Journée sans tabac, 6,2% des nigériens fument avec un taux de 11,5 % chez les hommes et 0,2% chez les femmes(enquête STEPS)

Ce mardi 31 mai 2022, le monde entier commémore la Journée mondiale Sans Tabac. Le Niger n’est pas resté en marge de la célébration à l’occasion de la quelle, Dr Illiassou Idi Maïnassara ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales a adressé hier lundi 30 mai, un message au peuple nigérien notamment, les acteurs à divers niveaux, de la production jusqu’à la consommation.

(Les Échos du Niger 31) « Le tabac : une menace pour notre environnement ». C’est le thème central de la journée mondiale sans tabac édition 2022. Dans son adresse publique au peuple du Niger pour la célébration de cette journée, le ministre de la santé, Publique, de la Population et des Affaires Sociales, Dr Illiassou Idi Maïnassara a peint le tableau sombre lié au tabagisme dans un contexte global puis restreint. Object de grande nuisance, plus de la moitié des friands de cette addiction en meurent selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur 8 millions de morts chaque année dans le monde, le ministre souligne que « plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée. Parmi les 1,3 milliard de fumeurs que compte le monde, plus de 80 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire comme le Niger ». L’usage du tabac est source de plusieurs maladies débilitantes et mortelles notamment les maladies respiratoires, cardiovasculaires et les cancers appuie la médecine. Le Niger sans doute n’est pas épargné des affaires du tabagisme. A propos, «Notre pays, loin d’être épargné par les multiples conséquences du tabac continue malheureusement d’en payer les frais comme en témoigne les chiffres révélés par la dernière enquête STEPS réalisée en 2021 par le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles. Aux termes de cette enquête, 6,2% des nigériens fument avec un taux de 11,5 % chez les hommes et 0,2% chez les femmes. Ainsi, le tabac se classe parmi les premiers facteurs de risque des maladies non transmissibles au Niger » a détaillé le ministre qui a poursuivi : « Les émissions de gaz à effet de serre équivalant à 84 mégatonnes de dioxyde de carbone par an, l’industrie du tabac contribue au changement climatique et amoindrit la résilience face à ces changements, gaspille des ressources et endommage les écosystèmes ». C’est pourquoi, Il y a lieu de renforcer le contrôle du trafic du tabac via la forte taxation des produits du tabac, l’application stricte des avertissements sanitaires graphiques, la mise en place de mécanisme d’aide au sevrage tabagique, de la promotion et du parrainage des produits du tabac, la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac, une réglementation renforcée, quant à la prévention de l’ingérence de l’industrie de tabac et la surveillance de mesures de l’interdiction de la publicité a-t-il préconisé. Cette journée est l’occasion d’une prise de conscience mondiale des divers risques liés au fléau et surtout d’inviter les divers acteurs à pendre garde. A cet effet, le thème concorde avec les préoccupations actuelles du monde qui se trouve de plus en trouve confronté aux dégâts du tabagisme. C’est un moment précieux cette célébration, pour sensibiliser le grand public par rapport à l’impact du tabac, que ce soit la culture, la production, que la distribution sur l’écosystème.

Oslo C. WANOU

Entrepreneuriat/ A la découverte de Nafissa Omar Farouk, promotrice de la marque de cosmétique Safina

Face au diktat de la dépigmentation, les produits cosmétiques bios et hand-made se présentent comme une alternative pour les consommatrices et les consommateurs. Safina Cosmétique, entreprise locale de produits cosmétiques naturels implantée à Niamey incarne cette alternative. La start-up met à  la disposition des utilisatrices des produits de soins adaptés et sans effets nocifs. Un business qui s’apparente à un combat pour un idéal mené depuis plus 7 ans par la jeune promotrice de cette marque Nafissa Omar Farouk pour qui « il faut lutter contre les produits nocifs qui sont importés sur le marché africain ». Des produits plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables.

Partie intégrante de l’organisme, la peau mérite une grande attention et des soins particuliers. Mais beaucoup n’y prennent pas garde et viole la naturalité de leur peau sous prétexte qu’ils veulent se rendre plus belle ou beaux selon. « On peut bel et bien prendre soins de sa peau et de son corps en restant naturel en consommant africain et mieux, nigérien » c’est le combat de la jeune entrepreneure Nafissa Omar. La patronne de la marque Safina veut aider les femmes nigériennes à surmonter le complexe lié à la couleur de la peau, éviter la dépigmentation et surtout prendre soins de leur peau sans l’affecter, tout en mettant en valeur les atouts au moyen de produits locaux, nourricières et sans effets néfaste aussi bien sur la santé sur l’environnement.  

Safina cosmétique dispose d’une quarantaine de produits réunis en trois gammes à savoir, capillaires, corporels et ménagers, toutes au goût du consommateur. Le projet entrepreneurial de Nafissa Omar Farouk est parti d’un constat qu’elle nous explique en ces termes « J’avais remarqué que beaucoup de femmes autour de moi, ici ou ailleurs avaient tendance à se dépigmenter la peau soit pour venir à bout de certaines imperfections, soit pour être plus claires. J’avais envie de prouver à ces femmes-là que pour prendre soin de sa peau et même pour être belle, on n’avait pas besoin de se la blanchir, et qu’il fallait être bien dans sa peau car, la peau noire, elle est belle et parfaite comme elle est » clame la jeune entrepreneure. Grâce aux différentes formations de perfectionnement,  Nafissa s’est rendu compte de certains effets des produits cosmétiques importés et l’urgence d’y substituer des ou produits locaux. Au fait « étant dans le bain et ayant suivi plusieurs formations, je me suis rendu compte que, en plus de ne pas être adaptés à notre environnement et à notre climat, les produits qui sont importés sur le marché africain sont plein de substances à tendance cancérigènes et très peu biodégradables ».

 « Aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur »

En effet, non seulement, ces produits sont néfastes pour la santé humaine, mais également pour l’environnement en raison de la matière, du packaging et donc, il faille convaincre les Africains des conséquences de ces produits selon la promotrice de Safina cosmétique. Le faire, c’est résoudre un problème environnemental et ensuite de santé publique.


Restaurer la confiance en soi, se perfectionner pour mieux servir…


Selon Nafissa Omar Farouk, la femme, mérite la valeur qu’elle reflète. Ainsi, « il revient à chacune de battre pour mériter sa place en toute dignité ». Il faudra à cet effet être sûr de soi, car c’est seulement ainsi que la femme convainc son entourage et force le respect. « C’est perdre l’estime de soi que de vouloir arborer une apparence artificielle pour le plaisir des autres » croit-elle savoir. Il importe donc de surmonter les critiques et de vaincre le regard du public en choisissant de soigner son naturel plutôt que de le troquer contre de l’artificiel. Au fait, « aimez-vous tel que vous êtes, estimez-vous à votre juste valeur » a exhorté et conseillé Nafissa Omar Farouk. Revenir à la cosmétique naturelle est important et c’est à cela que s’attèle Safina Cosmétique. La promotrice de la marque n’a pas hésité à aller renforcer ses capacités à travers diverses formations. Ce qui n’est  malheureusement pas le cas de nombreux acteurs qui entreprennent dans ce domaine très sensible a-t-elle déploré. « Il y en a qui vont beaucoup plus moins sans grande formation. Or, Il faut vraiment se former pour savoir ce qu’on fait et ce qu’on donne aux gens à utiliser » a préconisé Nafissa Omar Farouk qui souhaite voir la tendance se renverser et que les produits l’usage de produits cosmétiques naturels prenne le pas afin de préserver non seulement la santé mais également l’environnement. 

La tendance de dépigmentation en vogue doit être inversée et laisser place à celle à maintenir son teint naturel. C’est ainsi seulement que les producteurs éviteront de mettre sur le marché des produits peu favorables parce que contraints par les besoins du marché. Aussi a-t-elle appelé les fabricants à privilégier le côté humain au côté profit, car au-delà de tout, la dépigmentation selon elle constitue un problème de santé publique. Et l’Afrique offre d’importants atouts pour y parvenir, lesquels atouts qu’exploite Safina Cosmétique, véritable ambassadeur de la production locale en Afrique.


Youssouf Sériba, Oslo C. Wanou

Visite du Directeur Général de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS) au Niger

Après un séjour de trois jours à Ouagadougou, une délégation composée par le Directeur Général de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS), Maestripieri Luca, par le Chef de la Section Afrique du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) de l’Italie, Rusconi Marco, et par d’autres membres de l’AICS a poursuivi sa mission au Niger, dans le cadre d’une initiative conjointe visant à prendre connaissance du contexte d’intervention et de l’action des programmes soutenues par la Coopération italienne au Sahel. Il s’agit de la première mission du Directeur AICS dans le Pays et une des premières missions à l’étranger après la crise COVID.

Arrivé à Niamey le dimanche 15 mai 2022, la délégation a été accueillie par la mission diplomatique italienne au Niger, représentée par la personne de l’Ambassadrice Emilia Gatto, partenaire dynamique et soutien solide pour les actions de coopération de l’AICS au Niger. Avec l’accompagnement de S.E. l’Ambassadrice, la délégation a démarré la visite au Niger par une série de rencontres de caractère institutionnel et politique, qui se sont révélées une occasion précieuse pour discuter le futur du partenariat italo-nigérien et analyser, à travers une lecture technique-politique, l’architecture des aides au développement du sistema Italia dans le but d’améliorer les impacts sur la vie des bénéficiaires. En vue de l’importance de la mission, le Directeur de l’Agence Italienne de Coopération AICS, Luca Maestripieri a été reçu par le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Bazoum Mohamed au Palais de la Présidence. Il a ensuite été reçu par le Premier Ministre chef du gouvernement, SEM Ouhoumoudou Mahamadou. Au cours des rencontres ministérielles, la délégation italienne a réitéré son ferme engagement à travailler coté-à-coté avec les autorités nigériennes pour poursuivre l’objectif commun de soutenir la population du pays dans leur quête pour un développement durable et offrir assistance humanitaire aux populations affectées par les crises régionales. Dans ce cadre, le Directeur Maestripieri a saisi l’occasion de la visite avec SE le Président du Niger pour annoncer l’ouverture dans un bref délai d’un siège autonome de l’Agence situé à Niamey, visant à renforcer l’engagement italien dans la région.

Actuellement, les activités de coopération au Niger sont gérées par le Siège de Ouagadougou. De leur côté, les autorités de Niamey ont exprimé leur pleine satisfaction pour une présence accrue de la Coopération italienne dans le pays. La délégation a engagé les contreparties nigériennes dans une série de rencontres portant sur les secteurs spécifiques d’intervention de la Coopération italienne, le but étant de présenter les perspectives futures de l’aide au développement. Notamment, la délégation a échangé avec le avec le Ministre de l’Agriculture Dr Alambedji Abba Issa, le Ministre de l’Éducation Nationale Pr Ibrahim Natatou, le Ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales Dr Illiassou Idi Mainassara, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement Mahaman Adamou, et la Sécretaire Générale du Ministère de l’Action Humanitaire, Mme Djibrilou Bintou Mary. À travers un échange riche et productif, qui a permis de délinéer les secteurs prioritaires d’intervention de la coopération italienne dans le développement rural, l’adaptation au changement climatique, la lutte contre la malnutrition et la création d’emploi, les interlocuteurs ont contribué à la définition des perspectives communes et articulées concernant le rôle des aides italiennes dans le cadre du Plan du Développement Économique et Social (PDES) du Niger. Le mardi 17 mai, la délégation s’est rendue en visite à Agadez, accompagnée par les représentants de principaux partenaires internationaux actifs dans la région, notamment la Délégation de l’Union Européenne (DUE) au Niger, l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) et la Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Forte d’un agenda très riche de rencontres, la visite à Agadez a constitué l’une des activités phares de la mission sur les deux pays, en permettant à la délégation d’obtenir une vue concrète d’ensemble des enjeux humanitaires et de développement dans la région ainsi que d’interagir avec les acteurs du développement sur les terraines et avec les bénéficiaires des initiatives en question. La visite, qui a débuté par une rencontre de courtoisie avec le Gouverneur de la Région, le Maire d’Agadez et le Sultan de l’Aïr, a touché ensuite les sites d’intervention des projets mis en œuvre par les organisations de la société civile (OSC) italiennes dans le cadre du programme « Durabilité́ de l’Environnement et Stabilisation Économique sur la Route de Transit (D.E.S.E.R.T.) », notamment le chantier de construction des 500 maisons sociales qui seront réalisées par l’OSC CISP et la ferme-école de l’OSC COOPI, où la délégation a assisté à la formation d’une partie de 3000 bénéficiaires aux techniques pratiques de l’agriculture en zone aride et aux énergies renouvelables. Soutenu par un budget de 13.790.000 € de financement européen, le programme D.E.S.E.R.T. représente l’un des défis réussis de l’action de l’AICS au Niger, à travers son soutien actif et multisectoriel aux activités agro-sylvo-pastorales, à l’entrepreneuriat, à la création d’emploi et à la planification urbaine. La visite s’est poursuivie au bureau d’Agad’art, plateforme de e-commerce récemment lancée dans le cadre du projet « IDEE Bridge », financé par l’AICS et mis en œuvre par l’OIM. La visite a également touché le centre de transit aménagé et équipé par l’OIM et le centre d’accueil des réfugiés d’HCR, l’objectif étant de fournir des éléments de réflexion concernant le phénomène de la migration irrégulière, dont Agadez est devenue l’un des principaux carrefours au Sahara, et de ses conséquences sur le plan humain, social, et économique.

Ce passage a également permis de mieux comprendre les défis existants dans la gestion de la crise migratoire et de faire un constat des besoins humanitaires auxquels sont confrontés les populations affectées par les crises régionales pour mieux situer l’apport de la Coopération italienne dans le secteur. Depuis l’aggravation des crises régionales et des besoins humanitaires liée au flux en augmentation constante des population déplacées, la Coopération italienne a destiné une portion croissante de ses ressources à l’assistance des personnes vulnérables. En 2021, l’AICS a contribué 17.550.000 € au secteur de l’aide humanitaire , un montant qui correspond à environs 30% du portefeuille total de l’Agence au Niger. L’aide humanitaire, l’assistance au déplacés, les interventions de première urgence, mais aussi les initiatives ancrées dans l’approche du Triple Nexus visant à assister les plus vulnérables tout en renforçant la cohésion sociale et leur autonomie vis-à-vis les défis qui affectent leur contexte, c’est dans l’ensemble de ces actions qui l’intervention de la Coopération italienne inscrit son soutien aux programmes des partenaires des instances internationales et de la société civile. L’enjeu humanitaire était tout à fait l’objet des dernières rencontres avec la Coordonnatrice Humanitaire des Nations Unies, Louise Aubin, et les représentants du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Au terme de la mission à Niamey, le Directeur Général de l’AICS s’est dit satisfait par la visite, en réitérant « l’engagement plein de la Coopération italienne à travailler à côté des autorités nigériennes, des acteurs de la coopération internationale et de la société civile pour mettre en place une action concertée et compréhensive qui puisse représenter une réponse efficace au poids croissant des défis auxquels la population nigérienne doit faire face, en contribuant en même temps à poser les bases pour le développement durable de la région ».

Conférence de l’UA /Le Président Bazoum présente la situation terroriste au Sahel et « l’échec des militaires putschistes »

L’Union Africaine a organisé le samedi 28 mai 2022 à Malabo en Guinée Equatoriale, une conférence sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique. Présent aux échanges, le chef de l’Etat du Niger, le président Mohamed Bazoum a fait le diagnostic dans le Sahel, où, les menaces terroristes sont devenus le principal mobile des coups de force et changement constitutionnel conduits par les militaires dans certains Etats mais peinent aussi à être efficaces.

(Les Échos du Niger 30 mai) La pauvreté de masse, résultante du changement climatique au sahel a servi de terreau à l’émergence de groupes rebelles qui s’alimentent des populations vulnérables. C’est du moins l’analyse du chef de l’État du Niger, Mohamed Bazoum. Selon le président nigérien à la conférence de l’UA sur le phénomène, le terrorisme elle-même est devenu un prétexte au coup de force constitutionnel, ce qui témoigne de l’intérêt de la conférence de l’UA consacrée aux deux sujets. Au fait, « la région du Sahel à laquelle appartient mon pays, le Niger, est particulièrement affectée par ces deux phénomènes et les coups d’État militaires survenus au Mali et au Burkina Faso ont été présentés par leurs auteurs comme les moyens auxquels ils ont été contraints de recourir pour mettre notamment fin à la détresse des populations victimes des affres du terrorisme» a-t-il déclaré en soulignant que les différents pays partagent un même niveau de fragilité dû à la prévalence d’une grande pauvreté entretenue, entre autres facteurs, par des chocs climatiques récurrents et une démographie débridée. En effet, le sujet en débat revêt une importance capitale car, sachant que dans certaines régions du continent, le terrorisme est un phénomène en expansion et les institutions sur lesquels reposent les États s’avèrent fragiles dans bien de pays.  Ceci se justifie par les tenants et aboutissants du terrorisme au sahel. Sur le terrorisme sahélien deux choses méritent d’être sues selon Mohammed Bazoum. « Premièrement. Il n’est pas porteur d’un projet politique et comme tel n’a pas vocation à mettre en œuvre un projet de société basé sur des règles d’une forme quelconque d’administration de territoire. Et deuxièmement, sa rhétorique islamiste ne saurait cacher l’absence de réelle motivation religieuse des jeunes qui s’enrôlent dans ses rangs, leur engagement ayant plus à voir avec les effets du dérèglement climatique et la remise en cause de leur cadre de vie traditionnel » déclaré le président nigérien. En clair, le terrorisme au Sahel trouve un terrain favorable dans la pauvreté ambiante des populations qu’elle vient exacerber avec des différents dégâts qu’il fait et leurs corolaires. Il sert tout autant d’alibi depuis peu aux militaires qui, arguant l’impuissance de l’Etat, perturbent d’ordre constitutionnel, ce qui, loin de faciliter la lutte, fragilise davantage les Etats. La preuve en est que leur installation au pouvoir dans certains pays, loin de constituer la panacée contre le fléau l’a exacerbé. Leur avènement perturbe Non seulement la démocratie et l’Etat d’autant plus qu’ils conditionnent leur départ à l’éradication totale des menaces terroristes, ce que nul ne saurait prédire, mais rend davantage critique la gouvernance et accroît la souffrance et la misère des populations. C’est pourquoi, « Ils ne sont donc nullement une solution ni pour lutter contre le terrorisme encore moins pour promouvoir la bonne gouvernance. Ils constituent assurément un facteur de régression pour l’Etat de droit et la démocratie et exposent les pays à des périls inédits » a conclu le président Bazoum. Malheureusement, Cela profite par contre aux groupes terroristes qui étendent leurs tentacules dans la sous-région.

 Oslo C. WANOU

Lancement d’un Programme quinquennal d’innovation de la justice au Niger (PIJN 2022-2027)

La salle de conférence de l’hôtel Radisson Blue de Niamey a servi de cadre le mercredi 20 mai au lancement du Programme d’Innovation de la Justice au Niger (PIJN) couplé à la restitution de l’enquête nationale sur l’accès et la satisfaction de la justice au Niger. Organisé par l’Institut de la Haye pour l’Innovation du Droit Hiil sous l’égide du Ministère la justice garde des Sceaux, ce programme vise à rendre la justice accessible à tous au Niger. La cérémonie a été présidée par le garde des Sceaux M. Ikta Abdoulaye Mohamed en présence de l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Niger SEM Paul Tholen , de la Directrice Pays Hiil Mme Amina Daouda Hainikoye, des membres du corps judiciaire et des responsables de l’institut Hiil.

9.900.000 d’euro soit environ 6.485.000.000 FCFA, c’est le montant global de l’enveloppe déboursée par le Royaume des Pays-Bas pour  financer le PIJN 2022-2027. Ce programme, qui sera mis en œuvre par l’institut Hiil en partenariat avec le ministère de la Justice, garde des Sceaux devrait permettre d’autonomiser les personnes et les institutions afin de les aider à prévenir et à résoudre les problèmes de justice les plus urgents y compris à travers les tribunaux traditionnels. Un programme qui cadre avec la politique nationale en matière de justice du gouvernement qui prévoit « de mieux valoriser les mécanismes traditionnels de résolution des différends dans la perspective de rendre notre justice accessible, équitable et efficace » dira M. Ikta Abdoulaye. Le garde des Sceaux d’ajouter « mon département ministériel est pleinement engagé à tout mettre en œuvre pour la réussite de ce programme en de l’amélioration de l’accès et de l’utilisation des données et des connaissances sur les besoins de justice et des prestataires de services de justice ».
De son côté l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Niger souligné l’importance d’une justice de qualité accessible à tous dans l’édification de la paix et la stabilité, selon lui « l’Etat de Droit et l’accès à la justice sont des conditions préalables à une paix et un développement durable, pas seulement au Niger, mais partout ». De ce fait, «un système judiciaire qui fonctionne bien est essentiel pour maintenir et renforcer le contrat social entre l’Etat et ses citoyens » a indiqué SEM Paul Tholen.


Crime/délit et les litiges fonciers les catégories de problèmes judiciaires les plus fréquents au Niger (rapport)…


Après la cérémonie de lancement du programme, place a été faite aux travaux de restitution des données de l’enquête nationale sur les Besoins et la Satisfaction en Matière de Justice. Menée par le Lasdel avec l’appui du Hiil sur un échantillon de 6 002 personnes dont 85 % vie en zone rurale, cette étude a fait ressortir les principaux problèmes de justice auxquels les citoyens ont été confrontés au cours des 4 dernières années. Ainsi, l’on apprend qu’au Niger les catégories de problèmes judiciaires les plus fréquents sont les crimes et délits (35 % soit 332 168 personnes touchées chaque années) et les litiges fonciers (27 % soit 253 260 personnes touchées par an) selon l’étude. Après ces 2 catégories suivent les problèmes de voisinage et les problèmes familiaux succédés par les problèmes d’argent.
Sur le plan institutionnel, l’enquête révèle que seulement 10 % des litiges sont portés devant les tribunaux tandis qu’environ 30 % sont portées devant les autorités coutumières et religieuses. Aussi, 51 % des problèmes de justice portés devant les tribunaux sont réglés et environ 68 % sont considérés comme réglé de manière juste et très juste apprend-on.
Les précieuses données de cette enquête devront permettre d’aider le gouvernement « changer de comportement et prendre en compte la perception de la population dans ses politiques et stratégie » a indique l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Niger SEM Paul Tholen.

Youssouf Sériba.

Communiqué de presse/ Visite du Directeur Général de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS) à Agadez, Niger

À l’occasion de sa mission au Burkina Faso et au Niger, qui s’est déroulée du 12 au 18 mai 2022, le Directeur Général (DG) de l’AICS, Dr Luca MASTRIPIERI, a effectué une visite de terrain à Agadez, au Niger. Cette visite, qui a eu lieu le 17 mai, s’est tenue en présence des principaux partenaires de l’Agence dans la région d’Agadez, notamment les autorités locales, la Délégation de l’Union européenne (DUE) au Niger, des représentants d’Agences des Nations Unies (OIM, UNHCR) et des organisations de la société civile italiennes (CISP, Terre Solidali, COOPI et COSPE). Grâce aux consultations avec les autorités locales et les acteurs en charge des actions de coopération, le DG AICS a pu constater l’état d’avancement des projets de développement financés ou mis en œuvre par l’Agence à Agadez, notamment le programme DESERT et le projet IDEE Bridge. La visite lui a également permis de prendre connaissance de l’ampleur des besoins humanitaires liés à la situation d’insécurité dans la région, dans la perspective d’encadrer les actions de la Coopération italienne dans la région.

Au cours de son séjour au Niger, le Directeur général a participé à une série d’activités visant à faire le point sur la mise en œuvre des différents projets en cours, et échanger avec les autorités nigériennes sur les priorités en matière d’aide au développement et d’aide humanitaire. Dans ce cadre, la visite à Agadez a constitué l’une des activités phares lui permettant d’avoir une vue d’ensemble des enjeux humanitaires et de développement dans la région et de l’impact des initiatives soutenues par la Coopération italienne. La délégation qui accompagnait le DG AICS se composait de l’Ambassadrice de l’Italie au Niger, S.E. Emilia GATTO, le Chef de la Section Afrique du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale de l’Italie, M. le Conseiller Marco RUSCONI, le Secrétaire de Légation, M. Matteo GAZZETTI, le Directeur Régional de l’AICS Ouagadougou, M. Domenico BRUZZONE; les représentants de la DUE au Niger, Mme Magdalena PRUNA, Cheffe de la section Développement Rural UE et Mme Agnieszka RUTKOWSKA, Chargée de Programmes; les représentants des agences de Nations Unies actives à Agadez, notamment la Cheffe de mission de l’OIM au Niger, Mme. Barbara RIJKS, et le Représentant Pays de l’HCR du Niger, M. Emmanuel GIGNAC ; enfin par les représentants des organisations de la société civile (OSC) qui travaillent avec l’AICS dans la région d’Agadez, à savoir CISP, Terre Solidali et COOPI. La visite a permis de couvrir les différents domaines d’intervention de l’AICS au Niger, tant en ce qui concerne les projets de développement rural et économique que les actions d’aide humanitaire. Elle a débuté par une rencontre avec les autorités locales afin de saluer leur collaboration et accompagnement des projets mis en œuvre par l’Agence, de situer les priorités pour le développement de la région et d’explorer des futures pistes de coopération. Cette rencontre s’est faite en présence du Gouverneur de la Région d’Agadez, M. Magagi Maman Dada, du deuxième vice-Président du Conseil Régional d’Agadez, M. Ibrahim Ixa, du Maire d’Agadez, M. Abdourahamane Touraoua et du Sultan de l’Aïr, M. Oumarou Ibrahim.

Les sites de la coopération au développement Le programme « Durabilité de l’Environnement et Stabilisation Économique sur la Route de Transit (D.E.S.E.R.T.) » – financé par le Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’UE avec un budget de € 13.78 millions – revêt un rôle important dans la réponse aux causes profondes des déplacements forcés des populations et de la migration irrégulière et contribue à la création et promotion d’opportunités pour la jeunesse de la région. Le programme soutient le développement d’activités agro-sylvo-pastorales, l’entrepreneuriat, la création de maisons sociales et l’amélioration de l’inclusion financière. En raison de l’importance du programme, la visite à Agadez a notamment porté sur l’ensemble des sites des projets mis en œuvre par les OSC subventionnées, à savoir CISP et COOPI.

« A travers ce projet, l’UE entend travailler en synergie avec tous les partenaires impliqués afin d’apporter des solutions concrètes aux causes profondes des phénomènes migratoires et des déplacements forcés. Ces solutions passent notamment par la création d’emplois, mais aussi par l’amélioration des conditions sociales, une gestion durable de l’environnement et la mise en œuvre d’une politique de la migration axée sur l’accès de tous à une meilleure qualité de vie. »

La mission a également visité le chantier de construction de maisons sociales réalisées par l’OSC CISP, à 5km de la ville d’Agadez. Ce projet de construction d’une nouvelle cité, basé sur un modèle d’architecture bioclimatique visant l’isolation thermique et la réduction de l’impact sur l’environnement, doit permettre le désengorgement de la population de la vieille ville inscrite sur le registre du patrimoine Mondiale de l’UNESCO. Le projet contribue à l’emploi des jeunes. La délégation a pu évaluer l’état d’avancement des travaux : à ce jour, 140 maisons sociales (sur un total de 500) ont été réalisées et 60 maisons sont en phase de construction. Le DG a salué l’importante contribution du projet sur plusieurs plans tels que la planification de l’espace urbain, la lutte contre le changement climatique et la préservation du patrimoine culturelle.
La visite s’est poursuivie à la ferme-école située dans le village de Dari à 9 km de la ville d’Agadez et développée par l’OSC COOPI dans le cadre de la composante d’Appui aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises du programme DESERT, avec la participation de l’Université de Agadez. Pendant la visite, les membres de la délégation ont eu l’opportunité d’assister à la formation d’une partie des 3000 bénéficiaires aux techniques pratiques de l’agriculture en zone aride et aux énergies renouvelables.
La délégation a également visité le local d’exposition d’AGAD’ART, plateforme de e-commerce récemment lancée dans le cadre du projet « IDEE Bridge – Initiatives pour le Développement de l’Entreprise – AID 12254 ». L’initiative, financée par l’AICS et mise en œuvre par l’OIM dans quatre régions du Niger (Niamey, Tahoua, Zinder et Agadez), vise à fournir des alternatives à la migration irrégulière en soutenant la création d’emplois et en offrant des opportunités économiques à travers l’appui aux projets entrepreneuriaux pour des jeunes, surtout pour les plus vulnérables. Pendant la rencontre, les officiels ont écouté les histoires et ont découvert les expériences et les initiatives des artisans d’Agadez, auxquels le Projet dédie une importance particulière compte tenu de leur contribution au relèvement de l’économie de la région. La délégation a aussi échangé avec les représentants de l’incubateur CIPMEN, qui travaille avec l’OSC COOPI et l’OIM dans la mise en œuvre de plusieurs initiatives de soutien aux petites et aux moyennes entreprises. Selon la Cheffe de mission de l’OIM au Niger, Barbara Rijks, « le projet IDEE Bridge permet avant tout d’offrir des alternatives à la migration irrégulière aux jeunes d’Agadez. Il leur permet également d’étendre leur écosystème entrepreneurial et de contribuer à relever l’économie de leur région ».

Aide humanitaire
Eu plus à la visite des sites de projets de développement, la mission à Agadez visait aussi à avoir un aperçu concret de la situation humanitaire dans le pays et dans la région et d’évaluer son impact au niveau humain, social et économique.

La délégation s’est rendue au centre de transit de l’OIM pour les migrants vulnérables bloqués à Agadez ouvert en 2014. Le centre, qui fonctionne avec l’appui de plusieurs partenaires y compris la Coopération italienne et l’Union Européenne ainsi qu’avec l’aide du gouvernement nigérien permet aux migrants en détresse à Agadez, pour la plupart des migrants d’Afrique subsaharienne qui tentaient de rejoindre l’Afrique du Nord, de recevoir un abri, de la nourriture, de l’eau, des soins médicaux et psychologiques, des services de protection et des activités éducatives et récréatives. L’OIM organise également leur retour volontaire dans leur pays d’origine, et les accompagne pour l’obtention de leurs documents de voyage auprès des autorités consulaires. Le centre de transit qui a une capacité de 1 000 personnes rencontre ces derniers mois des difficultés pour accueillir le nombre de migrants vulnérables bloqué croissant.

La délégation s’est également rendue au centre d’accueil de l’UNHCR, le Centre Humanitaire, ouvert en 2018 qui accueille à ce jour 2 546 réfugiés et demandeurs d’asile dont les dossiers sont traités par la Commission National d’Eligibilité (CNE). La plupart sont arrivés de Libye ou beaucoup d’entre eux ont subi des violences extrêmes aux mains des milices libyennes alors qu’ils tentaient de rejoindre la Méditerranée afin d’entreprendre la traversée vers l’Europe. L’Union européenne est un des partenaires de l’UNHCR qui appui le Centre Humanitaire dans le cadre du Mécanisme de transit d’urgence. Le Centre Humanitaire est doté d’un centre de santé et des salles de classe viennent d’être construites afin d’accueillir un groupe d’enfant dont le nombre n’a cessé de croitre depuis les 18 derniers mois. La construction de 170 maisons en banco est en cours de finalisation. La construction de maisons additionnelles est prévue afin de remplacer les abris temporaires collectifs qui se trouvent toujours sur le site. Un projet d’abduction d’eau est également en cours qui permettra d’étendre le système d’eau d’Agadez jusqu’à la zone où se trouve le centre humanitaire. Les équipes humanitaires d’animateurs, de professionnels de la santé et de psychologues sont sur le site quotidiennement pour apporter soutien et réconfort aux réfugiés.

« Toute notre gratitude va au gouvernement italien pour le soutien généreux qu’il apporte au gouvernement du Niger, au HCR et ses partenaires qui œuvrent à renforcer la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile tout en apportant un soutien tangible et précieux aux communautés hôtes d’Agadez et dans le reste du Niger. Un tel soutien a conduit à développer des projets d’inclusion des réfugiés dans le tissue socio-économique du Niger, et donner des opportunités à des jeunes réfugiés ici à Agadez de retrouver l’espoir et de reconstruire leur vie » a souligné Emmanuel Gignac, Représentant du HCR.

Cette visite a permis de faire un constat des besoins humanitaires auxquels sont confrontés les populations affectées par les crises régionales, à partir des besoins de première urgence jusqu’aux interventions de réponse de plus grande envergure.

Le DG AICS s’est dit très satisfait de la visite, tout en réitérant « le plein engagement de la Coopération italienne à travailler aux côtés des autorités nigériennes, des acteurs de la coopération internationale et de la société civile afin de mettre en place une action concertée et compréhensive permettant une réponse efficace au poids croissant des défis auxquels la population nigérienne doit faire face, et en contribuant à poser les bases du développement durable de la région ».

Zinder, les femmes créent de la valeur ajoutée avec l’Alkaki

La production de Biscuits traditionnels, Alkaki est l’une des activités qui occupent les braves femmes du Damagraram. Vieille de plusieurs décennies, cette activité occupe nombre d’entre elles qui parviennent grâce à cela à joindre les deux bouts et à assurer leur autonomie. Elles ont avec le temps réussi à l’adapter localement en se servant désormais du niébé pour la fabrication. Elles bénéficient à cet effet du soutien du gouvernement et de ses partenaires.

Spécialisées dans la production du biscuit traditionnel , Alkaki, les femmes de la région de Zinder travaillent avec acharnement au quotidien pour faire fonctionner leurs unités de production qui leur permettent de subvenir à nombre de besoins, et même d’appuyer l’instruction de leurs enfants. Cette activité économique devenu plus rentable au fil des années, a fait de beaucoup de Zinderoise de femme financement autonome et créatrice d’emplois. Leur épanouissement constitue une solution pour un mieux-être social de leurs familles respectives et consacre une avancée dans la lutte contre la pauvreté croit savoir le gouvernement qui a tenu à leur apporter ce soutien en vue de les réconforter. En effet, à Zinder, l’autonomisation des femmes est principalement portée par des activités génératrices de revenus, lesquelles activités sont dominées par la fabrication du biscuit traditionnel Alkaki. De nombreuses unités de production artisanale de cette denrée prisée où la région de Zinder s’impose au Niger existent et elles sont principalement animées par les femmes qui tirent une importante partie de leur revenue. Grâce à leur passion créative elle innovent dans la production du biscuit Alkaki.

Alkaki, du blé au niébé une innovation de la créativité des productrices

Jadis, le biscuit Alkaki très pris à Zinder et les populations des autres régions du Niger voire les étrangers, est fabriqué à sa base de farine de blé. Mais face aux difficultés de stockage du niébé, l’Union Gamgi de la Région de Zinder qui travaillait déjà à la transformation du niébé, initialement avec l’appui de la SNV, puis du Prodex est parvenue à se servir du Niébé pour fabriquer du biscuit Alkaki, ce qui jusque-là, n’avait été jamais envisagé. Ce fut le début d’une révolution qui renforcera les potentialités des groupements de femmes. Au fait, le Niger déjà deuxième producteur de niébé, avec cette nouvelle découverte, parvient depuis lors, à mieux valoriser encore le produit en raison du grand intérêt du public consommateur pour le biscuit Alkaki.

Selon des sources, L’Alkaki à base du niébé est plus nutritif et a un goût très agréable, le goût du niébé. C’est très consommé et traditionnellement, il est offert en cadeau aux jeunes mariées. Toute chose qui augmente l’engouement autour de ce produit alimentaire. Selon les études scientifiques, fait à base du niébé, l’Alkaki concentre de nombreuses substances nutritives. Pour cause, le niébé est l’un des instruments de réalisation de la sécurité alimentaire. Il contient beaucoup de protéines (17 à 42 % selon des analyses de l’INRAN). Il a une teneur en protéine deux à trois fois plus grande que les céréales de base.
Il est riche en lysine, acide aminé essentiel qui manque dans la plupart des céréales. Sa teneur en glucides en fait un aliment très énergétique. Les différents gouvernements ne cessent d’ailleurs de montrer de l’intérêt pour la production de l’Alkaki à travers divers soutiens aux femmes productrices. C’est notamment le cas de l’ex première dame Lala Malika Issoufou qui a soutenu en son temps une grande entreprise de fabrication de ce biscuit. Et voilà encore la ministre Allahoury Aminata Zourkaleyni qui vient à nouveau de porter une attention particulière à cette activité de transformation, où excellent de nombreuses femmes à Zinder. Les différents appuis ainsi évoqués permettent aux femmes de développer davantage leur unité de transformation et renforcent leur capacité d’action. D’ailleurs, durant sa visite, la ministre a apprécié leurs efforts et s’est félicitée du fait que ces organisations constituées en unions et en fédérations, travaillent à atteindre de meilleurs résultats, ce qui renforce leur autonomie et apporte de la valeur ajoutée à la production locale. C’est des efforts qui méritent cependant d’être perpétuellement soutenus.

Oslo Chester WANOU

Un jeune cambiste de Tahoua accusé d’avoir volé plus de 240 millions FCFA à Tripoli

240 millions de francs CFA, c’est l’estimation du total de montants mystérieusement disparus dans une affaire combinée de change et de transfert de fonds de la Libye en direction du Niger, à Tahoua principalement. Au centre de l’affaire, un jeune ressortissant de Tahoua basé à Tripoli qui a monté un business très lucratif de change et transfert de fonds. Après plus de 2 années de loyaux services à la satisfaction de ses clients, un matin le jeune Moussa disparaît de Tripoli avec lui, l’argent d’une dizaine de clients estimé à 240 millions FCFA.

L’affaire remonte à quelques mois de cela, Moussa Mahamane Salissou responsable d’une entreprise informelle de conversion de devise est introuvable à Tripoli où ce dernier est basé depuis plus de 5 ans. Un peu plus d’un mois auparavant, il avait reçu de plusieurs de ses clients l’équivalent de 240 millions de FCFA en dinar libyen que le changeur devait convertir en francs CFA et transférer au Niger plus précisément à des destinataires se trouvant à Tahoua. Plus d’un mois après sa disparition aucun de ses clients dont la majorité sont nigériens n’avait de nouvelles de lui et dans leurs recherches, ils apprennent que 2 frères arabes Sala Amane et Kader Amane sont activement à la recherche du jeune Moussa à qui ils ont confié l’équivalent 31 millions de FCFA. Ces derniers ont été les tuteurs du changeur quand il mit pieds pour la première fois à Tripoli, 2 années plus tard, il reçoit de ces derniers un fonds de démarrage pour ses activités de change et transfert de fonds sous condition de partage de bénéfices. Moussa, qui a déserté son domicile à Tripoli sans crier gare, a été retrouvé par la gendarmerie à Tahoua à la suite de plainte d’une des victimes. Le mercredi 20 avril, il est traduit devant le juge du pôle économique et financier du Tribunal Grande Instance hors classe de Niamey avec en face de lui une dizaine de victimes constitués en parties civiles qui réclament leurs fonds. Parmi eux, Salifou Chaibou 47 millions de FCFA; M.Cheffou 31 millions ; Aboubacar Oumarou 3,4 millions ; Garba Alassane 5,6 millions ; M. Nafiou 3,4 millions, etc. Tous basés en Libye, ils ont confié leurs fonds au prévenu pour transfert sur Tahoua. Pour sa défense, Moussa dit avoir été escroqué par la personne censée lui fournir les devises en FCFA, un supposé guinéen au nom de Mahamadou. « Cela fait plus de 2 ans maintenant, c’est lui qui me vend du CFA, je l’ai appelé comme d’habitude pour me fournir du CFA, nous nous sommes entendus sur le montant de 85 FCFA par dinar, et les clients avaient accepté ce taux donc j’avais réunis toutes les devises en dinar reçu pour les lui remettre. Il devait me revenir avec les devises FCFA en 48 heures. Passé ce délai, je ne le retrouve plus » avait expliqué très calmement le changeur l’air imperturbable. Avez-vous prévenu au moins un de vos clients sur ce qui était arrivée? De quelle Guinée est votre fournisseur, il y en a 3 ? Interroge successivement le juge. Moussa indique qu’il était en train de rechercher son prétendu fournisseur qu’il ignore de quelle Guinée il est ressortissant. Selon l’avocat des parties civiles, cet argent est avec le prévenu caché quelque part. « Il a agi à dessein créant un climat de confiance durant 2 ans au cours desquelles il a effectué toutes les opérations qu’on lui demande avec succès au centime près. Il se dit qu’il va faire la prison et sortir après pour se la couler douce » croit savoir l’avocat des victimes qui demande au juge de condamner le prévenu à payer toute la somme qu’il aurait volé aux victimes. Des interrogations du juge pour savoir si Moussa Mahamane Salissou dispose d’un patrimoine immobilier ont reçu des réponses négatives. Il dit détenir juste une voiture. Pour sa part, le parquet a requis la peine maximale de 5 ans de prison et 200 000 FCFA d’amende, le délibéré est prévu pour le 28 mai prochain.

Youssouf Sériba

ÉDITORIAL: Libérer 50 % du potentiel de développement de notre pays et garantir un avenir meilleur à tous les enfants du Niger.

Il est aujourd’hui une évidence, qu’il n’existe pas de développement durable pour un pays sans l’inclusion de la femme comme actrice dans tous les domaines de la vie publique. L’égalité du genre est devenue pour ainsi dire, une nécessité pour notre pays de s’engager davantage sur les sentiers du développement socioéconomique et la croissance inclusive. Pour exemple, un rapport récent de McKinsey (référence mondiale en conseil et stratégie) sur l’égalité des sexes en Afrique indique « l’économie de l’Afrique sub-saharienne devrait progresser de 300 milliards de dollars US grâce à l’inclusion générale des femmes comme salariées, chefs d’entreprise et leaders ». C’est dans cette optique que le gouvernement a fait de l’autonomisation de la femme une priorité afin de renforcer la contribution de la femme nigérienne à la création des richesses dans notre pays dont elle constitue 50,6 % de la population. À cet effet, le Ministère de la Promotion de la Femme et la Protection de l’Enfant MPF/PE s’assure de la mise en œuvre de la de Déclaration de Politique Générale (DPG) du Premier ministre Chef du Gouvernement SEM Ouhoumoudou Mahamadou. Aussi, notre intervention dans le domaine de la promotion de la femme/genre et la protection de l’enfant s’opère à travers deux documents de politiques qui sont le document de Politique National de Genre (PNG) et les documents cadres de la protection de l’enfant. Concernant le domaine de la promotion de la femme et du genre tout en n’accordant une grande importance à l’aspect institutionnel du domaine, nos priorités ont été orientées vers les conditions de vie des femmes rurales où vivent 78,3 % des femmes. Ainsi, plusieurs actions ont été menées ainsi que des appuis afin de renforcer l’autonomisation des femmes en milieu rural. En un (1) an, plus de 1000 femmes des régions de Maradi, Tahoua, Tillaberi et Zinder ont bénéficié de kits pour mener des activités génératrices de revenus (AGR), (ruminants, kits de transformation agroalimentaire, kits de fabrication de savon et cosmétique et kits pour le petit commerce). A cela, s’ajoute la distribution de 2 140 têtes de petits ruminants pour l’embouche 75 kits de couture, 70 machines et consommables de couture. D’autres appuis ont concerné la dotation de 237 communes en équipements de transformation agro-sylvo-pastoraux et halieutiques, l’installation de 30 plateformes multifonctionnelles, la mise à disposition de 20 moulins et 20 décortiqueuses au profit de groupements de femmes entre autres. Pour ce qui concerne la protection de l’enfant, il s’agit pour nous de les mettre à l’abri des violences, abris et exploitation notamment les mariages d’enfant et autres pratiques préjudiciables à leur bien-être. Pour exemple, grâce à l’action de l’État et des partenaires le taux de mariage d’enfant est passé de de 76 ,3 % en 2012 à 53 ,4 % en 2021 c’est dire que les efforts donnent des résultats qu’il va falloir consolider. Aussi, pour mieux, assurer la protection de l’enfant, notre démarche actuelle est l’implication des communautés. Nous pouvons citer la mise en place des comités de protection de l’enfant dans les villages. Actuellement avec l’appui de la Banque Mondiale d’autres comités de protection de l’enfant sont en train d’être installés. Pour ainsi dire, le bilan de notre action est satisfaisant, mais le chemin est encore long. C’est le lieu pour moi de remercier au nom du président de la République Chef de l’Etat SEM Mohamed Bazoum, et au nom du Premier ministre Chef du gouvernement SEM Ouhoumoudou Mahamadou l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui accompagnent le gouvernement du Niger dans ses efforts pour l’amélioration de la condition de la femme ainsi que la protection des enfants. Je profite également de cette tribune pour dire fete de la Journnée Internationale des droits de la Femme à toute les femmes du Niger, de l’Afrique et du Monde.

Mme Allahory Aminata Zourkaleyni, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant.

Message du Président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse A l’occasion du 3 Mai 2022(Journée Internationale de la Liberté de Presse)

Le président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse M. Ibrahim Harouna a rendu publique une déclaration ce mardi 3 mai à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse. Les acquis de la liberté de la presse au Niger ; la récente modification de la loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger; le rang du Niger (59e sur 180 pays) dans le classement Rsf sur la liberté de la presse dans le monde ; la convention collective des médias, le fonds d’aide à la presse constituent les principales articulations de la déclaration du patron de la faîtière des médias nigériens.

  • Mesdames et Messieurs, les membres des organisations socioprofessionnelles des médias ;
  • Chères consœurs ;
  • Chers confrères ;
  • Mesdames et messieurs
    Ce jour lundi 3 Mai 2022, le Niger, à l’instar de la communauté internationale, célèbre la Journée mondiale de la Liberté de Presse, proclamée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies.
    Placée sous le thème : « Le journalisme sous l’emprise du numérique », l’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse aborde cette année la question de l’impact de l’ère numérique sur la liberté d’expression, la sécurité des journalistes, l’accès à l’information et la vie privée.
  • Mesdames et messieurs
    Permettez-moi de rappeler que la Journée mondiale de la Liberté de Presse sert d’abord à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la Liberté de Presse. Elle est également une Journée de réflexion pour les professionnels des médias afin de débattre des questions relatives à la Liberté de Presse ainsi que de l’Ethique professionnelle.
    Tout aussi importante, la Journée mondiale de la Liberté de Presse se veut une journée de soutien aux médias et de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d’une histoire.
  • Mesdames et messieurs
    Tous les ans, la Journée mondiale de la Liberté de Presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la Liberté de Presse, d’évaluer l’état de la Liberté de Presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de la profession. Ce fut également une réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, proclamaient la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.
    Notre Journée permet aussi d’informer les citoyens sur les atteintes multiples et multiformes portées à la Liberté de la Presse. En effet, ils sont nombreux, les pays dans lesquels des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement interdites du droit de paraître. Au même moment, des nombreux journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués sur leurs lieux de travail, en ville ou dans propres maisons, d’autres détenus et les moins chanceux sont tués.
    Au regard de toutes ces atteintes dont font l’objet les professionnels des médias à travers le monde, la Journée mondiale de la Liberté de Presse nous donne ainsi l’occasion de les encourager davantage dans l’exercice de la profession et de les inciter à développer des initiatives en faveur de la Liberté de Presse.
  • Mesdames et messieurs
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse intervient dans un contexte sécuritaire très difficile pour notre sous-région et pour notre pays en particulier. Cette situation a servi de prétexte dans certains pays pour une remise en cause de l’ordre constitutionnel normal.
    C’est le lieu de féliciter et encourager les médias nigériens, qu’ils soient de l’audiovisuel, de la presse écrite ou électronique, pour leur pleine implication dans la couverture des évènements liés aux questions sécuritaires avec responsabilité et professionnalisme.
    Grace à votre engagement et au professionnalisme dont vous avez fait montre, le Niger est en train d’enregistrer d’importants progrès dans la lutte contre le terrorisme.
  • Chères consœurs
  • Chers confrères
    A travers le thème de la présente édition, la Journée mondiale de la Liberté de Presse témoigne ici de l’impérieuse nécessité de défendre l’information comme étant un bien public. Au-delà, il s’agit d’explorer aussi ce qui peut être fait dans la production, la distribution et la réception de contenus médiatiques pour renforcer le journalisme et faire progresser la transparence et l’autonomisation en ne laissant personne de côté.
    L’édition 2022 de la Journée mondiale de la Liberté de Presse mettra également en évidence trois (3) impératifs pour cet écosystème. Il s’agit :
    • Des mesures pour assurer la viabilité économique des médias d’information ;
    • Des mécanismes pour assurer la transparence des sociétés Internet ;
    • Le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information ; ce qui permettra au public de reconnaître et de valoriser le journalisme en tant qu’élément essentiel de l’information, elle-même considérée comme un bien public.
  • Mesdames et messieurs
    Dans le classement 2021 de Reporters Sans Frontière (RSF), le Niger a perdu 2 points, passant de la 57ème place dans le classement 2020 à la 59ème place en 2021, sur un total de 180 pays étudiés. Un recul qui nous interpelle tous (pouvoirs publics, organisations socioprofessionnelles de médias et les journalistes eux-mêmes) à plus d’engagement dans la défense et la promotion de la liberté de presse et d’expression au Niger.
    En dépit de ce rang, Reporters Sans Frontière se félicite tout de même qu’« aucun journaliste, aucun journaliste citoyen et aucun collaborateur n’ait été tué au Niger », contrairement à ce qui se passe sous d’autres cieux.
    Pour RSF, cela constitue une avancée importante pour le Niger en matière de protection de journaliste dans l’exercice de sa profession. C’est le lieu pour la Maison de la presse de se féliciter encore de l’adoption par le Gouvernement en Conseil des ministres du 27 avril 2022, du projet de Loi modifiant et complétant la Loi N°2019-33 du 03 juillet 2019, portant répression de la cybercriminalité au Niger pour mettre en harmonie les dispositions de cette Loi avec celles de l’ordonnance 2010-035 du 4 Juin 2010 portant régime de la liberté de presse par la suppression de la peine d’emprisonnement encourue en cas de délits commis par un moyen de communication électronique, notamment l’injure ou la diffamation.
    En attendant l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de Loi sus indiqué, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la presse tient à féliciter vivement le Président de la République et le Gouvernement pour cette décision juste, démontrant leur engagement en faveur de la liberté de la presse et d’expression.
  • Mesdames et messieurs
    En lien toujours avec ce rang qu’occupe le Niger, le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse s’inquiète des oscillations de notre pays dans les différents classements RSF, ce qui dénote d’une certaine fragilité en matière de liberté de presse.
    Les multiples actions menées par la Maison de la presse dans le cadre des formations destinées aux journalistes et des actions de sensibilisation en continue doivent être soutenues par les plus hautes autorités du pays avec un engagement clair en faveur de la liberté de presse et d’expression.
    L’occasion pour nous de réitérer une fois de plus, nos remerciements aux partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de notre plan d’actions, axé principalement sur la promotion de la liberté de presse et la sauvegarde des acquis en la matière.
    Mesdames et Messieurs,
    La situation économique très difficile que vivent les médias nigériens par manque d’avancée sur la question d’accès à la publicité de l’Etat et de ses démembrements doit faire l’objet d’une préoccupation accrue de la part des autorités nigériennes, surtout avec la signature intervenue le 29 novembre 2022, de la Convention collective.
    C’est le lieu de féliciter toutes les parties prenantes à cette convention et d’appeler une fois de plus, ceux qui ne l’ont pas signé, à rejoindre le processus pour permettre la mise en place de véritables entreprises de presse au Niger.
    A ce niveau, le Bureau Conseil d’Administration de la Maison de la Presse réitère son appel pressant au gouvernement :
  • De rehausser significativement l’enveloppe destinée au fonds d’aide à la presse.
  • D’adopter des tarifs préférentiels sur l’électricité, le téléphone, l’internet, le carburant au profit des médias
    Au Conseil supérieur de la communication (CSC) :
  • De revenir sur la formule d’octroi direct du fonds d’aide à la presse par la révision de la loi n°2018-31 du 16 mai 2018 portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Communication, notamment en son article 10,
  • D’accélérer le processus de mise en œuvre du décret portant accès au marché publicitaire de l’Etat et de ses démembrements
  • De prospecter d’autres sources de financement du fonds d’aide à la presse
    Enfin, le Bureau du Conseil d’administration de la Maison de la presse tient à remercier l’ensemble des acteurs qui ont rendu un grand service à la liberté de la presse dans notre pays. Parmi eux, certains nous ont déjà quittés. Que leurs âmes reposent en paix. Amine
    Vive le Niger
    Vive la liberté de la presse
    Vive les médias nigériens