Route Maradi-Madarounfa désormais opérationnelle !

tronçon Madaroumfa-frontière Nigeria (Jiba) 22 km, Madaroumfa-frontière Gourin 46.3 km, la voie Madaroumfa 5.5km, celle de Gabi 2.2km

Le président de la République Issoufou Mahamadou a procédé ce samedi 28 novembre 2020, à l’inauguration officielle de la route Maradi-Madaroumfa, frontière Nigeria. Long de 106 km, le tronçon Maradi-Madaroumfa est financé par la Banque Ouest Africaine de Développement BOAD et l’État du Niger d’un coût global de plus de 30 milliards de FCFA, pour un délai d’exécution de 46 mois. La route Maradi-Madaroumfa est également composée de plusieurs voies, dont le tronçon Madaroumfa-frontière Nigeria (Jiba) 22 km, Madaroumfa-frontière Gourin 46.3 km, la voie Madaroumfa 5.5km, celle de Gabi 2.2km et bien d’autres aménagements. Ce joyau permettra désormais d’améliorer les conditions de vie des populations bénéficiaires. Cette infrastructure permettra également de développer les échanges commerciaux entre les différentes localités. Tout de même de réduire le coût du transport et d’améliorer la fluidité. Le président de la République Issoufou Mahamadou a également visité le chantier de construction du pont Tibiri (Maradi), dont les travaux avancent normalement. Pour rappel, ce pont est financé par la BOAD et l’État du Niger pour un délai d’exécution de 8 mois à un coût global de 2 milliards de FCFA. Une fois ce pont terminé, il va permettre de résoudre plusieurs problèmes notamment le désenclavement de la commune urbaine de Tibiri et les autres communes et villages environnants, mais aussi de mettre fin à l’épineux problème des accidents de pirogues qui ont endeuillé plusieurs familles dans localité de Gobie. C’est sur une note de satisfaction générale que s’achève la visite du président de la République.

Souleymane Ousmane

Atelier CENEZO

Début de l’atelier de formation sur le Journalisme d’investigation du 23 au 26 novembre 2020 à Niamey

Niamey


Début de l’atelier de formation sur le Journalisme d’investigation du 23 au 26 novembre 2020 à Niamey, initié par la Cellule Nober Zongo CENOZO. Durant 4 jours, une vingtaine de journalistes Nigériens seront outillés sur la vérification et le suivi des faits en ligne. L’objectif de cet atelier est d’encourager les jeunes journalistes à s’intéresser à des sujets d’enquêtes, notamment les problèmes qui minent la société.

Le formateur M. Noël Kokou Tadegnon en ligne à partir de Lomé a eu à développer des concepts et techniques d’investigations tout en faisant référence à des outils de vérification de faits.


Ismael Bagoudou

Enquête: au cœur des enlèvements contre rançon à Diffa.

Le phénomène de l’enlèvement des personne contre rançon est née de la démission de l’État qui n’est pas présent dans certaines localité de la région. Par ailleurs il n’y a plus d’activités génératrices de revenus pour occuper les jeunes dont beaucoup ont perdu leurs ressources du fait de la guerre, nombreux collaborent avec les enleveurs parce qu’elles gagnent de l’argent

Le point d’eau où le corps sans vie de Ibrahima a été abandonné

Par Youssouf Sériba

L’enlèvement des personnes dans la région du Manga est, sans doute, l’information la mieux partagée. Cependant, le phénomène constitue un tabou que personne ne veut violer par crainte des représailles qui pourraient en découler. Chose, qui rend difficile le traitement médiatique de ce sujet. C’est dans ce contexte que nous avons pu recueillir des témoignages non sans avoir risqué notre sécurité …

Depuis deux (2) ans, la situation sécuritaire à Diffa connaît une relative accalmie. Le gouvernement, bien que demeurant vigilant, adopte une posture triomphaliste, certains ministres plénipotentiaires du régime n’hésitent pas à affirmer que Boko Haram est vaincu dans la région de Diffa. Ce discours s’appuie sur un constat plutôt simpliste, les attaques de front et celles de types guérilla se font de plus en plus rare et la vie économique tente de reprendre son cours normal. Cependant, dans le même temps, la population vit sous la menace d’un nouveau phénomène devenu récurent : les enlèvements de personnes contre rançon. Cette nouvelle forme d’insécurité qui ne semble pas trop préoccuper le gouvernement génère tant de morts dans le silence des autorités locales. On estime à 28, le nombre de personnes tuées au cours des trois (3) derniers mois et plusieurs dizaines de millions de Naira gracieusement versés à des ravisseurs qui, parfois, empruntent l’étendard de Boko Haram pour profiter d’un phénomène qui devient un véritable business lucratif. L’Éclosion s’est transportée à Diffa pour enquêter afin de crever l’abcès d’un tabou auquel même les autorités locales ne dérogent pas. Si certains gardent le silence par crainte de représailles, pour d’autres, fatalistes, c’est un phénomène contre lequel on ne peut rien tant que la région ne connaîtra pas une véritable relance économique sitôt.

Les origines d’une stratégie résiliente….

Après l’insurrection de Maiduguri, au Nigéria, en juillet 2009 qui a vu la mort du chef fondateur de Boko Haram, Mohamed Yusuf, avec un millier de combattants tués par l’armée nigériane, la région de Diffa a été un territoire de repli pour la secte qui a progressivement répandu l’idéologie de la violence. A partir de 2015, la région de Diffa a subi les premières attaques de front de Boko Haram. En avril 2015, une attaque des éléments de ce groupe terroriste dans l’île de Karamga a fait 100 morts, 21 disparus du coté des forces de défense et de sécurité (FDS) et 26 civils tués, violemment abattus. Cette attaque de Karamga aura permis au gouvernement de mesurer la capacité de nuisance de l’ennemi qui était alors au summum de sa puissance. Puis, à partir du mois d’août 2015 intervient une vaste opération de déplacement des populations initiée par le gouvernement sur proposition de l’armée, apprend-on de sources officielles. Cette opération qui sera accompagnée d’un certain nombre de mesures dont, entre autres, l’interdiction de la production du poivron – l’or rouge de la région – et la pratique de la pèche dans les eaux du Lac Tchad ainsi que sur le littoral de la Komadougou. Ces deux activités, poumons de l’économie de la région de la région de Diffa, hélas, alimentent aussi les factions de Boko Haram qui perçoivent une part importante des revenus sous forme de dîmes et taxes. En 2014 la filière du poivron a généré, à elle seule, neuf (9) milliards de franc CFA selon la direction régionale (Diffa) de la statistique.

Ces mesures radicales prises sur la base de la loi N°98-24 du 11 août 1998 portant réglementation de l’état d’urgence ont profondément mis à mal les droits humains et fragilisé la population. Mais elles étaient le prix à payer pour réduire l’hégémonie de Boko Haram qui, à l’usure, voit sa puissance considérablement réduite. La délocalisation des communautés des villages sous contrôle de Boko Haram et l’interruption des principales sources de financement (pêche, production du poivron etc.) de la secte dans la région de Diffa, sans doute, ont permis d’affaiblir l’ennemi.

Nous payons pour impôt 400 Naira (environ 700 franc Cfa) pour un sac de poivron produit et 900 Naira (1000 franc Cfa) pour le sac de poisson séché

Elhaj Abdoulaye

nous confie Elhaj Abdoulaye, un patriarche déplacé de Baroua, village la commune rurale de Kabléwa. À Baroua tout producteur est obligé de verser ces taxes au risque de voir sa production nuitamment pillée par les éléments de Boko Haram, nous explique le patriarche. La pêche et la production du poivron ont repris dans certaines localités de la région à partir de septembre 2017 et, depuis lors, les factions de Boko Haram ont trouvé un exutoire dans les enlèvements contre rançon.

Ils ont tué mon fils (…) exigé 4 millions de Naira pour mon libérer père…

Arimi
Arimi en compagnie de ses enfants

Arimi est natif de N’gagam, une localité de la commune rurale de Gueskerou, éleveur Boudouma a 34 ans, il est père de 5 enfants. Son fils aîné, Ibrahima, a été égorgé par les éléments de Boko Haram, le 9 décembre 2019 après avoir été enlevé lui et son grand père Malam. Ce dernier sera libéré contre rançon.

Nous avons croisé Arimi dans une localité située à moins de 50 km de diffa où il vit désormais avec sa famille. Le visage sombre, il nous relate le souvenir atroce d’un soir où sa vie a basculé à jamais.

Il était 21 heures passées d’une trentaine de minutes lorsque des individus armés ont fait irruption chez mon père alors qu’il s’apprêtait à dormir. Ils l’ont violenté, lui et mes trois (3) enfants qui vivaient avec lui, après avoir saccagé toute la maison ils ont sorti tout le monde dehors et ont mis le feu à la demeure. Ma mère a beaucoup pleuré, impuissante elle a vu mon père se faire enlever avec Ibrahima. La même nuit, ils ont tué mon fils à quelques kilomètres de chez moi. Puis, ils m’ont appelé vers 23 heures 30 me sugerant d’aller prendre le corps de mo n fils au point d’eau. J’ai réveillé ma femme qui était souffrante le choc fut énorme, elle aimait beaucoup Ibrahima. Le lendemain les ravisseurs m’ont rappelé à 11 heures pour exiger quatre (4) millions de Naira (environ 6.450.000f Cfa) pour libérer mon père. Ils m’ont donné un ultimatum d’une (1) semaine, ce délai dépassé, ils le tueront et après, ça sera mon tour, ont-ils prévenu

Arimi

La vie de Malam a été préservé, Arimi a vendu tout le troupeau de la famille et mis à contribution les communautés Boudouma et peule dont sa mère est issue. Le samedi 14 décembre dernier, la rançon a été mobilisée comme prévue, quant au moyen par lequel le versement a été effectué, Arimi n’en dira pas un mot :

j’ai déjà pris trop de risque en vous racontant mon histoire

Arimi

dit-il. Arimi et sa famille ont quitté N’gagam depuis ce douloureux évènement, lui et son père tentent de rattraper leur fortune perdue dans le commerce de poisson.

Le silence, une règle vitale à Diffa…

L’enlèvement des personnes dans la région du Manga est, sans doute, l’information la mieux partagée. Cependant, le phénomène constitue un tabou que personne ne veut violer par crainte des représailles qui pourraient en découler. Chose, qui rend difficile le traitement médiatique de ce sujet. C’est dans ce contexte que nous avons pu recueillir des témoignages non sans avoir risqué notre sécurité. Ce qui rassure nos sources, c’est de savoir que les informations qu’elles nous donnent de même que les témoignages seront couchés sur du papier (avec un certain nombre de garanties dont l’anonymat) pour leur sécurité et non publiées en son et images comme beaucoup le redoutent. C’est ce qui a rassuré Issa, lui aussi, victime du phénomène. Kanuri d’une trentaine d’années, il habite dans un village situé à une quinzaine de kilomètres de Kablewa. Son père – que nous nommerons Kassoum pour préserver son anonymat – est notable du village dont ils sont issus. Depuis son enlèvement en mai 2019, Issa a regagné Diffa ville où il vend des petits articles au grand marché. Il a dû verser toutes ses économies à ses ravisseurs pour sauver sa vie, après avoir été Kidnappé.

Il était 17h, je rentrais à la maison avec le troupeau lorsqu’ils m’ont intercepté. Je pratiquais alors l’élevage, mais le troupeau dont j’avais la garde ne m’appartenait pas. Ils étaient 8, ils m’ont attaché à un arbre et m’avaient longuement interrogé avant de me demander le numéro téléphone de mon père que je le leur avais donné. Ils l’on appelé et ont exigé un (1) millions de Naira (environ 1.620.000 f Cfa) contre ma vie. Mon père s’est démerdé et en cinq (5) jours il a mobilisé la somme. Ils lui ont passé le contact d’un autre éleveur du village qui est bien connu. C’est lui qui a perçu la rançon pour les ravisseurs et, avant de me libérer, ils ont demandé à mon père de même qu’à moi-même de dire aux habitants du village que j’ai été libéré sans rançon

Après avoir analysé ce témoignage, confronté avec d’autres témoignages recueillis, tout semble indiquer que ses ravisseurs étaient un gang comme on en trouve à Diffa qui se font passer pour des éléments de Boko Haram. Du reste, ils sont très organisés.

Le modus operandi des factions de Boko Haram est marqué par le seau de la violence.

Les Boko Haram visent très souvent les commerçants ou des riches patriarches mais rarement des éleveurs. Dans la plupart des cas, ces derniers sont leurs complices. Ce sont eux qui perçoivent les rançons pour les factions de Boko Haram et ils représentent, dans certains villages, les yeux et les oreilles du groupe terroriste

Boukary

nous confie Boukary, agent de terrain d’un organisme international quotidiennement en contact avec les différentes communautés dans la région. Les yeux et les oreilles de Boko Haram, ce sont eux qui ont livré Boulo, Lahadi et Boulama, trois (3) jeunes qui ont été enlevés dans la nuit 21 février 2020 dans une localité située à une trentaine de kilomètres de Diffa. Lahadi et Boulama ont eu moins de chance ce soir-là, ils ont été égorgés par les ravisseurs.

Ils ont été accusés d’indiscrétion, ça fait déjà quelques jours qu’ils sont en train de les chercher. Boulo lui, est juste une victime collatérale qui a eu la malchance se retrouver avec les deux malheureux

Kassoumi

nous a fait savoir Karoumi, beau-frère de Boulo, planton d’un service public dont nous terrons le nom. Boulo s’est engagé à payer trois (3) millions de Naira (soit un plus 4.850.000) pour sauver sa vie.

Le silence complice des autorités…

Le phénomène des enlèvements de personnes constitue une véritable épine dans le pied des autorités et élus locaux qui sont, souvent, eux-mêmes victimes du phénomène. C’est le cas de Boulou Boukar député national de la région de Diffa dont la mère et la sœur ont été enlevées il y a plus de deux ans et libérées en septembre 2018 contre une rançon de 20 millions de Naira (soit 34 millions de franc Cfa), selon des sources non officielles. M. Abari Daouda maire de Kablewa enlevé, vous vous rappelez, avec son épouse le 19 octobre 2019 à leur domicile seront libéré le 1er janvier contre une rançon dont le montant n’a pas été communiqué, certaines sources parlent d’une centaine de millions de francs Cfa. Lorsque nous l’avons contacté pour en savoir plus il n’a pas souhaité parler du sujet. Ce silence des victimes n’est compréhensibles eu égards a la capacité de renseignement des factions Boko Haram qui ont des yeux et des oreilles dans tous les villages au sein de toute les communautés. Cependant le laxisme pressent des autorités locales sur la question fait prospérer le phénomène, et les victimes ne savent à quel saint se vouer. Peut-on envisager la fin des enlèvements contre rançon lorsque les autorités locales elles-mêmes versent d’énormes bourses pour se tirer discrètement d’affaire pendant que rien n’est fait sur le terrain pour mettre fin à ce phénomène qui n’a que trop duré. Pour Mahamadou Mara, Journaliste de la région de Diffa qui suit la question de prêt

Le phénomène de l’enlèvement des personne contre rançon est née de la démission de l’Etat qui n’est pas présent dans certaines localité de la région. Par ailleurs il n’y a plus d’activités génératrices de revenus pour occuper les jeunes dont beaucoup ont perdu leurs ressources du fait de la guerre, nombreux collaborent avec les enleveurs parce qu’elles gagnent de l’argent

Mahamadou Mara

nous a-t-il expliqué. Comme pour dire que le rapt des personnes a des beaux jours devant lui, tant les autorités locales rechignent à affronter ce phénomène qui terrorise les communautés. Les victimes inaudibles du pouvoir central souffrent et comptent leurs morts en silence. Des voix malheureuses qui se vautrent dans le silence des quelques 1400 kilomètres qui séparent le manga de la capitale Niamey.

Éditorial inaugural

LES ÉCHOS DU NIGER

Au service de l’Information juste et saine


Chers internautes, lecteurs d’Afrique et du Monde, c’est avec un immense bonheur que nous vous annonçons à travers cet édito, la naissance d’un journal en ligne, venu enrichir l’espace médiatique du Niger particulièrement la presse en ligne.
Le Journal en ligne d’Information d’Investigation et de Reportage, LES ÉCHOS DU NIGER. C’est le Journal désormais votre, qui s’est fixé comme mission principale : Informer le public. Internautes, nigérien d’ici et de la diaspora, ainsi que toutes celles et ceux intéressés de quelque manière que ce soit à l’actualité du Niger à tous les échelons de la vie publique, Les Échos du Niger est votre source d’information CRÉDIBLE.
La Naissance de ce Journal n’a pas été d’une volonté spontanée comme le contexte pourrai donner à le croire, c’est l’aboutissement d’un projet initié il y’a aujourd’hui plus d’un(1) an. Nous avons voulu offrir au public ce journal qui a pour vocation d’apporter une touche d’innovation et plus de professionnalisme dans la manière de traiter et diffuser l’information en ligne. Informer est une grande responsabilité qui hier encore incombe au seul journaliste professionnel, mais avec l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de communication le métier de Journalisme a cessé d’être l’apanage du Journaliste professionnel. L’apparition des réseaux sociaux a bouleversé la presse dans tous les pays à travers le monde, et l’information juste et saine est en proie au fake news et à la désinformation. Dans ce contexte le journaliste professionnel a le devoir sacré de s’adapter à la nouvelle donne, occuper la toile pour faire prévaloir la bonne information tant recherchée, c’est aussi ça qui précipité la naissance de ce journal.
Les Échos du Niger se veut un Journal Web INDÉPENDANT qui recherche, collecte traite et diffuse l’information de manière purement professionnelle avec pour seule orientation l’ETHIQUE et la DÉONTOLOGIE en matière de Journalisme dans le strict respect des lois qui régit la presse au Niger. Nous faisons de l’Investigation, de l’analyse et des reportages qui couvrent l’essentiel de la vie publique au Niger. Nous traitons l’actualité dans le domaine Politique, Sécuritaire, l’Économique, et Sanitaire.
Soi centième (60e) pays le plus peuplé du monde avec plus de vingt-deux(22) millions d’habitants, le Niger fait partie des pays sous-développés en indices de développement. Si cet état de fait est tributaire du faible investissement dans l’éducation et la santé deux arcboutants de la prospérité d’un État Moderne, il est aussi la résultante d’une faible participation de la Femme dans les efforts de développement, elle qui représente portant plus de 51% de la population. C’est pourquoi Les Échos Du Niger s’engage à faire la promotion de la Femme dans tous les secteurs de la vie publique à travers notre Rubrique Échos Saraounia que vous découvrirez bientôt.
Notre Rédaction est composée de journalistes professionnels, hautement qualifiés ayant fait leur preuve dans le paysage médiatique nigérien. Ce sont des femmes et des hommes, de jeunes et moins jeunes ayant pour trait commun, la passion du journalisme, « le plus beau métier du Monde » dixit Tidiane Sy Journaliste, Directeur Général de l’École de Journalisme et de Communication (Ejicom) de Dakar. Une Rédaction qui s’est engagé à vous offrir chers lecteurs et lectrices, une information saine, utile et équitable. Aussi, à travers nos reportages nous nous engageons à vous faire découvrir le Niger dans sa marche vers le développement et à travers nos enquêtes vous rendre compte sur la gestion publique dans toutes les sphères de l’Administration et de l’État.
Conscient du contexte particulier, à savoir le processus électoral en cours dans notre pays, Les Échos du Niger entend jouer un rôle dans le traitement équitable et professionnel de l’information et compte apporter une grande contribution dans la lutte contre les Fake news ou fausses information particulièrement celles qui procéderont de la désinformation en cette période électorale. Ceci pour vous dire chers lecteurs et lectrices que nous sollicitions de votre part tout appui ou contribution de nature à améliorer notre travail au bénéfice de tous.

Le Directeur de Publication

Grand Reportage Sécurité/Ayorou, l’abandon scolaire des filles prend une ampleur inquiétante

©Les Échos Du Niger

Nous sommes contraints que quemander dans la rue pour trouver de quoi nous nourrir...

Ainsi s’exprimait devant notre micro, Salamatou Ousseini, une jeune fille de 16 ans. Le regard perdu, le corps encore frêle enveloppé dans du tissu simple, un voile bicolore sur la tête, Salamatou ne semble pas trop croire en l’avenir. La tristesse qui se lit sur son visage en dit long sur le traumatisme qu’elle a vécu. Traumatisme ? Hélas oui ! La fillette et ses quatre frères et sœurs ont dû quitter précipitamment leur village natal, Inates.

Nous sommes dans la région de Tillabéri, précisément àAyorou, une Commune située à 200 km au Nord-Ouest de Niamey, la capitale du Niger. Les 66 106 habitants dont 33 322 femmes (estimation de 2016 de l’INS, Institut national de la statistique) de ce département vivent les conséquences de la frontière de plus de 800 km que le Niger partage avec le Mali.

En mai dernier, la Commune d’Inates est attaquée par des individus armés. Salamatou voit dix-sept membres de sa famille froidement abattus sous ses yeux. Ses parents arrivent à s’enfuir avec elle et quatre autres de leurs enfants. À pied, la peur et la faim au ventre, la famille, du moins ce qu’il en reste, marche 55 km pour aller faire son deuil à Ayorou. Ils ont tout laissé derrière eux, y compris l’école de Salamatou qui due abandonner sa classe de CM2. À Ayorou non plus, la jeune fille n’a pas eu la chance de réintégrer l’école. Ses parents trouvent qu’elle est déjà trop âgée.

« Je ne vais plus retourner dans mon village » renchérit en hochant la tête Hayratou Ahmadou, 12 ans, une cousine de Salamatou.

« L’insécurité a déstabilisé la scolarité de mes enfants. J’ai tout perdu dans cette histoire de terrorisme : ma famille, mes activités lucratives…, tout » explique Ahmadou Moussa, père de Hayratou. « Mes enfants ont été renvoyés de l’école à cause de 750 FCFA. Que Dieu nous épargne de l’insécurité » se lamente-t-il.

Pas étonnant dans une localité soumise à l’état d’urgence depuis le 3 mars 2017. Rues désertes, activités économiques au ralenti, Ayorou ressemble à une ville fantômes. « La situation est déplorable (…) même la vente d’essence qui procure quelques revenus est interdite » nous confie Abdoulaye Oumarou, Président des jeunes du département.

En fait, Salamatou et Hayratou ne sont pas seules dans cette situation.

Moins d’un mois après la rentrée scolaire 2018-2019, quelques 780 élèves dont … filles ont abandonné l’école dans le département d’Ayorou, selon Madame Kaltoumi Seydou, chargée de la scolarité de la jeune fille (SCOFI /IEP/AYOROU).

« La préoccupation majeure de cette population, c’est l’insécurité » explique Abdoulaye ALISMAK, Maire élu d’Inates. Ces gens-là ont quitté leur village et leurs écoles. C’est une situation compliquée, martèle le Maire.

L’abandon scolaire « a un impact négatif surtout chez les filles. Elles vivent un cauchemar, une psychose généralisée » déplore Madame Issoufou DOURA, Conseillère pédagogique représentante de l’inspecteur de l’enseignement primaire du département.

« Les déscolarisés, notamment les filles, se livrent à la débauche, la prostitution pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Le phénomène inquiétant, c’est surtout le recrutement de ces jeunes filles désorientées par les bandits. Ayant déjà subi un traumatisme, c’est très facile de les recruter » s’inquiète Abdoulaye OUMAROU, Président du Conseil communal de la jeunesse (CCJ) d’Ayoro.

Pour le psychologue Hassane Amadou Aboubacar, « les filles qui ont abandonné l’école vont chercher à se satisfaire parce qu’elles ont quitté l’autre hémisphère d’où elles pensaient avoir un mieux-vivre ». Il y’a toujours un problème psychologique que ça va engendrer chez la fille, poursuit-il. « Elle se sent handicapée moralement, détachée de la société. Elle va dire que c’est la société qui ne l’aime pas du tout, que c’est la société elle-même qui est à la base de cette situation qui l’a poussé à abandonner l’école. Elle va, alors, chercher refuge dans la prostitution ou la criminalité » conclu le psychologue.

Au-delà de l’individu, l’abandon scolaire a aussi un impact certain sur toute la société. « On va assister à une dépravation des mœurs dans ce genre de situation. Les jeunes filles sont plus enclines à verser dans la prostitution avec les risques de contagion des IST-VIH Sida et les grossesses non-désirées » renchérit le sociologue-anthropologue, Dr Sani Janjouna.

Les jeunes déscolarisés en général, et les filles en particulier, « risquent de perdre leur statut social. Et la perte de statut a un impact psychologique réel sur la personne ce qui peut l’amener à la consommation de la drogue » s’inquiète Dr Janjouna.

Une fille déscolarisée devient une mère incapable de donner une bonne éducation à ses enfants. Et un enfant sans éducation est un danger pour la société toute entière. C’est dire que l’impact de l’abandon scolaire des filles est un frein au développement et une menace à la paix et la stabilité du pays.