Scrutin électoral à Tahoua : forte mobilisation des femmes

Bureauu de vote au quartier Guebin Zogui ©Les Échos du Niger
Bureau de vote Toudoun Morey ©Les Échos du Niger

Par Djibo Adamou, depuis Tahoua

Le dimanche 27 décembre 2020 la population de l’Ader était sortie massivement pour répondre présent au votes pour les élections présidentielles 1er tours couplé aux législatives. Au niveau des bureaux de vote du quartier Toudoun Moré, Koufan Tahoua et Gueben Zogui le scrutin à commencer à partir de 8h00. Jusqu’au environ de 17h00, le vote se déroule dans la sérénité, dans toute la ville de Tahoua. Ont note pour ces élections présidentielles premier tour couplé au législatives une baisse de la mobilisation par rapport aux élections municipales du 13 décembre passé. Ce qui est particulièrement remarquable à Tahoua c’est la forte mobilisation des femmes au niveau de tout les bureaux de vote de la ville.

Présidentielles couplées aux législatives : Un début de scrutin dans la sérénité.

©presse

Par Youssouf Sériba

Les votes pour l’élection présidentielle 1er tour couplée aux législatives ont débuté ce dimanche matin sur toute l’étendue du territoire national. Au niveau du bureau de vote numéro 001 le scrutin a commencé aux environs de 10 heures 15 minutes avec le vote du président de la République sortant Issoufou Mahamadou accompagné de sa famille. « C’est un jour spéciale pour le Niger qui va connaitre pour la première fois de son histoire une alternance démocratique. Cette alternance va j’espère permettre au Niger de consolider son statut de modèle de démocratie en Afrique » a réagit le président Issoufou face à la presse après avoir effectué son vote. Les échos qui nous sont parvenus jusqu’aux environs de 13 heures font état d’un déroulement du vote dans la sérénité, un peu partout à Niamey et dans le reste du pays, les citoyens votent dans le calme. Tout de même on note un léger retard en ce qui concerne l’ouverture de certains bureaux de vote dans la capitale Niamey. Pour sa part le président de la Commission électorale Nationale et Indépendante (Ceni), Me Issaka Sounna s’est dit satisfait et optimiste quant au bon déroulement du scrutin. « Nous sommes heureux de constater que jusque-là les mauvaises augures n’ont pas eus lieu, les élections telles que prévues se déroulent normalement dans la paix et la sérénité sans anicroche » a-t-il déclaré ce matin devant la presse. Me Issaka de souligner que toutes les dispositions de sécurité physiques et sanitaires sont prises pour que les électeurs détenteurs de la souveraineté s’expriment en toute quiétude. Notons que 7,4 millions d’électeurs sont appelés à voter ce 27 décembre dans 30 000 bureaux de vote à travers le pays pour élire un président de la république et 171 représentants à l’Assemblée Nationale.

Covid-19/Fermeture des lieux de réjouissances en période de fêtes de fin d’année

©web

Par AbdoulKader Idy

Depuis le début du mois de décembre le Niger est confronté à une deuxième vague de Covid-19 très préoccupante. La courbe des nombres de cas monte en flèche et la maladie devient de plus en plus mortelle sous nos latitudes. Pour pallier cette recrudescence de cas et freiner, la propagation de ce virus , le gouvernement nigérien a instauré 7 nouvelles mesures lors du dernier Conseil des Ministres en date du mercredi 23 décembre 2020. Il s’agit entre autres de la fermeture des bars, des boites de nuit et des lieux de spectacles. Le retour au strict respect des mesures barrières dans tous les restaurants à savoir le respect de la distanciation, le lavage des mains, la désinfection régulière des lieux, l’interdiction des rassemblements lors des décès, des mariages, des baptêmes et autres formes de réjouissances, l’application stricte des mesures de prévention dans les marchés urbains et ruraux, dans les transports en commun et les gares. L’interdiction des rassemblements lors des décès, des mariages des baptêmes et des autres formes de réjouissances telles que les foyandi. La fourniture de masques subventionnés par l’Etat aux personnes déclarées positives ainsi que leurs contacts pendant leur période de suivi afin de contribuer à la rupture de la chaine de transmission. L’application stricte des mesures de prévention dans les marchés urbains et ruraux. Le suivi de l’application effective des mesures barrières. L’intensification de la sensibilisation et l’information du grand public. La mise en place d’une stratégie de communication à base communautaire en collaboration avec toutes les parties prenantes et en réadaptant les messages et les supports existants au nouveau contexte marqué par des cas asymptomatiques. Toutes ces mesures, selon le gouvernement, visent à lutter contre la propagation de ce virus. Elles prennent effet à compter du 24 décembre 2020. Du côté des propriétaires de bars, des maquis et des restaurants, c’est la panique et le désarroi. L’instauration de ses nouvelles mesures va encore une impacter leur activité en cette fin d’année où beaucoup réalisent de grand bénéfices avec les fêtes.

Notons que le gouvernement a pris les dispositions pour vacciner 47% de la population d’ici le premier trimestre de 2021.

Clôture de la 2ème session ordinaire à l’assemblée nationale au titre de l’année 2020

©Les Échos du Niger

Par Souleymane Ousmane

C’est à l’absence de plus de la moitié des députés nationaux que le président de l’Assemblée Nationale Ousseini TINNI a livré son discours de clôture ce mercredi 23 decembre2020 de la 2eme session ordinaire dite session budgétaire au titre de l’année 2020. Dans son discours, le président de l’institution a dressé un bilan positif des 5ans de la législature de la 7eme république. <<Plus de 300 textes et lois ont été adoptés avec efficacité ; des parlementaires >> a souligné le président de l’institution. Ousseini Tinni a par ailleurs salué le sens de responsabilité des députés tout au long de la session. Le bilan des 10 années du programme de la renaissance a été évoqué. Un bilan que le président de l’Assemblée nationale a estimé satisfaisant à tous les niveaux .Notons que cette session est la toute dernière des députés de l’actuelle législature en fin de mandat. S’agissant de la situation politique du pays, le président de l’Assemblée nationale a appelé la classe politique nigérienne à plus de responsabilités afin d’avoir des élections apaisées, crédibles et équitables dans notre pays. Par ailleurs, on note la présence de plusieurs invités, dont les leaders religieux, les corps diplomatiques, les membres du gouvernement et les FDS. La cérémonie de clôture a été marquée par la prestation de serment du Maitre Boureima Mamandou FODE commissaire de la Commission Nationale de Droit Humain CNDH.

Message de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) pour des élections propres au Niger

Mesdames et messieurs les membres des commissions électorales et des bureaux de vote, les élections présidentielle et législatives se dérouleront, Incha Allah, le Dimanche 27 Décembre 2020 sur toute l’étendue du territoire national.
A cette occasion, la HALCIA, conformément à ses missions de prévention et de répression de la corruption, a mis en place un observatoire des élections en collaboration avec les organisations de la société civile, les médias, les organisations des jeunes et des femmes, non seulement pour prévenir la corruption électorale, mais aussi pour détecter les éventuels cas de fraude, d’irrégularités ou d’actes de corruption . Mesdames et messieurs, la fraude pervertit le mécanisme électoral et fausse les résultats des élections. La corruption et la fraude constituent une menace grave pour la démocratie, l’Etat de droit, la paix et la quiétude sociale. Mesdames et messieurs les membres des commissions électorales et des bureaux de vote, vous êtes les acteurs centraux des élections. Votre engagement sans faille est déterminant pour la bonne conduite des élections dans notre pays. Voilà pourquoi, la HALCIA vous dit qu’elle compte beaucoup sur vous pour des élections propres, justes, transparentes débarrassées de toute fraude et corruption, gage de paix et de stabilité au Niger. Mesdames et messieurs, la HALCIA tient à vous rappeler que le Code électoral a prévu en son article 197 des sanctions administratives et pénales à l’endroit de « quiconque, soit dans une commission électorale, soit dans un bureau de vote (…), avant, pendant ou après un scrutin, aura, par inobservation de la loi ou des règlements, ou par tous autres actes frauduleux, violé ou tenté de violer le secret de vote, porté atteinte ou tenté de porter atteinte à sa sincérité, empêché ou tenté d’empêcher les opérations du scrutin, ou qui en aura changé ou tenté de changer le résultat, est puni d’un emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende de cent mille (100 000) francs CFA à un million (1000 000) de francs CFA. L’auteur pourra, en outre, être privé de ses droits civiques pendant une période n’excédant pas cinq (5) ans Si le coupable est fonctionnaire de l’ordre administratif ou judiciaire, agent préposé du gouvernement ou d’une administration publique, chargé d’un ministère de service public, la peine est portée au double. » Mesdames et messieurs, la HALCIA vous rassure de tout son soutien et vous réitère ses vœux de plein succès à la conduite des élections. Tous ensembles contre la corruption et la fraude électorale, pour des élections propres, justes, transparentes et paisibles au Niger.

Enquête/Migration Agadez: Le calvaire des femmes migrantes de retour d’Algérie

Des migrantes et leurs enfants au quartier Toudou Az, ©Bsouleymane

Par Souleymane Brah

Entre le 5 septembre et le 8 Octobre 2020, l’Algérie a expulsé plus de 3400 migrants d’au moins 20 nationalités différentes vers le Niger, dont 430 enfants et 240 femmes. Cela porte le nombre estimatif à plus de 16 000 migrants expulsés en 2020, dont un peu plus de la moitié est composé de nigérien(ne)s. C’est ce qui ressort du rapport de l’ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. Par ailleurs, le retour au bercail pour ces infortunés migrants s’effectuerait dans des conditions de maltraitance et de mépris, avec pour les femmes, les risques d’agressions sexuelles, de violences physiques et psychologiques, pouvant entraîner la mort, et dont les auteurs seraient des passeurs, des trafiquants en tout genre et parfois des Forces de défense et de sécurité. Pour rendre compte de cette triste réalité, notre reporter s’est rendu à Agadez, point de départ incontournable pour les migrants de la sous-région ouest-africaine ; et point de retour pour ceux dont le rêve se transforme en cauchemar. Enquête sur le calvaire des femmes migrantes de retour d’Algérie dans ladite ville. Agadez, ville cosmopolite et berceau de la migration Connue pour être la plaque tournante de la migration clandestine en Afrique de l’Ouest, la ville historique d’Agadez située à plus de 1000 km de la capitale Niamey, au Niger, accueille chaque jour des centaines de migrants, hommes et femmes, en partance ou en provenance de deux principaux pays arabes à savoir l’Algérie et la Lybie. L’adoption en 2015 par le gouvernement du Niger de la loi N0 2015- 036 du 26 mai 2015 qui réprime la migration irrégulière et le trafic illicite des migrants, et la signature d’un accord de rapatriement des migrants avec les autorités algériennes ont permis de réduire considérablement le business des passeurs et, par ricochet, les activités économiques de la région. De ce fait, la gestion des flux des rapatriés attire plus l’attention de l’État et de ses partenaires tels que l’organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), même si par ailleurs les passeurs ont créé de nouvelles routes de contournement.

En cette matinée de mardi 17 mars 2020, c’est au quartier Toudou, où se trouve la plupart des femmes migrantes nigériennes de retour d’Algérie, que mon enquête commence. Avec mon guide, un natif d’Agadez, nous marchons tranquillement dans cette aire où tout est précaire lorsque notre regard est attiré par un groupe de femmes avec des enfants qui semblent être les leurs. Elles sont casées dans des parcelles vides où sont construites des petites cases. Dans la cour, il y a au moins dix femmes, chacune avec un ou deux enfants. Après les salutations d’usage en langue locale (hausa), difficile de leur arracher un mot. Elles ne nous connaissent pas, du coup la prudence est de mise. La méfiance se lit sur leurs visages et regards éprouvés. Tous les moyens sont alors bons pour esquiver nos questions. « Monsieur, lance celle qui semble être la doyenne du groupe, nous allons sortir chercher du travail. Nous sommes des vulnérables, ce ne sont pas les gens que vous cherchez, les femmes avec les petits enfants qui préparent le voyage en Algérie ». Puis une autre s’exprime : « Nous sommes en exode avec nos enfants, pour trouver de quoi survivre. Personne ici n’a cette intention. Pour preuve, tu peux demander à nos voisines ». Soudain, Mariam murmure et dit à une autre : « tais-toi, pourquoi tu parles de l’intention de voyager ? et s’il est venu se renseigner sur nous pour que l’État vienne nous déguerpir et nous ramener chez nous ? ». Sans dire un mot, je prends dans mes bras une des petites filles qui est à côté de moi. « Yaya sunanki » autrement dit en hausa « Quelle est ton nom ? », lui demandé-je. Puis, j’explique calmement aux femmes que je ne suis pas là pour les espionner, encore moins profiter de leur situation mais que je suis un journaliste venu spécialement échanger avec elles sur leur parcours et expérience du voyage dans les pays arabes, dans le cadre d’une enquête journalistique. « Vos pays respectifs, l’Afrique et le monde ont besoin de connaitre votre vécu de femmes migrantes, ce que vous avez traversé en aller comme au retour dans le désert. Aujourd’hui vous êtes là en vie, mais d’autres ont perdu la vie au cours de ce voyage et n’ont plus la possibilité de raconter leur histoire », ai-je dit en les regardant droit dans les yeux et en m’asseyant à côté d’elles à même le sol, sur une natte de fortune. Puis un temps de silence, elles se regardent une à une, croisent les bras et la doyenne autorise les nommées Mariam et Amina à discuter avec moi. La confiance s’est établie. La trentaine d’âge, les deux jeunes dames se libèrent et libèrent la parole : « Pour vous dire la vérité, nous sommes toutes nigériennes et chacune d’entre nous à une expérience de ce voyage. En réalité, c’est une question de vie ou de mort. Personne n’a la certitude de survivre ou non. On prend les risques d’entreprendre le voyage. La première fois nous étions parties sans enfants et avons compris par la suite que les arabes ont plus pitié de celles qui ont des enfants ». Mariam ajoute : « presque sept ans après ma première expérience, j’étais retourné avec deux enfants. Malheureusement le voyage n’a pas duré longtemps. Ils nous ont rapatriées avec nos enfants ». A la question de savoir comment se prépare le voyage, elles croisent les bras et baissent la tête. « On vient à Agadez travailler ou mendier pendant des mois. Une fois l’argent nécessaire réuni, nous contactons les rabatteurs qui sont les partenaires des passeurs » disent-elles. « En 2013, raconte Mariam, c’était un peu relaxe. Nous avions pris la route Agadez-Arlit-Assamaka-Tamarasset sans grande difficulté. Nos passeurs se sont « entendus » au préalable avec les forces de défense et de sécurité. Mais une fois dans le désert, les conditions du voyage se sont avérées déplorables. C’est à tes risques et périls. Personne ne se soucie de toi ou de ton enfant. Ils fouillent, agressent et violent les femmes. Il n’y a pas que des nigériens, les voyageurs sont de plusieurs nationalités ». Et Amina de déplorer l’adoption de la loi qui criminalise les activités des passeurs et le contrôle au niveau des frontières, car depuis, les choses ont beaucoup changé, selon elle. « Pour notre dernier départ, c’était par groupes différents, certains passeurs prennent l’axe Agadez-Arlit-Inguizzam-Tamanrasset pour contourner la police, d’autres passent par Agadez, puis au puits de l’espoir où à partir d’Arlit on passe vers Tchintabaraden. Mais de toutes les façons, les passeurs sont les mêmes. L’essentiel du voyage se fait dans la nuit et ils sont les seuls maitres du terrain. C’est une question de vie ou de mort ». En plein désert, les chauffeurs coupent les moteurs des véhicules ; ils fouillent chaque passager et mettent de côté femmes surtout les jeunes filles. Ils les obligent à coucher avec eux. Sans pudeur.

En plein désert, les chauffeurs coupent les moteurs des véhicules ; ils fouillent chaque passager et mettent de côté les femmes surtout les jeunes filles. Ils les obligent à coucher avec eux. Sans pudeur.

Ces témoignages sont aussi confirmés par des migrantes étrangères que nous avons rencontrées grâce à une connaissance, après plusieurs rendez-vous. Elles nous ont reçus dans leur « Ghetto ». « Monsieur, j’espère que vous n’êtes pas là pour nous piéger. On a quitté le camp de l’OIM pour nous installer en ville. On se cherche comme les autres », confie une d’elles, répondant au nom de Christine Elle me déshabille presque du regard et poursuit : « Au cours de ce voyage, les femmes sont gravement violentées. Elles suivent des brimades et autres tortures. En plein désert, les chauffeurs coupent les moteurs des véhicules ; ils fouillent chaque passager et mettent de côté femmes surtout les jeunes filles. Ils les obligent à coucher avec eux. Sans pudeur. Les choses se passent au vu et au su de tout le monde. On ne parle pas de honte parce que vous n’avez pas les moyens de vous défendre », lâche-t-elle dans un soupir. Avec rage et sur un ton violent, sous forme de regret Sylvie confesse : « cette affaire de violation des droits des migrants est connue de tous. Il y a même des filles qui achètent des préservatifs pour se protéger. Ils te ciblent la nuit et puis viennent te chercher pour faire l’amour avec toi. Tu n’as aucun moyen de dire non ou de t’opposer à leur volonté. Je me souviens, un jour, en plein désert, le chauffeur a tourné dans le sable avant d’arrêter le véhicule. Ils nous ont demandé de sortir. C’est très choquant de voir qu’on viole une femme devant tout le monde ». Pire, disent-elles : « certaines contractent des grossesses, d’autres des maladies et des fois il y a des femmes qui accouchent. Tu regardes sans savoir quoi faire, tu es obligée de te donner car même les autres candidats à la migration se cherchent. Ils ne font pas la différence entre un homme et une femme ». Par ailleurs, toutes ces migrantes ont souligné que les passeurs ne les amènent pas jusqu’à destination. « Si par chance ils ne vous abandonnent pas en cours de voyage, c’est à quelques kilomètres de la première ville d’Algérie qu’on vous débarque », affirme Mariam. « Arrivés à In Guezam, la première ville algérienne, on a des contacts qui nous attendent. Chacun en fonction de sa communauté paye 1500 dinars (6000 FCFA, ndr) par mois pour le ghetto. Mais si tu ambitionnes d’aller à Tamanrasset, les frais de transport s’élèvent à 2000 dinars (8000 FCFA, ndr) et entre Tamanrasset et Oran, une autre grande ville, 15 000 dinars (60000 FCFA, ndr) », précise Christine. Les conditions de retour des migrants d’Algérie Toutes ces quatre migrantes interrogées ont confirmé avoir subi des épreuves douloureuses lors de leur retour. A partir de l’Algérie, le rapatriement se fait sans respect de la personne et de la dignité humaine. « Je partais au marché quand la police m’a prise de force. Sans me donner la chance de retourner dans mon ghetto, ils m’ont conduite à leur base. Je ne disposais de rien. Ils ont tout récupéré de moi », affirme Sylvie. « En Algérie, les arabes vous tabassent, ils vous torturent et vous maltraitent comme des animaux, vous n’avez aucune dignité. Ils ne respectent pas les droits de l’homme. Vous n’avez droit à rien… pratiquement à rien… ils vous dépossèdent de tous vos biens portables, argent. Chez eux, le migrant n’a droit à rien », rétorque Christine. Elle poursuit : « Déjà pour louer une maison, tu payes six mois d’avance. Moi, je vends la boisson clandestinement parce que si on te surprend, c’est au moins trois mois de prison.

« Dans les camions, on charge femmes enceintes, hommes et enfants, des malades sans distinction, comme des sardines. Aucun respect de la dignité humaine. Vous marchez pendant quatre (4) heures pour atteindre Assamaka, et beaucoup meurent avant d’arriver au point zéro ».

Ils n’agissent pas comme des humains, ils sont trop racistes et les patrons abusent régulièrement des travailleuses. Si tu réclames ton argent, ils t’envoient les policiers pour te prendre ». « Notre cas est un peu différent des autres nationalités, même si au cours de l’opération ils prennent tout le monde sans distinction de nationalité », précisent Mariam et Amina. « C’est au cours des rafles en série que nous avons été «prises ». La police chasse les migrants dans les rues, chez eux et sur leurs lieux de travail, en disant : ‘vous êtes du Niger non ?! On va vous ramener chez vous, vous allez quitter notre pays. Rentrez chez vous, pauvres gens que vous êtes !’ », déplorent-elles. Par la suite, ces migrant(e)s sont placé(e)s dans des centres de rétention et des camps pour un séjour de quelques jours ou semaines, avant d’être ramené(e)s au Niger. « On voyage en convoi dans le bus qui nous amène vers le sud, souvent à Tamanrasset, et cette ville se situe à 1900 km d’Alger. Le migrant n’a aucune possibilité de retourner. C’est une expulsion digne de son nom ». De Tamanrasset à Assamaka, le trajet fait des victimes. « Dans les camions, on charge femmes enceintes, hommes et enfants, des malades sans distinction, comme des sardines. Aucun respect de la dignité humaine. Vous marchez pendant quatre (4) heures pour atteindre Assamaka, et beaucoup meurent avant d’arriver au point zéro ». C’est à ce stade que l’équipe de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) aide les migrants. « De Assamaka à Arlit, jusqu’à Agadez tu ne payes rien, c’est l’OIM qui te prend en charge. Mais compte tenu des tracasseries dans le camp, des procédures à suivre, tu peux passer un à deux mois, beaucoup préfèrent payer leur transport », affirmennt elles. Passé cette étape, l’OIM organise le retour volontaire dans les pays respectifs des migrantes : « Moi je me suis retirée pour chercher un ghetto et m’installer à Agadez », reconnait une migrante. Elle ajoute : « s’agissant de la prise en charge des migrantes nigériennes, on ne bénéficie pas de grand-chose. Juste des couvertures, des draps, des nattes et autres ustensiles pour les petits besoins. L’accompagnement n’est pas à la hauteur ». Mais, disons-le, c’est une aubaine comparée à l’enfer algérien.

© Bsouleymane

Les tentatives de dissuasions restent vaines Entamer un voyage en plein désert, dans le cadre de la migration irrégulière, comporte de nombreuses conséquences, notamment le risque de perdre sa vie. Cette situation a amené certaines structures à sensibiliser les migrants, notamment sur les dangers de la route. Cependant, ces informations reçues en amont ne réussissent que très peu à dissuader les candidats à la migration. « Personnellement, je suis au courant qu’il y a des difficultés. J’ai choisi d’aller en Algérie pour tenter la chance de ma vie. J’ai envie de réussir comme mes amies qui ont voyagé jusqu’en Europe. Pourquoi pas moi étant donné qu’il y a du travail dans ces pays ? » dit Sylvie. « Mon mari m’a devancé, on a un projet commun qu’on doit réaliser. J’ai donc quitté le Cameroun pour le rejoindre via le Niger. Je suis psychologiquement préparée à endurer ces difficultés. L’essentiel pour moi, c’est d’arriver à destination, peu importe les conséquences », indique Christine.

« Après avoir traversé au moins quatre pays, souffert pendant deux années, j’ai appris beaucoup de la vie

La volonté farouche de retourner malgré les échecs Les difficultés liées à la migration irrégulière, notamment la violation des droits humains par des passeurs et des agents de sécurité, ne découragent pas les candidats à la migration. « Après avoir traversé au moins quatre pays, souffert pendant deux années, j’ai appris beaucoup de la vie. Il y a des choses, des chocs que tu ne peux pas oublier toute ta vie. Et après tant d’années de souffrances vécues, je préfère mourir à Agadez ou même me suicider que de rentrer dans mon pays d’origine sans rien », affirme Christine. « Pourvu que mon mari soit mieux qualifié pour travailler là-bas. Je pense qu’un jour on va repartir et ceci quel que soit le prix. Je dois rester à Agadez, m’intégrer pour gagner de l’argent et penser à repartir », rétorque Sylvie. Aujourd’hui plus que jamais, la crise migratoire est en enjeu majeur pour le Niger et ceci malgré les mesures prises dans le cadre de la mise en œuvre du fonds judiciaire avec l’Union européenne. D’une part, les passeurs ont créé de nouvelles routes migratoires, d’autre part l’Algérie poursuit l’opération de rapatriement. Malgré les risques de la traversée du désert, les candidats à la migration dont la plupart sont des jeunes ne renoncent pas à leur intention de voyager. Dans son bulletin mensuel du mois d’octobre, l’organisation international pour les migrations (OIM) a indiqué avoir aidé 103 435 individus entrant au Niger dont 469 migrants assistés à travers l’aide au retour volontaire et à la réintégration, 1471 nouveaux migrants assistés dans les centres et 1767 autres assistés à travers les opérations de sauvetage humanitaire. Au même moment, 112 132 personnes sont sorties du Niger. Cette grande enquête a été réalisée dans le cadre du projet « Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication », mis œuvre par l’UNESCO dans huit pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal. Financé par le Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) et de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), il vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité. En conséquence, le projet contribue à renforcer la capacité des professionnels des médias de la sous-région, notamment ivoiriens, à rendre compte de la migration tout en promouvant des normes et des bonnes pratiques en matière de droits de l’homme et des approches sexospécifiques et inclusives de la couverture de cette question dans les pays ciblés. L’enquête de Souleymane Brah est l’aboutissement d’un parcours de formation sur les techniques de journaliste d’investigation en lien avec la migration, qui a bénéficié à plus d’une centaine de journalistes, et d’un appui à son projet d’investigation. Son travail rentre par ailleurs dans le cadre du « Plan d’Action des Nations-Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité », mis en œuvre par l’UNESCO.

Politique/ Mamane Ousmane le choix du Moden Fa Lumana au 1er tour des élections présidentielles du 27 décembre

©Les Échos du Niger

Par Youssouf Sériba

C’est à travers un communiqué de presse que le bureau politique national du Moden Fa Lumana a fait son annonce ce mardi 22 décembre aux environs de 18 heures à son QG de campagne devant les médias invités pour la circonstance. Le parti de Hama Amadou dit apporter tout son soutien à Mahamane Ousmane candidat du Rassemblement Démocratique et Républicain (Rdr) Tchandji. « Le bureau politique du Moden Fa Lumana demande en conséquence à l’ensemble des structures du parti (coordinations régionales, départementales, communales et organisations de masses) de se mobiliser massivement pour voter en faveur de Mamane Ousmane » dit le communiqué lu par Tahirou Saidou, le nouveau président du parti. « L’acte que vous venez de poser n’est pas fortuit, il a été décidé dans l’intérêt du Niger tout entier et cette alliance inchaAllah sera gagnante au soir du 27 decmbre » a réagit Falke Bacharou, un des plus proches lieutenants de Mahamane Ousmane. Si des figures emblématiques du Rdr Tchandji telles que Doudou Rahama et Falké Bacharou ont été présents à cette sortie médiatique, on ne peut en dire autant du côté du parti au cheval aillé. En dehors de Mahaman Sani Secrétaire General du parti, plusieurs visages charismatiques du parti ont brillé par leur absence à ce point de presse, ce à commencer par le premier visage charismatique du parti, son autorité morale Hama Amadou lui-même alors que Mahamane Ousmane s’y trouvait dans les locaux de Lumana même s’il n’a pas assisté à la lecture de du communiqué. Le bureau politique National du Moden Fa Lumana soutient-il vraiment ce report de voix au candidat du Rdr Tchandi dès le premier tour des élections ? Pourquoi autant de tête ont manqué lors de cette sortie médiatique ? En attendant d’en savoir plus rappelons que parti de l’ancien président de l’assemblé est tenu par un accord de soutien au 2e tour dans le cadre de la Coalition pour l’alternance politique (Cap21). A ce sujet on apprend que Hama Amadou a rencontré ce mardi 22 décembre deux poids lourds de la course à la présidence à savoir Le candidat du Mouvement patriotique et Républicain (Mpr) Jamhuriya et celui du Mouvement National pour la société de développement (Mnsd) Nassara. De l’arithmétique de ces transactions politique il en résulte une question, certains diront une réponse, s’achemine-t-on vers un duel M.Bazoum versus M.Ousmane ? Quoi qu’il en soit dans camps de la Coalition Mohamed Bazoum le coup K.O on y croit plus sérieusement et des raison ne manquent pas à cela au regards des résultats provisoires des élections locales du 13 décembre dernier.

Élections/ Mise en place de l’observatoire de la Halcia pour les élections présidentielles et législatives du 27 décembre.

Le président de la Halcia lisant le discours d’installation © Halcia

Par Youssouf Sériba

L’observatoire de la Halcia pour les élections législatives et présidentielles est installé ce mardi 21 décembre au cour d’une cérémonie présidée par le président de la dite institution Abdourahamane Gousmane. Cet observatoire mis en place regroupe des membres issus des organisations de la société civile, des organisations de jeunes des associations féminines et des médias. « La bonne tenue des élections est une condition indispensable à la stabilité des institutions et à la paix sociale. C’est pourquoi la HALCIA conformément à ses missions de prévention a décidé de mettre en place en relation avec vos structures cet outil de veille et de surveillance des élections » a souligné le président de la Haute autorité de lutte contre la corruption dans son discours d’installation de l’observatoire. Ce dispositif de surveillance du double scrutin du 27 décembre sera présent dans 16 localité à travers les 8 régions du pays apprend-on. Les observateurs membre ont d’ores et déjà reçu leurs accréditations délivrées par la Commission Électorale et seront outillés d’un « Guide pratique d’observation » en matière électoral élaboré par la Halcia à cet effet. Notons que cet observatoire a été annoncé par Abdourahamane Gousmane le 9 décembre dernier à l’occasion de la célébration de la 14 journée internationale de la lutte contre la corruption est une grande première pour la Halcia. Ceci dit, au regard de la rigueur et les moyens investis par le gendarme anticorruption pour la mise en place de cet dispositif il ne fait aucun doute que de bons résultats en découlera.

Bataille électorale :L’union sacrée contre Bazoum a raté sa cible.

Mohamed Bazoum lors d’un meeting à Agadez

Par Soumana Adamou

Recentrons le débat sur les vrais problèmes qui assaillent le Niger et sa démocratie. Nous estimons selon notre humble avis que les histoires de nationalité ont toujours été posées en Afrique pour pouvoir barrer la route présidentielle à un adversaire dont on redoute sa force de frappe dans les urnes. La nationalité d’origine est une chose qui n’a jamais menacé l’existence d’un pays ou entravé la bonne marche de sa démocratie. D’autres nous dirons que c’est une question tranchée par la constitution qui est dans tous les cas, une oeuvre humaine. Tout le monde sait aussi que cette dernière n’est jamais parfaite. En effet si Bazoum est redouté pour sa candidature, ce n’est pas pour sa popularité qui peut nuire dans les urnes. Mais plutôt, c’est parceque tous les candidats en présence savent la capacité du système rose mis en place pour falsifier les résultats des urnes et le faire élire. N’oublions pas que c’est la politique au Niger. Ces opposants qui le dénoncent aujourd’hui, finiront pour la plupart d’entre eux, par le rejoindre quand le système, par imposture le portera au pouvoir, la tête baissée, pour trouver quelques places au gouvernement et dans les services décentralisés de l’État.

Pour beaucoup de politiciens dans ce pays, on fait la politique, sans principes ni convictions ou de ligne directrice…

L’essentiel est de se faire une place sous le soleil ardent du Niger afin de se mettre à l’abris des differentes factures des ménages et autres dépenses mondaines. Le peuple n’a jamais été une préoccupation pour beaucoup d’entre eux. C’est un jeux dangereux de la vie du peuple Nigérien au quel, ils s’adonnent sans une conscience claire de leur responsabilité sur la misère dans laquelle ce comportement enfoui ce dernier. La question de nationalité que certains mettent devant pour écarter un concurrent de taille est la même faiblesse dont le régime de la renaissance s’est rendu coupable pour écarter Hama Amadou du Modem FA Lumana. Nous prenons toujours le côté facile de la vie pour voiler nos insuffisances en face des adversaires qu’on redoute. Si nous sommes en démocratie et que le peuple est notre repère, pourquoi ne pas tous aller devant ce dernier pour qu’il choisisse parmi les candidats, celui qu’il estime capable, de défendre ses intérêts avec l’appareil de l’État.

Des supportrices du candidat Bazoum

La question de nationalité d’origine n’ est qu’ une bombe introduite en Afrique pour nous diviser, empêcher à nos forces de s’unir pour relever les défis auxquels les africains font face. Cela va nous maintenir dans un cadre conflictuel permanent et nous dévier des vrais objectifs à poursuivre pour atteindre le développement. Alors si c’est pour évincer Bazoum, par le canal de la nationalité, cette union contre sa candidature a tout simplement raté le virage. Ils n’ont pas eu la bonne cible. Aussi, le bon sens doit nous guider puisqu’ on ne peut pas rendre un citoyen, apatride alors qu’il a même assumé des responsabilités d’État après que ce dernier lui ait payé toutes ses études.

C’est de cette ignominie qu’a souffert Baba Alpha sous nos yeux et tous ces politiciens étaient là, silencieux sans être capables de s’unir comme aujourd’hui pour dénoncer cette violation des droits humains….

Ils l’ont séquestré et expulsé de son propre pays à cause de ses opinions dans le cadre de son métier. Où était cette union d’opposants et d’autres politiciens revenus de leur soutien pour l’imposture de 2016 quand Hama Amadou était pourchassé, contraint à l’exil, emprisonné dont le seul objectif était de l’écarter de la course au pouvoir. Ces politiciens tous bords confondus qui s’érigent aujourd’hui contre la candidature de Bazoum, ne s’étaient pas unis pour dénoncer cette N’ième violation des droits humains. Dans ce pays, les libertés étaient confisquées sous la renaissance, dont celle des manifestations de rue telle que prévue par la loi. Sous des prétextes fallacieux, les marches et meetings sont interdits, pourtant, Ils ne se sont jamais unis pour défendre la constitution. Des opposants, des membres de la société civile, des journalistes sont embastillés à volonté, ils ne se sont jamais unis pour dire non à cette violation des textes de la république. Même pour défendre le principe du consensus et organiser des élections crédibles, ils ne se sont jamais unis, laissant l’appareil électoral tel que voulu par Guri pour organiser les élections. Mais comme, il s’agit du fauteuil présidentiel, et que tout est fin prêt pour que le président Issoufou passe le témoins à son successeur désigné, on crée une union sacrée pour lutter contre une candidature qui est prévue pour remporter les élections. En démocratie, on ne choisit pas ce qu’on veut dans la cinstitution pour défendre. On doit défendre tout ce qui va contre les normes et les principes qui fondent la république. L’intérêt ici c’est le fauteuil présidentiel tant convoité. C’est pourquoi, l’union s’est créée d’elle même pour aller contre la candidature de Bazoum. Pourtant, tel que le système est établi, n’importe quel autre candidat du pouvoir qui remplacerait Bazoum, remportera la victoire aux élections présidentielles.

Analyse/ Communication et Marketing Politique en Afrique Francophone Zoom sur le cas du Niger

Une vue du rond-point Enam de Niamey en période de campagne électorale ©Les Échos du Niger

Par Youssouf Sériba

L’avènement du consumérisme introduit par les dynamiques de mondialisation à transformé la pratique de la politique dans les pays du Nord. La politique plus qu’un jeux démocratique, elle est un marché, l’homme politique est devenu un produit, une marque qui est proposé à une communauté, à une ou plusieurs couches sociales d’un État qu’on appellera électorat. Cette réalité s’est emparée du continent africain où les hommes politiques ont pris conscience de l’importance du marketing politique dans la conquête et la conservation du pouvoir politique. Ce type de communication appelé aussi personal branding coûte chère et comme tout les business qui gênèrent beaucoup d’argent, son marché ne déroge pas à loi du libre échange. C’est ainsi que des grandes compagnies françaises et américaines bien expérimenté dans le domaine conquièrent nos marchés et séduisent nos hommes politiques avec leur maîtrise des process en matière de communication et d’imagerie. Il ressort sur ce plan une sorte impérialisme des grands groupes et les ‘’ grands consultants ‘’ européens et américains sur le marché africain. Cette situation nous prouve en réalité que poser la question de savoir qui doit communiquer pour l’Afrique et ses hommes politiques C’est comme se demander qui doit nourrir l’Afrique ? En effet la réponse est évidente mais hélas. Dans la sous-région Ouest africaine cette situation change avec l’émergence de grandes agences de Communication et de Publicité Politique qui tentent de tant bien que mal de renverser la tendance. On peut citer le groupe Ivoirien Voodoo Communication présent dans 6 pays de la sous-région qui s’est lancé depuis l’an 2000 à la conquête du marché africain francophone. Sur une dizaine de campagnes présidentielle à l’actif de cette structures 4 se sont soldés par une victoire de leurs candidats on peut citer la réélection de Mathieu Kerekou au Bénin en mars 2001, la victoire de Ibrahim Boubacar Keita au Mali en août 2013, l’élection et la réélection d’ Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire en 2011 et 2015. Dans cette short liste des champions nationaux qui tente de conquérir le marché africain on peut citer le nigérien Régie Pub de Salifou Mayaki qui est présent à Niamey depuis plus d’une vingtaine d’années, à Abidjan et dans deux autres capitales ouest africaine apprend-on.

Au Niger quel bilan peut-on faire sur la Communication et le Marketing politique ?

D’emblée rien n’a changé, dans la forme, il y’a peu de différence entre la campagne électorale des élections de mars 1993 et celles de février 2011. La Communication, de même que la gestion de l’imagerie de l’homme politique nigérien n’ont pas changé depuis les premières élections de l’ère démocratique. La mentalité de l’électorat elle-même n’a pas connue de mutation selon certains observateurs cela justifie en parti cet anachronisme, mais aujourd’hui une il est une chose qui est indiscutable, l’émergence de l’Internet et les réseaux sociaux bouleverse les codes, le Marketing Politique 2.0 connait une introduction primaire et primitive au Niger. Commençons par souligner ce paradoxe, nos acteurs politiques contrairement à ce que beaucoup pensent, on une conscience réelle du pouvoir de la communication même si le Niger est l’une des rares pays pour ne pas dire le seul où l’homme politique pratique sa communication et son imagerie lui-même en lieu et place des spécialistes et techniciens en la matière.

image d’illustration

A l’heure où l’on parle de « garde du corps numérique » ils sont très rares les acteurs politiques disposant de compte Twitter, Facebook etc, gérés par des professionnels. Dans ces conditions, comment faire comprendre à ces femmes et hommes politiques que l’électorat est entrain de connaitre une mutation profonde ?…. La jeunesse frange la plus importante de la population considérée comme le plus grand réservoir de votes devient de moins en moins crédule. Face à ces changements les acteurs politiques doivent savoir se vendre et pour cela il faut faire confiance aux professionnels : Communicants, Webmaster, photographes, vidéastes, infographistes, Community Managers, il y’en en des compétents qui sont à même de fournir des conseils, construire l’image de l’homme politique, la soigner et la protéger dans cette ère où la guerre des images s’introduit dans le débat politique qui est lui-même de plus en plus violent. Le message du politique doit être élaboré et soigner par des techniciens de même que ses éléments de langages(EDL) doivent être aussi percutants pour les différentes cibles. C’est l’ensemble de tout ceci qui fera d’un homme politique une marque et le rendre compétitif dans son environnement. Les quelques rares hommes politiques nigériens qui ont accès aux grands groupe européens et américains ainsi que les consultants internationaux doivent comprendre que si les locaux sont moins outillés ou même moins talentueux il est une chose qui est important, ils connaissent et maîtrisent (pour certains) l’environnement qui est le leur, et toute la magie de la communication et le marketing réside en cet élément fondamental (maitrise de l’environnement et ses pratiques culturelle de la cible).

©Les Échos du Niger

Il est donc temps que l’homme politique nigérien sache que les compétences locaux sont incontournables dans leur milieu. A la veille de m électorales de notre pays le débat doit être posé pour dégager des perspectives heureuses pour les professionnels du domaine et leurs clients. Pour que cela soit, il revient aux professionnels qui, soit dit en passant pour certains ont fréquenté les meilleurs universités de l’Europe et des États-Unis, de se mettre ensemble et de former des groupes de tink tank dans le but de développer des concepts et des idées permettant de développer le secteur et influencer le paysage politique de notre pays et cette préposition est valable pour notre sous région ouest africaine. C’est Aujourd’hui une opportunité qu’en Afrique francophone le géant et très influent Havas ex Euro-RSCG qui a exercé un monopole dans le domaine pendant plus d’une décennie a plié bagages même si certains de ses cadres sont encore dans les palais présidentiels africains.

Les Festivités du 18 décembre 2020 reportées à une date ultérieure, le Président de la République du Niger regrette ce report !


Le Niger ne fêtera pas ce 18 décembre 2020 à l’occasion de son 62éme anniversaire de la République. Bientôt dix (10) ans au pouvoir, le Président de la République ISSOUFOU MAHAMADOU regrette profondément la non tenue des festivités du 18 décembre dans le cadre de la fête tournante qui s’est déjà déroulée dans les sept (7) autres régions du Niger à savoir Niamey, Agadez, Dosso, Maradi, Tahoua Zinder et Tillabéry en décembre 2019. De ce fait seule Diffa, la Région devrait abriter de l’édition 2020, ne verra pas de ces festivités, chose qui désole plus d’un.
Cet ainsi que dans un message à la Nation, ce 17 décembre 2020 en prélude à cette journée historique pour le peuple Nigérien, le Président de la République ISSOUFOU MAHAMADOU est revenu sur les festivités de Diffa N’Gla qui ont été reportées à une date ultérieure. Cependant, s’engage par ailleurs à veiller à ce que les travaux débutés dans le cadre de la fête tournante du 18 décembre soient achevés. Il rassure ses compatriotes en ces termes « S’agissant de Diffa, je regrette profondément que les conditions n’aient pas pu être remplies pour que la fête tournante du 18 décembre puisse s’y dérouler comme prévu. Je regrette d’autant plus que cette fête devrait être l’occasion d’apporter le réconfort et la joie que méritent nos concitoyens de Diffa si éprouvés par le terrorisme ces dernières années. C’était l’occasion pour toute la Nation de manifester sa solidarité avec Diffa. Je m’engage, ici, à ce que tous les chantiers prévus dans le cadre de Diffa N’Gla soient menés à leur terme afin de moderniser Diffa et que soit belle la fête le moment venu. »

Abdoul Kader IDY

LE PRÉSIDENT DE LA TRANSITION MALIENNE BAH N’DAW AU NIGER


 Ce mercredi 16 décembre 2020, le président de la transition du Mali BAH N’DAW a effectué une visite d’amitié et de travail au Niger. À son arrivée, l’homme fort du Mali a été accueilli par son homologue du Niger ISSOUFOU MAHAMADOU au Palais Présidentiel où les deux chefs d’État ont eu un entretien. Au centre des échanges la situation sécuritaire et la coopération bilatérale des deux pays. Les deux Chefs d’État dans un communiqué final se sont engagés à mutualiser leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans toute sa forme. Ils se sont également félicités du bilan des résultats dans la lutte contre boko haram. ISSOUFOU MAHAMADOU a par ailleurs réaffirmé son ferme engagement au peuple Malien pour la réussite de cette transition. Pour rappel, le Président de la Transition Malienne BAH N’DAW était l’ex-Ministre de la Défense en 2014, de l’ex-Président déchu IBK. Il a été nommé à la tête du Mali le 21 septembre 2020. Ensuite, il a prêté serment le 25 septembre 2020, pour une transition de 18 mois. Le Niger et le Mali entretiennent des relations de coopération dans les domaines notamment du commerce, des transports, de la communication, de la formation, et de la sécurité. Les deux pays partagent une longue frontière et appartiennent à plusieurs organisations régionales, sous régionales et Internationales. Cette visite, la première du genre du président de la Transition Malienne au Niger a été marquée par la décoration du Président de la République ISSOUFOU MAHAMADOU de la haute distinction du Mali par le Président de la Transition Malienne BAH N’DAW, en guise de reconnaissance.         
SOULEYMANE OUSMANE
 

MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, SEM. MAHAMADOU ISSOUFOU A L’OCCASION DU 62ème ANNIVERSAIRE DE LA PROCLAMATION DE LA REPUBLIQUE DU NIGER:

                                                   (NIAMEY 17 DECEMBRE 2020)



                                                        NIGERIENS,

                                                        NIGERIENNES, 

                                                        MES CHERS CONCITOYENS,

                     Le 2 Août dernier, je vous adressais mon dernier message d’anniversaire de l’indépendance.  Aujourd’hui, je vous adresse mon dernier message d’anniversaire de la République.

                   Demain 18 Décembre 2020, notre République a 62 ans. Vous m’avez fait l’honneur de m’en confier la présidence pendant bientôt dix ans. Pendant ces dix ans, nous nous sommes efforcés d’honorer  les  promesses que nous vous avons faites dans le cadre du programme de renaissance actes I et II. Le Gouvernement en fera le bilan définitif dans trois mois, mais d’ores et déjà il en a dressé le bilan provisoire. De ce bilan, il ressort, qu’en dépit du choc lié à la baisse des prix des matières premières, des chocs sécuritaire, climatique et récemment sanitaire provoqué par la covid19, notre économie a connu un taux de croissance moyen annuel de 5,8% sur la période 2011-2020. Il est bon de rappeler que ce taux était de 1,88% et 4,87%  respectivement  pendant la décennie perdue 1990-2000 et pendant la décennie 2000-2010. Sans la covid, le taux de croissance aurait été de 6,3% pendant la décennie 2011-2020. Cette croissance met notre pays dans la catégorie des pays potentiellement émergents. Elle est portée par les investissements dont le taux est environ de 30% du PIB, par la consommation finale en liaison avec l’amélioration des revenus des consommateurs. En particulier, le Gouvernement a distribué sur la période, trois mille milliards de salaires.  Par ailleurs, la croissance a été inclusive car l’incidence de la pauvreté a baissé, surtout en milieu rural qui a bénéficié notamment de plans de soutien annuel d’un montant cumulé d’environ deux mille milliards. La classe moyenne, quant à elle, s’est renforcée. Néanmoins, avec un tel taux de croissance et dans les conditions démographiques actuelles,  pour réaliser l’émergence, c'est-à-dire, entre autres, atteindre un revenu moyen  par habitant équivalent au moins à 10% de celui de l’Union Européenne, il faut plusieurs décennies d’efforts continus. Cela exige de nous la poursuite des efforts de reformes économiques et financières, l’effort de consolidation des institutions démocratiques, le renforcement de la sécurité du pays, la poursuite de l’équipement du pays en infrastructures de toute sorte, la transformation du monde rural, l’amplification du développement du capital humain et la transformation de notre actif démographique en dividende économique. Dans tous ces domaines, des résultats appréciables ont été obtenus, ces dix dernières années.

                                                   Mes chers Concitoyens,

                        L’émergence du Niger suppose non seulement, une croissance économique élevée et continue sur plusieurs décennies, mais aussi une restructuration de notre économie à travers des réformes économiques hardies. Le Gouvernement s’y est attelé résolument ces dix dernières années. Ces réformes  concernent les finances publiques comme le secteur privé.

                       S’agissant des finances publiques, elles ont permis de doubler le niveau des recettes internes et de multiplier par quatre celui des ressources  externes. Au total, les ressources intérieures et extérieures mobilisées sur la période 2011-2020 sont évaluées à 12,6 mille milliards de FCFA, pour une prévision de 13,6 mille milliards, soit un taux de réalisation de plus de 93%. Le faible écart entre prévision et réalisation montre le réalisme du programme de renaissance et donc la rigueur et le sérieux  qui ont présidé à sa conception.

                      Les réformes des finances publiques ont porté aussi sur l’amélioration de l’efficacité de la dépense même si les efforts de lutte contre la corruption n’ont pas été à la hauteur des ambitions du programme de renaissance. 

                      S’agissant du secteur privé, les réformes ont permis d’améliorer le climat des affaires avec une forte progression du rang du Niger dans le classement Doing Business. La création des autorités de régulation sectorielle, la révision du code des investissements, la mise en place d’un cadre de partenariat public privé, la promotion de l’entreprenariat des jeunes, la facilité d’accès au financement etc…. sont autant d’actions qui ont permis le développement du secteur privé et contribué à attirer les investissements directs étrangers. Ces derniers ont été importants dans le secteur minier et surtout pétrolier, ce qui permettra une modernisation plus forte de la structure de notre économie à travers une plus grande contribution du secteur secondaire et du secteur tertiaire moderne. 

                                                       Mes chers Concitoyens,

                           L’émergence du Niger suppose la stabilité des institutions démocratiques et républicaines. L’exemple de la décennie perdue 1990-2000, durant laquelle le revenu par habitant a baissé avec un taux de croissance économique inférieur à 2%, le prouve. L’amélioration de l’accès à la justice et de la qualité des services judiciaires, la promotion des droits humains qui a valu à notre pays le prix de la lutte contre la traite des personnes en 2019 et d’être cité comme « un modèle de bonnes pratiques » en matière de respect de droits humains, la promotion de la liberté de la presse, la promotion de la liberté d’association, les efforts de lutte contre la corruption, le renforcement du cadre juridique et des outils de la gouvernance administrative, le renforcement des ressources humaines de l’Etat en vue d’améliorer les capacités d’offre des services publics, le renforcement des capacités  des collectivités territoriales, la création de nouveaux départements, l’amélioration du cadre juridique et institutionnel du processus de décentralisation, le développement des outils de planification en matière  de développement local et le transfert  des compétences  et des ressources de l’Etat central vers le niveau local, sont autant d’actions qui ont permis le renforcement des institutions et leur bon fonctionnement. A toutes ces actions, il faut ajouter l’organisation d’élections transparentes, libres et honnêtes qui fondent la légitimité et donc la force des institutions. Les élections locales organisées le 13 Décembre 2020 sont de celles-là. Les scrutins législatif et présidentiel du 27 Décembre prochain répondront, j’en suis sûr, aux mêmes exigences. Je fonde l’espoir que toutes les institutions chargées des élections seront à la hauteur de leur mission.

                                                      Mes chers Concitoyens,

                               Il n’y a pas d’émergence sans sécurité des personnes et des biens. Cette priorité du programme de renaissance a été prise en charge par le Gouvernement tout au long de la décennie écoulée. Les menaces sont bien identifiées, les objectifs politiques et stratégiques de lutte contre ces menaces sont bien définis. D’importantes ressources financières y sont investies. Les effectifs des forces  de défense et de sécurité ont été doublés entre 2010 et 2020 ;  il est prévu un nouveau doublement  sur les cinq prochaines années. Un programme ambitieux de formation de forces spéciales est en place ainsi que des centres de formation appropriés. Les forces sont équipées y compris en vecteurs aériens. Les forces conjointes mutualisant les capacités des Etats du Sahel et du bassin du lac Tchad sont opérationnelles. Les alliances militaires qu’il faut sont conclues. Une large coalition internationale de lutte contre le terrorisme au Sahel se forme progressivement. Les opérations menées par toutes ces forces combinées ont permis d’enregistrer d’importants succès contre l’ennemi. C’est dire que toutes les conditions militaires sont remplies pour une victoire définitive contre le terrorisme et le crime organisé. Cette victoire sera l’œuvre de nos vaillants soldats dont je salue le courage. Cette victoire nous la partagerons avec les soldats des autres pays du G5 Sahel et du bassin du Lac Tchad. Cette victoire nous la partagerons avec nos alliés Français et Américains dont les soldats meurent aux côtés des nôtres sur le champ d’honneur.   Cette victoire nous la partagerons avec les Nations Unies dont le Secrétaire Général est très soucieux de la situation des peuples du Sahel. Nous la partagerons avec l’Union Européenne qui nous apporte des appuis multiformes et  dont certains pays membres sont engagés dans l’opération Takuba. Cette victoire nous la partagerons avec l’Union africaine dont le contingent sera bientôt sur le théâtre des opérations. Nous la partagerons avec la CEDEAO dont le plan de lutte contre le terrorisme est en cours d’exécution. Que tous, trouvent ici, l’expression de notre immense gratitude. 

              C’est le lieu de dire combien notre diplomatie a été mise au service, non seulement de notre développement, mais aussi et surtout, de notre sécurité. L’élargissement de la carte diplomatique du Niger, notre présence au conseil de sécurité des Nations Unies en qualité de membre non permanent, la présidence de la CEDEAO et le rôle joué dans le processus de la monnaie unique, les contributions du Niger à l’Union Africaine dont notre pays a accueilli le Sommet extraordinaire relatif au lancement de la zone de libre échange continentale Africaine (ZLECAf), projet  conduit sous le leadership du Niger etc….sont autant d’arguments qui ont rendu la voix du Niger audible, renforcé la confiance des partenaires et mobilisé leur soutien en faveur de notre lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

                                                           Mes Chers Concitoyens,

                             Il est généralement conseillé aux pays en voie de développement d’avoir un taux d’investissement annuel supérieur  à 24% du PIB. Sur la période 2011-2020, notre pays a connu  un taux d’investissement annuel moyen de 30% du PIB contre environ 19% pour la décennie précédente. Ces investissements ont permis, entre autres, d’équiper notre pays en infrastructures routière, ferroviaire, aéroportuaire, énergétique, urbaine et de télécommunication.

       Des milliers de km de routes nouvelles ou réhabilitées sont bitumées pendant que d’autres sont en cours, lancées ou sur le point de l’être. Il en est de même pour les routes rurales. C’est le lieu de mentionner la réalisation d’une infrastructure importante de franchissement du fleuve Niger : le pont Djibo Bakary à Farié. 

       L’histoire retiendra notre forte volonté de doter notre pays d’infrastructures ferroviaires. Cette volonté s’est malheureusement heurtée aux obstacles que l’on sait. Néanmoins, le tronçon Niamey-Dosso, long de 140km a été réalisé. Le projet de la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan  doit être coûte que coûte réalisé car un pays continental comme le notre doit, pour les conditions de sa compétitivité, réduire les coûts de transport qui représentent environ 40% de la valeur des produits. 

     L’histoire retiendra aussi, la création de l’aéroport de Tillabéry et la modernisation des aéroports de Niamey, d’Agadez, de Dirkou, de Maradi, de Zinder, de Tahoua ainsi que celle, en cours de l’aéroport de Diffa. Un pays aussi vaste que le nôtre mérite de telles infrastructures.

     L’histoire retiendra enfin la modernisation des marchés de Zinder, de Maradi et de Tahoua.

  Sur le plan énergétique, la puissance électrique installée a été multipliée par trois, au cours des deux mandats. En effet, la capacité de production nationale est passée de 68 MW en 2010 à 223 MW en 2020 ; le réseau électrique a été renforcé grâce à la réalisation d’infrastructures de transport ; le taux d’accès à l’électricité  a été amélioré notamment grâce à l’électrification rurale. Ce taux va davantage progresser avec le projet Kandaji dont les travaux du barrage, un moment perturbés par les questions de sécurité, vont s’accélérer.  Ce barrage, une fois terminé, sera la source d’énergie la plus compétitive de toutes nos infrastructures énergétiques.

             S’agissant des infrastructures urbaines, 7 chefs-lieux  de région  ont été modernisés. Le  8ème, Diffa, est en cours. Même certains chefs-lieux de département ont bénéficié  ou vont bénéficier de cette modernisation.

        Permettez-moi d’insister sur le cas de Niamey et de Diffa. 

       Niamey est désormais, avec ses centrales électriques, ses lumières, ses échangeurs, ses places publiques aménagées, son troisième pont qui sera bientôt inauguré, ses hôtels, ses infrastructures administratives, ses centres de conférences, ses rues et boulevards bitumés, son hôpital de référence, une capitale digne de ce nom. Toutes ces infrastructures en font une ville compétitive en matière d’économie des conférences dont la promotion sera faite par une agence que le Gouvernement vient de mettre en place.

      S’agissant de Diffa, je regrette profondément que les conditions n’aient pas pu être remplies pour que la fête tournante du 18 décembre puisse s’y dérouler comme prévu. Je regrette d’autant plus que cette fête devrait être l’occasion d’apporter le réconfort et la joie  que méritent nos concitoyens de Diffa si éprouvés par le terrorisme ces dernières années. C’était l’occasion pour toute la nation de manifester sa solidarité avec Diffa. Je m’engage, ici, à ce que tous les chantiers prévus dans le cadre de Diffa N’Gla soient menés à leur terme afin de moderniser Diffa et que soit belle la fête le moment venu.

                              S’agissant des infrastructures de télécommunications, des milliers de km de fibre optique ont été réalisés, les taux de couverture nationale, de pénétration du fixe et du mobile se sont fortement accrus.

                                                            Mes chers Concitoyens,

                                Pour atteindre à terme le revenu par habitant des pays émergents, il fallait s’attaquer à la pauvreté. Celle-ci étant principalement rurale dans notre pays, nous avions décidé la transformation du monde rural en le dotant non seulement d’infrastructures de toutes sortes mais surtout en mettant en œuvre l’initiative 3N, « les Nigériens Nourrissent les Nigériens », l’objectif étant la « Faim zéro » dans notre pays. Or les cycles de famine correspondaient aux cycles de sécheresse. Il fallait rompre cette liaison. Nous y sommes parvenus  à travers des investissements pour restaurer  et protéger les bases, développer les ouvrages de mobilisation de l’eau, apporter aux producteurs des appuis en intrants notamment. C’est au total environ trois mille milliards qui ont été consacrés aux actions d’opérationnalisation de l’initiative 3N. En termes d’effets, les productions de viande et de lait se accrues en moyenne annuelle respectivement d’environ 6% et 5%, les productions pluviales et irriguées, quant à elles, se sont accrues en moyenne annuelle respectivement de 6% et 22% depuis 2011. Ces chiffres montrent l’accent mis sur l’irrigation : si sécheresse ne doit plus être synonyme de famine ça sera grâce à elle, l’irrigation. Grâce à l’initiative 3N, nous avons pu atteindre, dès 2015, deux des cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) relatives respectivement à la réduction de moitié du nombre de personnes qui souffrent de la faim et à la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans. Par ailleurs, Les performances du secteur agro-pastoral se sont traduites par une augmentation des revenus des producteurs, ce qui a permis de réduire l’incidence de la pauvreté, en milieu rural, de 9 points de pourcentage par rapport à 2011. Du reste les succès de l’initiative 3N lui ont valu d’être reconnue comme modèle par la FAO.

                                                            Mes chers concitoyens,

                     Le développement du capital humain est une condition essentielle de l’émergence. En effet l’éducation et la santé permettent d’avoir des citoyens productifs et compétitifs. Elles permettent aussi de rendre possible la transition démographique.

                      Le gouvernement a alloué, au secteur de l’éducation, 20% du budget en moyenne annuelle. Ces ressources ont permis de renforcer l’offre à travers l’accroissement des capacités d’accueil et le recrutement des enseignants  à tous les niveaux d’enseignement ainsi que l’acquisition des fournitures. Ainsi plus de dix-huit mille classes ont été construites, soit presque autant que toutes les décennies précédentes cumulées. De même 63% des agents recrutés à la fonction publique relèvent du secteur de l’éducation. Au niveau de l’enseignement primaire, la mise en œuvre du programme de renaissance a été menée de manière progressive suivant les trois dimensions : l’accès, la qualité et le pilotage. Tous les indicateurs des différents niveaux d’enseignement ont été améliorés. Au niveau professionnel et technique la proportion des apprenants a été portée de 8% en 2010 à environ 38% en 2020 pour une cible de 20%. S’agissant de l’enseignement supérieur, quatre nouvelles universités ont été créées permettant de multiplier l’effectif des étudiants presque par cinq. Le volume des bourses et de l’aide sociale s’est aussi fortement accru.

                                 S’agissant de la santé, il lui a été alloué, en moyenne annuelle, environ 8% des ressources budgétaires. Cela a permis de construire des infrastructures, dont deux hôpitaux de référence et un centre de lutte contre le cancer, d’améliorer les plateaux techniques, de recruter plusieurs milliers d’agents de santé dont plus d’un millier de médecins contre à peine 300 en 2010 et de garantir l’approvisionnement en médicaments. Cela a permis de renforcer les indicateurs d’accès au soin, d’enregistrer des avancées en matière de santé de la reproduction, d’améliorer l’état nutritionnel des enfants, de renforcer le suivi des maladies transmissibles, d’organiser des séances de vaccination, de réduire la mortalité maternelle et infantile et d’améliorer la résilience de notre système de santé, ce qui nous a beaucoup servi dans notre combat contre la covid19  qui vient, par ailleurs, nous rappeler l’importance de l’eau, secteur  dans lequel le Gouvernement a également beaucoup investi. Les investissements réalisés dans ce secteur  ont permis de construire et de réhabiliter d’importants ouvrages en milieu rural comme en milieu urbain. En milieu rural le nombre d’équivalents points d’eau, réalisés sur la période du programme  de renaissance, représente 69% du stock de toutes les décennies précédentes. En milieu urbain, le taux de desserte de 95% prévu par le programme a été atteint dès 2018. Il est d’environ 97% en aujourd’hui.

                                                             Mes chers Concitoyens,

                      Je suis heureux de constater que j’ai tenu mes promesses mais j’aurais voulu faire davantage pour mon pays. Il y a encore beaucoup de défis à relever et dans la perspective de les relever dans le temps permettez-moi de tirer deux conclusions majeures  de l’expérience de dix ans de mise en œuvre du programme de renaissance. La première conclusion est la suivante : l’émergence du Niger est possible. Notre pays en a, en effet, le potentiel qui permet d’atteindre et de conserver un taux de croissance élevée sur une longue période. Bien sûr pour un taux de croissance économique donné on atteindra plus ou moins rapidement l’émergence selon le taux de croissance démographique.  La deuxième conclusion, c’est l’importance de la stabilité pour un pays : cela ressort clairement de la comparaison entre la décennie perdue 1990-2000 et les décennies 2000-2010 et 2011-2020. La stabilité est la pierre d’angle de l’émergence. Il faut des décennies d’efforts dans la paix, la stabilité, l’unité et la concorde nationales pour construire notre pays. Il faut que vous vous mobilisiez, que vous vous rassembliez  tous, main dans la main,  sur le chantier de la construction nationale. Cela ne dépend que de nous. Joyeux anniversaire de la République à toutes et à tous !

                                                     Je vous remercie !

Élections présidentielles: Hama Amadou fait preuve de maturité politique

Hama Amadou.

Par : Ismael Bagoudou

Beaucoup ont présagé le pire en cas d’invalidation de la candidature de Hama Amadou l’autorité morale du parti Moden F/A LUMANA Africa. L’intéressé a lui-même laissé entendre « ce qui s’est passé au Mali va se passer au Niger » si sa candidature venait à être invalidée. Même si nous ne sommes pas sûr d’avoir compris le sens de cette assertion du chef de fil de l’opposition, le rejet de sa candidature est chose faite avec l’arrêt de la cours Constitutionnelle en date 13 novembre 2020. N’étant pas au pays au moment où cet arrêt de la cour a été rendu, Hama Amadou a animé un point de presse ce vendredi 11 décembre 2020. Le leader du Moden Fa Lumana a démontré à la face du monde son degré de maturité politique, et la sagesse que lui prête ses militants. En lieu et place du mot d’ordre de résistance attendu par ses supporteurs, le très influent leader politique nigérien a privilégié l’apaisement. Dans ce point de presse Hama Amadou a appelé ses partisans et tous les nigériens à participer activement aux élections. « ma candidature a été rejeté pour les raisons connues de tous, mais le Moden Fa Lumana reste sans la course. Nous avons des candidats aux municipales et aux législatives » a souligné l’ancien président de l’Assemblée Nationale. « je demande à tous les militants de Lumana ainsi que ceux des alliés de l’opposition à se mobiliser pour battre le Pnds dans les urnes » a lancé Hama Amadou.

Entre alternance et continuité la bataille électorale du double scrutin du 27 décembre s’anonce très rude. Le clou de cette sortie médiatique a été l’annonce faite par Hama Amadou du soutien d’un des candidats en lice par le Moden Fa Lumana dès le premier tour. En attendant de connaître le candidat qui bénéficiera de ce report de voix qui fera la différence le 27 décembre, c’est le débat autour de la nationalité de Bazoum Mohamed qui cristallise le débat dans cette campagne électorale. Après la requête introduite par Alpha Oumarou le 2 décembre auprès de la cours Constitutionnelle, c’est Salou Djibo du Pjp Doubara qui a annoncé ce mardi 15 décembre une autre requête auprès de l’organe constitutionnel sur la même question.

Communiqué de Presse de l’ambassade des États-Unis au Niger.

Niamey, 14 Décembre 2020

L’Ambassade des États-Unis à Niamey félicite les Nigériens pour les élections pacifiques et appelle à quelques améliorations avant les élections nationales du 27 Décembre

L’Ambassade des États-Unis à Niamey félicite le peuple nigérien pour ses élections locales et municipales apaisées et disciplinées du 13 décembre 2020. Les observateurs électoraux de l’Ambassade des États-Unis ont noté des conditions pacifiques, exemptes de violence. Cependant, l’Ambassade des États-Unis à Niamey signale que de nombreux bureaux de vote ont ouvert en retard ou n’avaient pas le matériel nécessaire. Nous exhortons les responsables nigériens à prendre ces questions en considération les élections présidentielles et législatives du 27 décembre 2020. De plus, nos observateurs ont remarqué que dans la plupart des bureaux de vote du pays, les électeurs ne portaient pas de masque et/ou ne respectaient pas les normes de distanciation sociale prescrites par le Ministère de la Santé Publique. Cette situation est préoccupante étant donné l’augmentation des cas de COVID 19 au Niger. Nous conseillons à tous de porter des masques et de respecter la distanciation sociale, cela étant la meilleure façon d’atténuer la propagation de cette maladie mortelle. Nous saluons le travail acharné et la conduite pacifique des électeurs nigériens, des agents électoraux, des partis politiques, de la société civile et des forces de sécurité qui a permis d’organiser ces élections dans des conditions de sécurité. Nous continuerons de promouvoir la démocratie, les Droits de l’Homme, la liberté de presse et le développement économique au Niger et dans le monde entier. Nous encourageons le Niger à continuer de renforcer son processus démocratique et les libertés fondamentales d’expression, d’association, de parole et de réunion.

Le Président de la République Issoufou Mahamadou a accompli son devoir civique!

Par Souleymane Ousmane

Le Président de la République Issoufou Mahamadou a voté ce matin du dimanche 13 décembre 2020, au bureau de vote 00 situé dans l’enceinte de la Communauté Urbaine de Niamey. Après qu’il ait accompli son devoir civique, Issoufou Mahamadou a appelé les électeurs Nigériens à accomplir leur devoir civique afin, d’élire les nouveaux élus locaux et régionaux. Il a par ailleurs salué la classe politique Nigérienne pour son sens de responsabilité pendant cette campagne électorale et a continué dans même le sens, tout en invitant les Nigériens à sortir massivement à voter dans la paix et la quiétude sociale. Au niveau du bureau de vote 00 on note la présence plusieurs personnalités parmi lesquelles, les responsables politiques, les présidents d’institutions qui ont également voté. Le vote s’est poursuivi un peu partout dans les bureaux de vote de la ville de Niamey.

Pour rappel, pour le compte de Niamey au niveau des cinq communes de Niamey se sont 54 partis politiques qui sont en lice pour ses élections avec plus de 600 000 électeurs dans la région de Niamey, au plan National on enregistre 7 446 556 électeurs et plus de 6000 observateurs nationaux et internationaux pour suivre ses élections.

Message du Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à l’ occasion de la tenue des élections locales, régionales et de ville.

À la veille la tenue des élections locales, régionales et de ville, tout est prêt, la commission électorale national indépendante CENI, a déployé dans tous bureaux de vote des hameaux, campements, villages et villes, les matériels électoraux. Les 7 446 556 millions d’électeurs sont appelés à faire leur choix demain 13 décembre 2020.
Après la bonne tenue de l’enrôlement biométrique et la confirmation de la fiabilité et de la sécurisation de ce fichier, la CENI se félicite d’ouvrir dès demain le chemin des urnes pour offrir aux citoyens le libre choix de leurs candidats et listes.
Je voudrais saisir cette opportunité pour reconnaitre publiquement au Président de la République le métrite d’avoir soutenu sans limite financièrement et moralement l’organisation de ces scrutins dont l’aboutissement commence demain 13 décembre 2020.
La CENI avec le soutien sans faille et permanent du gouvernement et de ses partenaires, se félicite et remercie au passage ce qui ont facilité ou créé des conditions pour des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives.
Partis politiques, société civile, media, forces de défense et de sécurité sont remerciés comme partenaires et invités à soutenir en toute responsabilité le bon déroulement de ce processus. Je n’oublie pas les collègues membres des commissions déconcentrées qui auront la lourde tâche de conduire avec la rectitude et la légalité nécessaire ces élections sur toutes leurs chaines.
Tous les partis politiques sont d’ailleurs sur le terrain en tant que membres de bureau de vote ou délégués de partis politiques. Preuve de la participation des partis politiques membres de la majorité de l’opposition et des non affiliées.
Le cycle électoral 2020- 2021 se révèle un des plus prolifiques de l’histoire du Niger. En effet pour les élections à venir, on a enregistré 10 à 18 listes validées pour les élections régionales et 3 à 30 listes validées pour les élections municipales.
Les trois scrutins groupés en compétition pour la journée de demain mettent un coup. De deux à 34 listes en compétition sont validées dans les différentes circonscriptions. Les législatives ont enregistré une participation record. Jamais autant de listes n’ont été enregistrées.
Les citoyens voteront sur la base d’un nouveau code électoral qui balise les opérations de vote, l’institution d’une nouvelle liste électorale biométrique ainsi que d’une carte d’électeur que je vous invite à exprimer.
La Ceni présente ses excuses pour les imperfections, insuffisances ou dysfonctionnement pouvant affecter l’organisation de ces élections.
La Commission électorale nationale indépendante, souhaite la tenue de ces scrutins dans un climat de paix, d’unité, de cohésion sociale.
Vive la Commission électorale nationale indépendante ;
Vive le Niger ;
Je vous remercie.

Élections apposées : 50 structures de jeunes acteurs de société civile sensibilisées par la Ceni

Par : Ismael Bagoudou


Placé sous le thème « Mobilisation nous Femmes jeunes pour la tenue des élections apaisées au Niger », cet atelier vise à sensibiliser 50 structures des jeunes acteurs de la société civile pour des élections apaisées au Niger et la consolidation de la paix et de la stabilité sociale surtout, dans un contexte de crise sanitaire et menaces sécuritaires. Une activité initiée par la Commission Electorale Nationale Indépendante CENI et le Fond de Consolidation pour la Paix /PBF.
Selon Wada Nafiou, Rapporteur général de la CENI, « Les jeunes vont répliquer cette formation à l’endroit de leurs structures représentatives. La CENI a jugé utile de former ces jeunes acteurs de la société civile pour la consolidation de la paix ».
Une fois formés, les participants seront des ambassadeurs pour mettre en exergue les connaissances acquises au cours de cet atelier sur les élections apaisées et prêcher le message de la paix et de la tolérance pour qu’ensemble, dans la quiétude, le peuple nigérien franchisse cette étape importante pour la démocratie et le progrès.
Cet atelier rentre dans le cadre des multiples efforts de la Commission Electorale Nationale Indépendante CENI à l’endroit des jeunes. Ce programme de sensibilisation de la Ceni à l’endroit des différents couches de la population, vise à les impliquer en vue de la préservation de la paix, de la cohésion sociale et pour bon déroulement des élections au Niger.