Cominak, 47 ans après l’Uranium : enquête à l’orée d’un drame social et environnemental au Niger

Le mercredi 23 octobre 2019 est une journée inoubliable pour les mille trois cent neuf (1 309) travailleurs de la Compagnie Minière d’Akouta (Cominak). Cela, non pas à cause du dur labeur qui les attend à 250 mètres dans les profondeurs de la mine ou à l’usine, mais du fait de la nouvelle de ce jour qui marque un tournant important dans la vie socioéconomique du département d’Arlit. En effet, ce jour-là, à l’issue d’une réunion, le Conseil d’administration (CA) de la Cominak, à l’unanimité de ses membres, a voté la fermeture de la mine pour le 31 mars 2021 après 47 ans d’extraction de l’uranium dans le sous-sol riche de la commune d’Akokan.

Ce fut un choc aussi bien pour les travailleurs de la Cominak que pour la population d’Arlit, particulièrement celle d’Akokan. Cette fermeture, douteuse en elle-même, à cause des raisons avancées par le Conseil d’administration : épuisement de la mine, et chute des cours de l’uranium, sonne le glas des drames socioéconomique et environnemental qui ont cours à Arlit et à Akokan. Elle révèle des pratiques « malsaines » opérées plusieurs décennies durant en violation de la législation du travail en vigueur : fausses déclarations d’agents sous-traitants à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) avec la complicité d’agents de la caisse, détournements de cotisations de certains agents déclarés à la Cnss; et plusieurs centaines de millions de francs CFA sous forme d’évasion parafiscale. Comme si cela ne suffisait pas, les sous-traitants, refusent ou usent de stratagèmes pour ne pas verser les droits légaux de fin de contrat à leurs travailleurs.

Liste ouvriers de Tamgak (une des 7 entreprises ayant payé les droits légaux)

Au plan environnemental, on note une pollution des nappes, un problème d’eau dans la ville d’Arlit et à Akokan, plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs exposés à l’air libre, et 2 004 837 m3 d’eau d’exhaure (en 2019), le tout chapeauté par un projet de réaménagement du site (Rds) flouté.  Enquête sur la fermeture  d’une mine aux conséquences socioéconomiques et environnementales chaotiques

L’abandon d’un gisement…

Épuisement des réserves et chute des cours du marché de l’uranium sont les principales raisons avancées par le conseil d’administration de la Cominak pour décider de la fermeture de la mine d’Akouta, effective, le 31 mars dernier. Pourtant, aucun résultat d’étude n’a été fourni par la société démontrant l’épuisement du minerai. Plusieurs travailleurs, des géologues, démentent cette raison avancée.

Pour Almoustapha Allacen, radiologue, ancien employé de la Somaïr et coordinateur de la société civile d’Arlit « il y’a encore des réserves à la mine, peut-être pas à une teneur de 10 à 17 mg/1000 mais on peut toujours trouver 1 à 5 mg/1000 ». Selon lui, Orano, l’actionnaire majoritaire de la Cominak (59 % de parts), extrait le minerai ailleurs dans le monde à une teneur de 0,5 mg/1000. Conclusion, selon Almoustapha, Orano a un agenda caché.

Si l’épuisement de la mine de la Cominak n’a pas été prouvé par la compagnie minière, la chute du prix du « gâteau jaune » sur le marché est une évidence. De 300 $ (environ 170 000 FCFA) en 2007, selon le bulletin d’information de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (Aiea) de juin 2018, le kilogramme de l’uranium a chuté jusqu’à 18 $ en 2016 pour se stabiliser entre 40 et 50 $ depuis 2018 (22 500-28 000 FCFA). Toutefois, la baisse du prix de l’uranium est-elle suffisante pour justifier cette fermeture? Difficile de le dire. De 2016 à 2019, la production moyenne d’uranium enfûté était de 1 270 697 kg par an selon les chiffres officiels mentionnés dans le rapport (2019) environnemental de la Cominak.

Selon des informations recueillies auprès d’une source à l’usine de la Cominak, jusqu’à la fermeture de celle-ci, en moyenne 8 lots de 48 fûts d’uranium sont produits chaque mois par la Cominak, chaque fût contenant 450 kg d’uranium soit 8 294 400 kg d’uranium enfûté par an.

Si la baisse du prix de l’uranium devait être une raison pour mettre fin à l’exploitation, pourquoi la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), la 2e mine d’Arlit détenue aussi par le géant Orano à 64 % n’a-t-elle pas mis la clé sous la porte ? C’est pourtant les mêmes marchés, les mêmes conditions d’exploitation, la même main-d’œuvre. Mieux, la Somaïr « extrait l’uranium à une teneur inférieure à celle de la mine de Cominak », selon Mounkeila Abassa, employé de la Somaïr et secrétaire général du Syndicat National des Travailleurs des Mines du Niger. L’un dans l’autre, la fermeture de la Cominak telle qu’elle a été annoncée et de la manière dont elle se déroule constitue un véritable drame socioéconomique pour des milliers de personnes intervenant dans le secteur des mines, la seule activité économique qui fait vivre Arlit, et le visage de ce drame ce sont les « travailleurs sous-traitants » de la mine.

Des travailleurs sous-traitants abusés…

L’une des révélations de cette fermeture de la Cominak, c’est sans aucun doute la situation des travailleurs sous-traitants mis à la disposition de la filiale d’Orano par des entreprises locales. Après plusieurs années de travail dans des conditions ne respectant parfois pas les normes de sécurité pour des travailleurs de mines, à savoir le manque d’équipement de protection individuelle (EPI), selon les témoignages des ouvriers eux-mêmes, Cominak a décidé d’exclure ces derniers de son plan social de fermeture. Ledit plan social  prévoit des primes et indemnités de fermeture évaluées entre 15 et 40 millions de francs CFA (selon le bulletin d’information minière Maimagana N°16, mars 2021) pour les travailleurs (statutaires).

Cependant, « cette démarche ne traite pas des employés de la sous-traitance car ils ne sont pas en contrat direct avec Cominak. Il incombe à leurs employeurs en liaison avec l’administration du travail de traiter leurs cas en bonne et due forme », indique la filiale d’Orano dans son plan social de fermeture.

Un ouvrier en ténu de travail

Au nombre de 813 à la date de la fermeture de la mine, ces ouvriers que Cominak a exclus de son plan social de fermeture ont travaillé dans les mêmes conditions que les travailleurs statutaires. « Ils ont été soumis au même rayonnement, au même rythme de poste, aux mêmes bruits des engins », se désole un cadre des mines à la retraite. Plusieurs d’entre eux ont subi des « accidents à leur poste, avec parfois des membres coupés », poursuit-il.  Ces travailleurs sous-traitants ont parfois contracté des maladies, notamment respiratoires et étaient exposés au radon.

A Arlit (1200 km de Niamey), nous avons rencontré certains de ces ouvriers qui ont accepté de témoigner, malgré, selon eux, les menaces qui pèsent sur eux et les représailles qui peuvent en découler. R.D. est l’un d’entre eux, il a travaillé à la grande régie mine jusqu’à la fermeture. Son rythme de travail quotidien : plus de 10 heures dans la mine au contact de substances toxiques durant 15 ans. « Mon travail consiste à faire ressortir de l’exhaure; nous sommes souvent en contact direct avec de l’eau industrielle. Nous faisons la pose et la dépose des tuyaux d’eau, des câbles électriques grosses sections et des pompes pour évacuer l’eau et rendre le minerai accessible », nous explique cet homme âgé de 39 ans.

Parmi les « travailleurs sous-traitants », certains ont intégré la mine en remplacement de parents devenus invalides pour cause d’accident de travail ou décédés en activité. C’est le cas d’A.L. : « je suis égoutier en remplacement de mon père qui est mort d’une maladie du foie. Nous n’avions pas d’horaire fixe, de jour comme de nuit, nous travaillons et nous n’avions pas d’EPI (équipement de protection individuelle) ni de produits d’entretien après intervention », confie le sous-traitant plein de déception.

Durant les 12 années au cours desquelles a travaillé A.L. pour la filiale d’Orano, après le décès de son père, il a touché invariablement la modique somme de 50 000 CFA de salaire mensuel (environ 77 euros). Comme ses collègues employés des sous-traitants, il n’a jamais eu droit à la visite médicale systématique que la Cominak avait l’obligation d’assurer aux travailleurs. Aussi, pour chaque travailleur, elle est censée assurer une visite médicale de débauchage en fin de service. Celle-ci devait permettre à ses ouvriers provenant des quatre coins du Niger d’évaluer leur état de santé en fin de service ou en cas de fermeture. Aucun des travailleurs rencontrés n’a bénéficié de cette visite médicale ce qui fait dire à Ahmed Djibrilla, agent sous-traitant à la géologie de la mine « plusieurs d’entre nous rentreront à la maison sans aucun franc mais avec des maladies au sein de nos foyers ».

Ces ouvriers sous-traitants rivalisent d’histoire, les unes plus incroyables que les autres. A 10 km d’Arlit, à Akokan, l’histoire d’Almocktar Firia est inédite. Il est concierge sur un site de la Cominak, il a travaillé plus de 40 ans au service de la filiale d’Orano soit au-delà du temps légal de travail. On raconte que les services de la caisse de sécurité sociale le croyaient mort et recherchaient ces ayants droits.

Almocktar Firia

Almocktar dit avoir vécu des conditions de travail exécrables, et malgré son embonpoint trompeur, en langue haoussa, il dit « je suis épuisé mon fils » « je n’ai même plus de tenues de travail, celle que vous voyez sur moi, je l’ai empruntée ». Et pourtant, cet homme âgé de 73 ans est toujours en activité.

Décidés à obtenir gain de cause, les ouvriers réunis au sein du Syndicat National des Travailleurs des Mines du Niger (Syntramin) ont mené des démarches auprès des autorités notamment, le gouvernement, le Parlement, les chefs traditionnels, etc. pour plaider leur cause, mais sans succès.

En janvier 2021, gagnés par le désespoir, ces travailleurs qui dénoncent « le silence des médias de Niamey sur leur sort en particulier » et sur la « fermeture scandaleuse de la Cominak en général », ont observé un mouvement de grève illimitée sans service minimum. Après 9 jours de débrayage général qui a paralysé la société qui s’apprêtait à fermer fin mars, ils ont pu avoir une « miette qui ne changera pas grand-chose » à leur sort de l’après-Cominak.

Les travailleurs sous-traitants assis en groupe lors d’une grève

En effet, le 19 avril, à l’issue de longues négociations, un accord a été signé entre la Cominak et ses sous-traitants. Cet accord prévoit « une contribution de fin de chantier » au profit de ces ouvriers, une enveloppe de trois cent millions 300 000 000 FCFA  pour les 813 ouvriers sous-traitants que la Cominak considère comme non pas un droit mais une mesure d’accompagnement visant à soutenir ces ouvriers.

Seulement, cette contribution de fin de chantier sera « à la hauteur des droits légaux pour les salariés de la sous-traitance en CDI avec leurs employeurs » peut-on lire dans le protocole d’accord signé par les deux parties.

En clair, Cominak versera à chacun des 813 ouvriers l’équivalent des droits légaux de licenciement. Ces droits censés être versés par les employeurs sous-traitants sont calculés sur la base des salaires mensuels de chacun d’entre eux, « des salaires de misère », selon eux. Le plus élevé des salaires de l’ensemble de ces 813 ouvriers sous-traitants « est de 150 000 Fcfa (230 euros) », d’après Mohamed El Hadj travailleur sous-traitant à la retraite, qui a travaillé plus de 20 ans en qualité de géologue.

Sur les 813 ouvriers, toutes compétences réunies, ils sont moins de 50 à prétendre à un tel traitement salarial mensuel. Selon Moussa Abdoulaye, opérateur à l’usine Cominak (travailleur sous-traitant), 90 % de travailleurs sous-traitants n’ont pas de contrat et leur salaire est situé entre 60 et 70 000 FCFA ».

C’est ainsi, que des employés qui ont travaillé près de 25 ans se retrouvent avec des sommes « dérisoires » comme droits de licenciement. Le cas de Hamed Kemil qui a travaillé pour une entreprise sous-traitante (Tamgak) est illustratif. Il a reçu un peu moins de 870 000 francs CFA (1 220 euros) d’indemnités de licenciement après plus de 22 ans de service pour le compte de la Cominak.  (Le smic en France est de 1 539 euros, en juin 2020).

Au 30 août, 5 mois après la fermeture de la mine, sur les 30 entreprises qui emploient les 813 travailleurs, seules 7 ont versé les droits de licenciement. Nombre de ces entreprises sous-traitantes ont exprimé leur refus de payer les droits de licenciement, selon Almou Gabdou, délégué des ouvriers sous-traitants. Toujours d’après lui, à cette même date, la deuxième entreprise sous-traitante en termes de plus grand nombre d’ouvriers mis à disposition, EM (Entreprise Malami) « n’a versé aucun franc comme droits à ses employés ».

Cité minière à Arlit(Agadez)

Pour en  savoir davantage sur les raisons de ce refus d’EM de payer les droits légaux de ses ouvriers, nous avons tenté de rencontrer le patron de l’entreprise Elhadj Malami lui-même mais sans succès. Ce dernier ne souhaitant pas visiblement nous rencontrer, c’est auprès de l’inspecteur du travail d’Arlit que nous avons pu prendre connaissance des raisons du refus du deuxième plus gros employeur d’ouvriers sous-traitants, avec lui une vingtaine d’autres employeurs refusant de payer les droits légaux.

Selon Abdoul Aziz Adamou, inspecteur du travail d’Arlit, « les employeurs sous-traitants, considèrent que l’enveloppe accordée par la Cominak en guise de mesure d’accompagnement aux ouvriers leur revenait à eux (employeurs) et par conséquent  ils ne leur doivent rien ». L’inspecteur, saisi du dossier, estime cet argument peu valable dans la mesure où le premier employeur, en termes d’effectif  (Entreprise Ali Abdourahmane, ndlr) a payé les droits légaux de ses ouvriers.

En juillet 2021, l’inspecteur Abdoul Aziz avait tenté une conciliation entre les 2 parties mais sans succès.  Ce dernier a ainsi renvoyé le dossier devant les tribunaux d’Agadez, un procès est prévu pour le 12 janvier. Pour Yahaya Abdou, auditeur à la bourse du travail ayant conduit des audits dans le département d’Arlit, « cette situation est née d’une faiblesse du Code minier qui n’a pas encadré la sous-traitance dans le secteur  minier ».

Si la législation ne garantit pas une rémunération décente pour cette catégorie de travailleur, M. Yahaya souligne toutefois que « ces travailleurs ont les mêmes droits que les employés statutaires en ce qui concerne les prestations familiales de la CNSS et la pension de retraite ». Cependant sur ce plan, la situation de ces travailleurs n’est guère reluisante à la CNSS.

Un responsable de la CNSS d’Arlit détourne plus de 200 millions FCFA de cotisations des ouvriers… 

« Plus de 200 000 000 de FCFA de cotisations d’ouvriers ont été détournés par un ancien responsable de la caisse d’Arlit », révèle une source syndicale. Cette affaire au vu du montant en jeu a fait grand bruit à Arlit au moment des faits en 2015.   Comment cela est-il arrivé ?  Selon des sources proches de l’affaire, « durant plusieurs années, des entreprises sous-traitantes affiliées à la CNSS versaient tant bien que mal les cotisations de leurs agents déclarés. Malheureusement, ces cotisations estimées à plus de deux cent millions (200 000 000) FCFA, ne tombaient pas dans les caisses de la Sécurité Sociale », indique notre source.

Le responsable de la CNSS d’Arlit, au moment des faits, aujourd’hui derrière les barreaux, délivrait des faux reçus et faisait main basse sur les cotisations des ouvriers. Reconnu coupable de détournement et de faux et usage de faux, l’intéressé purge actuellement une peine de prison ferme. Cet épisode passé, les responsables de la CNSS ont mis de l’ordre au niveau de la direction départementale d’Arlit qui fonctionne à présent normalement avec des contrôles périodiques, apprend-on.

Des entrepreneurs qui contournent les règles et défient l’autorité… 

Pour attribuer un contrat de sous-traitance, les sociétés minières d’Arlit : Cominak et Somaïr (filiales d’Orano, ex Areva) demandent aux entrepreneurs de fournir des attestations      d’inscription de leurs ouvriers à la CNSS, conformément à la réglementation en vigueur. De ce fait, l’ensemble des entreprises qui travaillent pour la Cominak devraient être affiliées à la Cnss et déclarer leurs effectifs. Cependant, dans la pratique, le constat est tout autre. Selon les investigations d’une mission de l’inspection du travail qui nous a précédé sur le terrain à Arlit le 7 mai dernier, « plusieurs employeurs sous-traitants échappent à la caisse ». A côté de ceux-là, « il y a certains qui sont affiliés mais qui ne déclarent pas leurs agents, quand d’autres font de la sous-déclaration c’est-à-dire qu’ils ne déclarent pas la totalité des agents qu’ils utilisent ».

La question que l’on se pose : y a-t-il une complicité entre la direction de la Cominak et ses entrepreneurs ? Selon le délégué des travailleurs sous-traitants Almou Gabdou, les complices de ces agissements ne sont pas à rechercher uniquement au sein de la Direction de la Cominak. Pour contourner les exigences de la Cominak, certaines entreprises « se font établir des livrets fictifs pour leurs ouvriers en complicité avec des agents de la Cnss », selon Almou Gabdou.

« Normalement, il est de la responsabilité de la caisse d’obliger les entrepreneurs au versement des cotisations une fois qu’elle a émis un livret mais cela n’a pas été fait durant des décennies, ces entreprises ont, non seulement triché sur les déclarations mais elles ont détourné les versements prélevés sur les salaires » indique la même source.

Pour Zarafi Elhadj Hima Adamou, contrôleur Employeurs de la Cnss, « la caisse, contrairement aux services des impôts n’a pas les capacités d’obliger les employeurs à verser les droits de leurs employés ». Ce dernier reconnaît toutefois que la loi accorde cette prérogative à la CNSS mais « la réalité du terrain ne facilite pas la tâche à nos services ». En plus, « ces entrepreneurs en général n’ont même pas de documents comptables ». Dans ces circonstances, « nous pouvons fermer les locaux de ces entreprises conformément à la législation mais ceux qui vont en pâtir au final, ce sont les travailleurs dont la situation est assez fragile et cela va à l’encontre du caractère social de la Cnss », fait savoir le contrôleur employeurs de la CNSS.

Usine Cominak

Plusieurs centaines de millions d’évasion parafiscale…

Les arriérés que doivent les entreprises sous-traitantes des mines d’Arlit à la CNSS, se comptent par centaines de millions de FCFA, selon la CNSS. Parmi ces entreprises, « il y en a qui doivent à elles seules, plus de 700 millions de francs CFA », selon un responsable de la CNSS, information confirmée par l’Inspection du travail. Une entreprise comme EM (Entreprise Malami), « doit un peu plus de cent millions (100 000 000) de francs CFA à la CNSS» au titre de cotisations de ses employés, selon des informations à notre disposition ce qui a value à l’entreprise des poursuites judiciaires de la part de la CNSS.

« Nous avons contre EM deux (2) contraintes de justice », nous confie une source de la CNSS. « Ces décisions de justice nous permettent de sécuriser nos dettes. Si EM ne procède pas au paiement de ses dettes, nous pourrions grâce à ces décisions de justice saisir ses biens », indique notre source.

A Arlit au mois de juin, nous avons tenté de rencontrer cet employeur visé par 2 poursuites judiciaires intentées par ses employés licenciés et la CNSS mais en vain. De retour à Niamey nous avons continué les tentatives de le joindre au téléphone sans succès jusqu’au vendredi 3 septembre où nous avons pu avoir le patron d’EM  au téléphone. Malheureusement il ne pouvait pas nous parler, car il était 13 H 00. « Je suis à la mosquée » avait-il répondu pour prendre congé de nous lorsque nous nous sommes présentés à lui.

Nous l’avons rappelé le mardi 7 septembre, et cette fois ci « je suis à un mariage, je vous rappellerai demain matin », nous rétorque notre interlocuteur au bout du fil. Nous n’avons plus eu de ses nouvelles jusqu’au bouclage de cette enquête. EM ne nous a jamais rappelé jusqu’à preuve du contraire.

Arlit, au cœur de la malédiction des ressources minières…

Comment la ville d’Arlit, survivra-t-elle à cette fermeture de la Cominak? C’est la question que se pose la société civile d’Arlit après les travailleurs. « Si Cominak et Somaïr ferment, nous n’aurons pas d’eau à Arlit », prévient Almoustapha Allacen coordinateur de la société civile d’Arlit président de l’ONG Aghirin’man à l’avant-garde des défenseurs de l’environnement à Arlit.

Le problème d’eau, se fait sentir déjà à Akokan avec la fermeture de la mine. A Boukoki, un quartier de la commune d’Akokan où nous nous sommes rendus, depuis la fermeture de la Cominak, les populations n’ont de l’eau que 7 heures par jour de la seule borne fontaine qui alimente le quartier en eau potable. Khalid, militaire à la retraite, père de famille, craint le pire « un jour nous allons nous réveiller sans eau à boire qu’allons-nous faire dans ce cas ?».

Ce problème d’eau, justement, est en train d’asphyxier la seule activité économique qui donne de l’espoir à Akokan : le maraîchage.  En effet, depuis la fermeture de l’usine de la Cominak, les maraîchers de la ville ont aussi clos les portes de leurs jardins, cela va de soi. La quasi-totalité des sites de maraîchage sont arrosés avec les eaux industrielles de Cominak, une pratique qui comporte d’ailleurs d’énormes risques sanitaires.

Une vue du centre-ville d’Arlit

La Direction de la Cominak à travers le volet sociétal du réaménagement prévoit des actions pour « minimiser les impacts sociétaux de la fermeture en assurant une transition pérenne adaptée aux besoins des populations et dans la limite de la responsabilité de l’entreprise ».   

Selon Maman Sani Abdoulaye Directeur Général de la Cominak, un budget de 4 milliards FCFA est prévu pour l’aide à la reconversion économique dont principalement l’industrie maraîchère. Ce fonds devrait faciliter « le développement de l’industrie maraîchère à travers un accompagnement financier sur 10 ans  » indique-t-on.

Sur le terrain, ils sont environ 100 travailleurs qui ont bénéficié du programme de reconversion, une formation en informatique et le permis de conduire. Pour Ahmed Djibrilla, agent sous-traitant (plus de 15 ans à la Cominak), ce programme dit de reconversion frise l’ironie « peut-on parler de programme de reconversion alors que moins de 100 travailleurs ont été cooptés sur un effectif de plus de 800? », aussi « à quoi une initiation à l’informatique de 4 jours pourrait-elle être utile à un ouvrier qui a passé toute sa vie à manœuvrer de la ferraille et broyer des masses rocheuses »? S’interroge ce travailleur sous-traitant à la géologie de Cominak.

Projet de réaménagement du site (Rds), des doutes et zones d’ombre…

Conformément au code minier et à ses engagements, la Cominak est tenue de rétrocéder un site réaménagé et non polluant selon les standards internationaux en vigueur. Pour ce Rds, un budget de 95 milliards de FCFA a été arrêté par le conseil d’administration et validé par les autorités nigériennes. Au cœur de ce réaménagement, des aspects sensibles tels que le réaménagement de la mine souterraine, les bassins d’exhaures et des eaux usées, le démantèlement de l’usine de traitement et l’enfouissement de plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs.

Cité minière d’Akokan

De façon détaillée, le Rds prévoit « éliminer les risques d’accidents physiques, liés aux installations, aux galeries, aux carrières, aux bassins, rendre le site conforme à la réglementation sur la radioprotection et éliminer les risques liés aux produits et résidus chimiques, minimiser l’empreinte de la pollution et faire en sorte que le site et les déchets ne soient pas une source de pollution future », indique Orano dans son bulletin d’information annuelle de 2019. Comment le projet est-il conduit ? Les acteurs impliqués jouent-ils convenablement leur partition ? Telles sont les questions que se posent les acteurs de la société civile de Arlit, Akokan et Agadez.

Le Niger, en 50 ans d’exploitation minière « ne dispose d’aucun plan cadre de fermeture d’une mine » se désole Mounkeila Abassa SG Ben Syntramin. Résultat, le gouvernement accepte toutes les propositions d’Orano, ce qui n’est pas du goût de la société civile d’Arlit composée essentiellement d’anciens cadres des mines bien au fait des questions minières, dont certains ont fait leur preuve dans d’autres pays sur des projets de fermeture de mine.

A titre illustratif, en octobre 2019, une analyse comparative du Rds Cominak et le guide de réaménagement de l’International Council on Minings and Metals (ICMM) qui réunit les meilleures pratiques en matière de réarmement a révélé des écarts considérables entre le Rds Cominak et ce qui est considéré comme la norme mondiale en matière de réaménagement. Mais Orano se veut rassurant, « cette analyse a permis de définir les axes d’amélioration dans la mise en œuvre et le suivi du Rds Cominak », le géant du nucléaire met en avant son expérience de plus de 40 ans dans le réaménagement. Cette expérience comprend le réaménagement de 236 sites miniers en France exploités entre 1948 et 2001, la mine de Cluff Lake au Canada exploitée de 1980 à 2002 et celle de Mounana au Gabon exploitée de 1961 à 1999.

Or, le réaménagement de Mounana, cette mine qui a généré 26 000 t d’uranium en 40 ans d’exploitation est perçue comme un échec au Gabon et en France. La Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (Criirad) a, dans une étude menée sur l’ancien site minier en 2010, indiqué que la radioactivité est omniprésente à Mounana plus de 20 ans après la fermeture de la mine. Cette radioactivité est provoquée par « la mauvaise utilisation de déchets miniers et la réhabilitation approximative de certains sites », indique l’étude.

Par ailleurs, dans un article publié dans la Revue Canadienne de Géographie Tropicale, de décembre 2017 titré « La malédiction des ressources minières : Mounana d’un village potentiellement riche à une ville fantôme », Dr Jean Kevin Aimé Tsiba chercheur à l’Institute de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) au Gabon indique « Mounana apparaît désormais comme une ville fantôme. Le départ de la COMUF (Compagnie des mines d’uranium de Franceville) n’a pas été suivi d’une politique de diversification de l’économie qui pouvait garantir un meilleur niveau de vie à la population ». Le chercheur souligne par ailleurs, « la présence quasi permanente d’externalités négatives (résidus radioactifs) laissées par l’entreprise entache véritablement la qualité de vie des populations ». Aujourd’hui, cette ville du Haut-Ogooué (à l’Est du pays) est passée de 12 000 habitants en 1999 à 6000, selon le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2013 au Gabon.

Une vue de la mine souterraine

Est-ce la recette qu’Orano entend fournir à la ville d’Arlit? Il faudra attendre la fin du Réaménagement pour en juger. Du reste, un comité gouvernemental est chargé de contrôler le réaménagement du site Cominak. Le Directeur général de la Cominak explique le rôle dudit comité en ces termes : « Dans le cadre de son travail, le Comité d’Orientation anime des ateliers où sont conviées diverses parties prenantes. Un appel à la tierce expertise indépendante est fait régulièrement afin de conforter des décisions prises par des différentes instances dans le domaine technique, social et sociétal »  fait savoir le patron de la  Mine d’Akouta.

Ce comité tient régulièrement des rencontres à Niamey (environ 1200 km d’Arlit), ce que beaucoup trouvent peu pertinent. « Le comité interministériel, si réellement il veut faire un travail sérieux de suivi doit avoir son QG sur le terrain et tenir ces rencontres ici à Arlit », se désole un géologue. Pour Almoustapha Allacenle Réaménagement « intéresse uniquement pour l’argent qu’il met en jeu (95 milliards FCFA), ce n’est pas pour le souci de bien faire ». Le radiologue nous indique que la radioactivité a une durée de vie de milliards d’années.

Toutes ces raisons font penser à plus d’un à Arlit, que le Rds risque d’être un drame environnemental qui viendra s’ajouter au drame socio-économique déjà perceptible dans la ville. Par ailleurs, ce qui renforce les doutes et les suspicions autour de cette fermeture, c’est de voir la presse ‘’indépendante’’ tenue à l’écart du projet dans le fonds. En juin dernier, un journaliste français, David Arnold du Média Arte Journal qui voulait réaliser un reportage sur le sujet, s’est vu retirer son autorisation préalablement accordée par le ministère de la communication, visiblement instruit à cet effet, mais par qui? Faut-il voir la main d’Orano derrière cette volonté manifeste de flouter la fermeture de Cominak et le Rds ?

Autorisation de tournage

Des manœuvres tendant à cacher le drame d’Arlit…

Le reporter français se préparait à voyager sur Niamey où il devait se présenter au ministère de l’intérieur comme cela se fait avant de continuer sur Arlit. David entretemps, a obtenu une autorisation de tourner sur le site d’exploitation de la Cominak. Seulement, quelques jours après cette autorisation il reçoit un mail du ministère de la communication « le ministère a changé d’avis », le journaliste ne peut plus entrer à Arlit. Le ministère motive ce retournement par une vague assertion, « les autorités nigériennes ne sont pas prêtes ».

En attendant, à Arlit, entre le marteau et l’enclume d’Orano et ses entrepreneurs sous-traitants  les ouvriers attendent le procès du 12 janvier pour être fixés sur leur sort. Un ancien cadre de la Somaïr que nous avons interviewé parle de « catastrophe humaine » parlant de la situation de ces travailleurs. Pourtant la sous-traitance avait permis à Orano de réduire le coût du travail dans les périodes de difficultés liées à la chute des cours du marché qui sont en pleine reprise depuis 2 ans.

Pour Saidou Ardji, ex coordinateur Afrique francophone de l’Ouest de la Coalition Publiez Ce que vous Payez (Pcqvp), « il y a une faiblesse de la législation en ce qui concerne les travailleurs sous-traitants des mines ». L’ancien journaliste estime que « la mise à disposition’’ dans les entreprises minières a une particularité du fait des risques sanitaires et d’accidents fréquents dans les mines souterraines telle que la mine de Cominak et les installations minières (radon, effondrement, brûlure, maladies pulmonaires etc…) ». Selon lui, l’État doit prendre des dispositions à l’avenir pour garantir un minimum de droits pour ces ouvriers.

Au plan environnemental, jusqu’en 2019 selon l’ONG Aghirin’man l’exploitation de l’uranium à Arlit a usé « 350 milliards de litres d’eau ». Ceci a provoqué une pollution de l’eau et l’assèchement de l’aquifère. Ce dernier mettra des millions d’années pour se reconstituer selon les spécialistes de l’environnement.

En ce qui concerne la pollution de l’air à Arlit, selon une étude menée en 2007  par la Commission de Recherches et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad), organisation basée en France et l’ONG Aghirin’man, à Akokan (10 km  de la commune urbaine d’Arlit) « les niveaux de radioactivité sont 100 fois supérieurs aux normes » indique les conclusions de l’étude rapportés par le journal Maimagana d’Arlit dans sa parution du 01 de juin 2017. Cette même étude a relevé dans certains endroits de la ville «des taux de radioactivité 500 fois supérieurs aux normes en vigueur », selon le journal. Or, en 2007 les résidus radioactifs exposés dans la ville étaient estimés à moins de 10 millions de tonnes alors qu’en 2020 ces résidus sont évalués à plus de 20 millions de tonnes à Arlit selon la Cominak.

Voici la situation socioéconomique et écologique que lègue Orano à la ville d’Arlit après 47 ans d’exploitation de la mine de Cominak. Cette situation, méconnue dans le silence lointain des 1 200 km qui séparent Arlit de la capitale Niamey, pourrait devenir encore plus critique avec la fermeture imminente de la deuxième filiale d’Orano, la Somaïr qui pour l’instant tient Arlit en laisse

Les regards sont à présent tournés vers Imouraren (80 km au sud d’Arlit) où devrait débuter dans les 3 ans à venir l’exploitation du plus grand gisement d’uranium d’Afrique  voire du monde (informations à vérifier). L’exploitation de ce gisement est confiée à Orano actionnaire majoritaire (56,65 %) avec une participation de l’État du Niger à travers la Sopamine (33,35 %), et la Corée du sud à travers Kepco (10 %).

Une enquête de Youssouf Sériba

Début d’exploitation de la mine de Dasa : la fin de 50 ans de monopole français sur l’uranium nigérien

Après de longues années de recherche suivies de négociation, le gisement d’Uranium de Dasa situé à Tchirozerine(region d’Agadez) a été officiellement mis en exploitation le samedi 5 novembre. Le premier tire d’abattage a été effectué lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Ouhoumoudou Mahamadou sur le site de la Mine à 130 km d’Arlit.  C’est au Canadien Global Atomic Corporation que le gouvernement a accordé l’exploitation de cette mine  importante pour la relance économique du pays avec 1 400 tonnes attendues à l’horizon 2025.

La société canadienne a créé pour l’occasion, une branche locale au Niger qui a été baptisée société des mines de Dasa (Somida) dont elle détient 80 %  de parts et 20 % pour l’État du Niger. Un nouveau deal minier qui consacre la fin d’un demi-siècle de monopole exercé par la France sur l’uranium nigérien sans plu value.  

Au cours d’un entretien avec le président Mohamed Bazoum au mois de septembre 2022, le directeur général de Global Atomic Corporation, Stephen Roman, avait déclaré que la mine de Dasa représentait un grand projet pour le Niger sans préciser les retombées financières pour le pays.

Du côté des populations, les attentes sont grandes, dans un contexte marqué par un fort sentiment anti-français, elles espèrent que le groupe canadien fera mieux que le groupe français Orano Mining dont la présence au Niger a été longtemps décriée.

La fin d’un monopole sans plu value…

Le géant de l’atome français Orano Mining a détenu pendant un demi-siècle un quasi-monopole sur l’exploitation de l’uranium nigérien alors que le taux d’électrification du pays stagnait à 15 % selon un récent classement de la commission de l’Union Africaine, un taux parmi les plus faibles du continent. Au plan sociale,  les 50 ans d’exploitation d’uranium par la France au Niger à travers ses deux filiales à savoir la Société minière de l’Aïr (SOMAÏR) et la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK) n’a pas apporté un changement significatif dans la vie des populations, pas même celles des cités minières d’Arlit. Après l’épuisement  annoncé de la mine  de Cominak suivie de la fermeture de celle-ci le 31 mars 2021, plus de 800 ouvriers sont laissés sur carreau sans droits légaux pour la plus grande majorité. Un collectif parmi ses ouvriers a annoncé en aout dernier des poursuites contre la société Cominak afin d’exiger leurs droits légaux de licenciement.

Derrière ses échecs sociaux se cache une catastrophe environnementale générée par tant d’années d’extraction d’uranium à Arlit, il s’agit des bassins d’exhaures et des eaux usées, et plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs. Le réaménagement du site (Rds) engagé peu après la fermeture de la mine, suscite plusieurs inquiétudes du fait du non-respect des normes et standards en vigueur. En janvier 2022, il a couté la vie à 2 personnes lors du démantèlement de l’usine et plusieurs autres blaisées. Presque un an après, l’enquête ouverte n’a donnée aucune suite à ce drame.

Au demeurant, Orano Mining continue d’exploiter la mine de Somair  et reste détenteur de l’exploitation du gisement d’Imouraren le plus fourni en Afrique dont la mise exploitation est porté à sine die. 

Des inquiétudes au cœur de la nouvelle aventure…

Même si l’arrivée des canadiens dans le secteur uranifère nigérien suscite beaucoup d’espoir, elle n’est pas exempt de critique. Selon les acteurs de la société civile spécialisée sur les questions minières il y a des doutes sur la volonté de Global Atomic de proposer au Niger une meilleure exploitation de son uranium. Des griefs relevés contre Somida font croire que cette société va vers une réplique des échecs de la Cominak. 48 heures après le lancement de son exploitation, la Coordination de la Société civile d’Arlit cité minière du Niger a rendu une déclaration dans laquelle elle dénonce des entorses aux procédures à respecter avant l’ouverture d’une exploitation conformément au code minier.

Selon elle « l’étude d’impact environnemental était  sur mesure, sans la participation de la population concernée par le projet. Cette étude ne prévoit aucun fonds pour le réaménagement du site ou pour les générations futures » peut-on lire dans la déclaration.

Aussi, ce projet n’a pas pris en compte de l’indemnisation  des populations vivant sur l’espace confisqué apprend-on.

Anciens cadres des mines d’Arlit pour la plupart, les  auteurs de la déclaration ont aussi dénoncé l’exclusion des jeunes de la région, de l’ignorance et de la marginalisation des communautés et des chefs traditionnels  vivant dans la zone.

Toutes ses raisons et biens d’autres sur lesquelles nous reviendrons laissent croire que la mine de Somida comme celles détenues par les français ne sera pas bénéfiques aux populations.

Youssouf Sériba

Cominak : déni de droits legaux pour 111 employés de Niger Labour

Un (1) an et quatre (4) mois après la fermeture de sa mine, la Cominak peine à solder ses comptes avec ses ex employés. Au nombre de 111, les employés du sous-traitant Niger Labour n’ont à ce jour pas pu entrer en possession de leurs droits reconnus par un protocole d’accords en date du 19 avril 2021. Plusieurs démarches menées auprès de la société Cominak sur ce dossier sont restées vaines et la ministre des mines saisie du dossier est restée dans un mutisme complice. Selon Me Moussa Hassane huissier de justice, commissaire-priseur au total, ce sont 45.570.644 FCFA que le mastodonte d’Akokan doit à ses ex employés de Niger Labour.

Durant les quelques mois qui ont précédé la fermeture de la Cominak le 31 mars 2021, la question du règlement des droits légaux de fin chantier a été une balle de ping-pong entre la filiale d’Orano et Niger Labour. Chacune des parties rejette sur l’autre la responsabilité du payement des droits. Cominak d’une part estime qu’elle a honoré ses engagements vis-à-vis de Niger Labour alors que celle indique « le contrat-cadre qui nous lie à Cominak ne prend pas en charge les droits de fin de chantier » nous indique une source à Niger Labour. Selon la même source « Niger Labour a mené les démarches nécessaires en vue de permettre à ses travailleurs de recouvrer leur dû auprès de Cominak mais elles sont restées sans suite ». Pour en savoir davantage nous avons interrogé Me Ousmane Hassane huissier de justice constitué par le collectif des 111 employés lésés. Selon lui, « Niger Labour a satisfait à toutes les obligations contractuelles, mais rien n’est fait quant au droit de fin de chantier des employés ». La Cominak « reste toujours et encore devoir le montant de 45.570.644 de Franc CFA prévus à titre de mesure d’accompagnement, arrêté de commun accord dans le cadre du processus de la fermeture de la société, et ce, en violation manifeste des dispositions dudit accord librement consenti » nous indique Me Ousmane Hassan.

Récapitulatif des droits légaux par entreprise sous-traitant

On est visiblement face à un abus de droit fait à l’endroit des employés indirects de Cominak en licenciement collectif dans la disette depuis la fermeture de la mine le 31 mars 2021. Dans un courrier resté sans réponse adressé au Directeur Général de la Cominak M. Abdoulaye Mahaman Sani le 24 février dernier, Me Ousmane Hassan indique «l’engagement souscrit par votre société résulte d’une série de rencontres effectuées entre la préfecture d’Arlit, la Mairie et la COMINAK NIGER S.A dans le but ultime de parvenir à un accord… à l’issue de ces rencontres un accord définitif en date du 24 février 2021 portant sur le versement par COMINAK NIGER d’une contribution à hauteur des droits légaux aux salariés sous-traitants à contrat à durée indéterminée a été signé entre les différents acteurs notamment le Préfet d’Arlit, le Maire d’Arlit, le syndicat des sous-traitants, le Syntramin et le Directeur d’exploitation de la COMINAK NIGER » a rappelé derechef le cabinet notarial de Maître Ousmane Hassane dans son courrier.

Une citation à comparaître…

Du reste, les intéressés à savoir les 111 ex employés n’entendent pas baisser les bras, selon un de leur porte-parole « nous comptons traduire Cominak devant la justice s’il le faut pour obtenir nos droits » a confié Alzouma Hamidou Bachirou, délégué du personnel sous-traitant chez Labour.

Suite récapitulatif droits légaux

Dans une récente sortie médiatique, le Directeur Général de Cominak a dressé un bilan à mi-parcours à la perfection du volet social et sociétal du projet de réaménagement du site en cours. « Dans le cadre du volet social du RdS, notre objectif est de soutenir nos salariés et les sous-traitants dans le plan de reconversion à travers les engagements ci-après : conseiller chaque salarié dans une reconversion professionnelle, mettre en place les mesures d’accompagnement adaptées pour chaque salarié, accompagner les salariés et les sous-traitants dans des projets d’entrepreneuriat éligibles et viables » fait savoir le Directeur Général de Cominak. Or, selon Alzouma « Cominak est le seul responsable de la misère actuelle des employés qui ont été en sous-traitance et longtemps servi avec abnégation et sans réserve la compagnie ». Du reste, la situation de ces travailleurs semble ne guère intéresser le ministère des mines encore moins celui de l’emploi et de la protection sociale. « Nous avons adressé à la date du 25 avril 2022, une correspondance au ministère des mines pour les tenir informé de la situation qui prévale, mais à ce jour, nous n’avons pas eu de retour du ministère des mines » a-t-il indiqué avant de faire remarquer « cela fait plus d’un an que dure cette situation » Pourtant, le protocole d’accord sur la contribution de fin de chantier de Cominak au paiement des droits légaux des salariés des sous-traitants, stipule en son article 4 : « Dès que les conditions et modalités fixées aux articles 2 et 3 sont remplies, COMINAK s’engage à verser immédiatement la contribution de fin de chantier ; à cet égard un avenant correspondant à chaque contrat sera proposé par Cominak. Ensuite, chaque sous-traitant doit présenter une facture à Cominak comportant le montant de la contribution de fin de chantier qui est destiné à con personnel ». Niger Labour indique avoir effectué ce travail, mais le dossier est resté lettre morte. Devant la situation, « le gouvernement à travers le ministère de tutelle doit assumer ses responsabilités » clame le délégué du personnel.

Youssouf Sériba

Niger : une nouvelle société uranifère à mine souterraine SOMIDA SA

(Les Échos du Niger 12 août)C’est à travers une convention signée entre le ministère des Mines et le Group Global Atomic Fuels Corporation, basé à Niamey, que la Société des Mines de DASA (SOMIDA S. A) vient d’être officiellement créée. Cette nouvelle société est une filiale du groupe Global et aura pour principale mission d’assurer l’exploitation de la mine d’uranium de Dasa.

Cette signature intervient peu après une rencontre d’échange qui a eu lieu entre le PDG de Global Atomic Stephen Roman et le Président Mohamed Bazoum pour discuter de la situation de cette mine dont les premiers fûts sont attendus au tout début de l’année 2025. Somida S.A se retrouve doté d’un capital de 2 milliards de FCFA. L’actionnariat est détenu à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien. Selon le ministre des Mines, la création de cette société constitue un « nouvel élan porteur d’espoir dans l’exploitation de l’uranium au Niger ». Elle a également confié à la presse que 28 milliards de FCFA avaient déjà été consacrés aux recherches concernant cette mine tandis que 121 milliards de FCFA devront être consacrés aux travaux de construction de la mine à proprement parler.

Elle a également précisé que le taux de rentabilité interne se situait à 22 %. La création de la SOMIDA S.A intervient dans un contexte particulier marqué par la hausse des prix de l’uranium sur le marché international. Le début des activités de cette mine pourrait permettre selon la ministre Hadiza Yacoubou de créer 217 emplois permanents. Aussi l’État nigérien pourrait accueillir dans ces caisses plus de 154 milliards de FCFA chaque année au titre des impôts et autres redevances. À une échelle plus locale, la SOMIDA S.A devra s’occuper de l’entretien de la route Tahoua-Arlit et financer la construction de plusieurs infrastructures collectives.

Mawulolo Ahlijah

Énergie : Enernet Global Inc va construire une centrale électrique hybride pour le compte du projet Dasa.

(Les Échos du Niger 25 juillet)Producteur d’hydrocarbure, le Niger ne compte pas toutefois rester à la traîne dans le processus global de changement climatique. Le pays encourage ainsi la mise en œuvre de programmes axés sur les énergies renouvelables. En témoigne la construction dans un futur proche d’une centrale électrique hybride devant servir à alimenter une mine d’uranium dont les besoins sont estimés à 12 MW d’énergie constante. Le groupe a indiqué il y a quelques jours dans un communiqué qu’il avait commencé à concevoir une installation qui comprend une capacité de production d’énergie solaire de 16 MW, une batterie de stockage d’énergie de 15 MW. Un générateur diesel de secours de 16 MW et des commandes avancées intégrées au réseau électrique de la société publique Sonichar font également partie des différentes conceptions. Grâce à ce système, ce sont au total 35 % des besoins en énergie du projet Dasa qui seront couverts. Les mines de ce projet devraient servir à produire de l’uranium pour la production d’énergie nucléaire. L’équipe d’Enernet basée à Johannesburg procède actuellement à l’optimisation de la solution et à la sélection des équipements, ainsi qu’à la conception préliminaire et à la configuration de la connexion au réseau de Sonichar. Les travaux de construction commenceront une fois ces activités finalisées, fin 2022. « Nous sommes ravis de commencer les travaux d’ingénierie, la production de démarrage étant prévue en 2022 et la centrale hybride devant être livrée en 2023 », a déclaré le directeur du développement d’Enernet pour l’Afrique, Matthew Silvester.

Youssouf Sériba

NIGER: la refonte de la loi minière approuvée par le parlement

Le projet de loi portant loi minière au Niger a été l’une des préoccupations au cœur de la séance plénière, la première session ordinaire de l’an 2022 en cours à l’Assemblée nationale. Les travaux présidés par premier vice-président de l’institution, Kalla Ankouraou a permis d’examiner et adopter ledit projet de loi afin de pallier les lacunes et insuffisances et par ailleurs de mettre le Niger aux normes et standards internationaux.

(Les Échos du Niger 1er juin)Corriger les insuffisances notée dans la mise en œuvre de l’ancien code minier, l’adapter aux standards et dispositions communautaires, prendre en compte les attentes du gouvernement et des populations afin d’impulser une nouvelle dynamique au secteur et lui permettre de capter plus d’opportunités, c’est l’objectif visé par le projet de loi portant révision du code minier au Niger. Il a reçu l’aval du Parlement qui l’a adopté à l’unanimité. Il a été question dans cette nouvelle loi, d’une refonte de l’ordonnance n° 93-16 du 02 mars 1993, portant loi minière afin de centraliser les modifications intervenues dans ce texte de loi tout en y intégrant les innovations et avancées intervenues dans le secteur des mines. Il s’agit notamment de l’ordonnance n° 93-16 du 02 mars 1993 portant loi minière et ses textes modificatifs subséquents notamment, l’ordonnance n° 99-48 du 05 novembre 1999, de la loi n° 2006-26 du 09 août 2006, de la loi n° 2008-30 du 03 juillet 2008, de l’ordonnance n° 2017-03 do 30 juin 2017 et de la loi n° 2018-48 du 12 juillet 2018. En effet, « compte tenu des lacunes et insuffisances constatées dans la mise en application de la loi minière en vigueur, le Ministère en charge des Mines a engagé cette révision depuis 2017. Il convient de noter que les dispositions des articles 204, 205, 206 et 207 ont été réécrites de concert avec le Ministère en charge des finances et ce, conformément aux dispositions du projet de Code Communautaire de l’UEMOA. C’est pourquoi, cette loi votée par les parlementaires a proposé une refonte de certaines dispositions de la loi actuelle et intègre dans le cadre du renforcement de la législation du secteur, les observations du Ministère des Finances et ce, conformément aux dispositions du projet de Code Communautaire de l’UEMOA» a justifié Ousseini Hadizatou Yacouba, ministre des Mines. Cette relecture et actualisation de la loi devrait permettre de résoudre entre autres soucis, la carence de mesures coercitives, les définitions des concepts et le contexte de règlement des conflits qui rendent l’exploitation difficile. La responsabilité sociale et sociétale des sociétés exerçant dans le domaine, gage de l’amélioration des préoccupations sociales, économiques, juridiques et environnementales du Niger est également prises en compte désormais.

Conformément au besoin d’intégration sous régionale et régionale, et au communautaire, il s’agira également de faciliter l’intégration du Niger. C’est pourquoi, « La révision du Code minier du Niger s’est appuyée sur les textes communautaires liés à la Vision Minière Africaine de l’Union Africaine, la loi modèle de la CEDEAO sur l’exploitation minière et le développement des ressources minérales, le Code de la CEDEAO du 29 juin 2019. Il y a également, le projet de règlement portant code minier de l’UEMOA qui a déjà été approuvé au niveau ministériel et il est en parfaite cohérence avec la loi modèle de la CEDEAO ; on note aussi, le PDES 2017-2021 première déclinaison quinquennale de la Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive (SDDCI) Niger 2035 ». Selon la ministre des mines, cette loi sous sa nouvelle forme, permet de stimuler l’orthodoxie et les bonnes pratiques de gouvernance dans les industries minières au Niger. La prospection, la recherche, l’exploitation, la détention, la circulation, le traitement, le transport, la possession, la transformation et la commercialisation de minerais et des haldes, terrils et des résidus d’exploitation de mines et de carrières ainsi que le processus de fermeture et de réhabilitation des mines et carrières ont été retracé et feront l’objet d’un suivi rigoureux désormais. C’est donc une solution importante que vient proposer cette loi quand on sait ce que vivent les anciens employés de certaines sociétés minières notamment après la fermeture comme c’est précisément le cas des agents de Niger Labour en sous-traitance à la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK) fermée et qui contraints à la disette, parce que n’ayant perçu aucun droit à ce jour, ne cesse d’appeler l’Etat au secours.

Youssouf Sériba

Forum Afrique 2022 Mahamed Bazoum étale les atouts en mines et énergie du Niger et tient au retour à l’uranium

Le chef de l’Etat du Niger, Mohamed Bazoum a pris part en invité d’honneur par Visioconférence depuis le Niger au forum Afrique 2022 organisé par le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN). Face aux investisseurs et acteurs économiques mobilisés, le chef de l’Etat répondant aux questions de journaliste a présenté la politique et les atouts dans l’énergie et les mines au Niger, une source d’attraction des investisseurs. Occasion pour lui de marteler son attachement au retour à l’uranium.

(Les Échos du Niger 24 juin )« L’Afrique entre défis et opportunité » ; c’est autour de ce thème que s’est tenue l’édition de l’an 2022 de Forum Afrique à Paris. Il a connu la participation de différents speakers de haut niveau au nombre desquels le chef de l’Etat du Niger, le président Mohamed Bazoum intervenu en direct par visioconférence depuis Niamey. A l’occasion, le Président de la République a présenté les opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs dont les mines, les énergies renouvelables et fossiles au Niger. En plus des richesses minières qui constituent un véritable atout du pays et une source irréfutable de profit pour les investisseurs, il a insisté sur l’intérêt de l’accès à l’énergie et les nombreuses diligences de l’Etat dans ce sens. « Le continent africain, le Niger notamment dispose d’un potentiel de croissance économique très fort. Et si un départ est pris, il y’en a qui sont en retard et un jour ils en sentiront les effets. C’est notre conviction», croit savoir le chef de l’Etat. Parlant du secteur des énergies, il a confié qu’il est l’un des plus profitables au Niger en raison du fort potentiel qu’il concentre et que le gouvernement travaille à révéler. Plusieurs axes de politique de développent cible ce secteur qui se présente comme l’épine dorsale de la promotion des affaires. Des énergies conventionnelles à celles renouvelables, une politique conséquente et soutenue est élaborée et ne peut pas ne pas impacter a rassuré le président. Il en est de même du secteur minier, un autre à fort potentiel. «Nous restons un pays minier, dans tous les sens du terme, très riche » a clamé le chef de l’Etat qui a poursuivi: « L’uranium doit revenir à l’ordre du jour…», fustigeant d’emblée l’alternative placée entre les énergies renouvelables et les énergies fossiles. A l’en croire, « l’uranium a été victime de procès de type plus politique que rationnel. Aujourd’hui ce qui se passe en Europe commande qu’on ait une autre approche de l’usage qu’on fait de l’énergie fait à partir de l’uranium (…). Nous avons aussi du Charbon. Ce qui se passe en Ukraine remet à l’ordre du jour toutes ces questions ». Selon Mohamed Bazoum, le conflit russo-ukrainien et ses corolaires donnent même l’opportunité de mieux repenser les choses et d’explorer avec plus d’optimisme cette piste. Il a ainsi relancé le débat pour un retour possible voire certain à l’exploitation des matières aux énergies fossiles si des partenaires techniques et financiers et investisseurs en manifestent l’intérêt. Tout compte fait, le Niger reste attaché à cette vision et s’y investira dès que possible. «Ce sera des énergies que nous pourrons produire un autre jour lorsque nous disposerons de nos propres capitaux à investir dans ce domaine » a promis Mohamed Bazoum qui ne démord pas: «l’uranium doit revenir à l’ordre du jour dans la production de l’énergie dans le monde » a-t-il conclu.

Oslo Chester WANOU

Niger : l’uranium de Dasa intéresse un acheteur nord-américain

(Agence Ecofin) – Le Niger est le premier producteur africain d’uranium. Alors que certaines mines ferment en raison de l’épuisement des réserves, le pays ouest-africain peut s’appuyer sur de nouveaux projets, à un moment où la demande mondiale progresse avec le regain d’intérêt pour le nucléaire.

La compagnie minière Global Atomic active sur le projet d’uranium Dasa au Niger, a reçu une lettre d’intention pour l’achat de 2,1 millions de livres d’uranium sur six ans, dès 2025. L’acheteur, dont l’identité n’a pas été divulguée, est présenté comme une importante société nord-américaine de service public.

Le contrat d’achat/vente doit désormais être finalisé par les parties, mais les premiers détails publiés le mercredi 15 juin par la compagnie canadienne font état d’un mécanisme de fixation du prix en deux volets, dont l’un tient compte de l’évolution du prix de l’uranium à long terme. Global Atomic peut ainsi vendre sa production à un prix économiquement viable pour la mine, tout en se préparant à profiter d’une possible hausse des cours mondiaux grâce à la progression de la demande.

« Il s’agit d’une étape importante pour Global Atomic et l’exploitation de Dasa. Nous sommes conscients que les contrats pour les nouveaux projets d’uranium ne sont pas attribués tous les jours, et celui-ci est l’un des premiers dans ce cycle de marché », se félicite donc Stephen G. Roman, PDG de la compagnie.

Pour rappel, les premiers travaux de construction de la mine d’uranium de Dasa ont débuté cette année, alors que la compagnie poursuit en parallèle la mobilisation du financement nécessaire. S’il est signé, ce nouvel accord de vente apporte davantage de garanties et de confiance à Global Atomic.

D’après une étude de faisabilité publiée en décembre 2021, le capital initial nécessaire pour construire la mine est estimé à 207,6 millions de dollars récupérables au bout de trois ans après le début de la production. La première phase d’exploitation de la mine devrait débuter en mai 2023 pour une durée de vie de 12 ans et une production annuelle moyenne de 4,8 millions de livres d’uranium sur les sept premières années.

Agence Ecofin