Augmentation du prix du gasoil : le front social s’agrandit

(Les Échos du Niger 5 août)Les syndicats de travailleurs et le gouvernement nigériens ne s’accordent toujours pas sur l’augmentation du prix du gasoil. Après la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) le 31 juillet dernier, c’est au tour du l’Intersyndicale des Travailleurs du Niger (ITN) d’exprimer son désaccord le mardi 04 août et d’exiger que cette décision soit annulée. Ceci, n’en déplaise à la réaction du gouvernement à travers le ministre du commerce qui, à la faveur d’une rencontre d’explication le 02 août a justifié la mesure par la situation mondiale caractérisée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine : « Elle s’est imposée compte tenue de l’environnement économique qui exerce une forte pression sur nous ». Un argument débouté par l’ITN qui a argumenté que le pétrole est extrait au Niger, raffiné puis commercialisé par, une société nationale, la SONIDEP. Ainsi, l’ITN a jugé fallacieux et sans fondement l’augmentation du Ministre du commerce qui a justifié cette hausse par la guerre en Ukraine. Précédemment, cette décision «vient fragiliser le développement d’un secteur déjà en proie à de multiple difficultés et qui ne manquerait pas d’impacter négativement les coûts des denrées alimentaires qui connaissent de plus en plus une hausse vertigineuse » avait déjà déploré et critiqué la CTDN. A sa suite, l’ITN, qui regroupe la CGSL-Niger, la CNT, l’USTN et l’USPT a bouché la même trompette. Il s’agit d’une « décision inattendue et antisociale prouve à suffisance, l’insouciance du gouvernement face des souffrances des populations tenaillées par la famine consécutive aux mauvaises campagnes agricoles successives et l’insécurité grandissante d’une part, et la situation de précarité des travailleurs » dont les revenus sont demeurés statiques depuis une dizaine d’année a avancé l’ITN. Elle a fait allusion aux coûts élevés de nombreux autres produits sur le marché, l’ITN estime que cet enchérissement du coût du gasoil viendra empirer le climat économique. Et pourtant, depuis 2012, la réduction du coût des hydrocarbures au Niger fait objet de revendication et a même été au cœur des réflexions du comité technique chargé de réfléchir sur la commercialisation des produits pétroliers et dont les conclusions attendent d’être étudiée. « C’est donc contre toute attente qu’on assiste, médusé, à une décision insultante, tombée au nez des citoyens » a expliqué l’intersyndicale qui a insisté sur l’urgence de rapporter la décision au grand bonheur des populations. Si rien n’est dans les meilleurs délais, elle entend aller loin dans sa fronde. « En tout Etat de cause, les centrales syndicales membres de l’ITN sont prêtes à engager des actions énergiques et d’envergure si le gouvernement s’entête à maintenir cette décision et le tient pour unique responsable de ce qui adviendra » ont conclu les conférenciers qui ont exhorté les travailleurs à se tenir prêts pour répondre à l’appel.
Oslo C. WANOU

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