Insécurité à Maradi, « Il y a du feu sous le toit, il ne faut pas le cacher. »

Alors que l’armée se bat contre le terrorisme sur le front de l’Est dans la région de Diffa et celui de l’Ouest à Tillabéry (située à une cinquantaine de kilomètres des portes de la capitale Niamey), la région de Maradi (centre-sud) poumon économique du Niger est devenue le théâtre d’une forme d’insécurité hybride qui endeuille dans un silence public. Des groupes armés constitués dans les départements de Guidan-Roumdji, et Madarounfa troublent la quiétude des paisibles populations sur fond de rapts, vol de bétail et de tueries tous azimuts. Cette situation a causé 20.000 déplacés internes entre 2017 et 2020 selon une étude d’International Crisis Group sur cette partie du pays présentée comme « un foyer insurrectionnel ». Depuis deux ans, la situation dans ces localités de Maradi a empiré.

« Il y a du feu sous le toit, il ne faut pas le cacher », c’est la métaphore qu’a eue M. Soumana Karimou, Secrétaire Général du Gouvernorat de Maradi pour illustrer la situation le 13 septembre dernier au lendemain de l’assassinat du nommé Ali Chaibou, chef du village de Dogon Marke situé dans la commune rurale de Gabi. Dans la nuit du dimanche au lundi 12 septembre, ce chef de village a été froidement assassiné par des hommes armés selon les informations rapportées par la Mairie de Gabi. On apprend également que cette même nuit, 8 autres personnes ont été kidnappées dans ledit village. Cette attaque est la nième du genre perpétrée dans cette zone depuis le début de l’année 2022.

Cartographie de la situation (Crisis Group)

Plus récemment, dans la nuit du dimanche au lundi 31 octobre, trois (3) policiers ont trouvé la mort dans une attaque dirigée contre un poste de police de Dabira une localité située dans la commune de Madarounfa. En deux mois (entre septembre et octobre), la région de Maradi a enregistré une dizaine d’attaques ayant occasionné 8 morts et 26 personnes enlevées parmi lesquelles 19 femmes et enfants au niveau de 5 villages situés dans les départements de de Guidan-Roumdji et Madarounfa. Si l’on y prend garde cette situation peut connaître un engrenage dans toute la région met en garde Crisis Group une organisation de Monitoring des conflits dans le monde. Dans son rapport publié en avril 2021, intitulé « Sud-ouest du Niger : prévenir un nouveau front insurrectionnel » Crisis Group appelait à prendre les mesures afin de ne pas abandonner les localités touchées aux mains des extrémistes. Et si des efforts ont été faits, ils n’auraient pas permis de ramener la quiétude dans cette portion du territoire national. « J’ai instruit les autorités de renforcer l’effectif militaire qui est déjà en place pour fermer la frontière » a déclaré le président de la République Bazoum Mohamed à Gabi en août 2021 lors d’une visite de trois jours menée dans les départements de Guidan-Roumji et Madarounfa, une visite pour trouver des solutions à l’insécurité surplace avec le commandement militaire.

Si au tout début ces attaques sont du fait de bandits armés basés du côté nigérian de la frontière désormais, ce sont des jeunes des localités concernées qui troublent le sommeil des paisibles citoyens dans les villages des départements de Madarounfa et Guidan-Roumji. Dans sa conclusion, le rapport de Crisis Goup indique : « À la frontière entre le Niger et le Nigéria, le grand banditisme s’intensifie et se transforme de manière inquiétante, laissant présager l’apparition de situations insurrectionnelles dont pourraient profiter des groupes djihadistes en quête de nouveaux territoires ». En cause, « le sentiment d’injustice dont souffrent les éleveurs » soulignait le rapport. Le vol de bétail devenu monnaie courante dans cette zone fait de plus en plus de victimes parmi les éleveurs qui ont parfois recours aux armes à feu pour se défendre.

D’où viennent ces armes… ?

Selon Crisis group « la crise libyenne a favorisé une économie de guerre basée sur des trafics et flux illégaux (carburant de contrebande, drogue) provenant du Nigéria ». Dans le sens inverse, « un flux d’armes de guerre issues des stocks de l’ère Kadhafi alimente, depuis la Libye, les groupes criminels nigériens et nigérians ». Ce banditisme selon le rapport d’étude, s’est transformé et a donné naissance à de nouvelles formes de violence, notamment sous l’influence d’une crise du pastoralisme qui frappe durement les pasteurs dans la bande sud de la région de Maradi. La situation mérite une prise en charge rapide et des efforts conjugués nous fait savoir le SG du Gouvernorat de Maradi Soumana Karimou « Nous sommes tous exposés et nous pouvons être tués un jour et donc, nous avons pensé à la sensibilisation. C’est la seule arme qui permet de solutionner ce problème », a-t-il déclaré à notre micro. Selon lui, il y a lieu de discuter avec les populations et surtout « de sensibiliser la masse » afin que chacun soit acteur de sa propre sécurité. C’est ainsi qu’il en appelle à l’implication de presse « nous avons besoin de vous pour attirer l’attention des gens afin que quelque part, nous n’ayons pas à nous comporter nous-même de sorte à constituer un danger » exhorte Soumana Karimou.

Pour Nassirou Ibrahim chef du village de Tsosamia situé dans le département de Guidan-Roumji, on ne peut résoudre ce problème sans la création d’opportunités d’emploi pour le jeunes. « c’est le manque d’occupation qui pousse nos jeunes à s’adonner à ce grand banditisme. Certains quittent le village pour la recherche d’un meilleur avenir dans d’autres pays de l’Afrique mais à leur retour il sombrent dans ma délinquance faute d’emploi ni de commerce » à déclaré le chef de village à notre micro. A l’image de la région de Diffa où l’Etat avec l’appui de ses partenaires met en œuvre des politiques de formation aux métiers, cette partie de la région de Maradi appel à une opération de ce genre pour renforcer les solutions militaires insuffisantes en cours dans la région et éviter la métastase.

Youssouf Sériba

Cominak, 47 ans après l’Uranium : enquête à l’orée d’un drame social et environnemental au Niger

Le mercredi 23 octobre 2019 est une journée inoubliable pour les mille trois cent neuf (1 309) travailleurs de la Compagnie Minière d’Akouta (Cominak). Cela, non pas à cause du dur labeur qui les attend à 250 mètres dans les profondeurs de la mine ou à l’usine, mais du fait de la nouvelle de ce jour qui marque un tournant important dans la vie socioéconomique du département d’Arlit. En effet, ce jour-là, à l’issue d’une réunion, le Conseil d’administration (CA) de la Cominak, à l’unanimité de ses membres, a voté la fermeture de la mine pour le 31 mars 2021 après 47 ans d’extraction de l’uranium dans le sous-sol riche de la commune d’Akokan.

Ce fut un choc aussi bien pour les travailleurs de la Cominak que pour la population d’Arlit, particulièrement celle d’Akokan. Cette fermeture, douteuse en elle-même, à cause des raisons avancées par le Conseil d’administration : épuisement de la mine, et chute des cours de l’uranium, sonne le glas des drames socioéconomique et environnemental qui ont cours à Arlit et à Akokan. Elle révèle des pratiques « malsaines » opérées plusieurs décennies durant en violation de la législation du travail en vigueur : fausses déclarations d’agents sous-traitants à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) avec la complicité d’agents de la caisse, détournements de cotisations de certains agents déclarés à la Cnss; et plusieurs centaines de millions de francs CFA sous forme d’évasion parafiscale. Comme si cela ne suffisait pas, les sous-traitants, refusent ou usent de stratagèmes pour ne pas verser les droits légaux de fin de contrat à leurs travailleurs.

Liste ouvriers de Tamgak (une des 7 entreprises ayant payé les droits légaux)

Au plan environnemental, on note une pollution des nappes, un problème d’eau dans la ville d’Arlit et à Akokan, plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs exposés à l’air libre, et 2 004 837 m3 d’eau d’exhaure (en 2019), le tout chapeauté par un projet de réaménagement du site (Rds) flouté.  Enquête sur la fermeture  d’une mine aux conséquences socioéconomiques et environnementales chaotiques

L’abandon d’un gisement…

Épuisement des réserves et chute des cours du marché de l’uranium sont les principales raisons avancées par le conseil d’administration de la Cominak pour décider de la fermeture de la mine d’Akouta, effective, le 31 mars dernier. Pourtant, aucun résultat d’étude n’a été fourni par la société démontrant l’épuisement du minerai. Plusieurs travailleurs, des géologues, démentent cette raison avancée.

Pour Almoustapha Allacen, radiologue, ancien employé de la Somaïr et coordinateur de la société civile d’Arlit « il y’a encore des réserves à la mine, peut-être pas à une teneur de 10 à 17 mg/1000 mais on peut toujours trouver 1 à 5 mg/1000 ». Selon lui, Orano, l’actionnaire majoritaire de la Cominak (59 % de parts), extrait le minerai ailleurs dans le monde à une teneur de 0,5 mg/1000. Conclusion, selon Almoustapha, Orano a un agenda caché.

Si l’épuisement de la mine de la Cominak n’a pas été prouvé par la compagnie minière, la chute du prix du « gâteau jaune » sur le marché est une évidence. De 300 $ (environ 170 000 FCFA) en 2007, selon le bulletin d’information de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (Aiea) de juin 2018, le kilogramme de l’uranium a chuté jusqu’à 18 $ en 2016 pour se stabiliser entre 40 et 50 $ depuis 2018 (22 500-28 000 FCFA). Toutefois, la baisse du prix de l’uranium est-elle suffisante pour justifier cette fermeture? Difficile de le dire. De 2016 à 2019, la production moyenne d’uranium enfûté était de 1 270 697 kg par an selon les chiffres officiels mentionnés dans le rapport (2019) environnemental de la Cominak.

Selon des informations recueillies auprès d’une source à l’usine de la Cominak, jusqu’à la fermeture de celle-ci, en moyenne 8 lots de 48 fûts d’uranium sont produits chaque mois par la Cominak, chaque fût contenant 450 kg d’uranium soit 8 294 400 kg d’uranium enfûté par an.

Si la baisse du prix de l’uranium devait être une raison pour mettre fin à l’exploitation, pourquoi la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), la 2e mine d’Arlit détenue aussi par le géant Orano à 64 % n’a-t-elle pas mis la clé sous la porte ? C’est pourtant les mêmes marchés, les mêmes conditions d’exploitation, la même main-d’œuvre. Mieux, la Somaïr « extrait l’uranium à une teneur inférieure à celle de la mine de Cominak », selon Mounkeila Abassa, employé de la Somaïr et secrétaire général du Syndicat National des Travailleurs des Mines du Niger. L’un dans l’autre, la fermeture de la Cominak telle qu’elle a été annoncée et de la manière dont elle se déroule constitue un véritable drame socioéconomique pour des milliers de personnes intervenant dans le secteur des mines, la seule activité économique qui fait vivre Arlit, et le visage de ce drame ce sont les « travailleurs sous-traitants » de la mine.

Des travailleurs sous-traitants abusés…

L’une des révélations de cette fermeture de la Cominak, c’est sans aucun doute la situation des travailleurs sous-traitants mis à la disposition de la filiale d’Orano par des entreprises locales. Après plusieurs années de travail dans des conditions ne respectant parfois pas les normes de sécurité pour des travailleurs de mines, à savoir le manque d’équipement de protection individuelle (EPI), selon les témoignages des ouvriers eux-mêmes, Cominak a décidé d’exclure ces derniers de son plan social de fermeture. Ledit plan social  prévoit des primes et indemnités de fermeture évaluées entre 15 et 40 millions de francs CFA (selon le bulletin d’information minière Maimagana N°16, mars 2021) pour les travailleurs (statutaires).

Cependant, « cette démarche ne traite pas des employés de la sous-traitance car ils ne sont pas en contrat direct avec Cominak. Il incombe à leurs employeurs en liaison avec l’administration du travail de traiter leurs cas en bonne et due forme », indique la filiale d’Orano dans son plan social de fermeture.

Un ouvrier en ténu de travail

Au nombre de 813 à la date de la fermeture de la mine, ces ouvriers que Cominak a exclus de son plan social de fermeture ont travaillé dans les mêmes conditions que les travailleurs statutaires. « Ils ont été soumis au même rayonnement, au même rythme de poste, aux mêmes bruits des engins », se désole un cadre des mines à la retraite. Plusieurs d’entre eux ont subi des « accidents à leur poste, avec parfois des membres coupés », poursuit-il.  Ces travailleurs sous-traitants ont parfois contracté des maladies, notamment respiratoires et étaient exposés au radon.

A Arlit (1200 km de Niamey), nous avons rencontré certains de ces ouvriers qui ont accepté de témoigner, malgré, selon eux, les menaces qui pèsent sur eux et les représailles qui peuvent en découler. R.D. est l’un d’entre eux, il a travaillé à la grande régie mine jusqu’à la fermeture. Son rythme de travail quotidien : plus de 10 heures dans la mine au contact de substances toxiques durant 15 ans. « Mon travail consiste à faire ressortir de l’exhaure; nous sommes souvent en contact direct avec de l’eau industrielle. Nous faisons la pose et la dépose des tuyaux d’eau, des câbles électriques grosses sections et des pompes pour évacuer l’eau et rendre le minerai accessible », nous explique cet homme âgé de 39 ans.

Parmi les « travailleurs sous-traitants », certains ont intégré la mine en remplacement de parents devenus invalides pour cause d’accident de travail ou décédés en activité. C’est le cas d’A.L. : « je suis égoutier en remplacement de mon père qui est mort d’une maladie du foie. Nous n’avions pas d’horaire fixe, de jour comme de nuit, nous travaillons et nous n’avions pas d’EPI (équipement de protection individuelle) ni de produits d’entretien après intervention », confie le sous-traitant plein de déception.

Durant les 12 années au cours desquelles a travaillé A.L. pour la filiale d’Orano, après le décès de son père, il a touché invariablement la modique somme de 50 000 CFA de salaire mensuel (environ 77 euros). Comme ses collègues employés des sous-traitants, il n’a jamais eu droit à la visite médicale systématique que la Cominak avait l’obligation d’assurer aux travailleurs. Aussi, pour chaque travailleur, elle est censée assurer une visite médicale de débauchage en fin de service. Celle-ci devait permettre à ses ouvriers provenant des quatre coins du Niger d’évaluer leur état de santé en fin de service ou en cas de fermeture. Aucun des travailleurs rencontrés n’a bénéficié de cette visite médicale ce qui fait dire à Ahmed Djibrilla, agent sous-traitant à la géologie de la mine « plusieurs d’entre nous rentreront à la maison sans aucun franc mais avec des maladies au sein de nos foyers ».

Ces ouvriers sous-traitants rivalisent d’histoire, les unes plus incroyables que les autres. A 10 km d’Arlit, à Akokan, l’histoire d’Almocktar Firia est inédite. Il est concierge sur un site de la Cominak, il a travaillé plus de 40 ans au service de la filiale d’Orano soit au-delà du temps légal de travail. On raconte que les services de la caisse de sécurité sociale le croyaient mort et recherchaient ces ayants droits.

Almocktar Firia

Almocktar dit avoir vécu des conditions de travail exécrables, et malgré son embonpoint trompeur, en langue haoussa, il dit « je suis épuisé mon fils » « je n’ai même plus de tenues de travail, celle que vous voyez sur moi, je l’ai empruntée ». Et pourtant, cet homme âgé de 73 ans est toujours en activité.

Décidés à obtenir gain de cause, les ouvriers réunis au sein du Syndicat National des Travailleurs des Mines du Niger (Syntramin) ont mené des démarches auprès des autorités notamment, le gouvernement, le Parlement, les chefs traditionnels, etc. pour plaider leur cause, mais sans succès.

En janvier 2021, gagnés par le désespoir, ces travailleurs qui dénoncent « le silence des médias de Niamey sur leur sort en particulier » et sur la « fermeture scandaleuse de la Cominak en général », ont observé un mouvement de grève illimitée sans service minimum. Après 9 jours de débrayage général qui a paralysé la société qui s’apprêtait à fermer fin mars, ils ont pu avoir une « miette qui ne changera pas grand-chose » à leur sort de l’après-Cominak.

Les travailleurs sous-traitants assis en groupe lors d’une grève

En effet, le 19 avril, à l’issue de longues négociations, un accord a été signé entre la Cominak et ses sous-traitants. Cet accord prévoit « une contribution de fin de chantier » au profit de ces ouvriers, une enveloppe de trois cent millions 300 000 000 FCFA  pour les 813 ouvriers sous-traitants que la Cominak considère comme non pas un droit mais une mesure d’accompagnement visant à soutenir ces ouvriers.

Seulement, cette contribution de fin de chantier sera « à la hauteur des droits légaux pour les salariés de la sous-traitance en CDI avec leurs employeurs » peut-on lire dans le protocole d’accord signé par les deux parties.

En clair, Cominak versera à chacun des 813 ouvriers l’équivalent des droits légaux de licenciement. Ces droits censés être versés par les employeurs sous-traitants sont calculés sur la base des salaires mensuels de chacun d’entre eux, « des salaires de misère », selon eux. Le plus élevé des salaires de l’ensemble de ces 813 ouvriers sous-traitants « est de 150 000 Fcfa (230 euros) », d’après Mohamed El Hadj travailleur sous-traitant à la retraite, qui a travaillé plus de 20 ans en qualité de géologue.

Sur les 813 ouvriers, toutes compétences réunies, ils sont moins de 50 à prétendre à un tel traitement salarial mensuel. Selon Moussa Abdoulaye, opérateur à l’usine Cominak (travailleur sous-traitant), 90 % de travailleurs sous-traitants n’ont pas de contrat et leur salaire est situé entre 60 et 70 000 FCFA ».

C’est ainsi, que des employés qui ont travaillé près de 25 ans se retrouvent avec des sommes « dérisoires » comme droits de licenciement. Le cas de Hamed Kemil qui a travaillé pour une entreprise sous-traitante (Tamgak) est illustratif. Il a reçu un peu moins de 870 000 francs CFA (1 220 euros) d’indemnités de licenciement après plus de 22 ans de service pour le compte de la Cominak.  (Le smic en France est de 1 539 euros, en juin 2020).

Au 30 août, 5 mois après la fermeture de la mine, sur les 30 entreprises qui emploient les 813 travailleurs, seules 7 ont versé les droits de licenciement. Nombre de ces entreprises sous-traitantes ont exprimé leur refus de payer les droits de licenciement, selon Almou Gabdou, délégué des ouvriers sous-traitants. Toujours d’après lui, à cette même date, la deuxième entreprise sous-traitante en termes de plus grand nombre d’ouvriers mis à disposition, EM (Entreprise Malami) « n’a versé aucun franc comme droits à ses employés ».

Cité minière à Arlit(Agadez)

Pour en  savoir davantage sur les raisons de ce refus d’EM de payer les droits légaux de ses ouvriers, nous avons tenté de rencontrer le patron de l’entreprise Elhadj Malami lui-même mais sans succès. Ce dernier ne souhaitant pas visiblement nous rencontrer, c’est auprès de l’inspecteur du travail d’Arlit que nous avons pu prendre connaissance des raisons du refus du deuxième plus gros employeur d’ouvriers sous-traitants, avec lui une vingtaine d’autres employeurs refusant de payer les droits légaux.

Selon Abdoul Aziz Adamou, inspecteur du travail d’Arlit, « les employeurs sous-traitants, considèrent que l’enveloppe accordée par la Cominak en guise de mesure d’accompagnement aux ouvriers leur revenait à eux (employeurs) et par conséquent  ils ne leur doivent rien ». L’inspecteur, saisi du dossier, estime cet argument peu valable dans la mesure où le premier employeur, en termes d’effectif  (Entreprise Ali Abdourahmane, ndlr) a payé les droits légaux de ses ouvriers.

En juillet 2021, l’inspecteur Abdoul Aziz avait tenté une conciliation entre les 2 parties mais sans succès.  Ce dernier a ainsi renvoyé le dossier devant les tribunaux d’Agadez, un procès est prévu pour le 12 janvier. Pour Yahaya Abdou, auditeur à la bourse du travail ayant conduit des audits dans le département d’Arlit, « cette situation est née d’une faiblesse du Code minier qui n’a pas encadré la sous-traitance dans le secteur  minier ».

Si la législation ne garantit pas une rémunération décente pour cette catégorie de travailleur, M. Yahaya souligne toutefois que « ces travailleurs ont les mêmes droits que les employés statutaires en ce qui concerne les prestations familiales de la CNSS et la pension de retraite ». Cependant sur ce plan, la situation de ces travailleurs n’est guère reluisante à la CNSS.

Un responsable de la CNSS d’Arlit détourne plus de 200 millions FCFA de cotisations des ouvriers… 

« Plus de 200 000 000 de FCFA de cotisations d’ouvriers ont été détournés par un ancien responsable de la caisse d’Arlit », révèle une source syndicale. Cette affaire au vu du montant en jeu a fait grand bruit à Arlit au moment des faits en 2015.   Comment cela est-il arrivé ?  Selon des sources proches de l’affaire, « durant plusieurs années, des entreprises sous-traitantes affiliées à la CNSS versaient tant bien que mal les cotisations de leurs agents déclarés. Malheureusement, ces cotisations estimées à plus de deux cent millions (200 000 000) FCFA, ne tombaient pas dans les caisses de la Sécurité Sociale », indique notre source.

Le responsable de la CNSS d’Arlit, au moment des faits, aujourd’hui derrière les barreaux, délivrait des faux reçus et faisait main basse sur les cotisations des ouvriers. Reconnu coupable de détournement et de faux et usage de faux, l’intéressé purge actuellement une peine de prison ferme. Cet épisode passé, les responsables de la CNSS ont mis de l’ordre au niveau de la direction départementale d’Arlit qui fonctionne à présent normalement avec des contrôles périodiques, apprend-on.

Des entrepreneurs qui contournent les règles et défient l’autorité… 

Pour attribuer un contrat de sous-traitance, les sociétés minières d’Arlit : Cominak et Somaïr (filiales d’Orano, ex Areva) demandent aux entrepreneurs de fournir des attestations      d’inscription de leurs ouvriers à la CNSS, conformément à la réglementation en vigueur. De ce fait, l’ensemble des entreprises qui travaillent pour la Cominak devraient être affiliées à la Cnss et déclarer leurs effectifs. Cependant, dans la pratique, le constat est tout autre. Selon les investigations d’une mission de l’inspection du travail qui nous a précédé sur le terrain à Arlit le 7 mai dernier, « plusieurs employeurs sous-traitants échappent à la caisse ». A côté de ceux-là, « il y a certains qui sont affiliés mais qui ne déclarent pas leurs agents, quand d’autres font de la sous-déclaration c’est-à-dire qu’ils ne déclarent pas la totalité des agents qu’ils utilisent ».

La question que l’on se pose : y a-t-il une complicité entre la direction de la Cominak et ses entrepreneurs ? Selon le délégué des travailleurs sous-traitants Almou Gabdou, les complices de ces agissements ne sont pas à rechercher uniquement au sein de la Direction de la Cominak. Pour contourner les exigences de la Cominak, certaines entreprises « se font établir des livrets fictifs pour leurs ouvriers en complicité avec des agents de la Cnss », selon Almou Gabdou.

« Normalement, il est de la responsabilité de la caisse d’obliger les entrepreneurs au versement des cotisations une fois qu’elle a émis un livret mais cela n’a pas été fait durant des décennies, ces entreprises ont, non seulement triché sur les déclarations mais elles ont détourné les versements prélevés sur les salaires » indique la même source.

Pour Zarafi Elhadj Hima Adamou, contrôleur Employeurs de la Cnss, « la caisse, contrairement aux services des impôts n’a pas les capacités d’obliger les employeurs à verser les droits de leurs employés ». Ce dernier reconnaît toutefois que la loi accorde cette prérogative à la CNSS mais « la réalité du terrain ne facilite pas la tâche à nos services ». En plus, « ces entrepreneurs en général n’ont même pas de documents comptables ». Dans ces circonstances, « nous pouvons fermer les locaux de ces entreprises conformément à la législation mais ceux qui vont en pâtir au final, ce sont les travailleurs dont la situation est assez fragile et cela va à l’encontre du caractère social de la Cnss », fait savoir le contrôleur employeurs de la CNSS.

Usine Cominak

Plusieurs centaines de millions d’évasion parafiscale…

Les arriérés que doivent les entreprises sous-traitantes des mines d’Arlit à la CNSS, se comptent par centaines de millions de FCFA, selon la CNSS. Parmi ces entreprises, « il y en a qui doivent à elles seules, plus de 700 millions de francs CFA », selon un responsable de la CNSS, information confirmée par l’Inspection du travail. Une entreprise comme EM (Entreprise Malami), « doit un peu plus de cent millions (100 000 000) de francs CFA à la CNSS» au titre de cotisations de ses employés, selon des informations à notre disposition ce qui a value à l’entreprise des poursuites judiciaires de la part de la CNSS.

« Nous avons contre EM deux (2) contraintes de justice », nous confie une source de la CNSS. « Ces décisions de justice nous permettent de sécuriser nos dettes. Si EM ne procède pas au paiement de ses dettes, nous pourrions grâce à ces décisions de justice saisir ses biens », indique notre source.

A Arlit au mois de juin, nous avons tenté de rencontrer cet employeur visé par 2 poursuites judiciaires intentées par ses employés licenciés et la CNSS mais en vain. De retour à Niamey nous avons continué les tentatives de le joindre au téléphone sans succès jusqu’au vendredi 3 septembre où nous avons pu avoir le patron d’EM  au téléphone. Malheureusement il ne pouvait pas nous parler, car il était 13 H 00. « Je suis à la mosquée » avait-il répondu pour prendre congé de nous lorsque nous nous sommes présentés à lui.

Nous l’avons rappelé le mardi 7 septembre, et cette fois ci « je suis à un mariage, je vous rappellerai demain matin », nous rétorque notre interlocuteur au bout du fil. Nous n’avons plus eu de ses nouvelles jusqu’au bouclage de cette enquête. EM ne nous a jamais rappelé jusqu’à preuve du contraire.

Arlit, au cœur de la malédiction des ressources minières…

Comment la ville d’Arlit, survivra-t-elle à cette fermeture de la Cominak? C’est la question que se pose la société civile d’Arlit après les travailleurs. « Si Cominak et Somaïr ferment, nous n’aurons pas d’eau à Arlit », prévient Almoustapha Allacen coordinateur de la société civile d’Arlit président de l’ONG Aghirin’man à l’avant-garde des défenseurs de l’environnement à Arlit.

Le problème d’eau, se fait sentir déjà à Akokan avec la fermeture de la mine. A Boukoki, un quartier de la commune d’Akokan où nous nous sommes rendus, depuis la fermeture de la Cominak, les populations n’ont de l’eau que 7 heures par jour de la seule borne fontaine qui alimente le quartier en eau potable. Khalid, militaire à la retraite, père de famille, craint le pire « un jour nous allons nous réveiller sans eau à boire qu’allons-nous faire dans ce cas ?».

Ce problème d’eau, justement, est en train d’asphyxier la seule activité économique qui donne de l’espoir à Akokan : le maraîchage.  En effet, depuis la fermeture de l’usine de la Cominak, les maraîchers de la ville ont aussi clos les portes de leurs jardins, cela va de soi. La quasi-totalité des sites de maraîchage sont arrosés avec les eaux industrielles de Cominak, une pratique qui comporte d’ailleurs d’énormes risques sanitaires.

Une vue du centre-ville d’Arlit

La Direction de la Cominak à travers le volet sociétal du réaménagement prévoit des actions pour « minimiser les impacts sociétaux de la fermeture en assurant une transition pérenne adaptée aux besoins des populations et dans la limite de la responsabilité de l’entreprise ».   

Selon Maman Sani Abdoulaye Directeur Général de la Cominak, un budget de 4 milliards FCFA est prévu pour l’aide à la reconversion économique dont principalement l’industrie maraîchère. Ce fonds devrait faciliter « le développement de l’industrie maraîchère à travers un accompagnement financier sur 10 ans  » indique-t-on.

Sur le terrain, ils sont environ 100 travailleurs qui ont bénéficié du programme de reconversion, une formation en informatique et le permis de conduire. Pour Ahmed Djibrilla, agent sous-traitant (plus de 15 ans à la Cominak), ce programme dit de reconversion frise l’ironie « peut-on parler de programme de reconversion alors que moins de 100 travailleurs ont été cooptés sur un effectif de plus de 800? », aussi « à quoi une initiation à l’informatique de 4 jours pourrait-elle être utile à un ouvrier qui a passé toute sa vie à manœuvrer de la ferraille et broyer des masses rocheuses »? S’interroge ce travailleur sous-traitant à la géologie de Cominak.

Projet de réaménagement du site (Rds), des doutes et zones d’ombre…

Conformément au code minier et à ses engagements, la Cominak est tenue de rétrocéder un site réaménagé et non polluant selon les standards internationaux en vigueur. Pour ce Rds, un budget de 95 milliards de FCFA a été arrêté par le conseil d’administration et validé par les autorités nigériennes. Au cœur de ce réaménagement, des aspects sensibles tels que le réaménagement de la mine souterraine, les bassins d’exhaures et des eaux usées, le démantèlement de l’usine de traitement et l’enfouissement de plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs.

Cité minière d’Akokan

De façon détaillée, le Rds prévoit « éliminer les risques d’accidents physiques, liés aux installations, aux galeries, aux carrières, aux bassins, rendre le site conforme à la réglementation sur la radioprotection et éliminer les risques liés aux produits et résidus chimiques, minimiser l’empreinte de la pollution et faire en sorte que le site et les déchets ne soient pas une source de pollution future », indique Orano dans son bulletin d’information annuelle de 2019. Comment le projet est-il conduit ? Les acteurs impliqués jouent-ils convenablement leur partition ? Telles sont les questions que se posent les acteurs de la société civile de Arlit, Akokan et Agadez.

Le Niger, en 50 ans d’exploitation minière « ne dispose d’aucun plan cadre de fermeture d’une mine » se désole Mounkeila Abassa SG Ben Syntramin. Résultat, le gouvernement accepte toutes les propositions d’Orano, ce qui n’est pas du goût de la société civile d’Arlit composée essentiellement d’anciens cadres des mines bien au fait des questions minières, dont certains ont fait leur preuve dans d’autres pays sur des projets de fermeture de mine.

A titre illustratif, en octobre 2019, une analyse comparative du Rds Cominak et le guide de réaménagement de l’International Council on Minings and Metals (ICMM) qui réunit les meilleures pratiques en matière de réarmement a révélé des écarts considérables entre le Rds Cominak et ce qui est considéré comme la norme mondiale en matière de réaménagement. Mais Orano se veut rassurant, « cette analyse a permis de définir les axes d’amélioration dans la mise en œuvre et le suivi du Rds Cominak », le géant du nucléaire met en avant son expérience de plus de 40 ans dans le réaménagement. Cette expérience comprend le réaménagement de 236 sites miniers en France exploités entre 1948 et 2001, la mine de Cluff Lake au Canada exploitée de 1980 à 2002 et celle de Mounana au Gabon exploitée de 1961 à 1999.

Or, le réaménagement de Mounana, cette mine qui a généré 26 000 t d’uranium en 40 ans d’exploitation est perçue comme un échec au Gabon et en France. La Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (Criirad) a, dans une étude menée sur l’ancien site minier en 2010, indiqué que la radioactivité est omniprésente à Mounana plus de 20 ans après la fermeture de la mine. Cette radioactivité est provoquée par « la mauvaise utilisation de déchets miniers et la réhabilitation approximative de certains sites », indique l’étude.

Par ailleurs, dans un article publié dans la Revue Canadienne de Géographie Tropicale, de décembre 2017 titré « La malédiction des ressources minières : Mounana d’un village potentiellement riche à une ville fantôme », Dr Jean Kevin Aimé Tsiba chercheur à l’Institute de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) au Gabon indique « Mounana apparaît désormais comme une ville fantôme. Le départ de la COMUF (Compagnie des mines d’uranium de Franceville) n’a pas été suivi d’une politique de diversification de l’économie qui pouvait garantir un meilleur niveau de vie à la population ». Le chercheur souligne par ailleurs, « la présence quasi permanente d’externalités négatives (résidus radioactifs) laissées par l’entreprise entache véritablement la qualité de vie des populations ». Aujourd’hui, cette ville du Haut-Ogooué (à l’Est du pays) est passée de 12 000 habitants en 1999 à 6000, selon le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2013 au Gabon.

Une vue de la mine souterraine

Est-ce la recette qu’Orano entend fournir à la ville d’Arlit? Il faudra attendre la fin du Réaménagement pour en juger. Du reste, un comité gouvernemental est chargé de contrôler le réaménagement du site Cominak. Le Directeur général de la Cominak explique le rôle dudit comité en ces termes : « Dans le cadre de son travail, le Comité d’Orientation anime des ateliers où sont conviées diverses parties prenantes. Un appel à la tierce expertise indépendante est fait régulièrement afin de conforter des décisions prises par des différentes instances dans le domaine technique, social et sociétal »  fait savoir le patron de la  Mine d’Akouta.

Ce comité tient régulièrement des rencontres à Niamey (environ 1200 km d’Arlit), ce que beaucoup trouvent peu pertinent. « Le comité interministériel, si réellement il veut faire un travail sérieux de suivi doit avoir son QG sur le terrain et tenir ces rencontres ici à Arlit », se désole un géologue. Pour Almoustapha Allacenle Réaménagement « intéresse uniquement pour l’argent qu’il met en jeu (95 milliards FCFA), ce n’est pas pour le souci de bien faire ». Le radiologue nous indique que la radioactivité a une durée de vie de milliards d’années.

Toutes ces raisons font penser à plus d’un à Arlit, que le Rds risque d’être un drame environnemental qui viendra s’ajouter au drame socio-économique déjà perceptible dans la ville. Par ailleurs, ce qui renforce les doutes et les suspicions autour de cette fermeture, c’est de voir la presse ‘’indépendante’’ tenue à l’écart du projet dans le fonds. En juin dernier, un journaliste français, David Arnold du Média Arte Journal qui voulait réaliser un reportage sur le sujet, s’est vu retirer son autorisation préalablement accordée par le ministère de la communication, visiblement instruit à cet effet, mais par qui? Faut-il voir la main d’Orano derrière cette volonté manifeste de flouter la fermeture de Cominak et le Rds ?

Autorisation de tournage

Des manœuvres tendant à cacher le drame d’Arlit…

Le reporter français se préparait à voyager sur Niamey où il devait se présenter au ministère de l’intérieur comme cela se fait avant de continuer sur Arlit. David entretemps, a obtenu une autorisation de tourner sur le site d’exploitation de la Cominak. Seulement, quelques jours après cette autorisation il reçoit un mail du ministère de la communication « le ministère a changé d’avis », le journaliste ne peut plus entrer à Arlit. Le ministère motive ce retournement par une vague assertion, « les autorités nigériennes ne sont pas prêtes ».

En attendant, à Arlit, entre le marteau et l’enclume d’Orano et ses entrepreneurs sous-traitants  les ouvriers attendent le procès du 12 janvier pour être fixés sur leur sort. Un ancien cadre de la Somaïr que nous avons interviewé parle de « catastrophe humaine » parlant de la situation de ces travailleurs. Pourtant la sous-traitance avait permis à Orano de réduire le coût du travail dans les périodes de difficultés liées à la chute des cours du marché qui sont en pleine reprise depuis 2 ans.

Pour Saidou Ardji, ex coordinateur Afrique francophone de l’Ouest de la Coalition Publiez Ce que vous Payez (Pcqvp), « il y a une faiblesse de la législation en ce qui concerne les travailleurs sous-traitants des mines ». L’ancien journaliste estime que « la mise à disposition’’ dans les entreprises minières a une particularité du fait des risques sanitaires et d’accidents fréquents dans les mines souterraines telle que la mine de Cominak et les installations minières (radon, effondrement, brûlure, maladies pulmonaires etc…) ». Selon lui, l’État doit prendre des dispositions à l’avenir pour garantir un minimum de droits pour ces ouvriers.

Au plan environnemental, jusqu’en 2019 selon l’ONG Aghirin’man l’exploitation de l’uranium à Arlit a usé « 350 milliards de litres d’eau ». Ceci a provoqué une pollution de l’eau et l’assèchement de l’aquifère. Ce dernier mettra des millions d’années pour se reconstituer selon les spécialistes de l’environnement.

En ce qui concerne la pollution de l’air à Arlit, selon une étude menée en 2007  par la Commission de Recherches et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad), organisation basée en France et l’ONG Aghirin’man, à Akokan (10 km  de la commune urbaine d’Arlit) « les niveaux de radioactivité sont 100 fois supérieurs aux normes » indique les conclusions de l’étude rapportés par le journal Maimagana d’Arlit dans sa parution du 01 de juin 2017. Cette même étude a relevé dans certains endroits de la ville «des taux de radioactivité 500 fois supérieurs aux normes en vigueur », selon le journal. Or, en 2007 les résidus radioactifs exposés dans la ville étaient estimés à moins de 10 millions de tonnes alors qu’en 2020 ces résidus sont évalués à plus de 20 millions de tonnes à Arlit selon la Cominak.

Voici la situation socioéconomique et écologique que lègue Orano à la ville d’Arlit après 47 ans d’exploitation de la mine de Cominak. Cette situation, méconnue dans le silence lointain des 1 200 km qui séparent Arlit de la capitale Niamey, pourrait devenir encore plus critique avec la fermeture imminente de la deuxième filiale d’Orano, la Somaïr qui pour l’instant tient Arlit en laisse

Les regards sont à présent tournés vers Imouraren (80 km au sud d’Arlit) où devrait débuter dans les 3 ans à venir l’exploitation du plus grand gisement d’uranium d’Afrique  voire du monde (informations à vérifier). L’exploitation de ce gisement est confiée à Orano actionnaire majoritaire (56,65 %) avec une participation de l’État du Niger à travers la Sopamine (33,35 %), et la Corée du sud à travers Kepco (10 %).

Une enquête de Youssouf Sériba

Début d’exploitation de la mine de Dasa : la fin de 50 ans de monopole français sur l’uranium nigérien

Après de longues années de recherche suivies de négociation, le gisement d’Uranium de Dasa situé à Tchirozerine(region d’Agadez) a été officiellement mis en exploitation le samedi 5 novembre. Le premier tire d’abattage a été effectué lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, Ouhoumoudou Mahamadou sur le site de la Mine à 130 km d’Arlit.  C’est au Canadien Global Atomic Corporation que le gouvernement a accordé l’exploitation de cette mine  importante pour la relance économique du pays avec 1 400 tonnes attendues à l’horizon 2025.

La société canadienne a créé pour l’occasion, une branche locale au Niger qui a été baptisée société des mines de Dasa (Somida) dont elle détient 80 %  de parts et 20 % pour l’État du Niger. Un nouveau deal minier qui consacre la fin d’un demi-siècle de monopole exercé par la France sur l’uranium nigérien sans plu value.  

Au cours d’un entretien avec le président Mohamed Bazoum au mois de septembre 2022, le directeur général de Global Atomic Corporation, Stephen Roman, avait déclaré que la mine de Dasa représentait un grand projet pour le Niger sans préciser les retombées financières pour le pays.

Du côté des populations, les attentes sont grandes, dans un contexte marqué par un fort sentiment anti-français, elles espèrent que le groupe canadien fera mieux que le groupe français Orano Mining dont la présence au Niger a été longtemps décriée.

La fin d’un monopole sans plu value…

Le géant de l’atome français Orano Mining a détenu pendant un demi-siècle un quasi-monopole sur l’exploitation de l’uranium nigérien alors que le taux d’électrification du pays stagnait à 15 % selon un récent classement de la commission de l’Union Africaine, un taux parmi les plus faibles du continent. Au plan sociale,  les 50 ans d’exploitation d’uranium par la France au Niger à travers ses deux filiales à savoir la Société minière de l’Aïr (SOMAÏR) et la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK) n’a pas apporté un changement significatif dans la vie des populations, pas même celles des cités minières d’Arlit. Après l’épuisement  annoncé de la mine  de Cominak suivie de la fermeture de celle-ci le 31 mars 2021, plus de 800 ouvriers sont laissés sur carreau sans droits légaux pour la plus grande majorité. Un collectif parmi ses ouvriers a annoncé en aout dernier des poursuites contre la société Cominak afin d’exiger leurs droits légaux de licenciement.

Derrière ses échecs sociaux se cache une catastrophe environnementale générée par tant d’années d’extraction d’uranium à Arlit, il s’agit des bassins d’exhaures et des eaux usées, et plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs. Le réaménagement du site (Rds) engagé peu après la fermeture de la mine, suscite plusieurs inquiétudes du fait du non-respect des normes et standards en vigueur. En janvier 2022, il a couté la vie à 2 personnes lors du démantèlement de l’usine et plusieurs autres blaisées. Presque un an après, l’enquête ouverte n’a donnée aucune suite à ce drame.

Au demeurant, Orano Mining continue d’exploiter la mine de Somair  et reste détenteur de l’exploitation du gisement d’Imouraren le plus fourni en Afrique dont la mise exploitation est porté à sine die. 

Des inquiétudes au cœur de la nouvelle aventure…

Même si l’arrivée des canadiens dans le secteur uranifère nigérien suscite beaucoup d’espoir, elle n’est pas exempt de critique. Selon les acteurs de la société civile spécialisée sur les questions minières il y a des doutes sur la volonté de Global Atomic de proposer au Niger une meilleure exploitation de son uranium. Des griefs relevés contre Somida font croire que cette société va vers une réplique des échecs de la Cominak. 48 heures après le lancement de son exploitation, la Coordination de la Société civile d’Arlit cité minière du Niger a rendu une déclaration dans laquelle elle dénonce des entorses aux procédures à respecter avant l’ouverture d’une exploitation conformément au code minier.

Selon elle « l’étude d’impact environnemental était  sur mesure, sans la participation de la population concernée par le projet. Cette étude ne prévoit aucun fonds pour le réaménagement du site ou pour les générations futures » peut-on lire dans la déclaration.

Aussi, ce projet n’a pas pris en compte de l’indemnisation  des populations vivant sur l’espace confisqué apprend-on.

Anciens cadres des mines d’Arlit pour la plupart, les  auteurs de la déclaration ont aussi dénoncé l’exclusion des jeunes de la région, de l’ignorance et de la marginalisation des communautés et des chefs traditionnels  vivant dans la zone.

Toutes ses raisons et biens d’autres sur lesquelles nous reviendrons laissent croire que la mine de Somida comme celles détenues par les français ne sera pas bénéfiques aux populations.

Youssouf Sériba

Niger : la croissance économique est attendue à 7,1% (FMI)

(ÉchosduNiger 4 novembre)Dans une récente communication, le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé que la croissance économique au Niger allait atteindre 7,1% au cours de cette année 2022. Ce rebond s’explique principalement selon les mots de l’institution par une augmentation des investissements privés et une reprise de l’agriculture. Ce dernier secteur avait été mis à mal par la crise sanitaire de la COVID-19 et le contexte sécuritaire fragile. Dans le même temps, l’institution de Bretton Wood et le Niger ont conclu un accord portant sur des services sur une deuxième revue de programme. Grâce à cet accord, le FMI va procéder à un décaissement d’environ 51 millions de dollars au profit du gouvernement nigérien. L’accord doit être soumis à approbation en décembre selon le communiqué du FMI publié le 2 novembre 2022. Pour rappel, le Niger bénéficie d’un programme de trois ans avec le FMI. Ce programme est destiné à l’aider à se remettre des effets de la pandémie de la COVID-19. La croissance économique du pays avait été de 5,8 % en 2019 avant de descendre à 3,6 % en 2020 pour chuter à 1,5 % en 2021. Si ces nouveaux chiffres sont encourageants, le pays doit faire face à une inflation galopante causée par le conflit en Ukraine.

Mawulolo Ahlijah

Maradi : la consommation du carburant trafiqué par les cadres de la region au centre d’une rencontre de vérité

(Échos du Niger 17 août) Le détournement d’hydrocarbures en exportation sur le territoire nigérien pour consommation est fréquent. Les acteurs de ce réseau comptent sur les cadres et citoyens peu patriotes pour jouer avec les services compétents, n’en déplaise aux inconvénients sur l’économie nationale et la bonne santé de la SONIDEP. Les cadres de la région de Maradi ne sont pas du reste dans ce trafic. C’est donc pour les sensibiliser et les rappeler à l’ordre que le gouverneur de la région, Chaibou Aboubacar a initié à leur endroit une séance d’échanges hier mardi 16 août 2022. Cadres régionaux et préfets ont pris part à cette rencontre de vérité sur la consommation par l’administration publique ou les services d’État de carburant fraudé.

La séance s’inscrit dans la droite ligne du message du ministère de l’intérieur qui alertait sur les conséquences liées à la consommation de ce carburant que traque les FDS du fait des impacts sur l’économie, la santé et l’intégrité des trafiquants, acteurs du réseau et sur le parking public. L’approvisionnement constitue une source de motivation pour les fraudeurs qui continueront dans leur besogne en comptant sur des réseaux de distribution. C’est pourquoi, le gouverneur a exhorté les cadres intervenant à divers niveaux de l’administration à soutenir l’État dans la lutte contre le fléau plutôt que de se constituer acteurs. Il faut souligner que le fait n’est pas nouveau cet incivisme qui tend même à s’ériger en habitude chez certains cadres de l’administration publique.

En 2017, c’était 1.072.149 litres d’essence qui ont été arraisonnés dans ce réseau, 1.138.055 litre en 2018, 716.194 en 2019 ; 825.214 litres en 2020 puis 1.328.610 en 2021 uniquement pour l’essence super. Face au phénomène, le gouvernement avait institué le marquage de l’hydrocarbure destiné au marché local. Mais le vice demeure.

Oslo Chester WANOU

Sécurité : le gouvernement veut amener les effectifs de l’armée à 100.000 homme d’ici 2030

(Les Échos du Niger 3 août)Le Niger a célébré le 1er août 2022, le 62ème anniversaire de la création de son armée. Les manifestations ont eu lieu dans les huit zones des forces armées nationales. A l’occasion, les mérites de plusieurs soldats, agents des Forces de défenses et de sécurité (FDS) en service sous le drapeau national  ont été reconnus. Ceci,  sous l’autorité du Ministre de la défense nationale, Alkassoum Indatou qui a présidé en personne les manifestations officielles. Il a saisi l’occasion pour annoncer un renforcement en effectif  des corps de l’armée afin de disposer d’hommes suffisants qui seront aguerris en formation pour permettre au Niger de poursuivre la lutte contre le terrorisme et la défense l’intégrité territoriale. De 818 hommes à sa création en 1960, l’armée nigérienne devrait atteindre 30.000 hommes d’ici 2025 puis 100.000 en 2030. « Les forces armées nigériennes ont évolué avec le temps et, avec le contexte sécuritaire  aujourd’hui, nous sommes à plus de 33.000 hommes, et nous avons comme objectif  d’ici 2025 d’atteindre cinquante mille hommes » a justifié le ministre de la défense.

En rappelant le contexte sécuritaire dans lequel se déroule cette célébration, le ministre a tenu à reconnaître et saluer le patriotisme et l’engagement jusqu’au sacrifice des FDS. « Nous célébrons cet anniversaire dans un contexte d’insécurité que connaît notre sous-région et notre pays, et cela  nous rappelle cruellement le sacrifice consenti par les forces de défense et de sécurité  nationales ces dernières années » a déclaré Alkassoum Indatou, ministre de la défense. Il a ensuite insisté la qualité de ces hommes et réitéré l’engagement du gouvernement de continuer par œuvrer pour leur assurer une formation de qualité dans les écoles et centres de formation militaire.

Oslo Chester WANOU

Collectivités : 11 volontaires de développement pour appuyer l’administration décentralisée

(Les Échos du Niger 11 juilket) Le vendredi 8 Juillet 2022, a eu lieu à Niamey, une signature de convention de partenariat pour la mobilisation de onze jeunes diplômés volontaires de développement au profit de onze communes. C’était entre le directeur général de l’Agence Nigérienne de Volontariat pour le Développement (ANVD), Hassane Hamidine et le coordonnateur du Projet d’Appui à la Modernisation de l’Etat pour un Service de Qualité (AMESQ), Aboubacar Issoufou en présence du Secrétaire général du Ministère de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, Abdou Bacharou Souleymane et du Chargé de mission Gouvernance-Justice de l’Agence Française de Développement (AFD), Guillaume Reisacher. Le recrutement et la mobilisation de 166 Relais Communautaires de Développement (RCD) mobilisateurs auprès de leurs communautés d’Abala et de Goudoumaria est également prévu. Pour se faire, l’AMESQ s’est appuyé sur l’ANVD qui a à charge, le recrutement, la formation et l’encadrement des volontaires, la promotion et la valorisation du volontariat, le développement de la coopération et du partenariat avec les organismes publics, nationaux ou étrangers. Selon Abdou Bacharou Souleymane, Secrétaire général du Ministère de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, « fruit de la coopération entre le Niger et la France, le Projet d’Appui à la Modernisation de l’Etat pour un Service de Qualité, a pour objectif entre autres de renforcer l’Etat déconcentré pour lui permettre d’exercer un meilleur pilotage des politiques publiques, de renforcer la gouvernance locale par la conception et la mise en œuvre d’un Programme National de Services Publics Ambulants et d’appuyer la modernisation des institutions publiques en soutien à la Politique Nationale de Modernisation de l’Etat (PNME) ». Subventionné par l’AFD à hauteur de 3,3 milliards de FCFA, ce programme vient en appui au Ministère de l’Intérieur dans sa politique de déconcentration qui se traduit dans a mise en place de blocs administratifs pour accueillir les préfectures et les services déconcentrés des régions de Tillabéri, Diffa et Tahoua et participe de la modernisation de l’Etat. C’est ce qu’a décrit Guillaume Reisacher qui a détaillé la procédure de l’AFD pour y arriver. Ainsi, les volontaires qui seront employés sur ce programme devront en faciliter le succès. « Ils vont servir de lien pour appuyer l’ensemble des communes choisies et des services techniques déconcentrés pour la bonne utilisation de ces outils» a renseigné Abdou Bacharou Souleymane et le Chargé de mission Gouvernance-Justice.

Oslo Chester WANOU

Géopolitique : l’UE apprécie les efforts du Niger dans le Sahel et la sous-région

(Les Échos du Niger 11 juillet)Le vendredi 8 juillet 2022 s’est tenue à Niamey, la première session 2022 du dialogue politique entre le Niger et l’Union Européenne (UE) en application de l’Accord de Cotonou de Juin 2000. Une délégation nigérienne conduite par Hassoumi Massoudou ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a pris part aux travaux durant lesquels Denisa-Elena Ionete a salué la vitalité de la démocratie nigérienne qui fait la différence et impacte positivement la gouvernance au Sahel. Les deux parties ont passé en revue la relation bilatérale entre l’UE et le Niger, un partenariat «respectueux, constructif et axé sur les défis du présent et les perspectives d’avenir» selon Hassoumi Massoudou. Il se matérialise par différents apports des pays de l’UE au Niger. C’est une considération d’égal à égal a reconnu le ministre d’Etat. Selon lui, la présence effective de tous les Etats de l’UE à cette séance « est le témoignage éloquent de la grande considération que vos pays respectifs portent à l’endroit du Niger dans ses efforts pour la construction de la démocratie et de l’Etat de droit, la bonne gouvernance, la lutte contre la pauvreté, et la lutte contre le terrorisme». Cet attachement tient de la qualité de la démocratie au Niger a confessé et salué Denisa-Elena Ionete. Elle a remercié la partie nigérienne pour sa «disponibilité et la qualité des échanges basés sur la confiance et la transparence». Les évolutions politiques et sécuritaires critiques dans la sous-région et la zone ne lui ont pas échappé. C’est pourquoi, Cette session pourra servir «à affiner et améliorer le design et la mise en œuvre des différentes actions au stade de planification» afin de renforcer la politique du « gouvernement de la recevabilité mutuelle», a expliqué la cheffe de la délégation de l’Union Européenne au Niger.

Youssouf Sériba

Zinder: le Conseil régional investi plus de 110 millions de FCFA dans divers secteurs

(Les Échos du Niger 7 juillet) Le Conseil Régional de la région de Zinder a tenu sa deuxième Session Ordinaire de l’an 2022 le lundi 4 juillet dernier. C’était sous la houlette de son président, Amadou Assane. Diverses communications ont meublé les échanges de cette session qui a examiné et adopté le procès-verbal de la première session ordinaire déroulée en mars 2022. Au chapitre du développement, le Conseil régional a fait plusieurs investissements et en a dressé le point à cette session. Il s’agit notamment de la construction sur fonds propre d’une salle de réunion de plus de 200 places entièrement équipée pour un investissement total de plus de 100 millions de FCFA. Dans le secteur de la santé, le Conseil régional a prévu investir également plus de 100 millions en 2022. Pour l’heure, un don de médicaments pour près de 10 millions de FCFA a été fait à la Direction Régionale de la Santé publique au profit des unités sanitaires de la région. Ce geste vise à « appuyer les efforts des autorités gouvernementales à améliorer la qualité des prestations des soins en direction des communautés de base » selon le président du conseil régional. Autant d’engagements pour lesquels, le représentant du Directeur Régional de la Santé Publique a dit les gratitudes de la Direction et des bénéficiaires au Conseil régional. Le défi sécuritaire a enfin préoccupé à cette session, le président du conseil régional qui a invité les élus à accompagner autant que faire se peut le gouvernement du Niger.

Oslo C. WANOU

CEDEAO: un bilan des droits humains accablant pour 4 pays dont le Niger

Le dimanche 26 juin 2022, des organisations de défense des droits de l’homme, Amnesty International, HURIDAC et l’Association des barreaux d’Afrique de l’Ouest ont exposé au parlement de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la situation des droits de l’homme dans la région. Dans contexte de différents conflits et attaques terroristes défavorable à la paix et la sécurité, elles ont insisté sur une nécessité de protection.

(Les Échos du Niger 28 juin)« Au Mali, au Burkina Faso, au Nigeria et au Niger, des groupes armés lancent régulièrement des attaques contre des villages, tuant des personnes, brûlant des propriétés et pillant des biens. Plus de 600 civils ont été tués en 2021 au Mali. Plus de 300 personnes ont été tuées dans les régions de Tillabéri et Tahoua, au Niger, par des membres présumés de l’État islamique au Grand Sahara au premier trimestre 2021》 précise l’organisation de défense des droits de l’homme qui poursuit en soulignant que 《en raison de l’insécurité, plus de 1,5 million de personnes sont déplacées de force au Burkina Faso, 400.000 au Mali et 300.000 au Niger. Les populations sont privées de leurs droits fondamentaux à l’alimentation et à la santé » selon Amnesty international. La situation des droits de l’homme dans l’espace sous régional ouest africain n’est pas reluisant. C’est du moins ce qui ressort d’un rapport élaboré par trois différentes organisations de la protection des droits humains, à savoir, Amnesty International, HURIDAC et l’Association des barreaux d’Afrique de l’Ouest au Parlement de la CEDEAO qu’elles ont invité à pallier le pire. C’était l’occasion pour les élus de l’instance de mieux s’informer sur cette situation qui résulte des crises sécuritaires et terroristes qui s’enchainent dans la zone. Au fait, «plusieurs pays de la CEDEAO font face à des situations de conflit marquées par de graves violations des droits de l’homme qui peuvent, dans certains cas, s’apparenter à des crimes de droit international. Les populations civiles sont les principales victimes de ces conflits » a souligné Amnesty international. Et ce n’est pas tout.

Les organisations de protection des droits humains ont pointé du doigt des cas de discrimination, d’atteinte à la liberté et de restriction de l’espace public dans certains pays. S’il est vrai que la situation sécuritaire et le degré de gravité ne sont pas les mêmes dans tous les pays, Amnesty international a notifié « des besoins pressants en matière de protection de ces droits dans la région existent avec la persistance des situations de conflit et d’insécurité des populations, des violations des droits économiques et sociaux, de discrimination et de violence fondée sur le genre, et de restriction de l’espace civique ». A cet effet, HURIDAC a invité le Parlement sous régional à porter un plaidoyer susceptible d’aboutir à des solutions aux abus, aux violations des droits de l’homme en vue d’améliorer la situation en Afrique de l’Ouest. Pour se faire, elle a instruit à un la mise en place d’un « mécanisme de sensibilisation à grande échelle pour veiller à ce que ces droits soient respectés ». En ce qui concerne la stabilité, c’est la résurgence de coups d’Etat qui ont préoccupé l’Association des barreaux d’Afrique de l’Ouest. Selon l’organisation, cela entrave et envenime situation sécuritaire avec des satiation de crises humanitaires délétères. C’est pourquoi, l’association des barreaux d’Afrique de l’Ouest a appelé à des négociations continues avec responsables des différents Etats pour trouver de consensus et œuvrer à l’avènement d’un contexte favorable à la bonne gouvernance et à l’enracinement de la démocratie. Très préoccupés par l’exposé et les différents cas rapportés, les élus ont nourrit la curiosité de de mieux cerner l’état des lieux de ces crises dans certains afin de réfléchir à aux mesures idoines à prendre. C’est dire qu’il pourrait avoir incessamment des actions concertées dans ce sens.

Youssouf Sériba

Le Rapport 2021 de la Cour des Comptes au cœur d’un séminaire gouvernemental

Un Séminaire gouvernemental a été ouvert le lundi 20 juin 2022 à Niamey. Au menu, le Rapport 2021 de la Cour des Comptes. A l’occasion, l’équipe gouvernementale entend s’approprier les constats, analyses et recommandations de la Cour des Comptes dans le but d’améliorer la gestion des fonds public.

(Les Échos du Niger 22 juin) C’est sous la houlette du Premier ministre, Chef du gouvernement, Ouhoumoudou Mahamadou que l’équipe gouvernementale a ouvert un séminaire d’appropriation du rapport 2021 de la Cour des comptes. En effet, elle entend s’approprier le contenu dudit rapport notamment les recommandations afin d’améliorer sa gouvernance et surtout la gestion des fonds publics dans les différentes structures sous tutelle de l’Etat. Partant donc des irrégularités signifiées de part et d’autres dans le rapport et relevées da divers secteur, les membres du gouvernement entendent prendre de nouvelles résolutions. Dans son mot d’ouverture de ce séminaire, «Le rapport 2021 dont la copie nous a été remise officiellement contient un certain nombre d’éléments mettant en cause la bonne exécution de la dépense publique dans les administrations centrales et décentralisées, les entreprises publiques, les collectivités territoriales, les programmes et projets », a-t-il fait remarquer. En effet, le gouvernement entend promouvoir la bonne gouvernance et dans un tel contexte, il faille que tous les organes jouent leur rôle. « Une bonne gouvernance suppose aussi que les organes de contrôle jouent effectivement leur rôle. Au rang de ces organes, je citerai la Cour des Comptes, qui a récemment publié son Rapport 2021. C’est l’examen de ce Rapport et de ses conclusions qui nous réunit aujourd’hui », a confié le ministre qui a clarifié le contexte de ce séminaire. Ce rapport a-t-il fait savoir, renseigne sur la gestion des finances publique entre 2016 à 2019. Ainsi, « nous devons donc nous en approprier comme un outil à vertu pédagogique » a souligné à l’ouverture des travaux, Ouhoumoudou Mahamadou, Premier ministre qui a précisé : « Il ressort de ce rapport un certain nombre d’observations que nous allons partager ainsi que les recommandations auxquelles nous devons porter une attention particulière. D’ores et déjà, nous avons donné des instructions pour mettre fin à des dépenses sans ordonnancement préalable qui ont fait l’objet de recommandations dans le Rapport de la Cour des Comptes ». Si le gouvernement rêve inscrire le Niger dans le concert des Etats démocratiquement fort, stable et crédible, la gouvernance politique, économique et autres doivent y jouer un rôle capital. C’est du moins ce qu’a noté le chef du gouvernement. Et, « Cette ambition, pour être traduite dans les actes, doit être adossée à une gouvernance politique, économique et administrative de qualité ainsi qu’à la promotion d’une justice équitable et accessible à tous » croit-il savoir. Le Premier ministre a relevé que chaque année, la Cour des Comptes publie un Rapport sur le niveau d’exécution des ressources publiques mises à disposition des institutions et structures citées plus haut. « Le rapport 2021 dont la copie nous a été remise officiellement contient un certain nombre d’éléments mettant en cause la bonne exécution de la dépense publique dans les administrations centrales et décentralisées, les entreprises publiques, les collectivités territoriales, les programmes et projets », a-t-il notifié. Pour rappel, la Cour des Comptes, en vertu de l’article 141 de la Constitution du 25 novembre 2010 exerce une compétence juridictionnelle, une compétence de contrôle et une compétence consultative. En tant que telle, elle est juge des comptes de l’Etat, des collectivités territoriales, des établissements et entreprises publiques, des autorités administratives indépendantes et de tout organisme bénéficiant du concours financier de l’Etat et de ses démembrements.

Youssouf Sériba