La Cedeao rend hommage à Issoufou pour son action pour l’intégration en Afrique et dans la sous région

© Com présidence de la République

Par Youssouf Sériba

Apres un standing ovation à Ouaga lors de l’investiture de son homologue Rock Marc Christian Kabore le 28 décembre dernier, Issoufou Mahamadou vient d’être vivement félicité par ses pairs de la Cedeao. C’était à l’occasion de la 58ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « J voudrais rendre un hommage au président Issoufou qui a été un pilier, un béton, pour cette organisation [Cedeao], c’est triste pour la Cedeao de ne plus avoir ses services pour les années à venir » regrette son successeur à la tête de l’institution, le président Ghanéen Nana Akufo Ado. Pour sa part le président Ivoirien à salué « son action remarquable à la tête de notre conférence à une période marquée par d’importants défis pour la sous région » a-t-il indiqué. Le Président sénégalais Macky Sall à de son côté salué le « leadership et l’ engagement du chef d’État nigérien au sein de la communauté, à l’échelle de l’Union africaine mais aussi de la Cedeao où il s’est particulièrement distinguées à travers les missions qui lui sont confiées notamment la Zlecaf et la monnaie unique ».

©Com présidence de la République.

Élu à la tête du Niger février 2011, Issoufou Mahamadou est au terme de son deuxième quinquennat à la magistrature suprême. Il passera le témoin en avril prochain à celui que les nigériens aurons désigné le 21 février prochain. Eu égards à sa maîtrise des grands dossiers du continent et même de la communauté internationale, il ne fait aucun doute, cette fin de mandat sera pour l’homme le début d’une carrière sur la scène internationale.

Enquête/ Corruption en milieu Judiciaires au Niger: zoom à l’ombre des tribunaux

Tribunal de Niamey

Une enquête réalisée par Youssouf Sériba

« Au sein des tribunaux vous avez des personnes qui n’ont aucune fonction officielle. Ce sont des gens qui connaissent les procédures et ont des connaissances parmi les magistrats. Ces personnes interceptent les gens au sein des tribunaux et leur proposent de l’intermédiation auprès des juges. Ils prennent souvent de l’argent au nom du juge ensuite partent voir ce dernier pour lui demander service pour un parent malheureusement ce sont ces gens qui ternissent l’image de la justice ». Ousmane Baydo, procureur de la République Adjoint.

La gangrène de la corruption obstacle à tout développement n’a pas épargné le milieu judiciaire au Niger. De nombreux témoignages souvent d’acteurs même du secteur judiciaire, rapportent que la corruption a atteint des proportions importantes dans ce milieu sensible, stratégique pour l’édification d’un Etat de droit. En 2018 par exemple une étude de l’Institut National de la Statistique (INS) a mis en exergue le visage hideux de la justice. « 93,2% de la population ayant reconnu l’existence de la corruption dans le système judiciaire ont cité l’usage des pots de vin dans ce milieu » renseigne l’étude. Ensuite, vient« le recours à l’amitié ou aux liens familiaux (50,6%), suivi du recours à la politique (42,6%) ». Qui dit pots de vin dit abus de pouvoir, sur ce plan, le diagnostic par régions classe les tribunaux de la région d’Agadez (au nord du pays) en tête de peloton avec un taux de 50,5%, suivie de Zinder (au centre-est) avec 49,5%, Maradi (au centre) avec 46,4%. Le constat devient encore plus amer, tant l’usage des pots de vin est devenu presque une norme dans la plupart des tribunaux conclut l’étude commanditée par le Ministère de la Justice.

Des rackets opérés par des individus sans fonction dans les tribunaux…

De nombreux citoyens n’ont pas eu besoins d’une quelconque étude pour se convaincre de l’existence de la corruption en milieu judiciaire. C’est le cas de Abdoul Salam Nassirou, 28 ans natif de falmey (région de Dosso dans le sud-ouest du pays) qui garde un « mauvais souvenir » des tribunaux. Ce jeune revendeur a découvert les pratiques corruptives en milieu judiciaire pour la première fois qu’il a eu affaire aux tribunaux. En mars 2018, Abdoul Salam a besoin d’un passeport pour se rendre à Douala (Cameroun) pour rejoindre son frère et y tenter sa chance dans le commerce. Il envoie un dossier à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) pour l’obtention du passeport. Apres avoir décelé une incohérence entre les informations contenues sur son acte de naissance et celles mentionnées sur son certificat de Nationalité, la DST demande au jeune homme d’aller rectifier le certificat de Nationalité afin de le rendre conforme à l’extrait de naissance. C’est là que commence le calvaire du jeune revendeur. Il fallait retourner au tribunal de Dosso demander une Ordonnance de rectification auprès du juge mais en ce moment précis, Abdoul Salam ne se doutait pas encore de la galère qui l’attendait.

Tribunal de Dosso ©y.Sériba Les Échos du Niger

<<Il me fallait le document au plus vite et j’avais un ami qui vendait des cigarettes au tribunal de Dosso c’est lui qui m’a proposé de voir un monsieur qui se fait appeler SD, un agent du tribunal auprès duquel il a pu lui-même obtenir un extrait de naissance quand il voulait se faire établir une carte d’identité. Au tout début ce monsieur m’a exigé vingt et cinq mille (25.000f) prétextant que c’est un document que personne ne pouvait me fournir mais que lui peut le faire>>.

Abdoul Salam ©y.seriba les Échos du Niger

En plus de la somme initialement exigé, le nommé SD continua à rançonner Abdoul Salam pendant plusieurs semaines excipant qu’il faudra faire des démarches à la mairie communale pour l’obtention de la rectification. Ce dernier finira par dépenser toutes ses économies mises de cotés pour le voyage à venir, il a même commencé à demander de l’argent à son frère résident à Douala. Pourtant, « La procédure pour l’obtention d’une Ordonnance de rectification auprès du juge ne saurait coûter plus de 1800f à un citoyen apprend-on. Et cette modique somme constitue des frais de timbres en réalité » nous renseigne Zabeirou Abdoul Hadi, un notaire.

Apres ce témoignage, la question que nous sommes posé est la suivante : les magistrats et les responsables des tribunaux, sont-ils au courant de ces pratiques ? Pour en savoir davantage , nous nous sommes rendus au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey où nous avons rendez-vous avec M.Ousmane Baydo, Procureur de la République adjoint. Ce magistrat bien connu dans le millieu judiciaire a un important background en matière de lutte anticorruption et infractions assimilées, notamment pour avoir travaillé plusieurs années à la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (Halcia).

Ousmane Baydo procureur de la République adjoint © Les Échos Du Niger.

« Au sein des tribunaux vous avez des personnes qui n’ont aucune fonction officielle. Ce sont des gens qui connaissent les procédures et ont des connaissances parmi les magistrats. Ces personnes interceptent les gens au sein des tribunaux et leur proposent de l’intermédiation auprès des juges. Ils prennent souvent de l’argent au nom du juge ensuite partent voir ce dernier pour lui demander service pour un parent malheureusement ce sont ces gens qui ternissent l’image de la justice » nous explique le procureur adjoint.

Tableau 1 classification des percepteurs de pots de vin en milieu judiciaire. Source : Ins Niger

Des brebis galeuses au sein du corps des magistrats…

Si dans nombre de cas ce sont des individus n’ayant aucune fonction officielle au sein des tribunaux qui perçoivent de l’argent au nom d’un magistrat, peut-on en conclure que nos magistrats sont exempt de corruption ? Difficile de le dire car le rapport de l’étude de l’INS sur la corruption en milieu judiciaire révèle que 40,1% des pots de vin en milieu judiciaire sont perçus par les magistrats(voir tableau 1).

En réalité, le problème est beaucoup plus complexe selon le procureur « souvent quand les gens ne comprennent pas, pour eux c’est de la corruption. La complexité de l’appareil judiciaire fait que les dossiers passent par beaucoup de main et prennent souvent du temps » cette situation est souvent mal interprété par le justiciable nous fait savoir M.Baydo. Cependant le substitut du procureur ne nie pas qu’il «y’a des magistrats qui prennent de l’argent par l’entremise de certains avocats, d’autres qui demandent directement aux parties et ceux qui trainent les dossiers à fin qu’on leur donne de l’argent ». Toutefois,« Ceux qui s’adonnent à cette pratique, sont une infime minorité qui malheureusement dégradent l’image de la justice et celle du commun des magistrats qui exerce ce métier en âme et conscience, qui disent le droit en toute indépendance et impartialité » insiste le procureur. Mais certains comportement des brebis galeuses du corps des magistrats affectent l’honneur et la crédibilité du pouvoir judiciaire au Niger.

Un magistrat et une greffière qui flirtent avec le trafique de drogue…

© Com police nationale

Dans le cadre de la lutte acharnée qu’elle mène contre le trafic de drogue, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a engagé des investigations concernant une affaire de trafic de drogue qui impliquerait des responsables judiciaires. Tout commence par la saisie de 124, 125 kg de cannabis dans la nuit du vendredi 8 janvier à bord d’un véhicule non immatriculé qui a brisé les barrières de la police et celles de la douane de kouré avant d’être rattrapé par les éléments de la police.  » C’est ainsi que le procureur du tribunal de Dosso et sa greffière cités par les suspects appréhendé dans le véhicule transportant la drogue, ont été interpellés et mis en garde à vue le mercredi 13 janvier dernier » nous a confié une source proche du dossier. Une enquête est en cours dans le but de faire la lumière sur cette affaire et mettre la main sur des éventuels suspects indique-t-on du côté de l’Orctis.

Selon une source interne à la police judiciaire, le procureur de Dosso et sa greffière travaillaient en complicité avec des réseaux de trafiquants de drogue à qui ils rétrocèdaient des briques de cannabis saisies et stockées au tribunal de Dosso en vue de leur incinération. Ce dossier du genre inédit , révèle en réalité que la corruption des magistrats a atteint un degré inégalé dans notre pays.

Demain, une justice indépendante…

©web

L’indépendance de la justice est l’un des principes fondamentaux du fonctionnement de tout système judiciaire. Elle se caractérise par la séparation des pouvoirs et des garanties statutaires qui mettent les magistrats à l’abri des pressions et menaces pouvant peser sur leur faculté de juger ou influer leurs décisions. Dans les pays où l’institution judiciaire est assez indépendante, une proportion importante des dossiers de justice concerne des autos saisines des tribunaux, particulièrement les affaires de malversations et des crimes économiques, chose qui est loin d’être le cas au Niger. A ce sujet le substitut du procureur indique…

« La première auto saisine de la justice au niveau de Niamey c’est l’affaire du fond d’aide à la presse,c’est la première »

Après cette auto saisine, la justice nigérienne va pour la première fois buter à l’insuffisance de moyens et les autos saisine se révèleront hors de portée pour elle. Pour cause, les partisans de Hama Amadou qui était le principale mis en cause dans l’affaire du fonds d’aide à la presse, « avaient produit un document avec des photos d’immeubles. Ils ont transmis ce document au procureur en soutenant que Seyni Omar qui était premier ministre à l’époque en tant qu’agent de l’Etat n’avait pas les moyens de disposer de tous ces biens » rappelle Ousmane Baydo. De ce fait le tribunal de Niamey a levé le pied concernant les autos saisines, faute de moyens et de peur de s’engouffrer dans une spirale de dossiers dont il n’aurait pas les ressources et les facultés d’instruire. Jusqu’à ce jour les tribunaux nigériens ont fait très peu d’autos saisine apprend-t-on. C’est ce rôle de veille que joue la HALCIA dont les prérogatives ont été renforcées en 2016.

Quid la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) ?…

© Halcia

Apres l’adoption de la loi n°2016-044 du 06 décembre 2016 ayant renforcé les prérogatives de la HALCIA, la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption adoptée par décret n°2018-007/PRN du 05 janvier 2018, a encore conforté la HALCIA dans ses missions de prévention et de lutte contre la corruption. Depuis lors, plusieurs dossiers ont été traités par les services de ladite institution. Pour la seule année 2018, ce sont plus de 180 plaintes et dénonciations portant sur des infractions diverses qui ont fait l’objet d’investigation contre une centaine en 2017. Si ces chiffres témoignent d’un regain de confiance et d’estime des citoyens vis-à-vis de la HALCIA il n’en demeure pas moins que les nigériens attendent toujours plus de l’autorité de lutte contre la Corruption.

Degré de satisfaction de la population suite aux recours à la justice. Source : Ins

Les enquêtes réalisées par la HALCIA concernent plusieurs domaines structurels de l’Etat, notamment économique, sanitaire , et la gestion administrative. Cependant, on peut se demander pourquoi l’autorité de lutte contre la corruption ménage le système judiciaire alors même qu’elle y est tacitement saisie? C’est en tout cas ce que pense Moumouni Bachir Hadizatou étudiante en 2e année anglais, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. « Aujourd’hui, tout est régit par la corruption au Niger, on ne peut rien faire sans qu’on ne nous exige de l’argent où une faveur sexuelle(…) si tu veux obtenir un papier à la justice on te demandera de l’argent, dans ce contexte nous ne pouvons qu’encourager la HALCIA dans son travail de lutte contre la corruption ».

Campus universitaire Niamey

A l’Université Abdou Moumouni de Niamey, tous les étudiants que nous avons interviewés ont connaissance de l’existence de la HALCIA. Et même si la plupart sont satisfait du travail du gendarme de la lutte anticorruption, certains sont quelques peu déçus du classement sans suite de certains dossiers. Boubacar Maman en fait partie, étudiant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines en 1ere année sociologie, il estime « la HALCIA a fait beaucoup de choses dans le cadre de la lutte contre la corruption, elle a fait annulé des concours truqués dans ce pays, mais nous voulons qu’elle fasse davantage par exemple il faut qu’elle arrive à sanctionné les membres du gouvernement qui détournent les deniers publics » clame le jeune étudiant en situation d’handicape.

Boubacar Maman etudiant de l’université de Niamey

La lutte contre la corruption à du chemin à parcourir, à l’avant-garde de ce noble combat, la HALCIA dont le nom à lui seul fait trembler de peur dans certains milieu, a le devoir d’élargir son champs d’action conforment aux attente de la population. Cette même population, qui subit les affres de la corruption, dans les transports, dans les centres de santé et jusque dans des endroits insoupçonnés tels que les tribunaux.

Alliances 2e tour: les girouettes bougent .

©Échos du monde

Par Youssouf Sériba

Depuis la proclamation des résultats globaux provisoires du double scrutin législative et présidentielle 1er par la Commission électorale le 2 janvier dernier, 2 personnalités politiques sont au cœur du débat politique et au centre de toutes les attentions. Ces deux hommes politiques suscitent de l’intérêt par-delà même les frontières du Niger depuis que le sort du peuple nigériens et celui d’intérêts particuliers d’ici et d’ailleurs sont entre leurs mains. Arrivés respectivement en 3e et 4e position au premier tour de l’élection présidentielle Seyni Omar du Mnsd (8,95 % des voix) et Albade Abouba du Mpr(7,07) sont les grands faiseurs de roi pour le 2e tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le 21 février prochain. D’ici la validation des résultats globaux provisoires par la cour constitutionnelle voir l’ouverture de la campagne pour le 2e tour, ses deux mastodontes de la classe politique devront chacun se prononcer en faveur d’un des deux candidats (Mohamed Bazoum ou Mahamane Ousmane) en lice pour l’ultime bataille. Seyni Omar et Albade Abouba auront un choix à priori simple à faire pour le 21 février, d’un côté le candidat qui entend consolider les acquis de la Renaissance et de l’autre le candidat du changement porteur d’un nouveau projet de société pour le Niger intitulé les (sept) 7E. La pression sur les deux hommes est à son comble elle est en effet à la hauteur de l’enjeu inédit à la clé de ce deuxième tour : l’alternance. Les deux faiseurs de roi ont le choix entre l’alternance dans la continuité ou la grande alternance l’alternance fondamentale, celle qui mettra au pouvoir d’autres visages et le renouvellement auquel aspirent tant et tant de nigériens.

© Ousmane Sani

Du côté de Albade Abouba c’est la sérénité, l’ensemble des leaders, président de section et président régionaux sont sur la même longueur d’onde. D’une source interne au bureau politique national nous avons appris la tenue d’une réunion restreinte aux présidents régionaux du Mpr. Au cours de cette rencontre qui s’apparente à une sorte de consultation voulu par le président du parti, une position s’est clairement dégagée, 7 présidents régionaux sur les 8 se sont prononcé pour un soutien en faveur du candidat du Rdr Tchandji, l’ancien président de la République Mahamane Ousmane. Selon notre source, le parti prévoit de rendre public sa position et appelé les militants à voter Ousmane aussitôt que les résultats globaux provisoires seront validés par la cour constitutionnelle. C’est donc une imperturbable sérénité qui règne au sein parti d’Albade Abouba qui a déjà fait son choix à l’interne reste plus qu’à le rendre public.

Faiseur de roi au désarroi…

©web

Si le président du Mpr Jamhuriya jouit du soutien de l’ensemble de ses lieutenant prêts à le soutenir dans son choix pour l’intérêt du Niger, du côté de l’autre faiseur de roi on ne peut pas en dire autant. Seyni Oumarou se retrouve dans une situation très inconfortable, emmuré dans sa résidence, l’ancien premier ne sort plus et refuse les visites, selon nos sources. Une sorte de retraite spirituelle en vue de la décision politique à prendre par un bureau politique sur lequel il a en réalité très peu d’emprise. Et pourtant, le président du Mnsd dans son for intérieur a déjà fait son choix et celui-ci n’est pas en contradiction avec les propos qu’il a tenu dans le sillage de campagne présidentielle du premier tour ni avec sa requête introduite auprès de la cours constitutionnelle sur la nationalité de Mohamed Bazoum. Aussi, « le choix de Seyni est en parfaite harmonie avec la position de l’écrasante majorité des 297 membres du bureau politique » indique une source dudit bureau politique contacté par Echos du Monde. C’est qui perturbe le choix du Mnsd, et inquiète Seyni dans son recueillement, c’est un groupuscule de leaders départementaux du parti qui semble acquis à la cause « Sai Bazoum ». Le choix de Mahamane Ousmane est donc loin de faire l’unanimité au sein du bureau politique. Seyni Omar encore une fois se retrouve dans la position de devoir gérer des résistances visiblement liées à des interférences externe au parti de feu Tandja Mamadou.

Seyni Omar a-t-il déjà exprimé son choix en refusant de se rendre à Tahoua dans l’avion de Bazoum pour les condoléances à Albade ?…

En dépit de tous les clichés rependus sur l’homme, notamment sa supposée arrogance, le président du Pnds Tarayya fait partie des leaders politiques les plus accommodants en terme de sociabilité, c’est indéniable. On s’en souvient tous de la sollicitude dont il a fait preuve à l’égard de Mahamane Ousmane et sa famille à l’occasion du mariage de sa fille(Safia) en aout 2018, l’image de la présence de Bazoum à la cérémonie côte à côte avec Ousmane a fait le tour de la toile. Aussi, qui peut oublier l’élégance ainsi que la hauteur d’esprit avec laquelle le président du Pnds Tarayya s’était rendu au chevet de Hama Amadou pour lui présenter ses condoléances suite au décès de sa mère en novembre 2019 alors qu’il rentrais d’exil. Les images des deux hommes assis dans un même fauteuil à attendri plus d’un. C’est incontestable le président du Pnds Tarayya à cette capacité de transcender les rivalités politiques pour donner aux évènements sociaux toutes leur importance. C’est animé de la même hauteur d’esprits que Mohamed Bazoum s’est rendu à Tahoua le vendredi dernier 15 janvier 2021 pour présenter ses condoléances à Albade Abouba suite au décès de sa mère, le jeudi 14 janvier. Avant son déplacement sur l’Ader, Mohamed Bazoum a envoyé deux émissaires auprès du président du Mnsd Seyni Omar pour lui proposer de faire le voyage sur Tahoua ensemble à bord de son avion. Seyni le faiseur de roi a gentiment décliné l’offre qui lui est parvenu par les canaux de l’opérateur économique Mohamed Rhissa, Pdg du groupe Rimbo et un certain Sabo. Par cet acte, Seyni Omar envoie un message clair à Mohamed Bazoum. En attendant la rencontre du bureau politique du Mnsd qui seul habilité à statuer sur le choix du candidat qui bénéficiera du report de voix du Mnsd le 21 février prochain, le président du Mnsd à quand à lui donné le ton.

Maradi/Foyer d’insécurité a Madarounfa et Guidan Roumdji,

Illustration

Par Youssouf Sériba

Des localités de la région de Maradi, région frontière au Nigeria voisins vivent sous la menace d’un foyer d’insécurité qui pourrait naître dans la région. Depuis quelques temps, des bandits armés font des incursion dans les villages environnants troublant ainsi la quiétude des populations. C’est ainsi que dans la nuit du samedi 16 janvier dernier, des individus armés on attaqué le village de Basssira situé dans le département de Guidan Roumdji. L’attaque a coûté la vie au fils du chef de village qui voulait alerté les Fds rapporte le média « Le Soufle de Maradi », on note également le vole de plus de 160 têtes de bétail par les ravisseurs. Cette attaque succède à une autre perpétrée le 10 janvier dans le village de Lili situé dans le département de Madarounfa. Trois (3) femmes ont été enlevé et du bétail emporté. Face à la recrudescence de ces incursions, l’armée a été déployée dans la zone afin de mettre la main sur ces malfrats. Cependant, malgré ce déploiement militaire dans la région il a été remarqué un déplacement des populations des localités attaquées vers des villages voisins emportant avec eux leurs bétail.

Covid-19 : bientôt un décret pour sanctionner le non respect des mesures de riposte.

Le ministre de santé publique par intérim Ahmed Boto

Par Youssouf Sériba

Le non respect des mesures de lutte contre la pandémie de la Covid-19 sera bientôt une infraction passible sanctions au Niger. C’est ce qui ressort des assises de la 23e session du comité interministériel de riposte tenues ce jeudi 21 janvier sous la présidence du premier ministre Brigi Rafini. « Nous avons considéré que toutes ces mesures ne peuvent connaitre une bonne application sans un régime de sanction, nous avons donc examiné une proposition de décret qui va régir les sanctions à appliquer en cas d’inobservation des obligations qui ont été édictées par le gouvernement et les autorités sanitaires pour lutter contre la Covid-19) a indiqué le Premier ministre lors de sa prise de parole à l’ouverture de la session du comité de riposte. Notons que les discussions de cette 23e session du comité de riposte ont aussi porté sur l’état d’avancement de la riposte ainsi que les efforts du gouvernement en vue d’accéder au vaccin. Sur ce sujet le premier ministre a exhorté le comité à faire des propositions au gouvernement permettant d’accélérer le processus.

Lutte contre le VIH : la Fondation Guri vie meilleure organise une campagne de dépistage à Niamey et à Tahoua.

© fondation Guri

Par Youssouf Sériba

C’est dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le VIH Sida célébré le 1er décembre de chaque année que la fondation Guri vie meilleure de la première dame Hajia Aissata Issoufou a initié une campagne de dépistage à Tahoua et Niamey. Avec la collaboration du Ministère de Santé publiqueb et le soutien de l’Ambassade de la République Populaire de Chine et de l’ONUSIDA, cette campagne se déroulera du 14 au 24 janvier à Niamey et du 18 au 24 janvier à Tahoua. A Niamey, les dépistages se feront dans vingt (20) Centre de santé intégré CSI à travers les 5 communes de la capitale. Cette campagne de dépistage en contexte de pandémie de Covid-19 vient rappeler la nécessité de ne pas perdre de vue la lutte contre le VIH Sida. A ce sujet, « la pandémie de la Covid-19 nous impose de revoir les stratégies de lutte contre le VIH Sida et les adapter au contexte tout en réduisant les risques de propagation de cette pandémie» a fait savoir Ousmane Kadri Nouhou directeur de la fondation Guri vie meilleure. Notons que le taux de prévalence du VIH au Niger est de 0,04% selon les statistiques du ministère de la santé, l’un des plus faible de la sous-région. Le nombre de décès dû au VIH est en baisse constante depuis 2012 « 4000 décès en 2012 ; 1248 décès en 2018 ; 1076 décès en 2019 et 973 décès en 2020 » a indiqué le ministre de la santé De.Idi Illiassou dans son discours a l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH Sida, le 1er décembre dernier.

La méthorologie nationale explique les causes des particules de pollution suspendues sur Niamey

© Niamey et les 2jours

Par Youssouf Sériba

Selon la direction nationale de la météorologie, la brume sèche suspendue sur la capitale depuis quelques jours risque de demeurer jusqu’à la prochaine saison pluvieuse. « Avec le sable du Sahara au nord et au niveau de l’ancien lit du Lac Tchad, qui est la source la plus importante. Tant qu’il y aura du vent, à une certaine vitesse, ces deux sources vont libérer leurs poussières, qui vont prendre de la hauteur et se déplacer d’une zone à une autre, cela parce que les vents les poussent loin et très loin même» explique Katiellou Gaptia Lawan, directeur du centre national de météorologie. C’est donc en raison de ces soulèvement de vents en provenance aussi bien de la source du nord(Sahara) et celle du sud-est (lit du Lac Tchad) que nous observons cette suspension de brume sèche à Niamey et dans certaines régions du pays depuis quelques jours. Le jeudi 14 janvier dernier, par exemple, du fait de suspension de la brume, il était impossible de voir au-delà de 4.500 m. La situation est quasi identique à Tahoua où c’est à plus de 6.000 m que la visibilité n’est pas bonne. Notons qu’à Niamey cette suspension de brume est accentuée par la circulation des véhicules sur les voies latéritiques ainsi que les chantiers de construction.

27 décembre : les dessous malsains d’un double scrutin apaisé

© Presse

Par Soumana Adamou

Le dimanche 27 décembre 2020, les élections présidentielles, premier tour, couplées aux législatives ont pu se dérouler au Niger sans incidents majeurs comme ce fut le cas aux élections locales du 13 décembre dernier. C’est sans doute la raison pour laquelle, le SG de l’Onu, l’ambassade des USA au Niger, les missions de l’Oif, de la Cedeao, de l’UA, de la Cen – Sad pour ne citer que cela ont salué chacun en ce qui le concerne, le peuple nigérien pour sa sagesse, à travers des communiqués qu’ils ont rendus publics. Le peuple Nigérien a fait preuve de hauteur de vue malgré la vive tension qui règne entre les différents bords politiques, due au caractère non consensuel des règles de jeux et le rejet de certaines candidatures, non moins importantes dont celle du chef de file de l’opposition Hama Amadou. La mobilisation était générale et tous les acteurs en présence avaient activement pris leurs places dans le processus électoral en cours. Il s’agit des forces de défense et de sécurité, des observateurs nationaux et internationaux, des médias dans leur ensemble et des citoyens nigériens dont il faut saluer l’engagement et la forte affluence pour accomplir ce devoir citoyen. Cependant à l’ombre de la mobilisation et la sérénité qui ont caractérisé le scrutin dans les centres urbains surtout, s’est déroulé des pratiques qui remettent en cause les bonnes notes que les observateurs surtout internationaux ont accordé pour ces élections au Niger. Des cas d’irrégularités multiples et divers ont été constatés et relevés dans le déroulement du vote dans plusieurs localités notamment en zones nomades. A Bermo, Tchintabaraden Malbaza par exemple, des témoignages fiables et authentiques ont rapporté des pratiques de fraude dont les auteurs sont identifiables. La haute autorité de lutte contre la corruption Halcia a pris des fraudeurs la main dans le sac à Malbaza. Le vendredi 8 janvier, le tribunal de Konni a prononcé une peine d’un(1) an de prison avec sursis contre des falsificateurs de procès verbaux de bureau de votes traqué par la Halcia. D’autres personnes mises en cause pour fraude et tentative de fraude seront incessamment traduit devant les tribunaux nous apprend une source de la Halcia.

©presse

L’observatoire de la Halcia n’est pas le seul organe à avoir décelé des pratiques frauduleuses lors du double scrutin du 27 décembre.Quant on prend en compte la déclaration de l’observatoire du processus électoral(OPEL), elle dit avoir enregistré par le soin de ses équipes disséminées sur toute l’étendue du territoire où se déroule le vote, 1 075 appels qui s’assimilent à des plaintes sur leurs numéros verts puis 1 580 échanges sur le média social WhatsApp. Selon cet observatoire des élections, toutes ces plaintes sont en cours de traitement par leurs équipes en vue de produire une déclaration finale sur la mission d’observation qu’on leur a confiée. Aussi, il a été loisible de remarquer, comme lors des élections locales du 13 décembre 2020 que l’ouverture de plusieurs bureaux de vote a pris encore du retard à cause de l’ acheminement du matériel et/ou du personnel qui a connu un dysfonctionnement. Cependant, il faut noter que le personnel électoral, malgré qu’il soit mal formé comme nous l’avions relevé lors des élections locales, a connu une amélioration dans l’exercice de leur mission à l’intérieur des bureaux de vote. Tout de même, des observateurs ont remarqué selon ce qu’ils disent avoir vu, des urnes non scellées avec des bulletins non signés par les assesseurs à quoi il faut ajouter le code électoral qu’ils ne maîtrisent point. Par ailleurs, le constat est amer à certains endroits, pendant le déroulement du vote. Des partis politiques, comme la dernière fois n’ont pas su relever la qualité de leur représentation dans les bureaux de vote. Certains de leurs délégués sont très jeunes sans une conscience claire de l’importance de la mission à eux confiée. Mais la faute incombe à certains partis politiques qui peuvent envoyer de tels délégués pour leur remplir une mission, sans se soucier de leur prise en charge ne serait ce que pour cette journée. Pourtant le chef de file de l’opposition dans un point de presse à la veille des élections disait que cette fois ci, pour leur camp de la CAP 21, ils se feront représentés par les candidats aux élections locales dans les bureaux de vote en lieux et places des jeunes. Voilà une proposition qui, si elle était mise en oeuvre pouvait prévenir certaines situations désagréables. Certains responsables politiques ne mesurent pas encore l’enjeu de se faire bien représenté dans les bureaux de vote. Ce laisser aller n’est pas le cas pour le parti au pouvoir, le Pnds Tarayya, où les responsables prennent tout au sérieux en ce qui concerne les élections et ne laissent rien au hasard. L’on a constaté aussi la présence de mineurs non émancipés enrôlés, car munis de leurs cartes d’électeurs en bonne et due forme. Des situations qui, si elles sont décelées ici, ont sûrement passé inaperçues ailleurs. Des cas de braquages d’urnes ont été signalés ça et là. Des urnes ont été bourrées à dessein. Des cartes d’ électeurs ont été rachetées et à quelle fin? Les achats de conscience pour influencer le vote ont été monnaie courante ce jour là comme ce fut le cas, le 13 décembre aux élections locales. Certains malfrats du procesus électoral, fort d’une certaine couverture sûre, ne se voilent même plus la face, quand ils s’adonnent sans scrupule à cette sale pratique. Des commis de l’État malgrè les droits de réserve que leur impose leurs fonctions de service public, se sont versés dans la chose électorale pour prendre partie dans le processus de vote. Cependant, le plus regrettable et le plus inquiétant dans la vie d’une nation qui se veut démocratique, c’est l’absence de sanctions à l’encontre de ces citoyens qui sont pour la plupart, pris en flagrants délits de fraude ou la main dans le sac entrain de distribuer de l’argent. La distribution des billets de banque, des kits alimentaires et autres cadeaux à l’occasion de ces élections a d’ailleurs occupé une large place dans le déroulement des différentes campagnes électorales. Les voitures de l’État ont été abusivement utilisées lors des campagnes électorales. Pour la plupart, les candidats du pouvoir sont les plus indexés de toutes ces irrégularités. Aussi, nous sommes en droit de croire, vu l’impunité qui couvre ces actes inadmissibles qui jurent avec les normes démocratiques que le déroulement de ces différents scrutins ont étalé au grand jour l’incapacité pour le parti au pouvoir d’organiser des élections en bonne et due forme. Est ce à dessein ou c’est juste une pure incompétence.

Alternance démocratique en vue : Issoufou Mahamadou honore la démocratie, le peuple nigérien donne raison à Jean Yves Ledrian

© presse

Par Youssouf Sériba

L’élection présidentielle 1er tour couplé aux législatives s’est déroulé le dimanche 27 décembre sur toute l’étendue du territoire national conformément au calendrier de la commission électorale. Au niveau du bureau de vote numéro 001 le scrutin a commencé aux environs de 10 heures avec le vote du président de la République sortant Issoufou Mahamadou, le principal acteur de l’alternance en passe d’être réalisée au Niger. En 30 de carrière politique au cours de laquelle il a été candidat à plus de cinq scrutin présidentiel, c’est pour la première fois que le natif de Dandadji vote pour un candidat autre que lui. Ainsi, pour la première fois au Niger le pouvoir sera transmis par un chef d’État sortant à un successeur élu au suffrage universel, c’est toute la particularité de ces élections du 27 décembre. « C’est un jour spéciale pour le Niger qui va connaitre pour la premier fois de son histoire une alternance démocratique. Cette alternance va j’espère permettre au Niger de consolider son statut de modèle de démocratie en Afrique » a réagit le président de la République face à la presse après avoir effectué son vote. Issoufou Mahamadou a souligné avec fierté que le Niger est un modèle de démocratie parce-que dit-il « nous somme porteur d’une ambition, celle de moderniser la politique de la détribaliser, l’ambition de faire la politique autour des valeurs et non sur des bases identitaires». L’acteur de cette révolution de la politique dans le contexte africain c’est le peuple nigérien conclu celui qui aura l’honneur de passer le pourvoir à son successeur en avril prochain.
Ce qui a été particulièrement remarquable le 27 décembre c’est la mobilisation et la sérénité qui a caractérisé le scrutin. Sur l’ensemble du territoire les nigériens se sont exprimé dans le calme et aucun incident significatif n’a été remarqué. C’est peut être ce qui donnera raison au ministre des affaires étrangères français Jean Yves Ledrian qui a déclaré en novembre dernier ici même à Niamey « La qualité de l’élection au Niger sera une référence pour toute l’Afrique ». C’est une vérité, le peuple nigérien est à féliciter mais la Commission électorale aussi, Me Issaka Sounna est entrain d’accoster le navire. Malgré les contraintes, les aléas de la Covid-19, les critiques parfois acerbes qu’il a essuyé le président de la Ceni réussi et ne cache pas sa satisfaction. « Nous sommes heureux de constater que jusque-là les mauvaises augures n’ont pas eus lieu, les élections telles que prévues se déroulent normalement dans la paix et la sérénité sans anicroche » a-t-il déclaré devant la presse après l’ouverture des bureaux de vote. Le président de la Ceni de souligner que toutes les dispositions de sécurité physiques et sanitaires sont prises pour que les électeurs détenteurs de la souveraineté s’expriment en toute quiétude.
Du côté des missions d’observation qui ont surveillé le scrutin c’est un constat positifs qui se dégage. Dans un communiqué rendu public le lundi 28 décembre par la mission d’observation de la Cedeao, les « Chefs des missions d’observation électorale déployés au Niger ont unanimement salué le caractère paisible et participatif du double scrutin du dimanche ». En somme c’est une véritable fête de la démocratie qui se déroule au Niger. Il revient aux acteurs politiques de faire preuve de maturité et ne pas gâcher l’ambiance.

Air force/Le C-130 réintègre la flotte nigérienne

© Les Échos du Niger

Par Youssouf Sériba

La base aérienne 101 de Niamey a servi de cadre ce lundi 4 janvier 2021 à la cérémonie de retour du C-130 de l’armée de l’air du Niger après une longue maintenance sur le sol américain. La cérémonie qui a débuté dans l’après-midi s’est déroulée en présence du ministre nigérien de la défense Pr. Issoufou Katambé, de l’ambassadeur des Etats-Unis au Niger Eric Whitaker, de la secrétaire de l’Armée de l’air des Etats-Unis Barbara Barett , du chef de l’Etat-major de l’Armée de l’air du Niger et plusieurs autres cadres et hauts gradés de l’Armée. Parti pour une révision générale en 2015, c’est un C-130 flambant neuf qui est de retour au bercail prêt à servir les opérations de terrain. Le retour de cet aéronef souligne la portée du partenariat stratégique entre les Etats-Unis et le Niger en matière de sécurité et défense. Pour ramener ce C-130 au 100% de sa capacité, pas moins de 30 millions de dollars ont été investis par le pays de Joe Bayden , en pièce de rechange, équipement de soutien, formation, carburant et une équipe technique de maintenance à plein temps. Prenant la parole au cours de la cérémonie, l’ambassadeur des Etats-Unis au Niger Eric Whitaker a d’abord présenté au nom du peuple américain, ses vives condoléances aux familles des victimes des récentes attaques perpétrées à Tchombangou, Zaroumdareye et ceux de Toumour. Le diplomate américain a ensuite indiqué l’importance du retour du C-130 au pays « Alors que le Niger s’efforce d’apporter la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, je suis convaincu que les forces armées nigériennes, avec le C-130 qui réintègre la flotte aérienne continuerons à s’imposer comme un modèle » a fait savoir l’ambassadeur des Etats-Unis au Niger. Pour sa part, Pr. Issoufou Katambé a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence pour le repos de l’âme des victimes des récentes attaques ainsi que l’ensemble des civiles et militaires victimes du terrorisme. « Cet aéronef qui a toujours fait la fierté des forces armées nigériennes vient renforcer les capacités opérationnelles des armés en cette période de grands défis sécuritaires et sanitaires » a souligné le patron des armées qui a par ailleurs annoncé l’acquisition d’un 2e C-130 au cours du dernier trimestre de 2021, fruit de la coopération entre les Etats-Unis et le Niger. D’une longueur de 29,7 mètres et une envergure de 40 mètres, le C-130 a la capacité de contenir 100 personnes et 16 tonnes de charge supplémentaire. Notons que la cérémonie a pris fin par une remise de cadeaux symboliques à la secrétaire de l’armée de l’air américaine par le ministre de la défense et le chef d’état-major de l’armée de l’air nigérien.

2e tour des présidentielles :Vers un retour de l’opposition au sein de la Ceni

Vice-président de la Ceni © Les Échos du Niger

Par Youssouf Sériba

Depuis quelques jours des informations font cas d’un retour de l’opposition politique nigérienne au sein de la Ceni afin d’occuper ses sièges restés vacants pendant plus de trois (3) ans. Interrogé sur la question ce matin le vice président de la commission électorale, Dr Aladoua Amadou reconnaît avoir eu vent de l’information cependant dit-il « si l’opposition souhaite rejoindre la Ceni elle doit écrire officiellement au ministère de l’intérieur afin que celui-ci prenne les dispositions qui s’imposent ». L’opposition doit ainsi transmettre la liste de ses représentants désignés au ministre de l’intérieur qui prendra un décret de nomination de ces représentants. Une fois nommés ces représentants de l’opposition vont prêter serment comme les autres membres qui ont siégé à la Ceni depuis son installation en octobre 2017 a insisté le vice-président de la Ceni. Depuis son installation le 23 octobre 2017 la commission électorale nationale indépendante (Ceni) a dû fonctionner sans les représentants des partis de l’opposition. Durant plus de 3 années de boycott l’opposition réunie au sein du Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République(Frddr), n’a raté aucune occasion pour affirmer de son point de vu et à qui veut l’entendre, le caractère partisan de la Ceni présidée par Me Issaka Sounna. A la veille du 2e tour de l’élection présidentielle avec un candidats issu de ses rang, tout semble indiquer que l’opposition politique nigérienne retrouve la foi et visiblement prête à reprendre ses sièges qu’elle a estimé en sous-nombre par rapport à ceux de la majorité présidentielle. Notons que la Ceni conformément au code électoral est composé de 13 membres dont 3 représentants des partis de la majorité et 3 représentants de l’opposition.

Message à la Nation du Président de la République à l’occasion du nouvel an.

31 DÉCEMBRE 2020

NIGERIENNES, NIGERIENS,

MES CHERS CONCITOYENS,

L’année 2020 s’achève. J’en ai fait le bilan, en même temps que celui des dix ans de mise en œuvre du programme de renaissance, à l’occasion du message à la nation du 18 décembre dernier. Globalement ce fut une « annus horribilis », une année horrible, surtout sur le plan sanitaire et sécuritaire. Beaucoup d’entre vous ont, durant cette année, perdu des êtres chers, tombés sur le champ d’honneur ou emportés par cette pandémie terrible, la covid 19.
Ce fut une année qui nous a trouvé et a débuté dans le deuil suite à la disparition de nos soldats à Inatès et à Chinagodar respectivement le 10 Décembre 2019 et le 9 Janvier 2020. Je suis heureux d’affirmer, aujourd’hui, que nous sommes sortis de ces désastres par le haut, plus déterminés dans le combat que nous livrons depuis plusieurs années contre le terrorisme et le crime organisé. Nos forces de défense et de sécurité ont relevé la tête. Nous sommes fiers d’elles. Nous sommes fiers de leur courage, de leur professionnalisme, de leur sens élevé du devoir. Déployées sur plusieurs fronts, elles ont apporté la preuve qu’elles sont la colonne vertébrale de l’Etat. Cette colonne vertébrale, nous l’avons consolidée à travers le doublement des effectifs par rapport à 2010, à travers la formation et l’équipement notamment des forces spéciales. Pour les cinq prochaines années l’objectif est de doubler, à nouveau, les effectifs, de poursuivre leur formation et leur équipement. Le sacrifice de nos martyrs d’Inatès, de Chinagodar et d’autres champs de bataille ne sera pas vain : en effet, plaise à Dieu, nous gagnerons ce que les historiens appellent désormais les guerres du Sahel et du bassin du lac Tchad. Je l’ai déjà dit, à l’occasion du message à la nation du 18 Décembre dernier, toutes les conditions de la victoire sont réunies : les capacités nationales sont renforcées, les forces conjointes sont opérationnelles, les alliances sont en place. Toutes ces forces, soumises à un commandement conjoint, ont enregistré d’importantes victoires en 2020. Je leur présente mes meilleurs vœux de succès plus amples encore en 2021. Au-delà des questions militaires, les questions de développement économique et social ainsi que celles relatives aux droits humains sont prises en compte. Cela permettra de rendre définitive notre victoire contre l’ennemi, cet ennemi qui inflige tant de souffrances à notre peuple dont il persécute femmes et enfants, cet ennemi qui a fait tant de victimes parmi les populations civiles et militaires. Je confirme la solidarité de l’Etat vis-à-vis de toutes les familles des victimes militaires et civiles de cette tragédie. J’ai une pensée pour les déplacés et les réfugiés auxquels je souhaite la sortie des camps et une normalisation de la situation.

Mes chers Concitoyens,

Ce fut le 19 Mars 2020 que notre pays enregistra son premier cas de covid, cette pandémie qui ébranle la planète toute entière. Déjà avant cette date, le Gouvernement a su anticiper la gestion de la première vague. Nous avons mis en place très tôt un plan de riposte pour faire face aux conséquences humaine, sociale et économique de la pandémie. En particulier, celle-ci nous a amené à revoir très fortement à la baisse notre taux de croissance économique de l’année. A la fin du mois d’Octobre 2020, seule une dizaine de cas était en cours de traitement. Début Novembre, commence, malheureusement, la deuxième vague, caractérisée par des cas asymptomatiques et une propagation qui dépasse les centres urbains pour toucher le milieu rural. Au 30 Décembre 2020 nous enregistrons, depuis le début de la pandémie, 3268 cas positifs avec 1802 guérisons, 104 décès, 1362 cas actifs parmi lesquels 130 en hospitalisation dont trois en réanimation. L’augmentation rapide de nouveaux cas nous fait craindre une tension au sein des hôpitaux et centres de confinement. Face à cette situation, je vous demande d’observer les mesures barrières décidées par le Gouvernement afin d’endiguer la pandémie et sauver des vies. Ces mesures peuvent paraître restrictives, mais c’est le prix à payer pour nous protéger et protéger les autres. Seules, en attendant le vaccin, ces mesures permettront de rompre la chaîne de contamination. S’agissant du vaccin, le Gouvernement a mis au point un plan pour son introduction le plus rapidement possible. Ce plan prévoit la vaccination en priorité de 47% de la population : il s’agit des agents de santé, des personnes âgées, des personnes présentant des risques de comorbidité, des éléments des forces de défense et de sécurité, des scolaires et des enseignants. Je fonde l’espoir que l’année 2021 nous permettra de vaincre cette pandémie et de retrouver un mode de vie normal.

Mes Chers Concitoyens,

L’année 2020 s’achève sur l’organisation de plusieurs scrutins dans notre pays. En effet, vous vous êtes rendus aux urnes le Dimanche 13 Décembre pour élire vos conseillers municipaux et régionaux et le Dimanche 27 Décembre pour élire vos députés et le Président de la République. Lors de ces deux occasions, vous avez fait preuve de civisme et de maturité politique. Vous étiez sortis nombreux pour accomplir votre devoir civique. Cette nouvelle page de l’histoire démocratique de notre pays est un succès. Vous en êtes les auteurs. Vous êtes les ardents acteurs de la modernisation de la politique dans notre pays, notamment de sa détribalisation. C’est une révolution que nous sommes en train d’opérer dans les mœurs politiques non seulement Nigériennes mais Africaines. Vous faites de notre pays un modèle de démocratie en Afrique et dans le monde. Ce faisant, vous participez activement à la consolidation de nos institutions démocratiques et républicaines, un des axes majeurs du programme de renaissance. Notre pays en a grandement besoin pour relever les défis auxquels il est confronté : défis sécuritaire, démographique, climatique, défi du développement économique et social.
Ce succès enregistré dans l’organisation des scrutins, nous le devons à la CENI dont je salue l’efficacité et le professionnalisme. Nous le devons aux forces de défense et de sécurité qui en ont assuré la sécurité, ainsi qu’aux partis politiques, aux médias, aux observateurs nationaux et internationaux, sans oublier les partenaires techniques et financiers qui sont à nos côtés de manière permanente. C’est grâce à eux tous que notre pays va continuer sa marche sur le chemin de la démocratie et donc du progrès économique et social. C’est grâce à eux tous que notre pays se dotera, en ce début de nouvelle année 2021, de nouvelles autorités élues, depuis le niveau de la commune jusqu’au niveau national en passant par le niveau régional. Je fonde l’espoir que ces nouvelles autorités continueront, pour les cinq prochaines années, l’œuvre de transformation du pays entamée depuis dix ans. Pour ma part, jusqu’à l’investiture du Président que vous aurez élu, je resterai à la tâche, je continuerai à vous servir jusqu’au terme du mandat, plaise à Dieu.

Mes chers Concitoyens,

Demain, 1er Janvier 2021 est un jour historique pour notre continent. C’est en effet demain que démarreront les échanges dans le cadre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf). C’est un des meilleurs cadeaux de nouvel an que nous puissions vous offrir, à vous et à tous les Africains. Avec la ZLECAf, nous mettons fin à une histoire de 135 ans de balkanisation de notre continent. Nous sortons, par le haut, des 84000 km de frontières, ces frontières qui sont autant de murs qui séparent les Africains des Africains, ces frontières qui sont autant d’obstacles qui limitent les échanges entre nos pays. Avec les autres projets de l’agenda 2063, nous créons, avec cet accord, les conditions de transformation de nos matières premières, nous parviendrons à booster nos économies et à créer des emplois notamment pour les jeunes. Je suis heureux d’avoir été, en votre nom, le Champion de la négociation de cet accord qui a été signé par 54 pays sur 55 du continent et ratifié par 34. C’est l’accord qui a été négocié, signé et ratifié dans les délais les plus brefs de toute l’histoire de notre organisation continentale. Tous les pays membres de la CEDEAO, sauf trois, l’ont signé et ratifié et sont donc prêts dès demain à sa mise en œuvre. En particulier, notre pays est prêt mais il doit soutenir des efforts continus pour créer les conditions de la mise en valeur de ses avantages comparatifs notamment à travers la mise en place d’infrastructures énergétiques, de transport et de télécommunication permettant de réduire les coûts de ces facteurs. C’est ce que nous avons amorcé dans le cadre de la mise en œuvre du programme de renaissance. J’espère que les prochaines autorités élues poursuivront cet effort, dans l’intérêt de notre peuple et de notre continent.

Mes chers Concitoyens,

L’année 2020 a été une année horrible. Durant cette année nous avons souffert du terrorisme et du crime organisé, nous avons souffert des inondations, nous avons souffert de la covid19. Fort heureusement, nous sommes un peuple résilient qui, par le passé, a déjà connu et surmonté d’autres épreuves. Comme par le passé, nous surmonterons ces nouvelles épreuves, car nous sommes un peuple paisible et uni. Nous venons de le démontrer à l’occasion de l’organisation des deux doubles scrutins. Cela nous rend plus forts, plus respectés par le reste du monde. Cela nous permet d’envisager l’avenir avec beaucoup d’espoir. Cela rend plus crédible notre participation, au niveau mondial, au débat sur la relance post COVID pour un monde plus humain, plus juste, plus solidaire.

Je souhaite que l’année 2021 soit meilleure à 2020.

Bonne année à toutes et à tous.
Je vous remercie.