Niger : lancement de la semaine de l’industrialisation africaine

(Echos du Niger 22 novembre)La Semaine pour l’industrialisation de l’Afrique a été lancé à Niamey ce 20 novembre 2022 avec l’ouverture du premier sommet des femmes transformatrices africaines. Les travaux devraient prendre fin le 25 décembre. Au menu, il devra se tenir au cours de cette semaine deux sommets extraordinaires des chefs d’États et de gouvernement de l’Union africaine. Le premier sommet aura pour thème « Industrialiser l’Afrique : renouveler les engagements en faveur d’une industrialisation et d’une diversification économique inclusives et durables » et le second devrait porter sur les avancées réalisées dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Au total, ce sont plus de 20 chefs d’État et près de 2 600 délégués qui sont attendus aux différents panels, conférences, expositions et forums qui seront organisés au cours de la semaine. C’est en 1989, lors d’un sommet qui s’est déroulé à Addis Abeba que la journée du 20 novembre a été adopté par les présidents du continent comme journée de l’industrialisation de l’Afrique. Plus de 30 ans plus tard, même si les sommets se sont succédé, l’industrialisation du continent demeure encore un vœu pieux et mis à part l’élaboration de plan national d’industrialisation, aucune avancée majeure n’a été réalisée. Au Niger, le secteur industriel représente moins de 10 % du PIB.

Mawulolo Ahlijah

Entrepreneuriat: une cohorte de 1000 jeunes nigériens formés dans les 8 régions

Le Fonds d’appui à la formation professionnelle et l’apprentissage (FAFPA) a initié à l’intention de 1000 jeunes nigériens, une formation de renforcement de capacités en entrepreneuriat. Sept modules sont prises en compte par l’initiative qui a été lancée par le directeur général du Fonds, Abdou Djerma Lawan en présence du ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat, Mohamed Hamid.

(Les Échos du Niger 27 juillet)Marketing, un marché vous attend ; dynamiques commerciales, culture entrepreneuriale et développement personnel, Business modèle, entreprise et famille : tenue des comptes, comment démarrer son activité. Ce sont là les sept modules dans lesquels les jeunes entrepreneurs venus de toutes les régions du pays ont été aggueris. Jadis formés par le Fonds, ces jeunes se verront durant ces jours mieux renforcés pour conduire à succès leurs initiatives entrepreneuriales. Ainsi, cette formation qui préconise l’approche GERME selon le DG du FAFPA entend renforcer la résilience des jeunes au chômage en les accompagnant à mieux structurer leur projet entrepreneurial afin d’en tirer pour gagner sereinement leur vie et par là, mieux prendre part au renforcement de l’économie locale .
La formation s’inscrit tout de même dans la droite ligne des ambitions du gouvernement de promouvoir la formation professionnelle des jeunes. Selon Aboubacar Oumar, Président du conseil d’administration du Cabinet Excellium Consulting sollicité pour accompagner le FAFPA sur cette formation, présent au lancement, cette initiative permettrait un changement de paradigme à travers la formation de jeunes orientés auto-emploi aptes de mieux participer à la création de richesse au Niger et par là à la consolidation du développement via la transformation du modèle socio économique pour une relance économique assurée. La formation se déroule au profit des jeunes des régions de Diffa, Tahoua, Zinder, Agadez pour la zone A puis Dosso, Maradi, Niamey, Tillabéri qui forment la zone B avec 16 formateurs regroupés en huit équipes.

Oslo Chester WANOU

Entrepreneuriat/ A la découverte de Nafissa Omar Farouk, promotrice de la marque de cosmétique Safina

Face au diktat de la dépigmentation, les produits cosmétiques bios et hand-made se présentent comme une alternative pour les consommatrices et les consommateurs. Safina Cosmétique, entreprise locale de produits cosmétiques naturels implantée à Niamey incarne cette alternative. La start-up met à  la disposition des utilisatrices des produits de soins adaptés et sans effets nocifs. Un business qui s’apparente à un combat pour un idéal mené depuis plus 7 ans par la jeune promotrice de cette marque Nafissa Omar Farouk pour qui « il faut lutter contre les produits nocifs qui sont importés sur le marché africain ». Des produits plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables.

Partie intégrante de l’organisme, la peau mérite une grande attention et des soins particuliers. Mais beaucoup n’y prennent pas garde et viole la naturalité de leur peau sous prétexte qu’ils veulent se rendre plus belle ou beaux selon. « On peut bel et bien prendre soins de sa peau et de son corps en restant naturel en consommant africain et mieux, nigérien » c’est le combat de la jeune entrepreneure Nafissa Omar. La patronne de la marque Safina veut aider les femmes nigériennes à surmonter le complexe lié à la couleur de la peau, éviter la dépigmentation et surtout prendre soins de leur peau sans l’affecter, tout en mettant en valeur les atouts au moyen de produits locaux, nourricières et sans effets néfaste aussi bien sur la santé sur l’environnement.  

Safina cosmétique dispose d’une quarantaine de produits réunis en trois gammes à savoir, capillaires, corporels et ménagers, toutes au goût du consommateur. Le projet entrepreneurial de Nafissa Omar Farouk est parti d’un constat qu’elle nous explique en ces termes « J’avais remarqué que beaucoup de femmes autour de moi, ici ou ailleurs avaient tendance à se dépigmenter la peau soit pour venir à bout de certaines imperfections, soit pour être plus claires. J’avais envie de prouver à ces femmes-là que pour prendre soin de sa peau et même pour être belle, on n’avait pas besoin de se la blanchir, et qu’il fallait être bien dans sa peau car, la peau noire, elle est belle et parfaite comme elle est » clame la jeune entrepreneure. Grâce aux différentes formations de perfectionnement,  Nafissa s’est rendu compte de certains effets des produits cosmétiques importés et l’urgence d’y substituer des ou produits locaux. Au fait « étant dans le bain et ayant suivi plusieurs formations, je me suis rendu compte que, en plus de ne pas être adaptés à notre environnement et à notre climat, les produits qui sont importés sur le marché africain sont plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables ».

 « Aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur »

En effet, non seulement, ces produits sont néfastes pour la santé humaine, mais également pour l’environnement en raison de la matière, du packaging et donc, il faille convaincre les Africains des conséquences de ces produits selon la promotrice de Safina cosmétique. Le faire, c’est résoudre un problème environnemental et ensuite de santé publique.


Restaurer la confiance en soi, se perfectionner pour mieux servir…


Selon Nafissa Omar Farouk, la femme, mérite la valeur qu’elle reflète. Ainsi, « il revient à chacune de battre pour mériter sa place en toute dignité ». Il faudra à cet effet être sûr de soi, car c’est seulement ainsi que la femme convainc son entourage et force le respect. « C’est perdre l’estime de soi que de vouloir arborer une apparence artificielle pour le plaisir des autres » croit-elle savoir. Il importe donc de surmonter les critiques et de vaincre le regard du public en choisissant de soigner son naturel plutôt que de le troquer contre de l’artificiel. Au fait, « aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur » a exhorté et conseillé Nafissa Omar Farouk. Revenir à la cosmétique naturelle est important et c’est à cela que s’attèle Safina Cosmétique. La promotrice de la marque n’a pas hésité à aller renforcer ses capacités à travers diverses formations. Ce qui n’est  malheureusement pas le cas de nombreux acteurs qui entreprennent dans ce domaine très sensible a-t-elle déploré. « Il y en a qui vont beaucoup plus moins sans grande formation. Or, Il faut vraiment se former pour savoir ce qu’on fait et ce qu’on donne aux gens à utiliser » a préconisé Nafissa Omar Farouk qui souhaite voir la tendance se renverser et que les produits l’usage de produits cosmétiques naturels prenne le pas afin de préserver non seulement la santé mais également l’environnement. 

La tendance de dépigmentation en vogue doit être inversée et laisser place à celle à maintenir son teint naturel. C’est ainsi seulement que les producteurs éviteront de mettre sur le marché des produits peu favorables parce que contraints par les besoins du marché. Aussi a-t-elle appelé les fabricants à privilégier le côté humain au côté profit, car au-delà de tout, la dépigmentation selon elle constitue un problème de santé publique. Et l’Afrique offre d’importants atouts pour y parvenir, lesquels atouts qu’exploite Safina Cosmétique, véritable ambassadeur de la production locale en Afrique.


Youssouf Sériba, Oslo C. Wanou