Indice de l’Etat de Droit: Le Niger se place au 109e rang au niveau mondial

(Echos du Niger 27 octobre) Selon le dernier classement de l’indice sur l’État de Droit publié ce 26 octobre, le Niger figure à la 109e place sur un total de 140 pays. Si ce rang ne semble avoir rien de glorieux, il traduit une progression de 2 points par rapport à l’année dernière. Sur les 34 pays d’Afrique Subsaharienne pris en compte par le classement, le pays de Mohamed Bazoum se place à la 18e place.

Dans la zone UEMOA, le pays se place à la 6e place, juste derrière la Côte d’Ivoire, la première place du Podium occupée par le Bénin. Pour ce qui est de l’espace CEDEAO, c’est le Sénégal qui a enregistré fait le plus de progrès. Le pays de Macky Sall se place à la 56e place au niveau mondial et au premier rang en Afrique. Globalement, l’indice révèle que pour la cinquième année consécutive, le score d’une vingtaine de pays africains a baissé traduisant une certaine détérioration de l’État de droit.

Au niveau mondial, la situation n’est pas plus reluisante. Les données fournies par l’indice révèlent que les tendances vers l’autoritarisme observé pendant la crise sanitaire n’ont pas changé. Des régimes forts exercent de plus en plus de contrôle sur l’espace public limitant ainsi les droits des citoyens. Sur le plan africain, les pays les plus performants sont le Rwanda (42e sur 140), la Maurice (45e sur 140) et la Namibie (46e sur 140). La République Démocratique du Congo figure parmi les 5 derniers, il occupe le 137e rang.

Youssouf Seriba

Saisie de 130 kg de cannabis dans un bus en provenance d’Accra deux personnes interpelées

(Échos du Niger 26 octobre)Le lundi 24 octobre 2022 lors d’une fouille de routine effectuée sur un bus de transport de la place en provenance d’Accra/Ghana, les éléments de l’Office Central de Répression du Trafic cite des Stupéfiants (OCRTIS) en service à Antenne Départementale de Gaya ont saisi cent quarante-quatre (144) briques d’herbe de cannabis d’un poids total de cent trente (130) kilogrammes.

Cette quantité de drogue a été soigneusement dissimulée dans cinq (5) cartons qui ont été cachés à l’intérieur du bus, sur les derniers sièges passagers pour tromper la vigilance des dispositifs de contrôle.

Les investigations menées ont permis d’interpeller un individu de nationalité nigérienne qui n’est autre que le chauffeur principal du bus.

La poursuite des investigations a permis également l’interpellation à Niamey du cerveau de ce réseau un autre grand trafiquant de nationalité nigérienne, déjà connu des services de l’OCRTIS.

La perquisition de son domicile a permis de saisir une moto DT d’une valeur de trois millions (3.000.000) de FCFA et un acte de cession.

La drogue saisie a traversé plusieurs pays de la sous-région avant d’arriver à la frontière nigérienne. Elle est censée alimenter la consommation de la ville de Niamey et de certaines localités du pays.

Cette saisie s’ajoute à plusieurs autres déjà effectuées par les éléments de la même Antenne et dont les trafiquants et leurs complices interpelles ont été mis à la disposition de la justice.

Face à l’ampleur du phénomène l’Antenne OCRTIS de Gaya réitère son appel à la population et aux voyageurs pour plus de vigilance el de collaboration avec les forces de défense et de sécurité, et se félicite de l’engagement et du soutien de ces dernières dans la lutte contre le trafic de drogue au niveau local.

Fahdel Alou

Énergies : La ligne de haute tension Kandadji-Niamey d’une valeur de plus de 16 Milliards de FCFA est lancée

(Échos du Niger 26 octobre)Bientôt, les coupures de courant seront peut-être un mauvais souvenir pour les habitants de Niamey. Le lancement des travaux de construction de la ligne de transport d’énergie haute tension 132 MW devant relier le barrage de Kandadji à la Ville de Niamey a été lancé ce 25 octobre 2022 par le président de la République Mohamed Bazoum. La cérémonie de lancement s’est déroulée sur le site de construction du barrage de Kandadji à 183 km de Niamey. Elle a vu la participation du représentant de la banque Islamique de développement (BID), Habibou Djibo et du président du conseil d’administration (PCA) de l’agence de barrage de Kandadji (ABK), Issoufou Katambé. Cette ligne qui devra servir au transport de l’énergie électrique produite par le barrage de Kandadji jusqu’à la capitale Niamey a été financée par la Banque Islamique de Développement (BID) à hauteur de 16, 5 milliards de FCFA. Le délai d’exécution des travaux est de 30 mois. La réalisation des travaux est confiée à l’entreprise Kalpataru Power Transmission.

Dans son intervention, Issoufou Katambé a précisé que la zone du projet couvre les départements de Tillabéri, Kollo et la Communauté urbaine de Niamey et rappelé que la zone de Kandadji et la région de Tillabéri seront également alimentées par la ligne. Dans les détails, cette ligne d’environ 190 km de longueur apportera de la lumière à 40 localités réparties dans 8 communes du Niger. Le Niger est le pays le moins éclairé de la zone Uemoa. Le taux d’électrification varie selon les estimations entre 15 et 20 %.

La construction du barrage de Kandadji a été lancée le 26 mars 2019 par le président Mahamadou Issoufou. Il devrait entrer en activité en 2025. A ce jour, les travaux ont atteint un niveau de réalisation de 25 %.

Mawulolo Ahlijah

Défense : L’Italie offre deux hélicoptères à l’armée nigérienne

(Échos du Niger 25 octobre)En visite au Niger en début de semaine dernière, le ministre de la Défense italien, Lorenzo Guérini a annoncé que son pays offrait aux Forces de défense et de sécurité deux hélicoptères militaires de type AB 412. « Dans le cadre de la coopération militaire entre nos deux pays, nous avons remis aujourd’hui deux hélicoptères au Niger. L’année prochaine, il y en aura deux autres », a déclaré le ministre italien de la Défense au sortir d’un entretien avec le président Mohamed Bazoum. Lorenzo Guérini qui était accompagné du chef d’état-major des armées, l’amiral Cavo Dragone s’est aussi entretenu avec son homologue Nigérien Alkassoum Indattou. La situation sécuritaire était au menu de ces différents échanges. La visite a aussi permis au ministre italien de s’enquérir des activités du contingent militaire italien opérant dans le pays. Il a salué la relation de coopération sur le plan sécuritaire qui existe entre les deux pays et a félicité les forces armées du Niger pour le travail « qu’elles accomplissent avec courage et professionnalisme ». Principale porte d’entrée des migrants en Europe, l’Italie a renforcé sa coopération sur le plan sécuritaire avec le Niger au cours de ces dernières années. Le Niger étant un pays de transit pour des centaines de milliers de personnes en route pour l’eldorado européens, une détérioration de sa situation sécuritaire déjà fragile pourrait avoir de graves conséquences sur tous les pays du bassin méditerranéen. En septembre 2017, L’Italie et le Niger ont signé un accord à Rome pour développer la coopération bilatérale en matière de sécurité et de défense. Rappelons que le Niger est en guerre depuis des groupes terroristes comme Al-Qaeda et l’État islamique à l’Ouest et au Nord et Boko-Haram au sud

Youssouf Sériba

Sécurité : Une nouvelle attaque dans la région de Tillabéry a coûté la vie à deux policiers

(Échos du Niger 25 octobre)48 heures après l’attaque qui a coûté la vie à 11 civils sur l’axe Banibangou-Tizigorou, la région de Tillabéry vient d’être endeuillée par une nouvelle attaque. C’est ce qu’indique le média en ligne french-china.org.

Citant des sources locales, le média chinois fait état de deux policiers tués dans une attaque contre le poste de police de Tamou ce lundi 24 octobre. La localité de Tamou est située dans le département de Say, lui-même situé dans la région de Tillabéry.

Selon les témoins, un groupe de combattants djihadiste aurait attaqué ce poste de contrôle policier à pied. Ils auraient laissé leurs motos dans la brousse environnante pour ne pas se faire remarquer. Immédiatement après l’attaque, un détachement du groupe d’actions rapides de surveillance et d’intervention au Sahel (GARSI) a lancé une opération de ratissage, toujours selon les sources locales. Pour l’heure les autorités locales n’ont pas confirmé cette nouvelle attaque. À cause de sa proximité avec le Mali et le Burkina voisin, la région de Tillabéry qui fait partie de la zone dite des trois frontières fait partie des localités les plus attaquées par les groupes terroristes. Depuis 2015, ce sont plusieurs centaines de personnes qui ont trouvé la mort et des dizaines de milliers qui ont fui leur village à cause de ces attaques.

Mawulolo Ahlijah

Terrorisme : 11 morts dans une attaque dans la région des 3 frontières

(Échos du Niger 24 oct)Selon un bilan provisoire, au moins onze civils auraient été tués ce vendredi 21 octobre dans l’ouest du Niger au cours d’une attaque visant trois camions et une moto par des combattants jihadistes proches de la frontière avec le Mali. Cette nouvelle attaque qui s’est produite dans la zone dite des trois frontières a été rapportée par l’AFP qui cite des sources locales. « Trois camions ont été interceptés samedi vers 11 h par des hommes armés et les neuf membres à bord ont été tous assassinés. Deux autres personnes sur une moto ont été également tuées », a affirmé à l’AFP un responsable municipal. Un député de la région a également confirmé le bilan de onze morts. L’attaque des trois camions a eu lieu sur une route sablonneuse et peu fréquentée située entre la ville de Banibangou et le village de Tizigorou. L’un des camions venait de quitter Banibangou où il avait livré le vendredi, du ciment à des entrepreneurs. Ces attaques interviennent après plusieurs mois d’accalmie dans la zone de Banibangou. Au cours de l’année 2021, cette région avait connu de multiples assauts particulièrement sanglants visant des populations civiles. Notons qu’au mois de février 2022, 18 personnes avaient été tuées dans une attaque contre un camion de transport par des hommes armés à motos dans ce même département de Banibangou. Un peu plus loin, le 2 novembre 2021, c’est au moins 69 membres d’un Comité de vigilance communément appelé milice d’autodéfense, conduit par le maire de Banibangou qui avaient été massacrés par des jihadistes.

Mawulolo Ahlijah

Agriculture : Bientôt une assurance pour les paysans nigériens

(Échos du Niger 24 oct)Une assurance agricole indicielle au profit des producteurs pourrait bientôt voir le jour au Niger. La créance de cette assurance émane d’une volonté affichée par les pouvoirs publics. Elle devrait permettre de mettre les agriculteurs à l’abri en cas de catastrophes. Cette décision a été motivée par les sinistres créés par le Covid et les intempéries provoquées par une pluviométrie imprévisible. L’annonce de la mise en place de cette assurance a été faite par le ministère de l’Action humanitaire. Pour le département chargé de la gestion des catastrophes, cette décision est nécessaire pour soutenir l’économie nationale. Il permettra aussi de renforcer la gestion des populations. Il a rappelé que la création d’une assurance pour le secteur de l’agriculture et de tous les autres secteurs liés à l’environnement est une nécessité dans le contexte actuel. À travers cette assurance agricole, le gouvernement veut donner la possibilité aux agriculteurs de limiter les risques qui planent sur leur tête. Un agriculteur assuré bénéficiera d’un accès plus facile à des intrants et d’un financement bancaire. Selon les données officielles, sur les 40 dernières années, le Niger a enregistré plus de 3 700 catastrophes qui ont entraîné des pertes économiques estimées à plus 40 milliards de FCFA. Le Niger est l’un des pays africains les plus exposés aux conséquences du changement climatique. Il reste très exposé aux risques de sécheresse et subit les conséquences d’une situation sécuritaire difficile.

Youssouf Sériba

Politique : Maïkoul Zodi n’est plus le bienvenu en France

(Échos du Niger 24 oct)Après la militante panafricaine d’origine camerounaise Nathalie Yamb , c’est autour de l’activiste nigérien Maïkoul Zodi d’être déclaré persona non grata en France. Le jeudi 20 octobre, la France a décidé d’annuler le visa de circulation sur son territoire dont bénéficiait le militant nigérien.

« l’ambassade de France m’a envoyé tout à l’heure un courrier par email pour me notifier l’annulation de mon visa. J’irai à l’ambassade pour leur demander les raisons », a déclaré à l’AFP Maïkoul Zodi.

Coordinateur au Niger du mouvement Tournons la Page (TLP) Maïkoul Zodi est une figure importante de la société civile. Il s’est fait connaître par ses actions contre la présence des bases militaires occidentales, notamment françaises au Niger. « Nous avons besoin de la coopération française. Mais nous ne voulons pas que la France joue un rôle paternaliste au Sahel » a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP.

Du côté de l’ambassade de France, on se défend. « Il convient de rappeler qu’un visa de circulation n’est pas un droit et qu’il est accordé généralement à des personnes qui sont amenées à se rendre souvent en France pour des raisons professionnelles, ce qui n’est pas le cas de M. Zodi », a précisé à l’AFP Sylvain Itté, ambassadeur de France au Niger. Il a ajouté qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction de séjour et que Maïkoul Zodi pouvait faire la demande d’un autre type de visa.

Le mouvement Tournons la Page a organisé des manifestations à Niamey pour demander le départ des forces militaires françaises. « Au fil du temps, ces forces sont devenues illégitimes parce qu’après dix ans d’existence, la situation ne fait qu’empirer », a également déclaré l’activiste aux correspondants de l’AFP.

Rappelons que c’est au mois d’avril dernier que le Parlement nigérien a voté en faveur d’un texte autorisant le déploiement sur le territoire des forces étrangères, dont les forces françaises pour combattre les djihadistes.

A noter que Zodi est lauréat du Prix des Droits Humains de la République de France. Il avait recu sa dinstinction en décembre 2018 à Paris.

Mawulolo Ahlijah

Santé : le ministre de la santé revient sur les raisons de la fermeture de 13 établissements de formation des agents de santé

Les autorités nigériennes ont pris la décision de fermeture de certains établissements de formation de santé.

Au total, treize écoles de formation professionnelle privées en santé ont été fermées. Des fermetures intervenues à la suite de contrôles effectués dans ces écoles par l’inspection générale des services de santé.

Selon le ministre de la Santé publique du Niger, Dr Idi Illiassou Mainassara, des manquements ont été relevés par l’inspection générale de service de santé. « Ces fermetures font suite à des inspections qui ont concerné pratiquement toutes les écoles de santé publiques et privées. Il a été constaté des irrégularités dont certaines majeures et les autres qui ont eu des mises en demeure sont mineures au niveau des régions ». Les irrégularités majeures sont liées au « manque d’encadrement mais, également de toutes les conditions requises pour un enseignement de qualité en matière de soin de santé n’étaient pas réunies ».

Ce qui a conduit les ministères de tutelle à procéder à des fermetures.  C’est d’ailleurs dans une dizaine de lettres que le ministre des enseignements techniques et de formations professionnelles, Kassoum Mamane Moctar a informé les fondateurs de ces établissements de leur fermeture.

Presque toutes les écoles de formation en santé se trouvant dans les départements ont été fermées. « Au niveau de ces départements, les conditions ne sont pas réunies pour avoir une formation de qualité, une pratique régulière avec tout ce qu’il faut comme unité de soin » a déclaré Dr Idi Illiassou Mainassara interrogé par Fahdel Alou notre correspondant depuis Gaya où sont situés certaines de ces établissements.

Des écoles de formation de santé de la capitale Niamey et dans les chefs-lieux des régions ont été touchées par ces mesures.

Des échanges ont eu lieu entre les autorités et l’association des fondateurs des écoles privés. « Des échanges très fructueux » selon le ministre nigérien de la santé. Avant d’ajouter qu’ils ont compris la décision du gouvernement, « non seulement, c’est pour la qualité de la formation, mais c’est pour préserver la santé de la population ».

Un minimum est à observer pour assurer ces formations. Comparativement, aux différents plateaux techniques disponibles dans les chefs-lieux de régions, les départements sont dépourvus de toutes ces possibilités.

Selon le ministre nigérien de la santé publique, dans les départements, il est impossible en tout cas de croire à ce qu’il ait une formation de qualité, des stages pratiques. C’est impossible !

Dr Idi Illiassou Mainassara n’a pas manqué de rappeler qui 18 centres de santés ont été sanctionnés parmi lesquels 16 ont été mis en demeure pour des manquements ou des délais pour se conformer. « Il s’agit des centres de soin dont l’ensemble se trouve sur la ville de Niamey, 2 sont totalement fermés en attendant qu’ils se régularisent ». En somme, « si ces centres ne prennent pas des dispositions pour mettre en œuvre ses recommandations, ils seront fermés ».

Pour finir, Dr Idi Illiassou Mainassara, ministre de la Santé publique du Niger, souligne qu’après la demande d’autorisation, il est nécessaire que les fondateurs fassent une demande d’exploitation. Toutes les conditions doivent être réunies avant d’ouvrir son établissement.

Fahdel Alou

Élevage à Niamey: impact des déchets plastiques sur la santé animale

(Échos du Niger 20 octobre) Les déchets plastiques constituent de plus en plus une préoccupation pour la santé animale dans la ville de Niamey. Au quartier  Darelsalam dans le 2e arrondissement, une des rares aires de pâturage à Niamey qui résiste à l’urbanisation, les animaux ingèrent des déchets plastiques en présence des bergers. Une situation qui constitue une vraie menace pour la santé animale selon les services en charge de l’élevage.

Selon Hamani Abdou Directeur de l’élevage de l’arrondissement communale Niamey II « lorsque l’animal ingère des plastiques cela reste indéfiniment dans son rumen (estomac), il maigrit progressivement  et la finalité c’est la mort du remuant » explique-t-il  avant d’inviter la population à ne pas laisser les déchets plastique trainer à la portée des animaux notamment dans les enclos.

En cette période de soudure les aliments bétails se font rares particulièrement en raison du déficit fourrager que connait le Niger depuis quelques années. En 2021 il était de 37 % selon la primature.

A noter que l’élevage est pratiqué par près de 87 % de la population active, soit en tant qu’activité principale, soit comme activité secondaire. Il contribue à hauteur de 35 % au produit intérieur brut agricole du Niger et à hauteur de 22 % de la valeur totale des exportations selon les données du ministère de l’élevage. Cette activité constitue également la seconde source de recettes d’exportation du pays après les ressources minières selon la même source. Son apport est de 15% au revenu des ménages et contribue pour 25% à la satisfaction des besoins alimentaires des populations nigériennes.

Ailatou Hamidou(stagiaire)

A Gaya le président Bazoum réitère son engagement ‘’Une région Une industrie’’

Lundi 10 octobre, l’hélicoptère transportant le chef de l’état nigérien a atterri pile à 10h à aérodrome de Gaya. Une foule immense l’attendait pour un accueil digne de son rang. Tout au long du trajet, la population du Dendi était debout pour souhaiter la bienvenue à leur Hôte. L’aménagement hydro-agricole Sakondji, dans la commune urbaine de Gaya, a constitué la 1ère étape de la visite de travail du Président de la République S.E.M Mohamed Bazoum. Elle une Superficie endiguée de 90 Ha dont 63 Ha exploitables. Il est actuellement exploité par 209 producteurs dont 9 femmes en double campagne par an. L’exploitation et l’entretien courant de l’AHA de Sakondji sont assurés par deux entités représentatives des usagers (ERU), la Société Coopérative HAWI DABEY et L’association des Usagers d’eau d’Irrigation (AUEI). Les travaux de réhabilitation de l’AHA de Sakondji ont été réceptionnés en 2020 ; aussitôt réceptionné, le périmètre a subi une inondation totale au cours de la campagne Saison Humide 2020. Au cours de cette saison de pluie 2022, une inondation partielle a été enregistrée suite aux fortes pluies et les apports des Dallols FOGA et MAOURI. La 2ème étape, de cette journée de visite à Gaya, du Président de la République S.E.M Mohamed Bazoum, a été l’hôpital de district de Gaya, construit sur une superficie de 2 ha, grâce à la coopération belge à travers Enabel. Cet hôpital sera, à partir de l’année prochaine, le cœur de la mise en œuvre du projet de mise en place de l’assurance maladie pour tous. Ce projet qui figure en tête d’affiche de la politique sanitaire du Président Bazoum, permettra, à terme, d’assurer une large couverture sanitaire, de qualité, à un maximum de nigeriens de toute les couches sociales et principalement celles rurales. Le Chef de l’État suivra personnellement la mise en place de la phase pilote, de cet important projet, qui débutera dès 2023. La 3ème étape de cette journée de la visite de travail du Président de la République S.E.M Mohamed Bazoum, a été la laiterie de Gaya.D’une capacité de 2500 litres de lait cru local, cette usine, œuvre de la coopération belge, rentre elle aussi (comme l’AHA de Sakondji) dans le cadre de la création des pôles agro-industriels volet développement de la chaîne de valeur lait dans le secteur de l’élevage. A terme, l’exploitation de cette laiterie contribuera à augmenter la production de lait local de façon à relever la consommation du lait de 31 litres par personne/ à 71 litres/par personne en 2035 et accroître les revenus des éleveurs à travers un relèvement significatif des marges brutes d’au moins 150.000 fcfa par an et par vache en lactation. Ainsi le choix de Gaya, une zone à fortes potentialités agro-sylvo-pastorales, prend totalement corps avec l’axe 4 de la DPG portant sur la modernisation du monde rural, à travers le programme ”Une Région-Une Industrie ”, en faisant de la région de dosso un pôle agro-industriel laitier. Le president Bazoum Mohamed a fini a serie de visite a Gaya sur le chantier du WAPCO en charge de la construction de la pipeline Niger – Benin

Fahdel Alou

Mariages précoces au Niger : tabous sociaux, vies brisées

Au Niger, le mariage des enfants est une pratique très rependue dont les principales victimes sont les filles. Selon le ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant, plus de 76 % des filles au Niger sont mariées avant l’âge de 18 ans. De ce pourcentage, près de la moitié le sont avant l’âge de 15 ans, et très souvent malgré elles.

Maradi, capitale économique du Niger, a environ 618 km de Niamey (au centre sud-est du Niger), figure parmi les régions du pays où le phénomène du mariage précoce persiste encore avec beaucoup d’acuité. Au quartier Yan Banana de Maradi vit le patriarche Mahamadou Ousmane, un homme âgé de 67 ans. Pour lui, il faut faire autant d’enfants que possible et les marier très tôt. «J’ai 39 enfants et 38 petits fils présentement. J’ai marié 12 filles et 3 garçons. Mes filles, je les ai mariées de manière stricte à l’âge de 13 ans, exceptée une (Rosa) qui l’a été à 14 ans», déclare le patriarche surnommé ‘’Délicat’’ à Maradi.

Pour lui et certains de sa génération, ceci n’a rien de particulier, il s’agit de reconduire des pratiques ancestrales. Sans plus. Malheureusement, pour les jeunes filles, ces pratiques comportent d’énormes conséquences sanitaires et sociales. Entre mortalité maternelle, fistule obstétricale et abandon scolaire, elles sont des milliers de jeunes filles victimes de ce fléau social qui préoccupe jusqu’au sommet de l’État.

Une pratique à hauts risques…

A Tibiri, département de Maradi, en ce mois pluvieux de septembre, les travaux agricoles occupent tout le monde. Amina Salifou est l’une des rares femmes restée au village ce matin. La plupart sont parties au champ, certaines pour aider leurs époux, d’autres pour s’occuper de leurs petits lopins de terre semés de haricot et d’arachide. Mariée de force en 2018 à l’âge de 13 ans, Amina a connu les pires affres du mariage précoce. «J’étais en classe de 5e et je passais en 4e lorsque pendant les vacances, mon père décida de me donner en mariage au fils d’un de ses amis», raconte-t-elle. Malgré la forte opposition de sa mère qui supplia son époux de laisser sa fille poursuivre l’école, rien n’y fit ! « Mon père rétorqua qu’il a promis à son ami de me donner en mariage à son fils depuis que j’étais encore enfant », poursuit Amina. C’est ainsi que le mariage fut scellé sans son consentement et sans l’aval de ma mère.

A l’époque, elle avait 13 ans tandis que l’homme en question en avait 37 et avec déjà une femme et cinq enfants. Deux ans plus tard, Amina, encore mineure, contracte sa première grossesse. Les conditions de vie dans son foyer étaient insoutenables. «Le foyer conjugal était comme une prison. Je n’avais pas le droit de sortir de la maison sans l’autorisation expresse de mon mari», se rappelle-t-elle. La jeune fille, qui a cessé de fréquenter les bancs contre son gré pour se retrouver avec un statut de femme au foyer ne pouvait donc même pas se rendre aux consultations prénatales, pourtant obligatoire pour un suivi régulier de sa grossesse. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur sa santé et le bébé qu’elle attendait. Ainsi, dit-elle, « lorsque la grossesse est arrivée à terme et qu’on m’a transportée à la maternité pour l’accouchement, il y a eu des complications. J’ai passé 48 heures de travail sans parvenir à mettre au monde le bébé. C’est seulement au 3e jour que les sages-femmes ont pu me délivrer, mais l’enfant est arrivé sans vie».

Devant cette situation, Amina a été placée en observation pour une semaine. Au bout du 2e jour d’observation, elle a constaté qu’elle ne pouvait plus retenir les urines, qui coulaient dès que sa vessie se remplissait. C’était un tournant douloureux de sa vie caractérisée par le chagrin et la stigmatisation par son entourage.

L’ampleur d’un phénomène dangereux…

Comme Amina, elles sont des milliers de mineures au Niger, victimes de mariage précoce, un phénomène encore très vivace dans les régions de Maradi et de Zinder dans les sud du pays et dans une moindre proportion celle de Tahoua dans le nord du pays. Dans nombre des cas, dès la première ou la deuxième grossesse, c’est des problèmes. Ou c’est la mort au moment du travail ou c’est la perte du bébé suivie de l’apparition d’une fistule. Rares sont celles qui ont la chance de s’en sortir indemne de l’épreuve. Ces victimes, Fatima Bako sage-femme et point focal fistule au Centre Mère et Enfant (CME) de Maradi les côtoient tous les jours. Pour elle, le mariage précoce est une pratique à proscrire pour une meilleure santé maternelle. «Le plus souvent, les filles mineures mariées tombent facilement enceinte alors qu’elles ont le bassin immature, et donc ne peuvent pas supporter une grossesse», explique Bako. Mais le problème surtout, selon elle, c’est que ces cas de grossesse ne sont pas suivis du tout ou sont mal suivis dans certain cas.

«Nous enregistrons fréquemment des cas avec des complications où le travail, qui ne doit pas dépasser 24h se prolonge pendant 48h voire 72h. Et au finish, c’est un bébé mort née dans certains cas avec à la clé une fistule » deplore la sage-femme. Selon le ministère nigérien de la Santé en 2021, 625 cas de fistule ont été enregistrés au Niger, lesquels cas viennent grossir les 15.000 déjà recensés dans les centres de prise en charge à travers le pays. Rien que par rapport à ce risque auquel sont potentiellement exposées les filles mineures mariées, les parents se doivent d’abandonner le mariage précoce.

Mariage précoce, un fait culturel…

Si dans l’imaginaire collectif, l’on pense que le mariage précoce est une prescription religieuse, les experts, eux, parlent de phénomène culturel. Pour Mounkaïla Idé, sociologue, «le mariage précoce est une pratique courante dans notre pays, surtout en milieu rural où le taux d’alphabétisation est encore très faible ». Il s‘agit d’un phénomène purement culturel auquel l’on tend à donner une connotation religieuse. Outre cet aspect, le sociologue énumère aussi parmi les causes de sa forte prévalence dans le pays, cette considération selon laquelle de nombreux parents surtout non instruits pensent qu’il faut marier les filles tôt pour qu’elles aient rapidement des enfants qui grandiront pour les assister dans leur vieillesse. « Cette considération explique aussi, en partie, la forte prévalence de la polygamie et le taux de natalité élevé dans ces régions. Dans ces zones, pour nombre de couples, avoir beaucoup d’enfants est perçu comme la plus grande richesse que Dieu puisse octroyer», souligne-t-il. Elle concourt hélas aussi au maintien du fort taux de mortalité infantile qu’affiche le Niger. Selon la Fiche des Données sur la Population Mondiale 2022 publiée par le Population Reference Bureau (PRB, basé à Washington), le taux de mortalité chez les enfants de moins d’un an est de 40 décès pour 1000 au Niger. A la Direction régionale du ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’Enfant de Maradi, ce taux de mortalité infantile élevé constitue une véritable source de préoccupation. « D’après des études menées par les services publics et des organisations humanitaires sur le phénomène, Maradi vient en tête ou en 2e position, très souvent, devant Zinder et Tahoua », souligne Maliki Malam Abdou, chef de Division protection de l’Enfance à la Direction régionale du ministère à Maradi.

« Entre janvier et mai 2022, nous avons recensé 32 cas de décès d’enfants dont les mères ont été mariées entre 13 et 14 ans », décompte-t-il, précisant que des centaines d’autres échappent à ce recensement.

Prétendu bouclier contre la débauche…

Outre les raisons pécuniaires qui justifient aussi cette propension de certains parents à marier précocement leurs filles surtout en zone rurale, il y a, du point de vue des parents conservateurs, ce souci de les protéger leurs filles contre « la débauche », notamment la prostitution. Celle-ci constitue un phénomène inquiétant aussi bien pour les parents que pour les autorités.

En mai 2019, à travers un arrêté N°024/VM/PDS, les autorités de la ville de Maradi avaient tenté une lutte contre la prostitution sans succès, plus deux ans après elle a pris des proportions plus inquiètantes dans cette région. Or, pour réduire les mariages précoces et lutter contre la prostitution des mineures, la solution passe par l’école et par l’autonomisation économique des femmes, selon les spécialistes. D’après les données les plus récentes du ministère nigérien de l’Éducation sur la question, les filles demeurent encore sous-scolarisées par rapport aux garçons, malgré leur supériorité numérique sur le plan démographique. En 2015, à peine 64 % des filles sont inscrites à l’école alors que leur taux d’alphabétisation était de 18,2 % contre 40,2 % pour les garçons sur la même période. Mahaman Awal, Imam à Maradi par ailleurs directeur de l’école franco-arabe de l’Agence des musulmans d’Afrique, est convaincu que la solution passe par l’école : « la première ordonnance de Dieu à son messager en descendant son Saint Coran sur terre à travers lui, c’est ‘Ikra!’ qui signifie ‘lit!’. Cela veut dire que la quête du savoir est une chose très importante dans la vie, aux yeux du Tout Puissant », indique Awal.

«Permettre aux jeunes filles d’avoir la même chance que les garçons de faire des études poussées constitue un bienfait important pour toute communauté humaine», estime-t-il. « Cette instruction qu’il faut donner aux enfants ne se résume pas uniquement à celle dispensée par l’école des Blancs ; elle doit aussi se donner dans le domaine religieux, afin que les enfants maîtrisent dès le bas âge les préceptes de l’Islam ». Question : combien sont-ils au Niger, pays où le conservatisme religieux gagne du terrain, à penser comme l’imam Awal, dont les enseignements pourraient sortir des milliers de jeunes filles de ces pratiques ancestrales et les libérer de la « prison » des mariages précoces ?

Youssouf Sériba