nations-Unies Mme Louise Aubin a fait part de sa joie de voir le Niger abriter une telle activité. « La paix et la sécurité dans le monde est plus qu’un souhait aujourd’hui, c’est un objectif pour la jeunesse, car le monde dans lequel nous vivons, nous avons le devoir de le rendre meilleur parce que nous l’empruntons de nos enfants de demain qui constituent la majorité de la population des pays touchés par des perturbations et conflits armés » a déclaré Mme Louise Aubin.

Abondant dans le même sens, le président de l’AJLTPC Moussa Abdou Attaher a indiqué « notre association s’est fixé pour objectif d’œuvrer à la mobilisation de la jeunesse Nigérienne au service de la paix et la citoyenneté agissante. Ce qui d’ailleurs s’inscrit dans le sens la Résolution 2250 de décembre 2015 des Nations-Unies qui préconise une implication des jeunes dans les efforts mondiaux visant à lutter contre l’extrémisme violent et à promouvoir une paix durable ». Procédant au lancement du forum au nom du chef du gouvernement, le ministre de la jeunesse et du sport M. Sékou Doro Adamou a pour sa part souligné « toute l’importance du rôle que la jeunesse se doit de jouer pour parvenir à des résultats dans le cadre de la transformation positive des conflits grâce à leur engagement citoyen et leur détermination » a-t-il indiqué. À noter que plusieurs travaux ont marqué ce forum qui a duré 3 jours, il s’agit de panels thématiques autour de la paix la citoyenneté, des formations au profit des participants, des activités sportives et un don de sang effectué le jeudi 17 mars au profit des forces de défense et de sécurité. Une activité à laquelle a pris part à la coordinatrice du système des Nations-Unies Louis Aubin.

Oslo C. Wanou.

Comprendre les VBG au Niger: Entretien avec Mme Salé AMADOU HAOUA experte en genre et formatrice en VBG

Viol, agression sexuelle, agression physique, mariage forcé/mariage d’enfants, déni de ressources, d’opportunités ou de services, violence en tout genre, si les VGB sont récurentes au Niger les victimes ont de plus en plus le courage de dénoncer leur boureau. Selon le rapport mensuel du UNHCR sur les incidents de VBG au Niger, au mois de septembre 2019 par exemple ce sont 48 incidents qui ont été enregistrés dont 29 à Diffa une région en proie au terrorisme. Récurrence des VBG au Niger entretien avec Salé Amadou Haoua experte sur la question.

Mme Salé AMADOU HAOUA, ce jeudi 3 mars, vous êtes en atelier, pouvez-vous nous parler un peu de l’objet de cet atelier organisé par le MPF/PE ?

Séance de formation sur les vbg au MPF/PE ©Jpplus

C’est un atelier de 80 heures dont 40 heures en présentiel et 40 heures en ligne. C’est une formation des formateurs sur les VBG, c’est-à-dire Violences Basées sur le Genre. Nous sommes train de renforcer les capacités des femmes qui ont déjà de connaissances en VBG afin qu’elles deviennent des experts sur ce phénomène et renforcer ainsi les moyens de son éradication dans notre pays.

Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce que c’est que les Violences Basé sur le Genre ?

Les violences basées sur le genre communément appelées VBG sont des violences exercées sur une personne que ce soit un homme, un garçon, une femme ou une fille à cause de son sexe tout simplement parce qu’elle est femme. Est-ce qu’on peut dire qu’aujourd’hui, ce phénomène est récurent au Niger ? Pour répondre à votre question, je voudrais énumérer quelques formes de violences basées sur le genre. Il y a les violences psychologiques ou morales, les violences économiques, les violences sexuelles, les violences verbales, les violences émotionnelles… Donc comprenez qu’elles sont vraiment très récurrentes ici au Niger. Les services en charges de recueillir les plaintes des victimes tels que le ministère en charge de la protection de la femme, le commissariat pour femme humiliante qu’on retrouve dans les commissariats centraux et les ONG comme FEVVF (Femmes et Enfant Victimes de Violence Familiales) qui reçoivent des cas qu’ils traitent.

© Jpplus

Au cours de l’atelier, certains participants issus de ces organisations nous ont relaté les cas qu’ils ont reçus ainsi que les témoignages de victimes. Le ministère a déjà mis en place des centres holistiques de prise en charge dans les cinq régions de Niamey et les autres régions aussi sont en cours. Ceci pour vous dire que ce fléau social est vraiment récurrent dans notre pays.

Souvent, les victimes de VBG ont du mal à dénoncer. Pourquoi ? Et quel message avez-vous à lancer à ces femmes, ces jeunes filles qui malheureusement subissent ses violences, mais qui n’arrivent pas s’exprimer ?

J’aimerais d’abord souligner que les hommes aussi sont violentés comme les femmes. Mais les femmes et les filles subissent le plus les VBG. Il y a une proportion très élevée au niveau des femmes et des filles. Il y a une proportion très élevée au niveau des femmes et des filles. Ce sont les hommes qui ne dénoncent pas. La majorité des femmes, elles dénoncent. Mais je vous notifie qu’en ce qui concerne la dénonciation, les femmes sont plus enclin que les hommes qui ne dénoncent pas du tout.

Avez-vous un message particulier à lancer à l’endroit de la population de Niamey et du Niger en général ?

Mon message aux populations du Niger à l’approche de la journée de 8 mars, Journée internationale de la femme, je voudrais vraiment que toutes les femmes sortent massivement pour fêter le 08 mars qui revêt une très grande importance. Parce que généralement, nous avons constaté que les femmes se mobilisent moins le 8 mars contrairement au 13 mai qui est la Journée Nationale de la Femme. Donc j’invite nos sœurs à sortir massivement pour fêter le 8 mars qui est la Journée internationale de la femme.

Entretien réalisé par Youssouf SERIBA et Ibrahim Chekaraou ZEINABOU

Transcription Oslo Chester WANOU

Épizootie de grippe aviaire à Niamey, désarroi chez les volallers

Par un arrêté pris le mercredi 9 février dernier, le gouverneur de la région de Niamey annonçait une batterie de mesures restrictives du commerce et de l’approvisionnement de volailles à travers la ville de Niamey et ses environs dans un raillons de 10 km.

L’arrêté pris afin de freiner une épizootie de grippe aviaire hautement pathogène (H5N) provoque mécontentement et détresse auprès des vendeurs de volailles à Niamey particulièrement les grossistes et les fermiers. Ces derniers subissent de plein fouet les dommages et les conséquences de l’arrête sans préavis ni mesures d’accompagnement du gouverneur de Niamey. Au quartier Yantala dans le 1er arrondissement, en face du cimetière musulman, où se trouve l’un des principaux points de vente de volailles et produits dérivés, c’est une ambiance de sinistre qui règne. Des poulaillers déserts, bordés de tables recouvertes de crasse sanguinolentes et quelques poubelles remplies de plumes des volailles qui n’ont pas survécu à l’arrêté du gouverneur de Niamey car sacrifiés et bradés peu après la publication dudit arrêté. Sur place, nous avons retrouvé Adamou Attah le patron des lieux assis sur un banc entouré d’une dizaine de jeunes au visage empreint de détresse. L’arrêté du gouverneur, ou du moins la grippe aviaire déclaré à Niamey provoque chômage et pertes économiques colossales.

« J’emploie plus de 30 jeunes ici, qui dépendent exclusivement de la vente du poulet et des produits dérivés ainsi que les services y affairant. Depuis le jeudi nous sommes dans le desaroi sans revenu ni assistance » fait savoir Adamou. « Nous étions paniqué lorsque nous avions appris que les autorités ont interdit le business du poulet et il fallait que nous nous débarrassons de notre marchandise de peur qu’elle soit saisie et détruites » nous explique le volailler. Ne fallait-il pas sensibiliser ces acteurs importants de la distribution de volailles et produits dérivés avant de prendre une telle décision? Du moins c’est ce que pense beaucoup le volailler que nous avons interrogé. Ce dernier écoule plus 100 poulet par jour entre vente en gros et en détaille mais voit son business s’arrêter sans aucun soutien de la part des autorités. Toutefois, « nous gardons espoir, et nous sommes en train d’envisager d’autre possibilité pour nous procurer de volailles et repeupler nos poulaillers puisque nous ne pouvons pas rester comme ça oisifs » indique Adamou. Du reste malgré, la déclaration de la présence de la grippe aviaire à Niamey, la demande de poulet n’a pas baissé chez les consommateurs, « les clients viennent toujours mais nous le poulet n’est pas très disponible à cause du faible ravitaillement depuis une semaine » nous apprend Boubé Hamani, vendeur de volailles au quartier recasement. Vendu entre 2000 et 2500 francs, le prix unitaire du poulet local est passé plus 3000 FCFA à Niamey depuis lors. Jusqu’au samedi 12 février, les foyers connus de l’épizootie sont : les fermes AviNiger et Belle vue et 2 autres fermes familiales. Ces 4 foyers totalisent 44 022 volailles infectés, détruites par la suite conformément au protocole édicté par les Direction des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. Contactés par l’Enquêteur, les responsables d’AviNiger ferme la plus touchée, n’ont pas voulu s’exprimer sur le sujet.

Youssouf Sériba

Bavure à Maradi? 7 enfants tués dans une frappe de l’armée nigériane sur le sol nigérien

7 enfants tués dans une frappe de l’armée nigériane sur le sol nigérien
Sept(7) enfants ont trouvé la mort et 5 autres blessés dans le village de Nachadé au cours d’une frappe aérienne de l’armée nigériane qui visait les bandes armées sur la frontière du Nigeria, a annoncé le dimanche 20 février le gouverneur de la région de Maradi Chaibou Aboubacar à l’Agence France Presse (AFP).
Les faits se sont déroulés le vendredi 18 février alors que la Nigerian Air Force (NAF) menait une attaque contre les bandits armés qui sévissent dans la bande sud de la maradi. Selon Chaibou Aboubacar, le drame est survenu par accident, « Il y a eu une erreur des frappes nigérianes qui se sont abattues juste à la frontière et qui on fait des victimes sur notre territoire dans le village de Nachadé » a-t-il déclaré.
Erreur ou y’a-t-il bavure? Les bavures de la NAF sont monnaie courante dans cette bande frontalière. En janvier 2017, 70 civils ont été massacré dans un camp de déplacés à Raan un village situé dans le Nord-Est du pays.
En avril dernier 2021, ce sont des soldats de l’armée nigériane qui ont été victime d’un bombardement de la Naf qui les aurait confondus à des terroristes, une enquête a été alors ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de l’affaire qui avait suscité un émoi sur les réseaux sociaux.
Pour le cas de ces 12 enfants et leurs parents inconsolables, point d’enquête annoncée pour l’heure encore moins de justice, le gouverneur Chaibou Aboubacar a acté la thèse de « l’erreur de frappe »

Youssouf Sériba

Lancement des activités de l’antenne régionale du Cipmen à Dosso

Après Tillabery, Zinder Agadez, Tahoua, c’est au tour de la région de Dosso de bénéficier d’une antenne régionale du Centre Incubateur des Petites et Moyennes Entreprises (Cipmen). Le booter de l’émulation entrepreneuriale continue ainsi de dynamiser le potentiel de la jeunesse nigérienne en matière de création de start-ups viables.

(Les Échos du Niger 06 fév) Le lancement des activités de cette antenne régionale s’est tenu ce samedi 05 février 2022 sous la présidence du préfet du département de Dosso et devant un parterre de jeunes entrepreneurs, diplômés, et étudiants aspirant à l’entrepreneuriat. Après avoir souhaité la chaleureuse bienvenue aux hôtes ayant pris part à ce lancement, le préfet du département de Dosso n’a pas caché sa satisfaction de voir son entité administrative bénéficier de cet instrument stratégique à la croissance économique au grand profit de la jeunesse de Dosso. « L’installation de ce bureau régional est une occasion pour la jeunesse de Dosso d’exprimer son talent en matière d’innovation et de créativité entrepreneuriale » a-t-il indiqué.

A Dosso, le Cipmen entend accompagner les entreprises ouvrant dans le domaine de la transformation agricole, les technologies web et l’e-commerce a laissé entendre de son côté le Secrétaire Général du Cipmen. L’éclosion des start-ups dans divers domaines garce aux efforts du Cipmen ainsi que les programmes développement informatiques et la couverture numérique du pays menés par l’État à travers l’Agence Nationale pour la Société d’Information (Ansi) constitue un véritable catalyseur pour l’économie du Niger notamment avec la mise en œuvre de la zone de la Zone de Libre Échange Continental (Zlacf) selon la représentante du Ministère de l’Industrie et de l’Entrepreneuriat des Jeunes. La jeunesse de la cité des Koy par la voix de l’ambassadeur des jeunes entrepreneurs de la région n’a pas manqué de saluer l’installation du Cipmen à Dosso. Toute chose qui va apporter sans nul doute une grande avancée pour le développement économique et sociale ainsi que la création d’un environnement favorable à l’écosystème entrepreneuriale » a-t-il souligné avant d’exhorter les jeunes de Dosso à saisir cette opportunité qui lui est offerte pour s’exprimer sur le terrain entrepreneuriale. A noter qu’aussitôt installée l’antenne régional Cipmen de Dosso a initié dans l’après-midi du Samedi une formation sur le thème « Osez entreprendre ».

Youssouf Sériba