Migration : une mission de la CEDEAO au Niger à propos des migrants bloqués dans le pays

(Echos du Niger 26 sept)Ce 25 septembre, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé l’envoi d’une mission de haut niveau au Niger. Cette mission a pour but d’évaluer la situation des ressortissants ouest-africains bloqués dans le pays, alors qu’ils étaient en route pour l’Europe.  Du 25 au 30 septembre 2022, une mission de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dirigé par le Professeur Fatou Sow Sarr, Commissaire en charge du développement humain et des affaires sociales de la Commission de la CEDEAO, se rendra à Niamey en République du Niger pour examiner avec les autorités nigériennes et le Bureau international pour les migrations (OIM), la situation des citoyens de la région bloqués dans le pays pendant la migration de transit vers l’Afrique du Nord et l’Europe, a indiqué le communiqué de la Commission de la CEDEAO. Toujours selon le communiqué, cette mission sera composée des ministres des Affaires étrangères des États membres les plus touchés ou de leurs représentants. Ces pays sont la Guinée, le Nigeria, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Libéria, la Gambie, la Sierra Leone, le Bénin. Après la phase d’évaluation, les discussions devront tourner autour des stratégies durables et efficaces pour relever les défis auxquels sont confrontés les ressortissants de la région ouest-africaine en matière de migration de transit. La question du rapatriement volontaire et la réinstallation des migrants en transit échoués au Niger seront également l’un des objectifs de cette mission. De par sa situation géographique, le Niger est un pays de transit pour les migrants des pays africains voulant se rendre en Europe en passant par des pays du Maghreb comme la Libye et l’Algérie. Depuis le début de l’année 2022, ce sont plusieurs milliers de migrants qui ont été refoulés vers le Niger par l’Algérie.

Youssouf Sériba

Médias en Afrique de l’Ouest et du centrale : Une Conférence Régionale sur le traitement des faits de migration

Niamey a abrité hier mardi 06 septembre 2022, une Conférence Régionale sur les médias et la migration. Des participants venus du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, du Ghana, du Mali, de la Guinée Conakry, du Sénégal, du Nigéria et du Niger y prennent part autour du thème : « Médias et Voix de la Migration en Afrique de l’Ouest et du Centre. Les travaux ont été lancés par Mahamadou Lawali Dandano, Ministre de la Communication, chargé des relations avec les institutions, représentant le Premier Ministre en présence de plusieurs officiels et membres du corps diplomatique. Durant cette conférence, les parties prenantes de la migration entendent réfléchir et à la promotion dans les médias en Afrique de l’Ouest et du Centre des contenus difformes sur la migration dans une approche qui améliorer les conceptions à propos. Ainsi, il s’agira de veiller à rendre disponible l’information sur la migration en fustigeant l’option de la clandestinité et en promouvant les droits des migrants pour leur respect. Quatre différents sujets meubleront ces rencontres qui durent trois jours : Les enjeux et défis de la diversité des voix de la migration dans les médias ; les médias et la représentation de la migration et des personnes migrantes ; la production de contenus éditoriaux sur la migration et les facteurs d’influence et l’importance de l’accès à l’information complète et de qualité sur la migration. Une déclaration dite « Déclaration de Niamey » sur les médias est attendue avec pour objectif, information complète et crédible ; l’adoption d’un plan d’action et de recommandations visant à favoriser l’engagement des médias pour la diversification des narratifs sur la migration en Afrique de l’Ouest et du Centre ; ainsi que le partage d’expériences de bonnes pratiques en matière de traitement de l’information sur la migration à l’attention des jeunes et des femmes. En ouverture à l’atelier, « la migration est un défi majeur auquel le Niger est confronté sous diverses formes, car le Niger constitue un véritable carrefour d’échanges et de rencontres des peuples entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Sub-saharienne, et en raison de cette position géographique, il est devenu le théâtre d’intenses mouvements de personnes et de leurs biens » a expliqué Mahamadou Lawaly Dandano, Ministre de la Communication, représentant le premier ministre. A l’en croire, « c’est une occasion supplémentaire de replacer la question migratoire au cœur des préoccupations de la communauté internationale » en favoriser des partages mutuels s’expériences pour aboutir à un document conjoint qui définira des stratégies et actions à mener. Pour se faire, l’engagement du Niger à jouer toute sa partition pour l’atteinte des objectifs est total selon le ministre qui a déclaré :« Je puis vous assurer de l’engagement du gouvernement du Niger à mener le plaidoyer nécessaire auprès de plus hautes autorités des huit (8) pays concernés par le projet pour que la Déclaration de Niamey, le plan d’actions et les différentes recommandations issus de la conférence régionale soient pris en compte et traduits en actes ». Le ministre a reconnu et salué le rôle joué par les PTFs dans la tenue de cette rencontre notamment l’Italie et l’Unesco dont le Sous-Secrétaire Général pour la Communication et l’Information, Dr Tawfik Jelassi présent, est revenu sur quelques initiatives, notamment le projet « Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la migration » où l’UNESCO a outillé 800 professionnels des médias sur l’identification et le traitement de sujets liés à la migration. Selon ce dernier, les médias dans leur représentations et narratifs sur la migration, peuvent légitimer ou non et susciter une prise de conscience sur la migration, les stéréotypes, attitudes et réaction du public à ce sujet. Car, une étude de l’UNESCO sur le traitement de l’information sur la migration dans les médias en Afrique de l’Ouest et du Centre souligne un quasi-plagiat de narratifs focalisés sur la migration irrégulière. Dans les actions, les acteurs et parties prenantes ne sont non plus pris en compte. La diplomate italienne au Niger, Emilia Gatto qui a pris part aux travaux a elle, salué l’initiative et l’intérêt des participants.

Oslo Chester WANOU

Migration : Le Niger conclut un nouvel accord avec l’Union Européenne

(Les Échos du Niger 19 juillet)Le 15 juillet dernier, le Niger et l’Union européenne ont procédé à la signature d’un partenariat opérationnel pour combattre le trafic des migrants. Cet accord qui marque une nouvelle étape dans la coopération entre les deux parties en ce qui concerne la traite des humains devrait permettre au Niger d’accroître l’impact de l’équipe d’enquête conjointe. Cette équipe a été mise en place dans le cadre de la mission civile européenne au Sahel (EUCAP-Sahel).

Pour le ministre de l’Intérieur, Hamadou Adamou Souley, cette nouvelle convention va renforcer la sécurité aux frontières du pays tout en permettant de mieux protéger les migrants. « Tout ce que ces migrants demandent, c’est de vivre dignement, d’être traité comme des êtres humains. C’est ce que le Niger essaie de leur offrir comme opportunité. C’est pour cela que nous ouvrons nos frontières à ces migrants et nous essayons de les accompagner. » A-t-il déclaré à ce propos.

Toujours pour le ministre, l’urgence est de concrétiser les nouveaux projets abordés par la commissaire européenne aux Affaires intérieures lors de sa visite à Agadez. Il s’agit principalement de projets de développement économique qui faciliteront la reconversion des personnes dont les sources de revenus étaient liées au trafic des migrants.

À cause de sa situation géographique, le Niger est le point de passage obligatoire pour un grand nombre de migrants en route vers l’Europe. Selon un récent rapport de Global Initiative, une nouvelle route des migrants passant par Tahoua s’est développée face au déclin de la route d’Agadez. Face à ces nouveaux défis, les autorités nigériennes et leurs partenaires doivent apporter une réponse rapide.

La signature de cet accord intervient 24 heures après la conclusion d’un autre accord sur la migration entre le gouvernement du Niger Représenté par le ministre des Affaires Étrangères Hassoumi Massaoudou et le Centre International pour le Développement des Politiques Migratoires (ICMPD). Cet accord vise la bonne gouvernance et la maîtrise des flux migratoires au Niger.

Youssouf Sériba