Medias au Niger : une transition numérique difficile

(Les Échos du Niger 17 sept)La transition numérique de la presse constitue une dynamique irréversible. Le Niger n’est pas resté en marge de cette révolution digitale des médias avec la création de plusieurs sites d’informations, des web télévisions et des web radios mais également la diffusion des contenus des radios et télévisions traditionnelles sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle dynamique que beaucoup d’experts en matière de médias voient comme une nouvelle ère pour la presse au Niger à l’instar des autres pays du monde se trouve quelques peu annihilé par des contingences économiques structurelles. En effet, si les médias en ligne ont réussi leur installation avec des audiences importantes, ils n’en sont pas moins confrontés aux des difficultés notamment sur le plan financier qui plombent la presse classique. Ce qui pose un sérieux problème d’existence à plusieurs médias en ligne car ne pouvant monétiser leurs contenus dans l’immédiat dans une société où le taux de pénétration internet ne dépasse guère 20%. Outre le problème financier, les médias en ligne font également face à un problème de crédibilité avec une pléthore de Fake news publiés à travers les réseaux sociaux mais aussi dû au fait qu’il n’existe à ce jours de loi qui régi la presse en ligne au Niger. Tout le monde et n’importe qui peut créer des sites d’informations et des pages d’actualités sur les réseaux, ce qui n’inspire que peu de confiance au public désireux d’informations fiables et de bonne qualité. Ainsi, il convient aux promoteurs, à l’état et aux partenaires au développement de mener des réflexions sur la question afin de mettre en place des mécanismes de contrôle et de soutien aux médias en ligne afin d’impulser positivement leur essor.

Abdoul Kader IDY OUNAN

Médias : renforcement des capacités des journalistes sur la couverture des questions migratoires

(Les Échos du Niger 5 juillet)Du lundi 27 au mercredi 29 juin s’est tenu un atelier de formation à l’endroit d’une trentaine de journalistes des médias mainstreams sur le thème « la couverture médiatique sur les questions de la migration ». Organisé par l’Association « Carta du Roma » (CDR) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) en collaboration avec « la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) et la Maison de Presse du Niger cet atelier de formation avait pour but d’outiller les hommes et femmes de médias sur la couverture médiatique des questions migratoires dans différents angles de vue.

De façon détaillée, les participants ont été outillés sur l’histoire de la migration, les défis de la narration de la migration, le rôle du journalisme social, la recherche des sujets pour la narration de la migration, le journalisme digital/numérique. Aussi, les journalistes ont été entretenues sur la migration, en lien avec des thématiques telles que l’environnement, la communication sur le changement climatique et l’insécurité ainsi que leur impact sur les communautés.

La rencontre qui a duré 48 H a été aussi marqué par des sessions sur les terminologies des migrations, le contexte migratoire au Niger et les enjeux, la migration et sa représentation médiatique ou le rôle des codes déontologiques et du langage pour une narration objective et factuelle, journalisme et Smartphone, le poids des images et l’approche de storytelling, l’impact de la narration médiatique sur la perception des migrants. Le rôle des médias en Afrique de l’Ouest, cas pratique au Sénégal.

Moustapha Mamane Saley (Stagiaire)

Média et sécurité : L’Association Yali RLC Niger, Tandem du renouveau outille les journalistes et aspirants au métier sur leur rôle

L’Association Yali RLC Niger, Tandem du renouveau en collaboration avec l’Institut de formation aux technologies de l’information et de la communication (IFTIC) a organisé hier vendredi 17 juin 2022, une conférence publique au profit des journalistes et aspirants à la profession sur leur implication dans la promotion et de la consolidation de la paix. La séance a réuni plusieurs professionnels et les étudiants de l’IFTIC dans les locaux dudit institut.

(Les Échos du Niger 18 juin)Les médias constituent des acteurs sociaux qui influencent de diverses manières, le comportement social des peuples. Pouvoir les amener donc à prendre conscience du rôle et mission qui sont les leurs dans la promotion de la paix et de la sécurité au Niger, l’Association Yali RLC Niger, Tandem du renouveau s’y est intéressée. « Rôle et responsabilité du journaliste dans la consolidation de la paix et de la sécurité », c’est autour de ce thème qu’elle les a réunis avec de jeunes aspirants de l’Institut de formation aux technologies de l’information et de la communication (IFTIC). La conférence conduite par Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou, président du Réseau des journalistes pour la sécurité et la prévention des conflits (RJ-SPC) a été l’occasion pour l’assistance de professionnels et d’étudiants de mieux appréhender leur rôle et responsabilité pour une presse professionnelle au service de la cohésion sociale et de la sécurité. Heureux du choix porté du l’IFTIC pour abriter ces échanges, le Directeur général de l’Institut, Amadou Sahadou Illiassou a remercié l’Association Yali RLC Niger pour avoir choisi IFTIC comme partenaire mais surtout pour le thème. « Je sais que l’enseignement dispensé dans ce cadre de la formation ne suffit pas pour apprendre à l’étudiant surtout il s’agit du journalisme, il faut avoir un niveau de culture générale le plus large possible. Donc nous avons fait le choix de compléter cette formation pratique avec des conférences ». C’est donc un appui important cette initiative de l’association Yali. Dans sa présentation en effet, le conférencier, Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou a insisté sur les qualités nécessaires à l’exercice du métier de journalisme.

Le journalisme est un métier et en tant que tel, il a ses règles et principes a-t-il confié en insistant sur le code de déontologie, bréviaire de tout bon professionnel. Quant aux qualités, il a levé l’équivoque sur ces corps de métier qui émergent et tendent à semer la confusion ; à savoir : bloggeurs, influenceurs, les animateurs alerteurs et autres. « Le journalisme, ce n’est pas du populisme, ce n’est pas du sensationnel, ce n’est pas les ragots. Le journalisme, ce n’est pas parcourir monts et vallées avec microphone et le tendre à n’importe qui » a-t-il défendu. A l’en croire, « le journaliste c’est quelqu’un qui produit mais quelque chose de consommable (…) Dans un contexte de nécessité de paix et de sécurité, le journaliste est la voix des sans voix. En cas d’insécurité, en cas de conflit, de situation d’urgence, le journaliste a un rôle très capital, une lourde responsabilité. Ce rôle doit faire de lui un messager de la paix. Dans une situation de conflit, il ne doit pas prendre parti. Il doit à cet effet produire des contenus qui sensibilisent à la paix et à la tolérance» a soutenu le conférencier. Au demeurant, c’est le journalisme est un métier noble qui confère de nombreux avantages et privilèges a témoigné Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou. Les participants dans une ambiance conviviale ont ensuite poussé leur curiosité sur plusieurs préoccupations et autres doutes qui ont été dissipés avec l’apport du conférencier. Satisfait, « c’était l’occasion pour nous de relever un peu plus la culture de nos étudiants. Je ne savais pas qu’on irait au-delà !» s’est réjoui Amadou Sahadou Illiassou, Directeur de l’IFTIC avant de témoigner: « Nous avons assisté aujourd’hui à une formation complète de journalisme à partir de ce que nous avons appris ici aujourd’hui ».

Notons qu’après la conférence les étudiants on eu droits à une présentation du programme Yali RLC et les opportunités qu’il offre

Oslo Chester WANOU

Message du Président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse A l’occasion du 3 Mai 2022(Journée Internationale de la Liberté de Presse)

Le président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse M. Ibrahim Harouna a rendu publique une déclaration ce mardi 3 mai à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse. Les acquis de la liberté de la presse au Niger ; la récente modification de la loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger; le rang du Niger (59e sur 180 pays) dans le classement Rsf sur la liberté de la presse dans le monde ; la convention collective des médias, le fonds d’aide à la presse constituent les principales articulations de la déclaration du patron de la faîtière des médias nigériens.

  • Mesdames et Messieurs, les membres des organisations socioprofessionnelles des médias ;
  • Chères consœurs ;
  • Chers confrères ;
  • Mesdames et messieurs
    Ce jour lundi 3 Mai 2022, le Niger, à l’instar de la communauté internationale, célèbre la Journée mondiale de la Liberté de Presse, proclamée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
    Placée sous le thème : « Le journalisme sous l’emprise du numérique », l’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse aborde cette année la question de l’impact de l’ère numérique sur la liberté d’expression, la sécurité des journalistes, l’accès à l’information et la vie privée.
  • Mesdames et messieurs
    Permettez-moi de rappeler que la Journée mondiale de la Liberté de Presse sert d’abord à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la Liberté de Presse. Elle est également une Journée de réflexion pour les professionnels des médias afin de débattre des questions relatives à la Liberté de Presse ainsi que de l’Ethique professionnelle.
    Tout aussi importante, la Journée mondiale de la Liberté de Presse se veut une journée de soutien aux médias et de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d’une histoire.
  • Mesdames et messieurs
    Tous les ans, la Journée mondiale de la Liberté de Presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la Liberté de Presse, d’évaluer l’état de la Liberté de Presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de la profession. Ce fut également une réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, proclamaient la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.
    Notre Journée permet aussi d’informer les citoyens sur les atteintes multiples et multiformes portées à la Liberté de la Presse. En effet, ils sont nombreux, les pays dans lesquels des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement interdites du droit de paraître. Au même moment, des nombreux journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués sur leurs lieux de travail, en ville ou dans propres maisons, d’autres détenus et les moins chanceux sont tués.
    Au regard de toutes ces atteintes dont font l’objet les professionnels des médias à travers le monde, la Journée mondiale de la Liberté de Presse nous donne ainsi l’occasion de les encourager davantage dans l’exercice de la profession et de les inciter à développer des initiatives en faveur de la Liberté de Presse.
  • Mesdames et messieurs
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse intervient dans un contexte sécuritaire très difficile pour notre sous-région et pour notre pays en particulier. Cette situation a servi de prétexte dans certains pays pour une remise en cause de l’ordre constitutionnel normal.
    C’est le lieu de féliciter et encourager les médias nigériens, qu’ils soient de l’audiovisuel, de la presse écrite ou électronique, pour leur pleine implication dans la couverture des évènements liés aux questions sécuritaires avec responsabilité et professionnalisme.
    Grace à votre engagement et au professionnalisme dont vous avez fait montre, le Niger est en train d’enregistrer d’importants progrès dans la lutte contre le terrorisme.
  • Chères consœurs
  • Chers confrères
    A travers le thème de la présente édition, la Journée mondiale de la Liberté de Presse témoigne ici de l’impérieuse nécessité de défendre l’information comme étant un bien public. Au-delà, il s’agit d’explorer aussi ce qui peut être fait dans la production, la distribution et la réception de contenus médiatiques pour renforcer le journalisme et faire progresser la transparence et l’autonomisation en ne laissant personne de côté.
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse mettra également en évidence trois (3) impératifs pour cet écosystème. Il s’agit :
    • Des mesures pour assurer la viabilité économique des médias d’information ;
    • Des mécanismes pour assurer la transparence des sociétés Internet ;
    • Le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information ; ce qui permettra au public de reconnaître et de valoriser le journalisme en tant qu’élément essentiel de l’information, elle-même considérée comme un bien public.
  • Mesdames et messieurs
    Dans le classement 2021 de Reporters Sans Frontière (RSF), le Niger a perdu 2 points, passant de la 57ème place dans le classement 2020 à la 59ème place en 2021, sur un total de 180 pays étudiés. Un recul qui nous interpelle tous (pouvoirs publics, organisations socioprofessionnelles de médias et les journalistes eux-mêmes) à plus d’engagement dans la défense et la promotion de la liberté de presse et d’expression au Niger.
    En dépit de ce rang, Reporters Sans Frontière se félicite tout de même qu’« aucun journaliste, aucun journaliste citoyen et aucun collaborateur n’ait été tué au Niger », contrairement à ce qui se passe sous d’autres cieux.
    Pour RSF, cela constitue une avancée importante pour le Niger en matière de protection de journaliste dans l’exercice de sa profession. C’est le lieu pour la Maison de la presse de se féliciter encore de l’adoption par le Gouvernement en Conseil des ministres du 27 avril 2022, du projet de Loi modifiant et complétant la Loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger pour mettre en harmonie les dispositions de cette Loi avec celles de l’ordonnance 2010-035 du 4 Juin 2010 portant régime de la liberté de presse par la suppression de la peine d’emprisonnement encourue en cas de délits commis par un moyen de communication électronique, notamment l’injure ou la diffamation.
    En attendant l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de Loi sus indiqué, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la presse tient à féliciter vivement le Président de la République et le Gouvernement pour cette décision juste, démontrant leur engagement en faveur de la liberté de la presse et d’expression.
  • Mesdames et messieurs
    En lien toujours avec ce rang qu’occupe le Niger, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse s’inquiète des oscillations de notre pays dans les différents classements RSF, ce qui dénote d’une certaine fragilité en matière de liberté de presse.
    Les multiples actions menées par la Maison de la presse dans le cadre des formations destinées aux journalistes et des actions de sensibilisation en continue doivent être soutenues par les plus hautes autorités du pays avec un engagement clair en faveur de la liberté de presse et d’expression.
    L’occasion pour nous de réitérer une fois de plus, nos remerciements aux partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de notre plan d’actions, axé principalement sur la promotion de la liberté de presse et la sauvegarde des acquis en la matière.
    Mesdames et Messieurs,
    La situation économique très difficile que vivent les médias nigériens par manque d’avancée sur la question d’accès à la publicité de l’Etat et de ses démembrements doit faire l’objet d’une préoccupation accrue de la part des autorités nigériennes, surtout avec la signature intervenue le 29 novembre 2022, de la Convention collective.
    C’est le lieu de féliciter toutes les parties prenantes à cette convention et d’appeler une fois de plus, ceux qui ne l’ont pas signé, à rejoindre le processus pour permettre la mise en place de véritables entreprises de presse au Niger.
    A ce niveau, le Bureau Conseil d’Administration de la Maison de la Presse réitère son appel pressant au gouvernement :
  • De rehausser significativement l’enveloppe destinée au fonds d’aide à la presse.
  • D’adopter des tarifs préférentiels sur l’électricité, le téléphone, l’internet, le carburant au profit des médias
    Au Conseil supérieur de la communication (CSC) :
  • De revenir sur la formule d’octroi direct du fonds d’aide à la presse par la révision de la loi n°2018-31 du 16 mai 2018 portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Communication, notamment en son article 10,
  • D’accélérer le processus de mise en œuvre du décret portant accès au marché publicitaire de l’Etat et de ses démembrements
  • De prospecter d’autres sources de financement du fonds d’aide à la presse
    Enfin, le Bureau du Conseil d’administration de la Maison de la presse tient à remercier l’ensemble des acteurs qui ont rendu un grand service à la liberté de la presse dans notre pays. Parmi eux, certains nous ont déjà quittés. Que leurs âmes reposent en paix. Amine
    Vive le Niger
    Vive la liberté de la presse
    Vive les médias nigériens